Stéphane Guillon nommé à la tête de l’AFP

mars 31, 2010 on 8:19 | In France, Insolite, Poil à gratter | 2 Comments

On a beaucoup parlé des dernières nominations proposées au Parlement par le Président de la République, les uns critiquant l’ouverture, les autres regrettant qu’il n’y ait pas de femme à la tête de la Cour des Comptes.

Mais il en est une dont peu de gens ont parlé et pourtant elle est capitale.

Si la Cour des Comptes est importante, elle ne fait que des remarques et n’a pas de pouvoir de sanction, même si Didier Migaud est inamovible pendant 12 ans théoriquement (sauf démission ou disparition).

Si la Présidence de la Commission des Finances est importante, elle ne reste qu’une Commission de l’Assemblée, et majoritairement composée de membres issus du parti présidentiel.

L’AFP est, elle, la source de tout ce que nous lisons, la presse française, mais aussi étrangère, venant s’abreuver aux mamelles de l’agence avec appétit tout autant que paresse.

Si le Président a donné des gages à sa majorité agacée de sa propre défaite aux régionales, il est important de continuer l’ouverture.

Par conséquent, il faut à la fois y nommer un professionnel, donc un journaliste, mais également faire montre d’ouverture d’esprit.

Ce journaliste doit être un professionnel incontesté, un écrivain dont la plume est reconnue.

A l’heure où Jean-Pierre Raffarin exhorte le Président à s’inspirer de Jacques Chirac, »dont la relation avec les Français était fondée sur une éthique du respect », JusMurmurandi ne comprend que mieux la nomination de Stéphane Guillon à la tête de l’Agence France Presse.
On ne sait pas encore s’il conserve sa tribune matinale sur France Inter.

L’arnaque du bouclier fiscal

mars 31, 2010 on 1:30 | In Best of, Ca m'énerve, Coup de gueule, Economie, Elections présidentielles 2012, France, Incongruités, Insolite | 3 Comments

Le bouclier fiscal est en train de devenir le symbole de l’injustice fiscale à la mode Sarkozy. Même un certain nombre de députés UMP, et pas des moindres, sont maintenant en train de demander sa suppression.

Comme si le fait de faire ce que demande l’opposition, qui ne fait que demander le contraire de ce que fait la majorité, constituait un programme.

La vérité est que ce bouclier fiscal n’est un symbole de quoi que ce soit que pour ceux qui n’y connaissent rien. Ou ne veulent rien y connaitre, histoire de pouvoir, de bonne foi, raconter n’importe quoi.

Car le bouclier fiscal a consisté à restituer 578 millions d’euros à 19.000 contribuables en 2008. Rappelons que chacun des ces bénéficiaires aura donné à l’État 50% de l’ensemble de ses revenus, ce qui n’est pas exactement peu de choses.

578 millions d’euros, c’est une goutte d’eau à l’échelle des données budgétaires françaises. La baisse de la TVA pour la restauration, c’est 4 fois plus. La défiscalisation des heures supplémentaires, destinée par définition aux revenus modestes, c’est 6 fois plus. Le plan de relance, c’est 40 fois plus. Le déficit budgétaire, c’est 100 fois plus.

La suppression du bouclier fiscal ne réduirait le déficit budgétaire que de 1%, c’est à dire rien. Ce n’est pas un bouclier fiscal, c’est un dé à coudre.

En revanche, en montrant qu’une fois de plus l’État ne tient pas ses promesses, elle ferait reprendre le flux des Français riches vers l’étranger. Les villes de Genève, de Bruxelles, de Londres, sont ravies d’avoir des quartiers entiers de ces Français riches qui n’en peuvent plus de n’être que des vaches à lait des politiques inconséquents qui gaspillent leur argent et les vouent à la vindicte publique en plus.

Décidément, être entrepreneur en France, c’est déjà un sacerdoce. Être riche en plus, c’est du masochisme.

Quand aux députés de droite qui comptent là-dessus pour se refaire une popularité, ils sont aujourd’hui ni plus ni moins que le meilleur espoir de la gauche. Comment mieux montrer que le navire coule qu’en montrant les rats qui le quittent?

Sus aux entreprises!

mars 31, 2010 on 7:40 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, Poil à gratter | Commentaires fermés

Le fabricant de pneus allemand Continental n’en finit pas de son chemin de Clairoix, pardon, de croix. Ayant entamé la procédure légale de fermeture de cette usine, il vient de proposer à son personnel de les recaser en Tunisie, aux conditions tunisiennes, soit un peu plus de 100 euros mensuels.

Et toute l’opposition de critiquer Continental pour indécence, immoralité, ignominie, etc…

C’est une hypocrisie sans fin, car c’est la loi qui oblige tous les employeurs à proposer aux futurs ex-employés toutes les solutions possibles de reclassement à l’intérieur du groupe.

Pour ne pas l’avoir fait, le fabricant de maillots de bain Olympia s’est vu condamné à plus de 2 millions d’euros de pénalité. Or Olympia savait bien qu’offrir cent euros et des emplois en Roumanie n’avait aucune chance de « convenir  » à un seul employé français, mais allait lui valoir d’être cloué au pilori par les « politiques » et dans les média, une mauvaise publicité ravageuse pour l’image de marque.

Il est clair que se voir « offrir » un poste dix fois moins rémunéré que celui qu’on occupe est difficile à supporter. Mais c’est la loi.

Et critiquer l’entreprise pour avoir respecté une loi pareille, c’est le degré zéro de l’honnêteté en politique.

Comment mieux faire comprendre à Continental qui y a 7 usines (je devrais écrire, « encore 7 usines »), qu’il n’est pas le bienvenu en France? Pas plus que n’importe quel employeur, qui se voit contraint par un Code du Travail d’une complexité unique au monde, des inspecteurs du travail autogérés, et une classe politique qui juge « rentable » de leur taper dessus pour satisfaire son électorat.

Ce qui, au passage, justifie toutes les violences pour tenter de se faire payer plus quand il y a fermeture. Prises d’otages, séquestrations, déprédations, toutes « justifiées » par le « sort » fait aux licenciés.

Au moins, quand il n’y aura plus que des fonctionnaires en France, parce que toutes les entreprises privées, dégoutées, vilipendées, honnies, seront parties, il n’y aura plus ce genre de soucis.

Il n’y aura plus d’argent pour les payer non plus.

Bah, ce n’est pas grave, nos politiques de gauche trouveront bien quelqu’un d’autre à en rendre responsable et coupable.

Poils à gratter

mars 30, 2010 on 4:56 | In Best of, Ca m'énerve, Coup de gueule, Europe, France, Incongruités, La Cour des Mécomptes, Poil à gratter | 2 Comments

Vous l’avez déjà remarqué parmi nos rubriques, il est temps d’utiliser aussi ce terme pour un article.

Ton père, à poil, sur les Champs Elysées ??

Air France, qui traverse la passe que l’on sait, est en train de se faire rattraper par Ryanair en terme de nombre de passagers transportés.

Pas brillant même si la recette par passager est largement inférieure chez l’Irlandais.

Alors il faut se défendre ! La compagnie nationale a par conséquent entamé une procédure judiciaire pour démontrer que Ryanair recevait des subventions illégales des chambres de commerce locales.

A ceci près que lorsqu’elle n’en reçoit pas, elle quitte l’aéroport, et c’est ainsi qu’une bonne partie du trafic frontalier avec l’Allemagne, qui arrivait en France, arrive désormais à un aéroport allemand.

Là où cela devient cocasse, c’est que le patron de Ryanair, Michael O’Leary, a lancé lui aussi une procédure judiciaire contre Air France et les subventions qu’elle aurait reçues depuis 1994 (un milliard d’Euro d’après le bouillant irlandais).

Il a promis que s’il perdait, il descendrait les Champs Elysées tout nu.

Et si Air France perd contre Ryanair, verra-t-on Pierre-Henri Gourgeon (ou Jean-Cyril Spinetta) remonter Picadilly en tenu d’Adam?? Chiche !

Qui est ce qui l’a dans le…haiku ?

On a beaucoup glosé sur la fadeur des nouvelles têtes dirigeantes de l’Europe et en particulier de Van Rompuy, Président permanent de l’Union Européenne.

Eh bien détrompez-vous, c’est un poète. Un spécialiste des poèmes, d’origine japonaise, nommés haikus.

A telle enseigne qu’il va même en publier un recueil de sa production.

On vous l’avait dit, il travaille beaucoup, Van Rompuy.

Si, en plus il faisait quelque chose pour l’Union Européenne, ce serait encore mieux….Parce qu’entre temps, on peut ses les…mettre au haiku ses poèmes….

Mais où sont les critiques ???

Nicolas Sarkozy est aux Etats Unis et s’apprête ou est en train de rencontrer Barack Obama. Et cela doit lui faire plaisir.

Lui qui n’avait même pas reçu la visite de Barack lors de son passage à Paris, il doit être content de dîner à la Maison Blanche.

Lui qui le critiquait pour ne faire qu’une réforme à la fois,  alors que lui, Sarkozy, en faisait tellement….

Et que se passe t il en France pendant son déplacement?

Un marché gigantesque (7 milliards d’Euro) est attribué pour la continuation de la LGV entre Tours et Bordeaux. De tous les projets LGV, c’est le plus important (Bretagne ou Sud de la France).

Et bien sûr, elle va favoriser les copains de Nicolas….

Comme l’arrêt de la pub sur la télévision nationale, c’est encore Martin qui va être favorisé (Martin Bouygues).

Eh bien non !

C’est Vinci qui a remporté le méga appel d’offres. Bouygues a perdu.

Tiens personne n’en parle, comme c’est bizarre…

La Valls des prétendants

mars 29, 2010 on 7:25 | In Elections présidentielles 2012, France, Incongruités, Insolite, Poil à gratter | Commentaires fermés

Comment danser sans pouvoir se déplacer tant à droite qu’à gauche? Imagine-t-on un quadrille ou un tango dont les partenaires traversent la piste d’un bord à l’autre, mais sans jamais pouvoir revenir? En fait, pour danser, il suffit que l’un des partenaires recule pendant que l’autre avance, et inversement. Et si c’est une valse, on tourne beaucoup, on se montre sous tous les angles, et on revient au point de départ.

Il en est de même en politique. Pour qu’il puisse y avoir une élection (une vraie, pas une farce avec un élu avec plus de 90% des « voix »), il faut des candidats tant à droite qu’à gauche.

Alors la France n’a pas de souci à se faire pour son élection présidentielle de 2012. A gauche, Manuel Valls, quadra ambitieux, s’est d’ores et déjà déclaré. Et, histoire de permettre à la danse de commencer, Alain Juppé, qui était un quadra ambitieux il y a 25 ans, et Premier Ministre il y a 15 ans se déclare aussi, pour peu que Nicolas Sarkozy ne se représente pas.

Le contraste ne saurait être plus fort. Valls veut avant tout enterrer la « génération Mitterrand » des responsables (responsables de quoi?) issus des équipes du seul Président socialiste depuis 1958. Rien moins que Aubry, Hollande, Strauss-Kahn, Fabius, Royal, qui tous ont été ministres à l’époque. Pas Valls, qui n’avait même pas 20 ans en 1981.

Quant à Juppé, si son âge n’en fait pas encore un dinosaure, et si sa condamnation populaire d’abord puis pénale ensuite lui ont valu de quitter dans une certaine mesure l’œil du public, lui évitant une surexposition médiatique, il est avant tout « l’homme de Chirac », qui, lui, a été ministre dès George Pompidou. Pas exactement un rafraichissant souffle de jeunesse.

Pour accentuer le contraste, il suffit de voir que Valls est maire d’ Evry, une « ville nouvelle » de la grande banlieue parisienne, alors que Juppé est maire de Bordeaux, la très ancienne et distinguée capitale mondiale du vin.

Il est par ailleurs significatif que Juppé se déclare juste au moment où Dominique de Villepin, l’autre « homme de Chirac », lance sa propre formation politique, destinée à le mettre sur orbite présidentielle.

Comme si Chirac, fier de sa popularité retrouvée voulait retrouver aussi les chemins du pouvoir par homme-lige interposé.

Bref, cela commence par un face-à-face entre un quadra et les poulains d’un octogénaire. Difficile de trouver une danse qui leur soit commune…

Manuel Valls

Est-Ouest devient Nord-Sud

mars 27, 2010 on 8:40 | In Best of, Ca m'énerve, Coup de gueule, Economie, Europe, France, Incongruités, International, Poil à gratter | Commentaires fermés

Non, il ne s’agit de bridge, mais d’Europe.

Il y a 21 ans, la division en 2 de l’Europe, matérialisée par le Rideau de Fer, s’effondrait, mettant fin à ce que l’on appelait l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est. Mais aujourd’hui, force est de constater qu’il y a une autre division de l’Europe, cette fois-ci en Nord-Sud.

Car on voit que les pays de la zone Euro regroupés dans l’acronyme PIIGS, matérialisant qu’ils ont géré leurs finances comme des cochons, sont tous des pays de l’Europe du sud: Portugal, Irlande, Italie, Grèce, eSpagne. Oui, je sais, dans le « club », il y a l’Irlande, mais cette exception ne suffit pas à invalider la règle.

Fondamentalement, l’Europe du Sud a géré comme des cigales et l’Europe du Nord comme des fourmis.

Et, à l’heure d’aider la plus cigale de toutes à ne pas boire la tasse, l’Europe du Nord se montre frileuse, voire carrément réticente. Le symbole de cette réticence a été administré par des politiciens allemands qui ont suggéré le moyen pour la Grèce de sortir de son déficit et de sa dette: la Grèce n’aurait qu’à vendre certaines de ses îles. On imagine la suite: la géographie européenne devenant du Monopoly…

Dans la même veine, Angela Merkel a suggéré qu’il était temps de mettre au point un mécanisme permettant d’éjecter un pays de l’Euro. Ce qui lui vaut une forte popularité en Allemagne, avec le surnom de Germania, nom de l’Allemagne dans l’antiquité. Mais qui la laisse isolée en Europe, sauf le lien historique avec la France, créant ainsi un tandem aussi improbable que dissymétrique avec Nicolas Sarkozy.

Toujours est-il que Merkel a obtenu ce qu’elle voulait: l’accord européen pour soutenir la Grèce est en fait une magistrale fin de non recevoir. Il ne sera jamais appliqué car il est inapplicable. D’abord il y faut l’accord du FMI, qui doit financer un tiers des besoins. Autant dire que c’est à ce dernier que sera dévolu le rôle de Père Fouettard chargé d’enfermer le pays dépensier dans une véritable camisole de force financière. Ensuite car, pour que l’accord soit mis en œuvre, il faut que ce soit à l’unanimité des membres de la zone euro. Une unanimité à 16 pour payer pour d’autres, voilà qui ne paraît pas probable.

D’autant que chacun sait que derrière la Grèce, pays somme toute d’une taille « gérable », comme le Portugal et l’Irlande, se profilent les cas espagnols et italiens, autrement plus gros, voire celui de la France. On peut même se demander si l’attitude rigide la chancelière allemande n’est pas, et aucun commentateur n’a osé proférer cette hypothèse tant elle est sacrilège, avant tout un message à la France de devoir mettre ses affaire en ordre au plus vite, faute de se voir lâchée à son tour.

JusMurmurandi voit déjà les députés allemands faire des suggestions aux Français pour se débarrasser à leur tour de a dette nationale gigantesque que des politiciens plus avides de pouvoir et de votes que soucieux de bien gérer ont causée. Vendre à l’Allemagne l’Alsace et la Lorraine!

Germania

J’accuse!

mars 25, 2010 on 10:21 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, France, Incongruités, Poil à gratter | 3 Comments

Déjà un premier article disait à quel point la chasse aux sorcières engagée contre le journaliste Eric Zemmour avait de quoi rendre malade.

Il se trouve que Philippe Bilger, qui n’est pas n’importe qui, puisqu’il exerce la fonction d’avocat général près la Cour d’Appel de Paris, et est donc l’un des plus hauts magistrats de France, plaide sur son blog pour le droit de Zemmour de dire ce qu’il a dit.

Zemmour a dit que la majorité des trafiquants sont noirs et arabes. Que dit Bilger? Deux choses: l’une, que la fréquentation des couloirs du Palais de Justice de Paris aurait tendance à justifier empiriquement cette affirmation, l’autre, beaucoup plus importante à nos yeux: que personne n’a cherché à vérifier si cette affirmation est vraie ou non.

En d’autres termes, la LICRA, le MRAP, le CRAN ont dénoncé (et dans le cas de la LICRA, porté plainte contre elle) une affirmation qui a de bonnes chances d’être vraie. Ils n’ont pas peur, ces défenseurs autoproclamés des droits, d’attaquer le droit d’un journaliste de dire la vérité!!!

Une vérité qu’on n’aurait pas le droit de dire? JusMumurandi hallucine. Mais il faut aller voir pourquoi ils adoptent cette position.

La première hypothèse est qu’ils pensent que, si on avance une telle statistique, on va justifier par avance le fait de contrôler, d’interpeller, de soupçonner, de coller en garde à vue ou en préventive les noirs et le arabes au nom d’une « culpabilité statistiquement probable ». Ce serait insupportable. Il ne doit pas y avoir de délit de faciès. Et s’il y en a, il faut condamner celles des forces de l’ordre qui se livrent à cette discrimination, comme l’a dit P. Bilger aujourd’hui à la radio.

La seconde hypothèse est que les blancs éprouvent une sorte de honte, de mauvaise conscience à l’égard des noirs et des arabes, pour qui le mot « Égalité » aux frontons des édifices de la République n’est pas une réalité. Et il y aurait un lien entre le manque d’égalité dont ils sont victimes et la fréquence avec laquelle les membres des communautés arabes et noires tombent dans la délinquance et la criminalité.

Il y a en tout état de cause une conséquence particulièrement perverse à bloquer cette vérité qui fait mal, peur ou honte par un tabou. C’est qu’elle met dans le même sac tous les noirs et tous les arabes. Ceux qui dealent du shit et ceux qui travaillent pour un avenir meilleur. Ceux qui palpent un argent sale trop vite gagné et ceux qui grimpent 4 à 4 les échelons de la réussite malgré des obstacles encore trop fréquents.

Qu’il y ait beaucoup à faire pour une vraie égalité des chances est une évidence. Mais rien ne serait pire que d’enfermer la situation actuelle dans une tombe de silence bien-pensant et hypocrite. Et de sacrifier au passage la liberté de parole et la liberté de la presse.

Zola a du se retourner dans sa tombe de honte à voir des gens qui se prétendent de gauche fouler aux pieds tout ce pour quoi il a combattu et pris tant de risques.

Incongruités ordinaires

mars 24, 2010 on 7:28 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, Elections présidentielles 2012, France, Incongruités, Insolite | Commentaires fermés

Le très chiraco-villepiniste George Tron vient de faire son entrée au gouvernement. Il va de soi que cette entrée, qui marque une réelle ouverture de Sarkozy envers cette branche rebelle de l’UMP est aussi le moment où la presse s’intéresse de près au nouvel impétrant. Et dévoile qu’il occupe un appartement loué par une société de HLM à un prix inférieur au marché et sans rapport avec ses revenus. Il y a des filiations politiques qui se voient à l’œil nu…

Martine Aubry a réuni hier tous les présidents de régions socialistes victorieux des élections de dimanche dernier. Tous, non, car une d’entre eux a résisté à cette réunion unanimiste autour du chef victorieux. Ségolène Royal, bien sûr, en Astérix. Mais elle est venue pour le dîner, histoire de faire parler d’elle plus que tous les autres et Martine Aubry réunis.

Le PS a réussi un joli numéro de contorsion de la pensée politique. Le report de la taxe carbone à un hypothétique accord européen serait « une bonne nouvelle pour les ménages », mais aussi « le renoncement à toute réorientation de la fiscalité en faveur de l’environnement ». Comprenne qui pourra.

JusMurmurandi a depuis beau temps dénoncé le piratage sur Internet, ce qui lui vaut de solides critiques de la part des partisans du « tout gratuit ». Aujourd’hui s’ouvre le procès d’un homme qui aurait permis le téléchargement de plus de 7000 films, et on voit enfin que le partage charitable n’est pas exactement sa raison de vivre. Pendant que se déroulait cette activité, notre homme a encaissé plus de 400.000 euros de revenus de publicité grâce à son site pirate. Et, histoire de montrer son goût du partage, cet argent a été placé dans deux comptes bancaires à Chypre et à Belize…

Le dernier mot à Ségolène Royal, qui demande la suppression du bouclier fiscal, et dit « qu’elle n’accepte pas cette façon dont la société française est tirée vers le bas ». En fait, le bouclier fiscal permet aux riches de conserver plus de leurs revenus que s’il n’existait pas. Donc ils peuvent monter plus haut. S’ils montent plus haut, cela tire la société vers le bas?Ségolène Royal

Entre Zemmour et Guillon, qui est ce qui dérape ?

mars 23, 2010 on 9:57 | In Ca m'énerve, Elections présidentielles 2007, Elections présidentielles 2012, Europe, France, Poil à gratter | 4 Comments

Un bel exemple de poil à gratter

Stéphane Guillon est chroniqueur matinal sur France Inter, avec une plume particulièrement acide. Selon ses propos, il serait un « humoriste ».

Ces derniers jours, il s’en prend, une nouvelle fois à Eric Besson, parlant de son « menton fuyant », ses « yeux de fouine »; puis aborde ses origines, né au Maroc de mère libanaise, pour justifier le bon profil de Ministre de l’Immigration.

Sans entrer dans le débat de partager ou non les idées d’Eric Besson, JusMurmurandi ne décèle pas d’humour dans ces propos.

Jean-Luc Hees, Président de Radio France, présente ses excuses au ministre pour les attaques ad hominem du journaliste.

Guillon, qui n’en est pas à une surenchère près, s’excuse des excuses de sa direction et en remet une couche. Avec le soutien du SNJ CGT.

Changement de décor.

Le Ministère de l’Intérieur marocain expulse 16 chrétiens pour prosélytisme.

La mesure d’expulsion s’inscrit dans le cadre de la « lutte menée contre les tentatives de propagation du crédo évangéliste, visant à ébranler la foi des musulmans ».

Le MRAP s’insurge ? La Licra s’indigne ? La ligue des droits de l’homme monte au créneau ?

Oui, contre Eric Zemmour qui dans une émission de Canal Plus déclare qu’une majorité de délinquants incarcérés sont d’origine noire ou maghrébine. Comme l’écrit d’ailleurs en avril 2008 le Washinton Post à propos des prisons françaises (http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/04/28/AR2008042802560.html?hpid=topnews)

Le même article ajoute que cette sur-représentation se retrouve dans d’autres pays européens (Belgique, Grande Bretagne, Pays Bas).

Eric Zemmour présente ses excuses pour ses propos, tandis qu’il est convoqué par la direction du Figaro où il est employé, à un entretien préalable pouvant aboutir à un licenciement (comme le veut le code du travail).

Bref, Guillon peut continuer en toute impunité, moquant sa direction après avoir moqué un ministre au nom d’un certain humour; Zemmour, qui s’excuse, lui, est convoqué à un entretien préalable.

Ce qui les réunit, c’est qu’ils sont journalistes tous les deux.

Ce qui les sépare, c’est que l’un, parce qu’il ferait de « l’humour » peut raconter ce qu’il veut et cracher tout le venin qui lui plait, tandis que l’autre est jeté aux orties parce que ses propos n’ont pas l’heur de donner dans le politiquement correct.

A votre avis, qui est ce qui dérape ?

L’ironie de l’Histoire

mars 22, 2010 on 6:53 | In Economie, France, International, Poil à gratter | Commentaires fermés

Barack Obama l’a fait, et la réforme du système de santé américain a été votée hier soir. 32 millions d’américains, aujourd’hui non couverts par une assurance, pourront et devront s’assurer.

Ceci représente un changement majeur dans le système le plus cher du monde (18% du p.i.b., soit quasiment le double de l’Allemagne!, alors même qu’il laissait de côté des dizaines de millions de gens). Tous les candidats démocrates des 30 dernières années avaient promis de le mettre en œuvre s’ils étaient élus, et tous ceux qui l’ont été s’y sont essayé et cassé les dents. Dont Bill Clinton, pour qui cela restera son échec politique le plus marquant.

Les Républicains étaient totalement opposés à cette réforme, qui représente tout ce qu’ils détestent: l’intervention de l’Etat, une hausse des impôts au profit des pauvres, la régulation d’un secteur privé gros contributeur de finances électorales.

Maintenant que c’est voté, Obama aura tenu sa plus importante promesse électorale, et marqué l’Histoire en réussissant, après de nombreux échecs, la plus importante réforme depuis celle portant création de Medicare et Medicaid, les systèmes de santé couvrant certaines personnes âgées et certains nécessiteux.

Sauf que l’Histoire n’accorde pas une place si importante que cela au Président qui mit en œuvre cette réforme dans les années 60: Lyndon Johnson, alors même qu’elle a transformé les conditions de vie de dizaines de millions d’Américains…

Au passage, on notera une similitude et une différence importantes avec l’action de Nicolas Sarkozy. Alors que le Président français a ouvert en parallèle un grand nombre de chantiers de réforme, Obama a toujours été très clair sur la priorité donnée à ce seul projet, quitte à mettre sa politique étrangère par exemple en suspens en attendant.

Et Sarkozy a maintenant son grand chantier qui l’attend pour 2010: la nième réforme des retraites, dont tout le monde veut bénéficier sans la payer… réforme dont, bien entendu, personne ne lui saura gré…

Comment les régionales viennent de faire perdre la gauche pour 2012…

mars 21, 2010 on 4:55 | In Elections présidentielles 2012, France, Insolite | 2 Comments

Alimenter un blog peut se résumer à faire des commentaires doctes ou drôles sur ce qui vient de se passer. C’est sans risques. Mais il est plus amusant de se lancer dans les prédictions. Comme quand JusMurmurandi a prédit l’implosion financière de la Grèce.

Maintenant, JusMurmurandi affirme que la gauche vient de perdre les présidentielles de 2012. Vous noterez l’ambition d’une telle prédiction, avant même que l’on connaisse un seul des candidats, les sempiternels Jean-Marie Le Pen et Arlette Laguiller ayant dépassé leur date de péremption.

Oh, cette défaite ne sera pas due à ce que la gauche n’a pas assez d’idées ou de programme, et déjà trop de candidats. Ceci, quoique vrai, peut encore être corrigé, et ne serait, après tout, qu’un remake de 2007, voire de 2002.

Non, la gauche a perdu 2012 en 2010, et ce n’est même pas de sa faute.

Ce qui va perdre la gauche, c’est Bayrou. Dont le rêve, pourtant, était de perdre la droite.

Les régionales ont donné une gifle magistrale au MODEM, après celle des européennes: 4% des voix. Ce qui, outre l’impact sur le moral des troupes et la crédibilité du parti, décime les finances, qui reposent sur le nombre d’élus.

Cette réalité est tellement évidente que les rats quittent le navire avant qu’il n’achève de sombrer, et tant qu’ils ont pour une autre formations politique une valeur marchande résiduelle.

Le problème que cela pose à la gauche, c’est que le MODEM représentait bel et bien son seul allié au centre. Jamais la gauche n’a été élue sans composante centriste, et la droite non plus d’ailleurs. C’est toujours au centre que se sont jouées les élections présidentielles.

Or, non seulement le MODEM implosé ne sera pas le composant indispensable à une alliance centre gauche-gauche-écologistes, seule configuration possible à une victoire à gauche, mais le PS lui-même a perdu son aile droite, représentée longtemps par les rocardiens, et s’est gauchisé pour tenter de freiner la ré-émergence d’une alternative plus à gauche que lui (Parti de Gauche, NPA, ruines communistes).

Non, ils se sont ancrés encore plus à gauche en pensant que cela renforçait leur opposition à Sarkozy. Au lieu de quoi ils lui donnent de l’espace, ce dont l’autre fera, le moment venu, ses choux gras, avec sa débauche (dans tous les sens du terme) d’élus anciennement à gauche.

Et on ne peut pas dire que l’alliance avec des écologistes dopés par de bons scores tant européens que régionaux, et emmenés par un Daniel Cohn-Bendit tout frétillant d’intelligence politique, fasse grand-chose pour attirer l’électorat du ventre. Pardon, du centre.

Voilà pourquoi, à deux ans de l’échéance, et avant même le résultat du second tour des régionales, JusMurmurandi prédit l’échec de la gauche en 2012.

Sauf que, comme le disait Harold Wilson, Premier Ministre britannique des années 60, en politique, une semaine, c’est déjà long…

Subir sans compter…

mars 20, 2010 on 9:32 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, France, Incongruités, Poil à gratter | Commentaires fermés

Des documents internes aux forces de police « fuités » dans la presse donnent à penser que la hiérarchie policière soumet ses troupes à des quotas minimum en termes de verbalisation d’infractions (stationnement, mais aussi fautes de conduite), et le microcosme s’émeut. Même si ladite hiérarchie s’en défend, ce qui est d’ailleurs curieux. Ne faudrait-il pas non plus compter les trains et les avions en retard par exemple?

Le même débat a déjà eu lieu concernant les gardes à vue, quand d’éventuels objectifs chiffrés sont immédiatement considérés comme la cause de toutes les erreurs ou gardes à vue abusives.

Sachant qu’il y a 900.000 gardes à vue par an, de telles erreurs sont arithmétiquement inévitables, d’autant que certaines interpellations ont lieu davantage dans un monde de brutes qu’avec quelques grammes de douceur.

La thématique de ces protestations contre une approche quantitative est qu’elle serait contradictoire avec une approche qualitative.

JusMurmurandi ne voit là qu’hypocrisie et tartuferie.

Pour commencer, imaginons que la police s’en tienne à une approche purement qualitative, et que, si on suit la logique protestataire, les chiffres baissent, et l’opposition et les syndicats de policiers vont se mettre à hurler. L’opposition parce que dénoncer la majorité est son exercice alimentaire, et on entendra donc parler de « l’échec du pouvoir, et du Président », de « la montée de l’insécurité », et autre rhétorique aussi creuse que bien rodée. Parallèlement, les forces de police réclameront des effectifs supplémentaires et autres avantages pour les « aider » à faire face à une France de plus en plus incivile.

Ensuite, ce raisonnement suppose que la police doive faire un choix entre des sanctions « qualitatives », c’est-à-dire contre des infractions gênantes, et des sanctions contre des infractions qui ne gêneraient en fait personne.

JusMurmurandi aimerait rappeler que ceci est exactement la même argumentation qui a été avancée contre les radars automatiques au moment de leur installation par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur: c’était purement quantitatif, pas situé aux endroits les plus dangereux, uniquement destiné à remplir les caisses de l’État, et j’en passe.

Le résultat: des milliers de morts en moins chaque année, des dizaines de milliers de blessés, de veufs, de veuves, d’orphelins, et, pour tous, une conduite plus apaisée, moins dangereuse. Vu les chiffres en question, il est évident que la lutte contre les accidents routiers a été l’un des programmes gouvernementaux qui a fait le plus pour améliorer concrètement la vie des Français.

Alors, quand les mêmes s’excitent pour ressortir la même argumentation, soit catégorielle (les syndicats de policiers), soit politique (les opposants qui votent contre tout), JusMurmurandi leur rappelle ce que veut dire, en Français, le mot « décence »

Ah oui, mais j’oubliais. Mon argumentation ne tient pas. Je me suis contenté de compter les morts et les blessés. C’est une comptabilité purement quantitative, et pas qualitative, donc c’est nul. Désolé…. Les morts en moins, les délits en moins, les infractions en moins, il ne faudrait pas les compter….

Même pas peur….. du ridicule!

mars 19, 2010 on 9:31 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, Economie, Incongruités, Insolite, International, Poil à gratter | Commentaires fermés

- Le Comité international sur la gestion des espèces menacées a refusé d’interdire la pêche du thon rouge, espèce très largement surpêchée car elle fournit au Japonais des sushis délicieux. Non content de cette défaire en rase campagne, ledit comité confie la gestion de l’espèce à un autre comité… constitué de pêcheurs!

- Martine Aubry, après avoir s’être donné très publiquement bonne conscience en désavouant George Frèche et en soutenant une candidature contre lui, appelle maintenant à voter pour lui, histoire de faire barrage, dit-elle, à la droite. Or la droite n’a aucune chance… Entre ses nobles convictions et un sordide avantage comptable, Martine et le PS ont fait leur choix…

- Corinne Lepage a démissionné du MODEM, qui a enregistré une monumentale claque électorale aux régionales après celle des européennes. Un sénateur en profite pour lui demander de restituer son mandat de député européenne, arguant qu’elle a été élue comme MODEM et ne serait plus légitime maintenant qu’elle a quitté le parti, ce qu’elle refuse. Le sénateur aurait-il oublié que le MODEM est né avec des membres de l’UDF, tous élus à droite, et tous passés dans l’opposition sans que qui que ce soit ait rendu son mandat?

- L’US Air Force fait savoir qu’elle pourrait allonger le délai de son appel d’offres pour les avions ravitailleurs, histoire de permettre à EADS de présenter une offre seul, après la défection de son partenaire américain Northrop. On comprend bien la logique américaine: une offre européenne permettrait tout à la fois de montrer à quel point il n’y pas de protectionnisme, et de peser sur les prix de Boeing du fait de l’existence d’un concurrent. Comment l’Air Force peut imaginer que cela ait le moindre attrait pour des Européens éliminés par un cahier de charges biaisé et affaiblis par la défection de leur partenaire local relève d’un mystère plus impénétrable que celui du Triangle des Bermudes.

- Barack Obama, après la retentissante gifle donnée par Israël au Vice Président Joe Biden lors de sa visite à l’Etat hébreu: « il n’y a pas de crise entre les Etas-unis et Israël »…

- L’Union Européenne, dont les membres se gardent bien d’annoncer le moindre plan concret pour aider la Grèce à faire face à ses besoins de financement, multiplie les déclarations de soutien. Comme la corde soutient le pendu?

Le grand « squeeze » et la grande bagarre

mars 18, 2010 on 7:38 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, Economie, France, International, Poil à gratter | Commentaires fermés

En anglais, le verbe « to squeeze » signifie aussi bien pincer, éventuellement gentiment, que prendre en tenaille. C’est ce qui risque d’arriver à une économie mondiale qui n’a pas besoin de ça, parce qu’elle en a eu trop besoin. Et toute la question est de savoir quelle sera l’intensité du pincement.

Car, dans l’ombre, des experts nous préparent des normes de prudence bancaire dites « Bâle 3″, qui vont entrer en vigueur fin 2012, c’est à dire demain.

Schématiquement, les banques prêtent de l’argent qu’elles empruntent. Ce qui fait que si les bénéficiaires des prêts bancaires ne remboursent pas la banque, celle-ci ne peut pas rembourser ses propres emprunts, et c’est la faillite. Et ce sont les fonds propres de la banque qui jouent le rôle d’amortisseur pour éviter la culbute à la première secousse. Donc, si la banque a beaucoup de fonds propres par rapport aux capitaux prêtés et empruntés, elle sera solide et fiable même en cas de secousse conjoncturelle. Mais si elle en a peu, à la première convulsion elle peut « sauter ».

Le « hic », c’est qu’une banque qui prête beaucoup par rapport à ses fonds propres va avoir plus d’activité qu’une autre qui prête moins, donc pourra gagner plus d’argent, ce qui fera monter le cours de son action et son dividende, et, en même temps le prestige et les rémunérations de ses dirigeants.

Ce qu’on a observé en 2006-2008 et qui a conduit à la grande crise financière de 2008 est que les banques ont pris, comme en 1929, beaucoup trop de risques par rapport à leurs fonds propres.

Il y avait des normes à respecter, dites « Bâle 2″, mais l’invention de nouveaux produits financiers leur a permis de croitre sans les violer.

D’où le souhait du comité de Bâle, qui réunit experts et banquiers centraux, d’émettre de nouvelles normes qui encadrent aussi ces nouveaux produits financiers de manière plus stricte pour éviter une répétition de la catastrophe de 2008.

Le problème, c’est que si l’on limite strictement les risques que les banques peuvent prendre par rapport à leurs fonds propres, on assure leur stabilité, mais on limite leur activité, et donc, en même temps, l’activité économique qu’elles peuvent alimenter. Des banques qui prêtent peu, et c’est toute l’économie qui se contracte, raison pour laquelle le gouvernement français a exigé qu’en contrepartie des aides accordées aux banques en 2008 celles-ci continuent de prêter comme avant.

L’objectif de Bâle 3, la stabilité bancaire, est donc contradictoire de celle des États, qui veulent de l’activité et de la croissance.

Il y a bien une solution, ce serait que les banques augmentent leurs fonds propres. Mais ceci suppose (1) qu’il y ait des investisseurs intéressés dans des banques qui ont toutes plus ou moins frôlé la faillite, et (2) que ces banques qu’on force à tourner au ralenti gagnent néanmoins assez d’argent pour verser des dividendes satisfaisants pour les actionnaires.

Et comment gagner plus d’argent si ce n’est en prenant plus de risques? La boucle est bouclée, et le cercle est vicieux.

Ce qui énerve puissamment JusMurmurandi, c’est que ce débat, si important pour notre avenir financier à tous, comme celui sur les réformes du système bancaire, l’encadrement des hedge funds, etc… se fait à huis clos, entre experts non politiques et politiques non experts.

Ainsi, toujours sur le même thème, une bagarre intra-européenne se prépare depuis que Gordon Brown a décidé pour des raisons de convenance électorale, de ne pas donner suite au projet de passeport européen, que Merkel et Sarkozy voulaient créer pour encadrer les fonds européens et limiter l’accès des fonds trop risqués non européens au marché financier de l’Union. Inutile de dire que ce projet constitue un magnifique sujet de discorde avec les Américains qui veulent que leur entreprises financières puissent faire ce qu’elles veulent sur le Vieux Continent.

Et pendant ce temps-là, vous voulez que nous nous intéressions à l’importance des élections régionales?

Obama ou Schwarzenegger à la Maison Blanche ?

mars 17, 2010 on 9:59 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, Economie, International, Poil à gratter | Commentaires fermés

L’Oncle Sam est de retour. Et ça va faire mal. Après une période de relative absence en termes de leadership mondial, plombé par la double guerre d’Afghanistan, plaidable, et d’Irak, lamentable, et par la crise économique et financière, née d’une orgie tolérée de crédit aux États-Unis, les signes se multiplient.

D’abord Barack Obama reçoit le Dalaï Lama, geste contentieux avec Beijing, qui s’est peut-être vu trop beau trop vite en croyant pouvoir faire faire ses 4 volontés au reste du monde. Puis il vend des armes à Taïwan, geste qui ne se contente plus, comme le précédent, d’une valeur symbolique. Ensuite, histoire de montrer que ce n’est pas qu’en direction de la Chine, son administration accorde à Boeing un cahier de charges sur mesures pour leur faire gagner un marché de 35 milliards d’euros pour des avions ravitailleurs, auparavant dévolu aux Européens.

Mais tout ceci c’est encore qu’une mise en bouche, une modeste entrée en matière, comparé à ce qui se fait en ce moment dans la discrétion et l’indifférence.

Le Sénat américain discute de la proposition, à caractère quasi-officielle, du Sénateur Charles Schumer, de donner aux États-unis la possibilité législative de prendre toutes sortes de sanctions contre des pays qui sous-évalueraient leur monnaie.

Parmi ces sanctions, bien sûr, des droits de douane sur les importations.

Sous cet abord technique, il s’agit d’une véritable bombe atomique, dirigée en premier contre la Chine, dont les exportations quasi-illimitées exaspèrent une Amérique qui souffre de 10% de chômage. Laquelle Amérique se lamente que ce déséquilibre est du avant tout à une sous-évaluation massive de la monnaie chinoise le yuan. Ce que confirme le Fonds Monétaire International.

Car ce que dit cette loi, c’est que les États-Unis se reconnaissent comme seuls juges de savoir si un pays « joue le jeu ». Ce qui atomise purement et simplement toute démarche multilatérale, telle que l’OMC, le cycle de Doha, et la tentative d’ouverture toujours plus grande du commerce mondial.

Quand on sait à quel point les États-unis ont, eux-mêmes joué sans aucune vergogne de la baisse de leur dollar quand ça les arrangeait, on ne peut qu’être inquiet.

Quand en plus on se souvient qu’il y a non seulement les problèmes d’échanges commerciaux qui son liés à la valeur, mais aussi le financement des déficits internationaux, et notamment l’énorme flux d’achat chinois de dette américaine, l’inquiétude devient pétrifiante.

Si le monde pensait en avoir fini avec une administration américaine unilatérale et autoritaire, on risque de voir que, comme à la SNCF, « un train peut en cacher un autre ».

Il y en a qui vont avoir l’air fin si c’est le cas, ce sont les membres du jury du Prix Nobel de la Paix. Et d’autres qui vont se sentir cocus, croyant avoir élu un émule de Martin Luther King, et se retrouvant avec un disciple de Schwarzenegger…

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