Délit de fuite ou chronique d’une disparition annoncée ?
octobre 15, 2008 on 5:39 | In Coup de gueule, Economie, Europe, France, Incongruités, International, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermésJusMurmurandi voudrait rappeler à ceux de ses lecteurs qui l’auraient oublié qu’il y a une opposition politique en France.
Son principal parti, encore une fois pour ceux qui auraient des trous de mémoire, s’appelle le Parti Socialiste.
Car il est vrai que l’on n’en entend plus beaucoup parler ces derniers temps
La crise qu’il traverse ressemble en effet à une tempête dans un verre d’eau par rapport à la tempête du monde financier qui est en train de se traduire en ralentissement économique planétaire.
Et si l’on regarde ou écoute quelles ont été les prises de position de ses illustres dirigeants, elles sont palpitantes.
Didier Migaud, Président de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale (poste qu’il occupe par la bonne grâce du Président de la République, nota bene) est prompt à déclarer que les déficits ne seront pas tenus à cause de la mise en place du plan de garantie des banques. Comme si c’était le souci du moment.
Ségolène Royal souhaite « que la crise soit une chance pour que la finance soit au service de l’économie ». Encore des belles paroles. Recueillons-nous et célébrons tous ensemble la fraternité économico-financière.
Mais fondamentalement, lorsqu’il s’est agi de voter un plan d’urgence pour tenter d’endiguer la spirale de chute de la confiance illustrée par l’effondrement, le PS est aux abonnés absents.
Est-ce parce que ses différents membres ne sont pas d’accord, les uns trouvant que le plan ne va pas assez loin, d’autres trop loin, ou encore ceux qui sont des anti-sarkozystes par principe, quoi qu’il en soit alors que le monde occidental et par conséquent la France traversent une période d’une extraordinaire difficulté, le PS, tel une tortue, rentre dans sa coquille et se retire de la scène politique.
Alors que l’Europe se réunit autour de la présidence française pour présenter un front uni, à son échelle réduite, le PS en est incapable, choisissant une fois de plus de faire passer ses propres contraintes avant l’intérêt national.
On avait déjà connu cela lorsqu’au début du siècle dernier, lorsque la seule posture des socialistes français face à l’agresseur prussien aux portes du pays avait été de déclarer la grève nationale….Courage, intérêt supérieur de la Nation, quand tu nous tiens !
Avec quelques années d’écart, on pourrait presque célébrer le centenaire de leur couardise.
Aujourd’hui cela va jusqu’à ne pas savoir si l’on va changer les dates du congrès de Reims. Et de nouveau l’angoisse paralysante, entre ceux qui veulent maintenir la date même si ou parce que cela permettra de passer les divergences sous silence, et ceux qui veulent la changer pour tenter d’être sous les feux de la rampe…
Pendant ce temps, même François Bayrou a voté le plan de relance. C’est dire…
Délit de fuite, posture prémonitoire d’une disparition annoncée, ce n’est pas JusMurmurandi qui sera tenté de lancer un avis de recherche….
La revanche du poovre Monsieur Brung et de la pooovre Europe
octobre 14, 2008 on 6:05 | In Coup de gueule, Economie, Europe, France, International | Commentaires fermésOh, non, ce ne sont pas les déshérités du monde qui sortiront gagnants de la crise actuelle. Les fonds engagés dans le soutien des banques viendront bien de quelque part, et il est clair que la part des pauvres n’en sortira pas grandie.
Non, il s’agit d’un autre genre de pauvres. D’abord, ce pauvre Monsieur Brun. Vous vous souvenez de Monsieur Brun? Celui qui, pour l’éternité, est dans l’ombre de César et d’Escartefigue dans une historique partie de cartes qui contient une des plus célèbres répliques du cinéma français: « tu me fends le coeur ». Et le pooovre Monsieur Brung (prononcer avé l’asseng, sans avoir peur d’en faire des tonnes) de jouer les comparses, un des petits Chose qu’on prend de haut, un peu étranger à toute cette « marseillaisitude ».
En anglais, « brun » se dit « brown ». Et les Britanniques ont aussi leur poor Mister Brown. Un Premier Ministre impopulaire, discrédité, ridiculisé, émasculé, menacé, et pas vraiment à sa place dans le fauteuil de Churchill, de Thatcher ou de son prédécesseur, ex-ami et meilleur ennemi Tony Blair.
Il y a un autre pooovre dans cette histoire, ou plutôt une, c’est notre pooovre Europe. Une Europe qui ne dit rien dans cette crise. Une crise venue des USA, et dont tout le monde attend que ce soit des USA aussi que vienne la solution. Surtout quand chaque pays européen veut sa propre solution au problème. Quand l’Allemagne de Merkel veut régler les problèmes au cas par cas, alors que la France veut un plan global et européen. Et que tout attendent, à un moment ou à un autre, que les européens copient le plan de l’américain Paulson.
Sauf que, de cette pooovre Europe rien ne vient, et que le plan Pauson se met à patiner, conduisant à la panique de vendredi dernier, qui prenait des allures de dernier vendredi.
Dans ce contexte, le plan de ce pooovre Mister Brown pour sauver les banques anglaises ne fit pas les gros titres. Ce d’autant que la situation britannique était particulièrement aventurée. Par la place importante de la finance dans l’économie, par son tropisme américain qui la fit s’engager plus que d’autres européens outre-Atlantique, par la bulle immobilière qui, comme aux Etats-unis, entraîne aujourd’hui une solide gueule de bois bancaire.
Garantir les crédits interbancaires, et investir dans les banques pour les recapitaliser, les nationaliser si besoin était. On attendait déjà l’ironie mordante à la Raimu qui ne pouvait manquer de saluer une si pooovre initiative d’un si pooovre européen.
Une semaine plus tard, l’Europe de l’Euro plus la Grande-Bretagne, c’est-à-dire l’Europe, réunie à Paris, parle d’une seule voix, et annonce un plan d’une ampleur sans précédent pour sortir de la crise. Cette pooovre Europe met sur la table près de 3 fois les capitaux du grand Oncle Sam, et réduit le flamboyant Hank Paulson au rôle de comparse. Lequel Paulson se hâte d’annoncer une modification de son plan pour ressembler à ceui des Européens.
Car le plan européen existe. C’est, à la virgule près, celui du pooovre Mister Brown. Et il suscite une réaction positive sans précédent des marchés financiers. +11% à Paris, Franfort et New-York, +14% à Tokyo. +14% à Tokyo!!! Comment dit-on « brun » en japonais? Il n’y a qu’à Londres que le triomphe est plus « modeste »: +8%.
Chapeau l’artiste! Mister Brown, si le succès se confirme et que votre plan est celui qui aura permis au monde de tourner le dos à l’abîme financier et économique vers lequel il se précipitait, votre triomphe sera le plus dur pour l’arrogance et l’orgueil des seigneurs de la finance. Pensez! Sauvés par la pooovre Europe et le pooovre Monsieur Brun…

RGPP, mon amour
octobre 13, 2008 on 9:04 | In Coup de gueule, Economie, Europe, France, Insolite, International, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermésOn ne sait plus qui croire.
Après une semaine où chaque jour qui passe les indices des bourses mondiales tombent, chutent, s’effondrent, on ne sait plus à quel saint se vouer.
Un vrai yoyo.
George Bush intervient-il dans le courant de la semaine qu’aussitôt après les indices américains perdent 8% dans la foulée.
Preuve que le politique ne peut pas faire grand-chose pour corriger les erreurs démesurées du monde économique – mais en revanche peut accentuer encore une situation désastreuse.
Bref, chaque jour on est pendu qui à la radio, la télévision ou encore l’internet pour savoir quelle est la tendance.
Tokyo ouvre-t-il en hausse comme indicateur de ce que sera le début de journée en Europe ?
New York ouvre-t-il en baisse, influençant ainsi la clôture du vieux continent ?
Bref, si l’on a perdu de la visibilité depuis le 11 septembre 2001, les dernières semaines ont encore troublé le jeu au point que l’on pourrait s’imaginer dans un épais brouillard où l’on ne sait pas si l’on avance, recule …
Un peu comme la météo.
Un jour il pleut, le lendemain il fait beau, et son contraire. Et on ne comprend jamais vraiment bien pourquoi ni comment.
Comme pour la finance, les indications données nous font penser que nos baromètres domestiques sont à la limite plus fiables, que nous devrions peut être nous tourner vers l’élevage de grenouilles pour voir si elles montent ou descendent de l’échelle et nous aider à prévoir le temps qu’il fera demain.
Car les grenouilles ne coûtent pas le prix des super calculateurs mis à la disposition de Météo France, pour le médiocre résultat précité.
A ceci près qu’aujourd’hui, il ne fait plus aussi bon être à Météo France…Sale temps pour la météo car dans le cadre des RGPP (Révision générale des politiques publiques), le gouvernement a décidé de réduire la voilure et de supprimer 1.500 postes dans les centres départementaux.
Ce qui a bien entendu suscité une grève qui n’aurait été suivie, aux dires de Météo France, que par 15% des salariés.
Car finalement, que l’on fasse des économies sur un service qui n’en est pas un, même le personnel semble avoir compris que cela n’attirera pas le chaland.
Que le soleil continuera de se lever le lendemain, quoi qu’il arrive. Un peu comme dans la finance…
Somme toute, si c’est cela la sanction de la RGPP lorsque l’on n’atteint pas ses objectifs, JusMurmurandi la soutient sans ambages.
Et pose juste une question. Une toute petite question.
Quand est ce qu’enfin on va faire la même chose dans la finance pour tous ces pontes surpayés et inutiles à qui les mêmes rémunérations indécentes continuent à être versées ?
Il n’y a pas de RGPP dans la finance ????
Nettoyer les banques et lutter contre le terrorisme?
octobre 9, 2008 on 6:26 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, International | Commentaires fermésL’impérieux besoin de nettoyer les banques qui ont mis le système financier de la planète au bord du gouffre est une évidence. Mais il ne suffit pas de les nationaliser sous une forme ou une autre, il faut aussi
- veiller que les responsables soient mis hors d’état de nuire
- veiller que les banques reprennent une activité normale et réamorcent la pompe économique
- veiller que les folies du passé ne se reproduisent pas.
Vous me direz, quel rapport avec la lutte contre le terrorisme? Aucun, bien sûr. Sauf que…
Rappelez-vous le 11 septembre. Quand il est apparu clairement que c’étaient Al-Qaeda et Bin Laden qui en étaient les instigateurs, et qu’ils étaient hébergés par le régime Taliban de Kaboul, la guerre d’Afghanistan a été lancée, et rapidement gagnée.
Mais que faire après?
- d’abord les responsables (Osama Bin Laden et le mollah Omar) n’ont pas été mis hors d’état de nuire, non plus que l’état-major Taliban, si l’on en juge par leur capacité à continuer une guerilla meutrière, ceci 7 ans après le début des hostilités.
- ensuite l’Afghanistan n’a pas repris une existence normale. C’est toujours un pays en guerre, largement civile, et maintenu dans le statu quo par une coalition armée étrangère de grande ampleur. L’essentiel des ses revenus autres que l’aide internationale provient de la culture du pavot, qui sert à produite 85% de l’héroïne mondiale.
- enfin si jamais les armées coalisées venaient à quitter l’Afghanistan, les Taliban reviendraient au pouvoir, mollah Omar et Bin Laden en tête, triomphalement anoblis par leur succès contre les Etats-unis comme contre les Soviétiques en d’autres temps.
Pour ceux qui pensent que ma comparaison est trop artificielle, encore trois points de similitude:
- l’aptitude de notre modèle économique à se trouver périodiquement en crise profonde malgré les leçons apprises des crises précédentes n’est-elle pas comparable aux innombrables tentatives de contrôler l’Afghanistan, carrefour géostratégique important, malgré les cuisantes défaites qui soldent ces tentatives?
- l’émergence des Taliban a été assistée et financée par les USA, qui ont vu en eux la force capable de forcer les Soviétiques à leur première défaite militaire, puis à une humiliante retraite, sans voir que les capacités qu’ils développaient viendraient un jour les frapper à leur tour. La politique monétaire hyper-accomodante, l’émergence des nouveaux produits financiers et la dérégulation qui ont contourné les règles prudentielles édictées pour éviter une répétition de la crise de 1929 ont tous été les enfants de ceux-là même (Greenspan et la Fed, la SEC, l’administration Bush) qui n’ont pas vu le danger à long terme d’une politique destinée à assurer la prospérité à court terme.
- pendant que les pays de la coalition financent un lors programme militaire et humanitaire vers l’Afghanistan, les seigneurs tribaux se remplissent les poches. Pendant que les contribuables financent un lourd programme de sauvetage des banques, les seigneurs de Wall Street continuent de se remplir les poches
- enfin, ces 2 désastres, on a vraiment envie d’écrire ces deux m******s sont marquées par la présidence de celui qui devait être le Président de l’hyperpuissance américaine, mais restera comme le Président-catastrophe, George W. Bush.

Alea jacta est !
octobre 8, 2008 on 7:11 | In Best of, C'est ça, Paris?, Coup de gueule, Economie, France, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermésAlors que l’économie mondiale est balayée par un véritable tsunami, les Français, auparavant préoccupés par leur pouvoir d’achat, s’attendent à une aide de l’Etat. Et ils ont raison.
Jogging de l’Etat obèse [voir notre article sur le sujet] ou autre RGPP [Révision Générale des Politiques Publiques], chacun s’attend à ce que l’Etat fasse des efforts afin de réduire l’endettement ou en tout cas de ne pas l’alourdir.
Tout le monde espère que de nouvelles taxes, de nouveaux impôts ne seront pas crées, alors que sont déjà sortis du cerveau fécond de nos politiques le financement du RSA ou encore la taxe poisson.
C’est le souhait de chacun que les prix n’augmentent pas, alors que les matières premières semblent vouloir baisser. Il faut au passage saluer la baisse du baril de pétrole, repassé temporairement au moins sous la barre des 90 Dollars alors qu’il dépassait allègrement les 145 durant la période estivale.
Nous voulons tous un Euro qui nous permette d’être concurrentiels à l’exportation sans pour autant nous pénaliser lors de nos importations. On saluera ici encore le fait que la monnaie européenne, qui a plafonné à 1.60 Dollar cet été, a franchi le seuil de 1.34 Dollar à la baisse cette semaine.
Nous prions tous que l’immobilier, les actions ou autres actifs en notre possession ne perdent pas trop de valeur, alors que nous avons travaillé dur pour mettre des économies de côté.
Bref, en ces jours de tourmente, nous invoquons les cieux, nous ne savons plus à quel saint nous vouer, alors que nous sentons le sol se dérober sous nos pieds.
Heureusement, il est une valeur sûre, sur laquelle les Parisiens voient une fois de plus qu’ils peuvent s’appuyer.
Car ce ne sont pas que de simples mots qu’a prononcé le sémillant maire de Paris; il passe aux actes pour tenir sa parole.
En des temps autrement meilleurs, il avait promis que les impôts locaux augmenteraient sensiblement en 2009.
Aujourd’hui il honore ses engagements. Le sort en est jeté.
Rien de tel pour aider à faire repartir l’économie que la première ville de France, la capitale, augmente massivement sa taxation locale. 9% sur un an, excusez du peu.
A l’heure où Bertrand Delanoë ne sait plus comment divertir les Parisiens avec toutes ses fêtes, nous savons désormais ce qui est sa première priorité entre revoir sa copie pour venir en aide à des Parisiens assaillis de mauvaises nouvelles et sa volonté de ne pas revoir un train de vie en complet décalage avec la réalité.
Beau programme pour le candidat à la tête du deuxième parti de France, tout étourdi qu’il est dans sa quête du pouvoir.
Si les Parisiens dansaient, ils vont à présent vite déchanter…

Retour au Goulp !!
octobre 1, 2008 on 7:43 | In Best of, Coup de gueule, France | Commentaires fermésLe Goulp, cela vous rappelle-t-il quelque chose ?
En 1966 commence l’histoire des Shadoks à la télévision, avec l’acteur Claude Piéplu qui la raconte.
Les Shadoks veulent absolument trouver une autre planète que la leur, trop instable.
A cet effet, le professeur Shadoko tente de mettre au point une fusée pour aller sur la planète Gibi, mais il échoue.
Et le professeur Shadoko est jeté dans le Goulp, trou sans fond où l’on se débarrasse des déchets de la société, puisqu’il a échoué, car les Shadoks sont méchants, très méchants, contrairement aux Gibis qui portent des chapeaux pour se saluer.
C’est un peu ce qui risque d’arriver à Jean-Marc Rouillan, vétéran d’Action Directe, organisation terroriste qui a assassiné George Chahine, le Général Audran et le P-DG de Renault, George Besse.
Libéré après vingt et un ans de détention en décembre dernier, il donne une interview à un hebdomadaire dans laquelle il revendique clairement ses actions qu’il ne regrette pas, y compris les assassinats lâches de personnes sans défense.
Le régime de semi-liberté dont il jouit signifie qu’il n’a pas le droit de s’exprimer sur son action passée.
Il n’a donc pas respecté le devoir de silence qui lui est imposé et risque de retourner en prison.
A cela il faut ajouter qu’il compte rejoindre la LCR d’Olivier Besancenot puis son nouveau parti à venir, le Nouveau Parti Anticapitaliste. Belle recrue.
Car si Besancenot condamne les actions passées d’Action Directe, cela ne le gêne pas pour autant de le faire venir dans son parti.
Accepter dans son parti quelqu’un dont on condamne les actions criminelles.
Intéressant comme paradoxe….
C’est sûr que cela ressemble plus à du Shadok qu’à du Gibi

Le tour des socialistes
septembre 26, 2008 on 12:58 | In C'est ça, Paris?, Coup de gueule, France | Commentaires fermésEnglués dans leurs problèmes de personnes pour les diriger, les socialistes semblent n’avoir qu’une seule idée en tête: que vienne, après celui de la droite, enfin, leur tour. Ils ont raison. Il y a déjà 13 ans que la droite occupe la présidence de la République. A la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, cela fera 17 ans, une longévité exceptionnelle, atypique, qui donne toutes ses chances à une alternative de gauche.
En attendant, pour ne pas attendre trop longtemps son tour, Bertrand Delanoë, l’ambitieux maire de Paris, a décidé de doter la capitale de sa tour. Une tour de 200 mètres de haut à côté du parc des expositions de la porte de Versailles.
Une telle construction, après 3 décennies sans nouveaux immeubles de grande hauteur à Paris, peut surprendre de la part d’un homme qui a toujours professé préférer pour la ville qu’il administre et ses citoyens la qualité de vie à la croissance.
Ce changement montre que le rusé Delanoë a plus d’un tour dans son sac. Empêché de construire par son alliance avec les Verts lors de son premier mandat, sitôt son indépendance retrouvée lors de son second mandat, vue la calamiteuse prestation électorale verte, il s’empresse de leur jouer un tour de sa façon, et adore ce qu’il brûlait il y a peu.
Car Delanoë n’a pas le choix. Son succès jusqu’ici a été très largement financé par la forte croissance du marché immobilier, dont les transactions faisaient tomber chaque année des centaines de millions d’euros dans les caisses municipales. Sauf que la conjoncture lui joue un sale tour, en donnant un brutal coup d’arrêt à cette recette en même temps qu’au marché immobilier.
Donc, pour avoir les moyens futurs de tenir ses promesses passées, le maire de Paris, qui, faute d’avoir pu médailler Paris de l’or olympique, n’a comme réalisation marquante que d’être, par le projet Vélib, Bertrand le Pédaleur, veut devenir maintenant Bertrand le Batisseur. Et d’affirmer que, si tout se passe bien, ce n’est pas une tour qu’il fera édifier, mais bien 6.
Peu lui importe que celles-ci griffent un ciel parisien, qui, contrairement à tant d’autres capitales modernes, n’était barré que 3 fois, par la tour Montparnasse, par la tour du Concorde la Fayette, et par le groupe de tours du front de Seine. Peu lui importe aussi qu’il ait promis qu’il ne le ferait jamais. Delanoë en est réduit au cri rauque d’Harpagon: ma cassette, ma cassette!
Mais évidemment, il y a une autre porte de sortie pour le maire de Paris, et on comprend qu’il s’active à ce point pour y accéder. C’est celle de premier secrétaire du parti socialiste. Ce qui lui conférerait la qualité de premier opposant à Nicolas Sarkozy. Là, au lieu de devoir tenir ses promesses, il pourrait de délecter de voir le Président à son tour ne pas tenir les siennes.
Seulement, pour arriver à ce poste convoité Bertrand le Batisseur doit encore arriver à fédérer, malgré les haines et les crocs-en-jambe, les différentes personnalités et sensibilités du PS, qui n’arrivent plus à parler le même langage depuis longtemps.
Ce qui fait du PS une vraie tour de Babel, dont on notera sur les photos ci-dessous, la ressemblance avec la tour qu’il veut construire.


Mic-mac européen
septembre 25, 2008 on 7:23 | In Coup de gueule, Europe, France, Incongruités | Commentaires fermésLes récents référendums européens se sont terminés par des votes négatifs. Ceux de la France et des Pays-Bas ont ruiné les projets d’adoption du traité de constitution européenne, celui d’Irlande, du traité simplifié. Bref, les Européens ont mal à leur Europe. Franchement, il y a de quoi.
Au moment où l’Europe s’enfonce dans une crise économique d’origine financière et américaine, que fait l’Europe? Rien. Pas de plan de stimulation économique. Pas de relâchement des critères budgétaires. Pas de baisse des taux d’intérêts. Rien. Les abonnés absents, et l’électro-encéphalogramme plat.
En fait, pas si plat que cela, et JusMurmurandi serait tenté d’ajouter « malheureusement ». Car le Parlement européen a voté le « paquet Telecom » qui s’oppose notamment à la méthode retenue par la France pour combattre le télé chargement illégal sur Internet. A l’initiative de Daniel Cohn-Bendit, qui montre que le respect qu’il n’avait pas pour la loi en mai 1968 ne lui est toujours pas venu en mai 2008, le texte européen subordonne toute action contre les téléchargeurs illégaux à une décision judiciaire.
Alors que la solution française consistait à envoyer d’abord des lettre recommandées aux contrevenants pour leur indiquer qu’ils risquaient des ennuis, puis à leur faire couper l’accès par leurs fournisseurs d’accès Internet. Pas vraiment grave, comme sanction, mais facile d’application et rapide. Bref, bien adapté au problème.
Compte tenu que les montants en cause sont individuellement dérisoires, cette action judiciaire préconisée par Bruxelles serait (1) financièrement ruineuse pour une maison de disques ou une studio de cinéma, qui devrait faire des centaines de milliers de procès, et (2) jamais la police et justice ne donneraient suite à ces centaines de milliers de plaintes, faute de moyens. Enfin (3) le fait de poursuivre leurs clients potentiels n’aurait que peu de chances de rendre l’industrie du disque sympathique à ces mêmes clients, ce qui n’améliorerait pas leurs affaires, qui en auraient pourtant grand besoin L’Europe a donc décidé de cautionner l’inaction totale dans la plus parfaite illégalité.
L’idée de « passer l’éponge » sur le téléchargement est facile à comprendre. Ce sont des ados après tout, pas des terroristes chargés d’attentats-suicides ou des financiers qui hasardent des milliards d’euros qui ne leur appartiennent pas dans des cheminées et sont tout surpris de les voir partir en fumée.
Pour autant, l’industrie de la musique est bel et bien en train de mourir. Le nombre de titres publiés est en forte baisse, surtout si l’on déduit ceux qui sont des rééditions. Le film de Danny Boon, « bienvenue chez les ch’tis » n’a pas obtenu et n’obtiendra jamais la place de N°1 absolu au nombre d’entrées en cinéma en France compte tenu du nombre hallucinant de téléchargements illégaux (c’est vrai, pourquoi télécharger un navet quand on peut avoir tout aussi gratuitement un très bon film tout juste sorti?).
Mais surtout, pourquoi traiter ce problème au niveau européen? N’est-ce pas la garantie de n’avoir qu’une solution uniforme à des situations largement hétérogènes? Malte n’a pas d’industrie musicale ou cinématographique à défendre, contrairement à la Grande-Bretagne. Laquelle Grande-Bretagne a un système policier et judiciaire à l’opposé de celui de la France. De même que les textes selon lesquels des contrevenants seraient poursuivis dans les différents états européens sont tous différents vu qu’il n’y a pas d’harmonisation des lois. Donc la directive européenne conduira à des traitements différents pour des infractions identiques.
Bref, l’Europe et les Européens doivent affronter une crise financière et économique mondiale, avec des risques macro-économiques énormes, certains scénarios catastrophe dépassant en ampleur 1929 et la Grande Dépression. Pendant ce temps, l’Europe se préoccupe des micro-infractions des téléchargements illégaux….
JusMurmurandi se dit que cette préoccupation du micro plutôt que du macro est peut-être prémonitoire. Si l’inaction économique perdure et que le pire se réalise, il sera temps de faire du micro-crédit en Europe. D’abord que les institutions financières qui auraient, en d’autres temps, consenti des crédits plus importants auront toutes disparu dans la tourmente. Ensuite parce que le micro-crédit est très bien adapté aux pays très pauvres. Ce que nous serons devenus…
Logiques de marché contre principe de prudence, au bout de la route la culbute!
septembre 24, 2008 on 6:13 | In Coup de gueule, Economie, Incongruités, International | Commentaires fermésCette histoire est un peu technique, mais ô combien révélatrice de nombreuses dérives de notre planète où la finance joue un rôle si important.
Si des banques et autres institutions financières sont en grande difficulté, c’est avant tout parce que les autres banques ne leur font plus de crédit « au quotidien », comme avant.
Si elles ne le font plus, c’est parce qu’une incertitude pèse sur la réalité de leurs actifs, dépendant de la suite de l’évolution du marché immobilier aux Etats-unis. A-t-il fini de baisser, ou pas encore, va-t-il remonter, de combien, quand? Quel est le pourcentage de prêts immobiliers qui ne seront pas remboursés? Des réponses à ces questions dépend la « valeur » des portefeuilles de crédits hypothécaires détenus par les institutions financières.
Mais pas seulement. Parce qu’il existe aux Etats-Unis une règle comptable prudentielle appelée « mark to market », qui oblige toute entreprise à valoriser un actif, au maximum, au prix que le marché est prêt à payer pour cet actif. Cette règle, en apparence raisonnable, en tient pas compte d’un problème. C’est qu’en ce moment, personne ne veut acheter des portefeuilles d’emprunts immobiliers. Ce qui se comprend quand on pense à le crise aigue de ce marché.
Résultat, si ces portefeuilles de prêts sont invendables, c’est qu’ils ne valent pas cher du tout. Voire zéro. Donc la règle prudentielle oblige les banques à passer des provisions gigantesques, non pas en fonction de la valeur intrinsèque de ces prêts, qui dépend de leur taux de remboursement, mais en fonction de leur liquidité.
Avec pour conséquence que les banques passent des provisions qui déprécient « trop » les portefeuilles de crédits. Un exemple: Fanny Mae et Freddie Mac cumulent 91 milliards de fonds propres pour garantir 5000 milliards de crédits hypothécaires. Ce qui veut dire que, si 2% de ces prêts ne sont pas remboursés, les deux institutions sont lessivées. Raison pour laquelle l’Etat américain les a nationalisées, afin d’éviter les conséquences dramatiques de leur déconfiture, à savoir un effet de dominos catastrophique.
Comme l’Etat américain a l’intention d’injecter 200 milliards de dollars dans ces 2 établissements, cela veut dire que les pertes totales seront inférieures à 300 milliards, en totalisant cette injection de fonds publics et leurs fonds propres. Soit une estimation que la perte totale sera inférieure à 6% de la valeur du patrimoine, c’est-à-dire des portefeuilles de prêts hypothécaires.
Pas plus de 6%. Et ce, alors que Fanny et Freddie sont à 100% dans l’immobilier, ce qui est le pire cas de figure possible aujourd’hui. Mais alors, pourquoi les titres boursiers de Bear Sterns, de Lehman Brothers, de Merril Lynch, d’AIG se sont-ils effondrés non pas de 6% mais de 60% voire de 100%?
C’est là qu’intervient la stupide règle prudentielle: parce qu’il faut provisionner non pas en fonction de la valeur intrinsèque, au moins égale à 94%, mais en fonction de la vendabilité, ou liquidité, à qui il peut arriver en période de crise, comme c’est le cas maintenant, de tomber à zéro. Et quand on provisionne massivement, des pertes colossales apparaissent, les fonds propres fondent et la confiance disparaît. C’est le schéma de la crise actuelle.
Et c’est donc une règle de prudence qui risque d’entraîner une catastrophe. A noter que la règle FASB 157 qui définit précisément comment appliquer le « mark to market » est entrée en vigueur en novembre 2007, et qu’on en voit les effets en 2008. Cette FASB 157 est issue notamment du scandale Enron, où l’entreprise assignait des valeurs hyper-optimistes à la vendabilité des ses produits financiers « exotiques ».
Le législateur a donc voulu être prudent, pour éviter la répétition d’un scandale, et a en fait, joué à l’apprenti sorcier et déclenché une catastrophe bien pire. Bien joué!
En fait, il y a une bonne traduction française pour ce comportement. C’est le principe de précaution.
Harry Potter est-il le dernier espoir de Xavier Darcos?
septembre 22, 2008 on 10:04 | In Coup de gueule, France, Incongruités, Insolite | Commentaires fermésLes commentaires de Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale sur les diplomés Bac+5 qui passent leur temps à faire faire la sieste aux enfants et à changer leurs couches ont fait du bruit. Tant de bruit qu’ils ont du justement réveiller les bambins au milieu de leur sieste.
La question que pose le ministre, même si sa formulation est éminemment polémique, est néanmoins fondamentale. Quel est le rôle de l’Education Nationale?
S’agit-il d’armer les jeunes Français le mieux possible pour leur vie active et leur vie de citoyen? Compte tenu du monstrueux taux d’illettrisme à l’entrée (théorique) au collège, JusMurmurandi en doute sérieusement.
S’agit-il d’occuper les enfants coûte que coûte pour permettre aux parents de vaquer à leur vie propre sans en assumer la responsabilité? Quand on voit à quel point la mise en oeuvre d’un service minimum d’accueil des enfants même en cas de grève s’est révélée compliquée et conflictuelle, JusMurmurandi se dit qu’effectivement, l’école a bon dos.
S’agit-il de remplacer les parents en assumant l’intégralité du rôle éducatif d’enfants dont les parents soit en sont incapables, soit ont baissé les bras? Alors, c’est mission impossible. Car, pour commencer, l’école ne peut éduquer que les enfants qui y vont, et c’est aux parents de veiller que leurs enfants ne cèdent pas à la tentation de sécher les cours.
De même, si des parents veulent que l’école assume la totalité de la tâche éducative de leurs enfants, dont ils se déchargent, alors pourquoi les mêmes parents s’insurgent-ils (le mot est faible) quand un professeur recourt à une gifle, qui fait partie, de temps en temps, d’une relation parent-enfant? Pourquoi exigent-ils que l’école laïque respecte l’éducation religieuse qu’ils veulent que leur enfant reçoive?
Bref, ils veulent que l’école ait tous les devoirs, toutes les charges, toutes les obligations, et aucun droit.
Heureusement, cette école existe. Malheureusement pas en France. C’est l’institut Poudlard, connu pour son célèbrissime élève, Harry Potter.
Le problème, c’est que son maître, Dumbledore, est décédé avant son adversaire, le redoutable Voldemort.
Vu l’écart vertigineux entre la réalité de l’Education Nationale et les exigences de la tâche qu’elle est censée remplir, il est à craindre que Xavier Darcos lui aussi cesse d’être ministre bien avant d’avoir vaincu ses adversaires, qui ont pour noms Bêtise, Capitulation, Routine, Paresse, Bureaucratie, Avantages Acquis et j’en passe…
A l’aide, Harry, tu es notre dernier espoir.


Allo, mon oncle, Bobo!
septembre 19, 2008 on 6:21 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, International | Commentaires fermésOn peut pardonner aux financiers qui, cette semaine, ont régressé au stade d’enfants qui ont un bobo et appellent leur mère au secours, tant les marchés financiers ont vu souffler la super tornade Confiance avec une intensité qui a fait craindre l’imminence de l’implosion du système financier mondial.
Implosion qui aurait, par comparaison, sans nul doute réduit la crise de 1929 au stade simple tir de sommation.
Sauf que, dans les films américains sur la Conquête de l’Ouest, ce n’est pas la maman qui arrive pour souffler sur les plaies de son enfant, c’est la cavalerie qui arrive toujours très tard, mais jamais trop tard.
Là encore, jeudi, la cavalerie est arrivée. Et au lieu de maman, c’est l’Oncle Sam, le richissime Oncle d’Amérique, qui va nettoyer les ruines laissées par les folies de banquiers qui ont, une fois de plus, oublié que les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel.
Bien sûr, il reste à l’Oncle Sam à mettre ses intentions en actes, rapidement et efficacement, ce dont on ne peut préjuger.
Mais JusMurmurandi ne va pas nier le soulagement qu’apportent les quelques 1 000 000 000 0000 dollars que va apporter sous une forme ou une autre le contribuable américain.
Les boursiers sont du même avis, avec des hausses sans précédent en Europe. A titre d’exemple, le titre du Crédit Agricole a gagné 25% en une journée! Si les boursiers sont acheté, c’est qu’ils ont confiance. Et la confiance, c’est ce qui a si cruellement manqué dans la crise de ces derniers jours. Plus que l’argent, c’est le vrai carburant de notre société, que ce soit pour la politique d’un gouvernement ou la solvabilité d’une banque.
Néanmoins, JusMurmurandi ne peut que clouer à son pilori tous ces seigneurs de la finance qui ont, avec un sens très aigu de leurs intérêts faits de méga-profits et de giga-bonus, créé ce qu’on ne peut appeler qu’un vrai merdier, et qui, ayant tant et si fort joué que leur jouet se soit cassé, ont sans la moindre vergogne appelé la puissance publique à leur secours.
L’ironie cruelle de l’historie est réservée aux actifs de Lehman Brothers, en liquidation, à leurs actionnaires lessivés, à leurs employés licenciés, aux actionnaires évincés de AIG, à tout Merril Lynch qui s’est bradé en urgence. S’ils avaient tenu simplement 4 jours de plus, ils auraient, eux aussi, été sauvés par l’Oncle Sam.
Il est à craindre que, loin de se repentir de leurs fautes, ils ne se considèrent comme des victimes d’une injustice, puisque d’autres, aussi coupables qu’eux, s’en sortiront avec leur argent et leur emploi intacts, à défaut de leur réputation.
Heureusement, nous sommes aux États-unis, où il y a des avocats pour plaider toutes les causes, même les plus oiseuses, ils pourront se lancer dans d’interminables procédures pour faire valoir leurs droits à être sauvés comme tous les autres.
Car si, en France, nous avons inventés, sous la Révolution Française, les Droits de l’Homme, sous Simone Veil le droit à l’avortement et sous Chirac et Villepin (chacun fait ce qu’il peut) le droit opposable au logement, sous Bush les Etats-Unis ont inventé le droit d’être sauvé quelles que soient les folies qu’on a commises…
Quand Hollande se prend les pieds dans le Tapie
septembre 10, 2008 on 7:55 | In Coup de gueule, France, Incongruités | 2 CommentsFrançois Hollande déclare ce soir qu’il ne faut pas s’attaquer à Bernard Tapie dans la tempête (dans un verre d’eau) qui se déroule autour du chèque que nous venons de lui verser.
Non, c’est sûr et certain, Bernard Tapie est un homme exemplaire.
Ne fut il pas, pour commencer, ministre de François Mitterrand ?
Quel magnifique exemple de qualité humaine ?
Ne fut il pas aussi un fossoyeur indécrottable d’entreprises et d’emplois, ne sachant au mieux que les acheter et les vendre, mais jamais les gérer ?
Et surtout il jouit encore aujourd’hui d’une notoriété, d’une sympathie qui, sait on jamais, pourraient un jour servir le Parti Socialiste, l’aider à revenir aux affaires, alors qu’il en semble tellement incapable en ce moment.
Mais avec un homme comme Tapie…tout ne serait il pas possible ?
Car c’est certain, ce ne sera pas (plus) le parti socialiste de François Hollande.
En ce qui le concerne, après 12 ans de longs et mauvais services (ou de bonnes défaites), une chose est sûre : il est temps qu’il parte.
C’est si facile!
septembre 9, 2008 on 1:54 | In Coup de gueule, France, Incongruités, Insolite, International | Commentaires fermésJean-Marie Bigard s’est singularisé sur Europe 1 en affirmant que c’était un missile américain qui avait percuté le Pentagone le 11 septembre 2001, et non un avion dont des terroristes avaient pris le contrôle. Jean-Marie Bigard n’est d’ailleurs pas le seul, loin s’en faut, à soutenir de telles théories.
Cette attitude « conspirationniste » peut avoir plusieurs causes. Le désir de faire parler de soi. Le désir d’échapper à la « pensée convenue ». Ou tout simplement prendre ses désirs (ou ses délires) pour la réalité.
Peu importe d’ailleurs qu’une telle théorie n’ait aucun rapport avec la réalité, ou même aucune vraisemblance, le grand public n’en demande pas tant. Il existe même une presse spécialisée florissante qui ne traite que des sujets insensés, comme les enfants nés avec 3 têtes ou 18 bras.
Il est bien entendu possible de se dire que ceci n’est pas important et de laisser ces esprits égarés à leurs extravagances. Mais en fait, le ressort de cette mécanique, et le fait qu’elle soit « payante » en matière de notoriété, vient de ce qu’il est si facile de lancer des accusations sans avoir quoi que ce soit à prouver.
Où sont les restes du missile qui aurait frappé le Pentagone? D’où est-il parti? Par qui a-t-il été tiré? L’a-t-on enregistré sur les écrans radar de surveillance aérienne? Non, bien sûr.
Cela rappelle toutes les accusations qui « flottent » en ce moment. François Bayrou qui accuse Nicolas Sarkozy d’avoir orchestré la victoire de Tapie dans la procédure d’arbitrage qui l’opposait au Crédit Lyonnais. Ou les accusations contre le même Nicolas Sarkozy d’avoir personnellement fait virer Patrick Poivre d’Arvor du journal télévisé de TF1. Peu importe que, dans le premier cas, les arbitres qui ont tranché en faveur de Tapie soient parmi les plus honorables et respectés de France, peu importe que, dans le deuxième cas, TF1 ait eu intérêt à tenter de stopper sa perte de part de marché.
Il existe d’autres manifestations de ce régime d’accusation-conspiration. Il suffit de voir l’état d’esprit actuel qui oppose le « principe de précaution » à toute innovation. L’usage du taser, arme non létale déjà employée par la police et la gendarmerie, va être étendu aux polices municipales, et hop! les accusations de dangerosité du taser ressortent. Peu importe l’absence de preuve, ni la comparaison avec ce qui se serait passé si les forces de l’ordre avaient dégainé à la place des armes à feu.
Le quotidien « le Parisien » accuse les détenus et gardiens de Fleury-Mérogis d’avoir laissé un viol se dérouler sans que qui que ce soit intervienne. 339 d’entre eux portent plainte pour diffamation et se constituent parties civiles. Le tribunal les déboute au motif qu’ils ne sont pas nominativement mis en cause dans l’accusation du journal.
Dans un autre genre, on ne compte plus les accusations syndicales de la volonté du patronal de délocaliser, licencier, ou autre « forfait ». Le comble a même été atteint par François Chérèque, le leader de la CFDT. Il a dit sa crainte qu’une prise de contrôle de la société Eramet soit le préalable à des délocalisations en rapport avec les mines qu’elle exploite en Nouvelle-Calédonie….
Et, le temps que l’absence de tout fondement de l’accusation soit révélée, l’opinion publique est déjà passée à autre chose, et l’info ne vaut plus que 2 lignes en fond de journal.
Évidemment, la « découverte » récente qui a permis à la justice indienne de condamner sur la base d’une activité cérébrale « probante » devrait faire peur à ces accusateurs sans logique ni preuves.
Car un examen de leurs cerveaux pourrait révéler des activités bien curieuses…