Et si ça avait été lui?

mai 17, 2011 on 4:35 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, Elections présidentielles 2012, France, Poil à gratter | 3 Comments

Dominique Strauss-Kahn est dans une prison parmi les plus dures. Dure comme la chute de ce Grand de France. Laquelle chute suscite des commentaires qui ne peuvent pas laisser JusMurmurandi muet….

Muet comme tous ceux qui disent qu’ils savaient, mais que personne n’a rien dit. En se taisant, s’ils savaient « quelque chose », ils ont permis à un éventuel prédateur sexuel de poursuivre sa prédation. Pour des journalistes, et certains le sont, qui « osent parler » aujourd’hui que DSK est à terre, ce n’est pas joli, joli.

Pas terrible non plus, la mère de Tristane Banon, qui après avoir entendu DSK confesser qu’il a sauté sur sa fille et tenté de la violer, a dissuadé sa fille de porter plainte. Comme elle est élue du PS, on comprend bien qu’une telle plainte n’aurait pas fait de bien à sa cote dans le parti. La mère aurait mieux fait de se taire, et la fille de parler. C’est l’inverse qui a eu lieu. C’était il y a 9 ans…

Bernard Henri-Lévy pousse un coup de gueule contre le traitement infligé à son ami DSK. Notamment parce que, pour lui, « tout le monde n’est pas tout le monde », et que « DSK subit ce que très peu d’hommes ont subi ». Curieux que BHL ne connaisse pas un livre aussi célèbre que le « Bûcher des Vanités » de Tom Wolfe, qui raconte exactement le contraire… Curieux encore qu’un homme qui vit de son exposition médiatique soit subitement révolté quand notre civilisation médiatique pointe ses projecteurs sur un de ses amis à terre.
En fait, BHL a surtout envie de dire qu’il ne savait pas, et qu’il ne saurait avoir été l’ami d’un DSK « violeur » (si c’est prouvé). « Je ne savais pas » est une formule qu’on a connu à une autre époque, et BHL le sait bien…

Harlem Désir, N°2 du PS affirme: « le PS n’est pas affaibli ». Ce n’est pas du mutisme, c’est de l’autisme. Et c’est JusMurmurandi qui en reste sans voix…

En fait, les deux paroles les plus souvent exprimées sont, au choix  » je ne savais pas » (copyright BHL) pour montrer son innocence virginale, ou « je savais », pour montrer qu’on est initié….. Les deux sont pourtant mal compatibles…

Enfin, JusMurmurandi se demande ce qui se serait passé si une telle accusation avait été proférée contre Nicolas Sarkozy. Celui contre qui la presse déverse quotidiennement des flots où se mélangent absolu mépris et franche détestation, celui qui est rendu grotesque dans un film au Festival de cannes ou dans un livre de Franz-Olivier Giesbert. La presse aurait-elle été aussi discrète pendant des années, puis circonspecte aujourd’hui?

JusMurmurandi voit d’ici les titres des journaux comme Marianne, ou des sites Internet comme Rue89, Le Post ou Mediapart: « Sarkozy: et maintenant, le viol! » « Sarkozy, la vérité toute nue! » « Sarkozy, depuis le temps qu’on vous le dit ». JusMurmurandi parie qu’il y en a qui doivent être frustrés que ce ne soit pas encore arrivé…

3 commentaires

  1. BHL ? ça me dit quelques chose, c’est pas le type qui, avec la même  »bandes d’amis », à défendu l’indéfendable lors de  »l’affaire » Polanski ?
    Il me semble bien.

    Dans tout ça, une chose est sure, si la présomption d’innocence existe pour DSK, les commentaires de certains (Jack L. et d’autres) décrivent la victime avec une présomption de culpabilité que je trouve à vomir.

    Ces gens sont à vomir…. au sens propre du terme.

    Commentaire by bilbothobbit — 18 mai 2011 #

  2. Tout le monde parle de DSK : on savait, des appétits énormes, un séducteur ( tu parles … une
    brute, oui …), pas de sa faute, boites
    partouzes, il est pas le seul … etc … jusqu’
    la nausée.
    Ce que personne ne dit, et j’ espère ne pas être le
    seul à le penser : comment un homme – ou une femme-
    présentant de tels désordres dans sa vie intime
    peut prétendre à nous diriger ?
    Un chef d’ état peut-il vivre tel un satrape et
    nous remonter les bretelles en permanence ?
    Faites ce que je dis …

    Alors oui la vie personnelle de nos dirigeants
    devrait être scrutée, à tout le moins …

    Que les turpitudes des politiques aient lieu
     » entre adultes consentants  » dans un  » cadre
    privé « , ça n ‘ en reste pas moins des turpitudes

    Et j’ai pas, mais alors pas du tout envie d’être
    dirigé par un turpitudique …

    Je préférerais un St.Louis, par exemple !

    Oui, je suis exigeant, mais si nous l ‘ étions plus lors du vote, peut être obtiendrions-nous
    enfin des pointures à notre tête, exemplaires,
    et non des foutriquets queutards et assoiffés
    de bling et de fric et de  » quel beau cul »,
    non ?

    Commentaire by jerome — 21 mai 2011 #

  3. Cher Jérôme, je ne suis pas sûr de vous suivre jusqu’au bout de votre démarche. L’absence de turpitudes n’est pas la garantie d’avoir des qualités, et il en faut pour présider notre pays. Les États-Unis montrent la voie dans ce domaine, et la vie des candidats est passée au peigne fin, ce qui eût exclu Roosevelt (FDR, pas son oncle), Kennedy et Johnson du pouvoir. Le pays, et le monde y eût-il gagné? Je n’en suis pas sûr. Donc, pas de turpitudes, oui. Mais seulement à qualités égales. Je crains bien, entre un turpitudineux doué et un candidat dépourvu de qualités comme de défauts, de préférer le premier.

    Commentaire by JM2 — 22 mai 2011 #

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