Proportionnelle, ou disproportionnelle ?
avril 15, 2007 on 4:50 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésLa France entre dans la dernière semaine de campagne présidentielle. On pourrait penser que cette dernière ligne droite est un moment où, les petits candidats ayant eu le temps de délivrer leur message, les électeurs se concentrent sur les choix cruciaux qui porteront 2 des 4 candidats ayant les sondages les plus favorables au 2e tour, et en laisseront 2 aux portes du paradis.
En fait, les petits candidats n’ont jamais été aussi importants que maintenant. Parce que la loi électorale garantit à tous les candidats exactement le même temps de parole et d’antenne, les petits comme les grands. Le résultat de cet égalité stricte, c’est que Gérard Schivardi, crédité de 0,5% des voix, a autant de temps d’antenne que Nicolas Sarkozy, qui est crédité de 50 fois de plus.
Plus généralement, la gauche de la gauche, qui affiche 5 candidats sur 12, dispose donc de 40% du temps total d’antenne, de 40% de la surface d’affichage, alors qu’ils sont crédités de 11% des voix à eux tous. Ce qui est intéressant, c’est que ces 5 candidats sont partisans de la représentation proportionnelle intégrale, alors qu’en campagne, leur avantage est manifestement disproportionné. A se demander si leur prétendu incapacité à fusionner leurs listes n’était pas une manoeuvre, car ils savaient depuis le début l’avantage collectif de se présenter en nombre pour marteler tour à tour le même message…
JusMurmurandi demande s’ils sont prêts à s’appliquer la représentation proportionnelle aussi pour le temps de campagne officielle…. Chiche!
Manipulateur manipulé, ou arroseur arrosé ?
avril 14, 2007 on 7:12 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésQuand Jean-Marie le Pen, par exemple, conseille à Nicolas Sarkozy de se présenter aux élections en Hongrie et pas en France, on pourrait penser que cela fait du tort à Sarkozy chez les électeurs d’extrême-droite. Mais peut-être au contraire cela consolide-t-il certains ex-électeurs du Front National, choqués d’une telle outrance, dans leur volonté de voter cete fois-ci pour le candidat UMP. Et peut-être aussi cela rassure-t-il certains électeurs UMP, hésitants devant le soupçon de connivence entre le Pen et Sarkozy, qui auraient pu être tentés de faire défection vers Bayrou. Bref, on ne sait pas si cette manoeuvre est bonne ou mauvaise pour Sarkozy. Si, sous couvert d’un insulte, le malin le Pen donne un coup de griffe…ou un coup de main…ou les deux ?
La même chose fonctionne à gauche. Quand une rumeur parle de sondage des Renseignements Généraux qui montrerait non seulement Ségolène Royal éliminée au 1e tour, mais arrivant 4e derrière sarkozy Bayrou et le Pen, est-ce que le résultat est de pousser les électeurs des petites listes de gauche à voter utile en votant Royal tout de suite, ou de dégoûter ses électeurs potentiels en les incitant à voter Bayrou pour, quitte à ne pas voir de Président PS, à au moins battre « l’ennemi » Sarkozy.
Donc cette rumeur est-elle favorable à Bayrou, ou au contraire favorable à Royal ?
Et comme on sait que les chances de Sarkozy au 2e tour seraient bien meilleures face à Royal que face à Bayrou, ne faut-il pas voir la main de l’UMP derrière tout ce qui pourrait aider la candidate PS ?
Bref, qui manipule qui ? Joue-t-on au billard à 3 bandes ? Ou a 4 bandes ? Encore plus ?
Et si les électeurs, perdus par ces jeux trop compliqués, lassés par une campagne longue et acrimonieuse, forçaient tout ce petit monde manipulateur à jouer à l’arroseur arrosé ?
Quand un faucon en est un vrai
avril 14, 2007 on 3:31 | In France, International | Commentaires fermésPaul Wolfowitz, ancien numéro deux du Pentagone, et à ce titre faisant partie de l’équipe des faucons de George W. Bush, est, pour l’instant, Président de la Banque Mondiale.
Il a en effet été pris la main dans le sac pour avoir augmenté de manière considérable le salaire de sa compagne, salariée du même employeur.
L’augmentation est telle que Me. Riza, c’est son nom, a désormais une rémunération supérieure à Condoleeza Rice,Secrétaire d’Etat des Etats Unis, poste autrement plus important.
La conséquence de cette confusion d’intérêt personnel et professionnel est que le conseil d’administration de la banque est réuni, en pleine sommet de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire international, afin de déterminer la position à prendre vis à vis de ce manquement grave au règlement intérieur.
Sera t il « démissionné » ? Rien n’est exclu, même si George W. Bush a réitéré sa totale confiance en Wolfowitz.
Lorsque l’on compare cette situation avec la politique française, où l’on pense au moins à Anne Pingeot ou Christine Deviers Joncour qui furent elles des maîtresses avouées et officielles, sans parler de toutes celles que l’on prête à tort ou à raison aux dirigeants de la classe politique française, JusMurmurandi se dit que les rangs de cette dernière seraient singulièrement clairsemés si chacun commettant un tel abus et confondu se trouvait dans l’obligation de démissionner.
O tempora, o mores.
Quand le contrôle aérien voit loin
avril 13, 2007 on 6:12 | In Economie, France | 1 CommentJusMurmurandi a déjà attiré votre attention sur la multiplication des grèves en cette période électorale (Port Autonome de Marseille, SITA, ClearChannel, PSA, Airbus entre autres). En voici une qui les dépasse toutes. Elle est le fait des contrôleurs aériens de région parisienne.
Ils sont en grève contre les modalités éventuelles de regroupement des 3 centres de contrôle, situés à Roissy, Orly et Athis-Mons.
Mais là où JusMurmurandi hoche la tête, perdu entre incrédulité et ahurissement, c’est que ce regroupement est prévu pour 2017 ou 2018 !!! C’est ce qui s’appelle voir loin, en soi une qualité pour des contrôleurs aériens.
JusMurmurandi se demande si ce n’est pas tout simplement un moyen de profiter d’une journée de promenade plutôt que de travail par ce délicieux temps de printemps…
Ahurissements de campagne (12)
avril 13, 2007 on 5:57 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésQuand Ségolène Royal propose d’instiller une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin légslatif en France, ce n’est rien moins qu’une VIe République.
Mais là où JusMururandi hoche la tête, perdu entre incrédulité et ahurissement, c’est que quand Brice Hortefeux, l’un des lieutenants de Nicolas Sarkozy, propose, en son nom personnel, la même chose, Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy et l’UMP de négocier en secret avec le Front National.
JusMurmurandi voudrait rappeler à Ségolène Royal ses propres déclarations selon lesquelles elle s’abstiendrait désormais de toute attaque personnelle. Mais faire ce qu’elle fait, à savoir dénoncer par avance, en usant du conditionnel, quelquechose qui n’est pas arrivé ce n’est bien sûr pas une attaque personnelle, c’est une calomnie. Et il faut reconnaître qu’elle ne s’est jamais engagée à ne pas calomnier.
Mais calomnier en accusant quelqu’un de faire a même proposition qu’on fait soit même, c’est, comme disent les marins, cracher face au vent. Et on sait ce que ça donne…
Ahurissements de campagne (11)
avril 13, 2007 on 5:34 | In France | Commentaires fermésJean-Marie le Pen souhaite discuter avec Nicolas Sarkozy. Que le Président du Front National souhaite sortir de l’isolement total où il se trouve n’a rien d’étonnant.
Mais là où JusMurmurandi hoche la tête, perdu entre incrédulité et ahurissement, c’est que préalablement, le même Jean-Marie le Pen a traité le même Nicolas Sarkozy de « candidat de l’immigration », lui conseillant de se présenter aux élections en Hongrie et non en France.
JusMurmurandi voudrait appliquer à l’envers 2 proverbes.
- L’un, c’est Jean-Marie le Pen qui agit comme si « qui châtie bien, en fait, aime bien quand même »…:-)
- L’autre, pour Nicolas Sarkozy, c’est qu’on ne nourrit pas la main qui vous a mordu…:-)
A voté !
avril 13, 2007 on 12:00 | In Elections présidentielles 2007, France, International | Commentaires fermésLe célèbre hebdomadaire britannique The Economist a dans son numéro de cette semaine exprimé son choix, pour les élections présidentielles françaises,comme à son habitude.
De centre gauche, dans un pays où l’économie est on ne peut plus libérale depuis Margaret Thatcher, que le premier Ministre soit issu de la même majorité qu’elle ou de l’opposition travailliste, The Economist n’avait pas hésité à prendre des positions tranchées, comme par exemple en 1988, où il avait pris partie pour la réélection de François Mitterrand contre Jacques Chirac.
Et quel est le diagnostic de l’Economist pour la France de 2007 ? Qu’elle doit avoir une croissance plus forte afin de pouvoir faire face à ses problèmes que sont un Etat qui coute chaque année plus de la moitié du Produit National Brut, une dette nationale à la plus forte augmentation en Europe de l’Ouest durant les dix dernières années et enfin un taux de chômage très élevé.
Pour remédier à cela dit The Economist, il faut des remèdes de cheval, en libéralisant les marchés de l’emploi et de la consommation afin de stimuler la concurrence, questions qui n’ont pas été traitées au cours des 26 dernières années.
Eh bien pour qui vote The Economist? Pour Ségolène Royal, première femme à être un candidat potentiel sérieux pour l’emporter, elle qui a déjà su bousculer les éléphants avec vigueur, qui se dit Blairiste et prête à remettre les 35 heures en cause? Hélas, non, elle est taxée de conservatisme économique, avec une imposition élevée, une intervention étatique à tout crin et un marché de l’emploi rigide.
Pour François Bayrou, qui promet de réduire la dette de l’Etat? Non, toujours pas, son projet se voyant mal noté par à nouveau son voeu de voir l’Etat intervenir dans les affaires économiques, et par son souhait de maintenir les subventions agricoles.
Pour The Economist, c’est Nicolas Sarkozy qui représente le meilleur candidat.
The Economist ? A voté !
Ordre juste, ou justice en ordre ?
avril 12, 2007 on 8:15 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésS’il y a un sujet qui illustre les différences entre gauche et droite, quoi qu’en dise François Bayrou, c’est bien celui de la loi et l’ordre.
Dans ce domaine, Ségolène Royal promet d’établir « l’ordre juste », en parlant de sujets de société, où plus de justice devrait selon elle amener plus d’ordre. Ceci dans le droit fil d’une philosophie politique prônant une certaine compréhension des comportements anti-sociaux chez les laissé-pour-compte de la société. Compréhension qui, plus que tout, a valu au PS et à la gauche le retentissant désastre du 21 avril 2002.
Une étude montre qu’avant d’établir « l’ordre juste », il vaudrait mieux mettre de l’ordre dans la Justice. Quand 30% à 50% des affaires poursuivables (c’est-à-dire où il y a un délit et un coupable identifiés) ne sont pas poursuivies faute de moyens (juges, greffiers, encadrements pour des T.I.G., places de prison etc…), peut-on parler de Justice ? Quand la mesure la plus fréquente prononcée par la Justice est un « rappel à la loi », car il ne requiert que très peu de temps et pas de moyens, peut-on s’étonner que Nicolas Sarkozy se scandalise de voir cette mesure si limitée appliquée à des récidivistes?
Où y a-t-il justice quand certains délinquants sont poursuivis, et d’autres voient leur affaire classée? Où y a-t-il justice quand les victimes voient les délinquants laissés en paix? Où y a-t-il ordre quand 40% des peines prononcées ne sont jamais exécutées?
Bref, comment peut-on parler d’ordre juste quand la Justice est un facteur de désordre et d’injustice? Comment parler d’ordre juste quand on ne met pas les budgets de la police et de la justice en priorité dans le Pacte présidentiel? Comment parler d’ordre juste quand on a voté pendant 5 ans contre tous les textes renforçant l’action de la police et de la justice, ou renforçant les sanctions des délits et crimes? Voilà juste une question d’ordre qui pourrait coûter cher à Ségolène Royal un certain 22 avril.
Ahurissements de campagne (10)
avril 12, 2007 on 5:40 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésUn candidat a déclaré, parlant de la très forte indemnité perçue par Noël Forgeard au moment où il quittait sont poste de PDG d’un EADS que les ennuis de l’Airbus A380 avaient grandement fragilisé « il faut qu’il rendre l’argent aux salariés ».
JusMurmurandi fait remarquer que l’argent, à supposer qu’il soit rendu, comme Pierre Bilger l’a fait après avoir quitté Alstom, ne devrait certainement pas aller aux salariés, mais à l’entreprise. Dire que ce qui appartient à l’entreprise est la propriété collective des salariés relèvre d’une thèse politique bien connue, le marxisme-léninisme.
Qui donc est ce candidat marxiste-léniniste? Bensancenot? Buffet? Schivardi? Laguiller?
Perdu! C’est Ségolène Royal! Bien sûr, vous pourrez toujours objecter qu’il s’agit d’un subtil distinguo. Ce n’est pas ce que pense Mark Mardell, le journaliste de la BBC qui suit la campagne électorale française, qui constate que la France est le seul pays d’Europe où la gauche n’a pas encore admis que le capitalisme est le seul système efficace de création de richesse. Et que la querelle droite-gauche porte sur l’emploi de ces richesses, et non sur le mode de leur création.
JusMurmurandi hoche la tête, perdu entre incrédulité et ahurissement, en se demandant comment Ségolène Royal a pu combiner des convictions marxistes-léninistes et l’enseignement de l’ENA. Peut-être est-ce pour cela que sa ligne politique n’apparaît pas toujours continue et cohérente?
Au menu ou à la carte?
avril 12, 2007 on 3:18 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésSégolène Royal a annulé son rendez vous avec Jean-Pierre Elkabbach hier matin à la station Europe 1.
JusMurmurandi se demande tout d’abord quelle est la raison qui a suscité l’envoi d’un suppléant, Jean-Pierre Chevènement, au pied levé.
Est ce parce que, comme le dit une mauvaise langue, la candidate du PS ne se sentait pas de répondre à des questions sur le contrat de première chance, qui suscite plus d’interrogations et de réprobations que d’acclamations, à droite comme à gauche?
Est parce que l’animateur, J-P Elkabbach, ne l’aurait pas appelée, alors qu’il appellerait les autres candidats, avant son passage?
Est-ce enfin parce que Ségolène Royal aurait fait un amalgame entre le « vrai » Elkabbach et la marionnette des guignols de l’info, à l’invective aussi prompte que méchante?
Quelle que soit la ou les réponses, JusMurmurandi estime que cela est une prise de position inacceptable.
D’abord parce que ce n’est qu’une fois parmi tant d’autres que la candidate socialiste se fait porter pâle, excuser ou tout autre mot du même acabit, phénomène jusqu’alors inconnu dans les annales de campagne de la Vème République
Ensuite parce que, depuis le début de la campagne officielle, le calendrier de parole des uns et des autres est minuté et suivi de près pour chaque intervention par le CSA; ne pas participer à une émission, ce n’est pas seulement créer un désordre inutile alors que 12 candidats doivent passer un même temps à l’antenne, c’est aussi une occasion ratée, alors que nous ne sommes qu’à quelques jours du premier tour.
Mais surtout, quelle illustration désastreuse de la parole donnée, de l’engagement pris alors que Ségolène Royal aspire à la plus haute fonction de l’Etat.
Madame Royal, vouloir accéder à la Présidence de la République, cela signifie que l’on accomplit toutes les missions, parce que cela devient un devoir, et non plus un choix selon ses affinités personnelles.
Diriger la Nation, c’est au menu, pas à la carte.
Une décision juste.
avril 12, 2007 on 2:53 | In France | Commentaires fermésJusMurmurandi s’était déjà félicité qu’en janvier dernier le Chef de l’Etat honore les Justes des Nations français, citoyens non juifs ayant contribué à sauver des juifs, d’une cérémonie spéciale au Panthéon.
Profitant de la promotion de Pâques, tous les Justes des Nations français encore en vie, dits Justes de France, ont été promus à l’ordre de la Légion d’Honneur.
Ces citoyens hors pair ont contribué à sauvé trois quarts des 330.000 juifs vivant en France pendant la triste période de l’occupation nazie. Ils ne sont plus qu’environ 160 sur un total de 2725 reconnus par l’Etat d’Israël.
La Nation leur rend officiellement hommage.
Mieux vaut tard que jamais.
Patrons voyous, patrons chouchous ?
avril 12, 2007 on 1:35 | In Economie, Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésDes sujets de consensus entre Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou, JusMurmurandi n’en connait pas beaucoup. Pourtant avec la sortie du « 3e homme » dans le Pas de Calais, il y en a un qui a retenu l’attention de JusMurmurandi
Quel est ce sujet si important que tous et toutes lui consacrent du temps à 10 jours du 1e tour ? Le chômage ? L’emploi ? la Sécu ? La sécurité ? L’immigration ?
Perdu! Le sujet si important, c’est de fustiger les patrons voyous. Personne en peut en donner une définition précise. Personne ne peut en chiffrer le nombre ou l’impact. Personne n’en a vu un, car c’est une espèce qui se cache et se dissimule. Mais chacun sait qu’ils existent. Alors il faut les condamner, les pourchasser, les donner en pature à la vindicte publique.
Peu importe que les patrons soient ceux qui créent des emplois, et qu’à les couvrir d’injures quand ce n’est pas d’immondices, on dégoûte ceux qui sont en poste et décourage les vocations, qui trop souvent vont se déployer à l’étranger.
Peu importe qu’en matière d’illégalité et de violations du droit du travail, les syndicats cumulent trop souvent entrave au droit au travail, occupations illégales, votes non représentatifs, intrusions de gens étrangers aux entreprises, saisie et vente « directe » des stocks, dans l’indifférence et impunité générales.
Peu importe que l’Etat ait totalement capitulé devant ces conflits, laissant les situations de non-droit pourrir et obligeant à les « oublier » pour prix du retour à la paix sociale. Comme si la violence ouvrière et syndicale était plus pardonnable que la violence patronale.
Non, ce qui compte, c’est de trouver un bouc émissaire à la colère des gens privés d’emploi, et de tous ceux qui craignent de le perdre. Alors, tous politiciens confondus, on leur donne Bruxelles, et on s’étonne de récolter le vote négatif au référendum. On leur donne la mondialisation alors que la France ne pourrait vivre sans ses phénoménales exportations. Et on leur donne les patrons voyous sans voir que tous ces beaux donneurs de leçons et de coups de bâtons n’ont pas, à eux tous, créé un seul emploi de leur vie.
En d’autres temps, là où aujourd’hui on lit « patron-voyou », il était fréquent de lire « juif ». Eux aussi collectivectivement responsables de tous les maux, même si, individuellement, il y en avait de très corrects. Car les sondages sont clairs, si les Français haïssent les patrons voyous, ils aiment et respectent très souvent le leur.
Pour réconcilier la France et ses patrons, faut-il commencer par leur faire porter une étoile infâmante ?
Ahurissements de campagne (9)
avril 12, 2007 on 11:26 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésFrançois Bayrou a déclaré: « Partout où ils sont désespérés, il faut leur parler en vérité ». JusMurmurandi hoche la tête, perdu entre incrédulité et ahurissement devant cette phrase et pose 2 questions:
- si on s’en tient à la formule, qui impose de dire la vérité aux désespérés, cela veut dire qu’on dit autre chose à ceux qui ne le sont pas. Par exemple qu’on leur fait des promesses électorales qu’on sait qu’on en tiendra pas ?
- si l’on applique à François Bayrou sa propre formule, compte tenu qu’il y a fort peu d’espoir qu’il soit au 2e tour, n’est-il pas temps de lui « parler en vérité » et de lui dire qu’il a choisi une voie sans issue ?
Ahurissements de campagne (8)
avril 12, 2007 on 11:00 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésSégolène Royal veut faire reculer « ce système qui dresse les gens les uns contre les autres, les fonctionnaires contre ceux qui ne le sont pas et qui sont désignés du doigt, les grévistes contre ceux qui ne le sont pas et qui sont désignés du doigt, ceux qui auront le droit de faire des heures supplémentaires et ceux qui ne l’auront pas, ceux qui pourront continuer d’accéder à la santé et ceux qui ne le pourront plus, ceux qui vont bénéficier des allégements fiscaux en haut de l’échelle et ceux qui seront obligés de payer de leur précarité les nouveaux cadeaux fiscaux »
Mais là où JusMurmurandi hoche la tête, perdu entre incrédulité et ahurissement, c’est en se demandant comment Ségolène Royal va éviter de dresser les uns contre les autres ceux qui devront payer les nouveaux impôts et ceux qui bénéficeront des nouveaux avantages qu’elle va distribuer. Ceux qui seront d’accord avec elle et ceux qui lui seront opposés…
A moins qu’elle ne se rallie à François Bayrou pour gouverner avec la droite. Là, il n’y aurait effectivement plus d’opposition. Est-ce ce qu’elle avait en tête, ce jour là à Carmaux ? Il est permis à JusMurmurandi d’en douter…
Les ultra-gaulliens
avril 12, 2007 on 10:36 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésUne analyse des discours des candidats révèle que 2 candidats emploient le mot « je » 6 fois plus souvent que le Général de Gaulle. 6 fois plus!
Or le moins que l’on puisse dire, c’est que ce dernier ne manquait ni de volonté, ni d’énergie, ni d’une vision personnelle de l’exercice du pouvoir. Il avait même été taxé de « dictateur » par François Mitterrand, qui lui reprochait sa dérive « monarchique ». Donc le mot « je » figurait déjà abondamment dans la panoplie du Général. Qui sont donc ces 2 candidats tellement plus « volontaires » et « personnels » que lui ?
Il est facile d’imaginer que l’un des 2 est Nicolas Sarkozy, ce qui correspond bien à son image, et c’est exact. Mais qui est l’autre?
Jean-Marie Le Pen ? Philippe de Villiers ? Perdu! C’est la championne de la démocratie participative et l’élève de François Mitterrand, Ségolène Royal.
La trouver sur le même mode d’expression que Nicolas Sarkozy explique peut-être pourquoi l’un d’entre eux fait le plein de son électorat et l’autre pas….