AF 447: rien de nouveau ?

octobre 4, 2009 on 3:42 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, France, Insolite, Poil à gratter | Commentaires fermés

Un trimestre s’est écoulé et la thèse officielle veut que nous ne sachions toujours rien.

JusMurmurandi pense en fait que la réalité semble assez claire, mais qu’elle doit gêner beaucoup de monde.

L’important pour arriver à cette conclusion est surtout de ne pas partir du seul vol 447, mais de voir ce qu’on fait les autres avions traversant le pot au noir ce soir là.

Et tous se effectuent un détour. Sauf un. L’AF 447.

Or quel est un des phénomènes qui risque de se produire lorsque l’on fonce dans une tempête du type que l’on trouve au large du Brésil ?

Le dysfonctionnement des sondes de vitesse.

Qui entrainent l’arrêt des automanettes (l’accélérateur automatique en quelque sorte) et du pilotage automatique.

Mais ce n’est pas le fait que les sondes n’indiquent plus la vitesse de vol à l’équipage qui fait tomber un avion.

C’est plutôt le fait que les pilotes privés de cette indication n’arriveraient pas à le faire voler dans une enveloppe de vitesse à la marge réduite (voir un de nos articles précédents sur le sujet).

Et du fait de cette incapacité, l’avion, dans le cas de l’A447, volerait trop lentement et tombe comme un caillou, comme l’indiqueraient les différents morceaux de l’aménagement intérieur qui ont été retrouvés.

Bref, il y a au moins deux raisons qui sont murmurées dans les couloirs de la compagnie.

Pourquoi l’équipage n’aurait t il pas fait un détour, comme le font quasiment tous les vols traversant la région ? Pourquoi n’aurait ils pas su, ou pu, ou voulu utiliser le radar afin de choisir une voie plus sûre ?

Et surtout, lorsque les sondes de Pitot se seraient trouvées inopérantes, pourquoi l’équipage n’aurait t il su piloter sans indication de vitesse ?

Les syndicats de pilotes sont tout aussi impliqués que la compagnie ou le constructeur à se dédouaner, et affirment ainsi aujourd’hui que, si les sondes de vitesse avaient marché, l’accident n’aurait en tout état de cause pas eu lieu.

De la même manière, si les pilotes avaient fait un détour, les sondes ne se seraient probablement mises hors fonction.

Beaucoup de si, dans cette affaire.

Il serait de bon aloi, pour une foi, que chaque partie impliquée assume ses responsabilités.

Pas comme dans le tragique accident du Mont Saint Odile dont les suites juridiques viennent de s’achever en queue de poisson à la cour de cassation 17 ans après les faits.

Cave canem !

octobre 4, 2009 on 3:42 | In France, Insolite, Poil à gratter | Commentaires fermés

Trois anciens ténors de la classe politique des « seventies », Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Edouard Balladur ont de nombreuses choses en commun.

Par exemple,  d’avoir justement eu une longue carrière déjà entamée du temps du Général de Gaulle et/ou de George Pompidou.

D’autre part, comme la plupart des hommes politiques, d’avoir un animal de compagnie.

On se souvient du labrador de Giscard d’Estaing ou encore plus récemment du bichon maltais de Jacques Chirac, Sumo.

Enfin, et c’est en rapport avec l’actualité, chacun sort un livre en ce moment.

Balladur, sur la cohabitation avec François Mitterrand, Giscard d’Estaing, sur une relation putative entre un chef de l’Etat français et une princesse étrangère, narration croustillante qui attira sur lui un grand intérêt des média.

Enfin, Chirac, dont les lignes se font encore attendre, pour cause de modification de photo, la stérilisation anti tabac retardant la publication.

Là où l’affaire se corse, c’est que le bichon maltais du dernier Président est devenu mauvais depuis son départ de l’Elysée.

Hospitalisé une première fois en janvier à la suite d’une morsure, Chirac s’en est finalement séparé à la troisième attaque pour éviter de courir de trop grands dangers avec son quadrupède, lui qui a déjà 76 printemps.

Au dires de son ex-maître, il se serait ennuyé dans l’appartement des Hariri.

Doit on supposer que, tels les Français, Sumo s’est, lui aussi, lassé de Chirac, passé le confort des ors de la République ?

Le Petit Nicolas

octobre 3, 2009 on 10:35 | In France, Insolite, Poil à gratter | 1 Comment

On en parlait depuis longtemps, on le connaissait bien, mais on ne l’avait encore jamais vu comme cela.

On se demandait ce qu’il ferait lorsqu’il se présenterait à nous sous cette nouvelle forme.

Son entourage, qu’il nous avait présenté, semblait lui correspondre, mais le connaissions nous vraiment ?

Ses positions un peu surannées par certains côtés, tout aussi progressistes d’un autre, passeraient elles auprès des Français ?

Celle nouvelle dimension lui permettrait elle de prendre de l’envergure, ou au contraire le ferait elle disparaître dans la masse, voir le faire apparaître sous un jour moins amène ?

Car il représentait un symbole important.

Des parents dissemblables, et pourtant réunis, un charme certain, et une tranche de la « vie »‘ de la France qui nous était familière et en même temps qui commençait à entrer dans l’histoire.

Bref, les attentes étaient nombreuses et variées, et JusMurmurandi voulut en avoir le cœur net.

Au terme d’une seule soirée, JusMurmurandi vous recommande d’aller voir le Petit Nicolas….. au cinéma :-)

Le petit Nicolas

Le petit Nicolas

La Princesse et le Président

septembre 28, 2009 on 7:53 | In France, Insolite | Commentaires fermés

Le nouveau livre de Valéry Giscard d’Estaing, qui sort, pied de nez, juste avant celui de Jacques Chirac, retardé pour cause de cigarette, est un témoignage important.
En voici un autre, sur ce qui s’est réellement passé entre Valy et Lady Di, pour se détendre.


Ouyapascours

septembre 27, 2009 on 5:02 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, La Cour des Mécomptes, Poil à gratter | Commentaires fermés

Cela devait arriver, c’est là.

Un site internet, ouyapascours.fr, vient de voir le jour, sous la houlette d’un syndicat de parents, afin de recenser les enseignants qui sont absent sans être remplacés.

L’accès est libre et permet à tout un chacun de mettre en ligne les absents, qui comme chacun sait ont toujours tort.

Combien de temps sera t il autorisé à durer ?

S’agit il, comme le dit le FCPE de faire pression sur les académies, ou tout simplement de mettre en lumière certains abus ?

Ces question méritent d’être posées, tant l’absentéisme est répandu dans le milieu enseignant, pour toutes sortes de raisons d’ailleurs.

Aura t on bientôt, aussi, un site intitulé « ouyapasdecontroleaerien.fr » dédié à l’espace aérien français, où les contrôleurs jouiraient de « clairances » faisant passer leur temps de travail officiel de 24h à un temps réel de…12h ??

P.S. A l’heure où JusMurmurandi écrit ces lignes, les premières lignes du site ouyapascours.fr affichent une belle faute de grammaire, confondant infinitif et participe passé. N’est ce pas encore un signe que l’Education Nationale a des progrès à faire ???

Le « referendum » de la Poste va-t-il créer une nouvelle SNCF ou une nouvelle EDF?

septembre 27, 2009 on 7:03 | In Best of, Ca m'énerve, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, Poil à gratter | Commentaires fermés

Le Gouvernement veut changer le statut de la Poste pour lui donner celui de société anonyme. Un statut qui permet de lever de l’argent, que cela soit par des par emprunts, des émission d’obligations ou une privatisation partielle ou totale.

Les syndicats sont vent debout contre ce changement, dont ils anticipent qu’il n’est que le préalable à une privatisation.

La méthode qu’ils ont choisie pour manifester leur opposition, entre autres, est celle d’un prétendu référendum, où les Français qui le souhaitent pourront dire s’ils souhaitent ou non la privatisation de la Poste. Peu importe qu’il ne s’agisse pas du changement mis en œuvre par le Gouvernement, lequel assure que la Poste restera à 100% dans le giron du public. Il est évident que les opposants seront très largement majoritaires à cette « votation populaire », car c’est le propre des opposants d’être beaucoup plus militants que la « majorité silencieuse », à supposer qu’elle existe puisqu’on ne l’entend par définition jamais.

Peu importe aussi que les assurances de Mme Lagarde sur le capital de l’opérateur postal n’aient pas le sens qu’on imagine au premier abord. Elle affirme que l’État veut conserver l’intégralité du capital. La réalité est qu’il n’y a selon toute probabilité aucun autre choix. Quel actionnaire sain d’esprit voudrait entrer au capital d’un service public au moment où celui doit affronter pour la première fois de son existence la concurrence, avec ce que cela comporte de remise en cause de pratiques non concurrentielles? Il faudrait être fou…

JusMurmurandi, qui a la désagréable habitude de rappeler des souvenirs impertinents, parce que, justement, pertinents, se souvient que les arguments des « anti » étaient exactement les mêmes pour la privatisation de France-Telecom, à savoir le démantèlement à venir du service public, la chute de l’emploi, la fin de l’accès pour tous et partout, etc…

Aujourd’hui, ce sont les mêmes qui hurlaient contre toute privatisation qui « exigent » que le Gouvernement concède une quatrième licence de téléphone mobile, et vocifèrent que les réticences de Nicolas Sarkozy à le faire sont causées par ses amitiés avec Martin Bouygues, opérateur du 3e réseau cellulaire, à qui un accroissement de concurrence vaudrait une réduction de ses profits. En d’autres termes, privatiser France Telecom allait être un scandale et un désastre, mais, quinze ans plus tard, on réclame sans vergogne plus de concurrence… Va comprendre, Charles….

Car il y a une alternative à faire ce qui a été fait à France Telecom, et qui, accessoirement, n’est pas si mal, puisque c’est aujourd’hui le deuxième opérateur européen de téléphone mobile, et une entreprise dont l’impôt sur les bénéfices fait du bien aux caisses affamées de l’État. C’est faire ce qui a été fait à la SNCF, c’est à dire tout autre chose.

La SNCF bénéficie de subventions colossales. D’abord l’Etat a annulé toute sa dette en la transférant sur Réseau Ferré de France, entreprise structurellement déficitaire, mais qui continue à investir dans de nouvelles lignes à haute vitesse, ce qui donne au TGV un avantage énorme par rapport à ses concurrents que sont les autoroutes et les avions.

Mais là où il y a une concurrence directe, la SNCF n’a cessé de perdre et de l’argent et des parts de marché, c’est avec le fret, qui est aujourd’hui ultra-dominé par le transport routier. Lequel transport routier est ultra-concurrentiel, dans tous les sens du terme. Les pertes de la SNCF dans le fret sont telles qu’elles plombent ce mode de transport, pourtant autrement plus écologique que le camion, et qu’il va « falloir  » lui attribuer quelques 5 milliards d’argent public, probablement obtenus grâce au fameux Grand Emprunt à venir, pour stopper cette perdition.

Est-ce ce qu’on veut comme avenir en peau de chagrin à la Poste, qui va devoir, comme la SNCF, affronter des concurrents étrangers autrement plus affûtés parce qu’ayant déjà effectué leur révolution culturelle?

Ce ne serait pas charitable de rappeler à la gauche qui, aujourd’hui, hurle au charron, que c’est elle qui a accepté à Bruxelles la concurrence dans les services jusqu’ici publics. Ni que la Commission qui a mis en place cette politique était présidée par l’emblématique Jacques Delors, père de Martine Aubry.

Il ne faut surtout pas mentionner non plus que les tarifs de téléphonie se sont effondrés en France avec l’arrivée de la concurrence, même si celle-ci est encore trop réduite, et ce pour le plus grand bénéfice des consommateurs. Qui, demain, bénéficieront aussi de service postaux moins chers et plus variés, sans qu’il soit possible de les délocaliser, l’emploi de M. Besancenot n’étant pas menacé par un quelconque postier polonais…

Mais trouver que cette baisse de prix serait un avantage serait se soucier du consommateur plus que de l’électeur militant. Un choix que la France, championne du monde de la grande distribution partout sauf en France, où elle est encadrée par un carcan de lois de droite comme de gauche plus rétrogrades et restrictives les unes que les autres, a toujours soigneusement refusé.

JusMurmurandi se demande ce que répondront les auteurs du pseudo-référendum pseudo-populaire aux postiers désespérés quand ceux-ci leur demanderont pourquoi ils sont devenus devenus, comme les employés de la SNCF fret, des gens à l’avenir bouché et au présent incertain, et non pas des employés d’une EDF ou d’un France Telecom conquérants.

Olivier Besancenot

Limitations, pièges à cons…

septembre 26, 2009 on 6:53 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, International, Poil à gratter | Commentaires fermés

Le G20 est terminé, et les chefs d’État des grandes puissances économiques se sont mis d’accord pour limiter les bonus des traders, promettant que cette mesure est un antidote à toute répétition de la crise financière de 2008.

Déjà, n’importe quel connaisseur de l’histoire militaire sait le danger de préparer la guerre qui vient de se terminer, et non celle qui risque de survenir.

Mais JusMurmurandi voit au moins trois objections majeures à la foi qu’on nous demande d’avoir dans l’efficacité de cette mesure de limitation.

D’abord, l’alternative à la rémunération variable, c’est la rémunération fixe. Ce qui veut dire, concrètement, que les salaires fixes sont en train d’augmenter dans les banques pour compenser en tout ou partie les bonus disparus ou réduits des traders. Avec comme conséquence, ce qu’on a essayé d’éviter pendant des années, à savoir que les traders vont gagner tout autant d’argent, que leur activité soit bénéficiaire ou déficitaire. On se souvient du scandale de ces PDG dont les rémunérations faisaient scandale quand elles se maintenaient à niveau élevé même quand leur entreprise était en difficulté et/ou qu’ils étaient virés. Eh bien, ce qu’on s’est efforcé d’éviter chez les PDG, on l’institue chez les traders.

Ensuite, il est impératif de comprendre que, si les traders prennent et font courir à une banque des risques dont on a pu mesurer les conséquences néfastes, c’est parce que le système d’autorisations qui les encadre les a laissé faire. Tous ne sont pas des Kerviel! C’est donc avant tout à reformer ces systèmes d’autorisation qu’il faut réformer. Et c’est relativement facile à contrôler.

Enfin, il y a un véritable problème à vouloir interdire à une entreprise de rémunérer très fortement une personne qui, à elle seule, rapporte énormément. Ce peut être le cas d’un trader, mais aussi d’un PDG, d’un directeur financier, ou d’un responsable de fusion-acquisition. Quand on pense au phénoménal apport de Steve Jobs qui a repris en main un Apple moribond pour en faire l’entreprise prospère que l’on connait, à la contribution d’un Jack Welch chez General Electric, d’un Warren Buffet chez Berkshire Hathaway, ou du redressement d’un Nissan en quasi-faillite, dont Carlos Ghosn a fait le constructeur automobile généraliste le plus rentable au monde, comment attirer ou garder des tels talents si ce n’est avec des rémunérations?

N’étant pas aussi intelligent que les grands dirigeants de la planète, leurs conseillers, ou les dirigeants d’entreprise, JusMurmurandi n’a qu’une solution certainement trop simple au problème de la rémunération des traders. Quand l’un d’entre eux se signale par une contribution aux profits qui devient excessive par rapport aux règles de prudence, il suffit de diviser son portefeuille entre plusieurs traders. Cela réduirait le risque attaché à la starisation de tel ou telle personne.

Je vous l’ai dit, c’est trop simple…

Savoir gérer…

septembre 25, 2009 on 6:41 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, La Cour des Mécomptes, Poil à gratter | 3 Comments

Une région française n’est pas une PME. En gérer une en évitant tout gaspillage, si petit soit-il est utopique. Pour autant, quand il y a dérapage, le signaler est faire œuvre de salubrité publique, pour éviter qu’il se poursuive.

Et comme aux dernières élections régionales, la gauche a gagné le droit d’en gérer 20 sur 22, tout bêtisier sera très majoritairement à ses dépens.

Ainsi, rien qu’en Ile-de-France:

- 10 000€ pour le financement d’une thèse sur « la construction du genre chez les Pygmées d’Afrique centrale à l’épreuve de la sédentarisation »

- 10.000€ de subventions pour un projet de recherche sur « Les plantes médicinales et les savoirs ancestraux au Chili »

- 6480€ de subventions pour le financement d’une thèse sur « La nécrophilie au XIXe siècle : réalités et fantasmes »

Comment s’étonner que les impôts régionaux, donc socialistes à 90%, se soient élevés pendant le dernier mandat de leur exécutif beaucoup plus vite que la richesse nationale?

Comment ne pas s’indigner quand Georges Frêche, le truculent président de Languedoc Roussillon répond à cela que l’augmentation, vue la modicité des impôts régionaux, ne correspond qu’à quelques paquets de cigarettes par personne?

Georges Frêche

Savoir relativiser…

septembre 24, 2009 on 7:19 | In France | 2 Comments

Au moment où le procès Clearstream paraît si sérieux, si grave, l’Italie nous donne une fois de plus une leçon de savoir-vivre, ici de savoir-rire-de-soi.

Le journaliste italien compare, dans le nouveau quotidien « il fatto quotidiano » le procès Clearstream et la réalité italienne.

Le Président français se défend bec et ongles d’avoir (ou d’avoir eu) un compte bancaire à l’étranger.

Pendant ce temps là, le Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, ne se cache pas d’en avoir 64 dans des paradis fiscaux…

Sans commentaires…

Nicolas Sarkozy

Silvio Berlusconi

Dénonciation = malédiction?

septembre 20, 2009 on 7:16 | In France, Incongruités, Insolite, Poil à gratter | Commentaires fermés

Vichy, un passé dont la France, honteuse à juste titre, tente de ne pas se souvenir. Pour y parvenir, tout ce qui y a eu lieu de « moche », et la liste est longue, doit ne jamais se reproduire.

A commencer par les dénonciations. Le gouvernement de Vichy a érigé en vertu le fait de dénoncer des Français (et des étrangers) à la police. Les dénoncer comme résistants, comme déserteurs du STO, comme juifs. Que dénonciateur agisse par patriotisme, par jalousie, par rapacité (il arrivait que ce soient les voisins qui aillent piller les appartements des juifs arrêtés l’instant d’avant), peu importait au régime de Vichy. Peu importait également que ces dénonciations soient inavouables, et donc, comble du courage, anonymes.

Et depuis, toute forme de dénonciation est proscrite, bannie, présumée misérable et abominable. Un « bel » exemple de dénonciation lamentable: c’est François Marland, ancien protégé du Crédit Lyonnais des années de tous les excès, qui, réfugié en Suisse, a dénoncé aux autorités américaines l’affaire Executive Life, qui aura de ce seul fait coûté des centaines de millions au contribuable français, millions dont une partie lui a été versée comme récompense.

Sauf bien entendu quand il s’agit de dénoncer des abus, des excès, des scandales, des ridicules. Faute de quoi JusMurmurandi n’existerait pas…

Changeons de décor et d’époque. Nous sommes dans des quartiers où sévissent des bandes de voyous qui dégradent les locaux, insultent les gens, voire commettent des infractions et délits (tapage, racket, trafics, deal de drogue, incendie de voitures, voire pire…) qui pourrissent la vie des habitants. Toute plainte résulte en représailles violentes, qui inspirent une légitime crainte. Que faire? Se taire et supporter l’insupportable?

La police de l’Essonne vient d’ouvrir une adresse mail pour recueillir des dénonciations de ce type de comportement, dont les auteurs sont bien connus de leur quartier. Cette adresse promet l’anonymat aux dénonciateurs. Le responsable de cette mesure n’en est pas à son coup d’essai, qui l’avait déjà fait dans son poste précédent, dans l’Isère.

Voilà bien une situation où il n’existe pas de « bonne solution ». Personne ne peut ignorer le droit de tous à vivre dans la tranquilité. Personne non plus ne peut se réjouir de voir s’accumuler des lettres dé dénonciation anonyme sur des délits, mais aussi sur qui couche avec qui, qui triche sur ses revenus et autres petites turpitudes qui engendrent de basses jalousies.

Alors, dénoncer ou pas? La réponse, pour une fois sur JusMurmurandi, n’est pas simple et claire. C’est en fait un choix de société que nous sommes conviés à faire. Comme avec les caméras de vidéo-surveillance, les fichiers ADN et les radars automatiques, plus de tranquillité passe par plus de surveillance.

La Grande-Bretagne, autrefois si débonnaire que ses légendaires policiers, les « bobbies » n’étaient pas armés, est devenue clairement sécuritaire indépendamment du parti au pouvoir.

En France, c’est une des vraies -et rares- différences entre droite et gauche. La perception générale que le PS est trop mou en matière de sécurité, avec la notable exception de jean-Pierre Chevènement, qui, d’ailleurs n’est pas PS stricto sensu, lui a couté des défaites électorales qui ne l’ont pas amené à faire comme les travaillistes britanniques de Blair puis Brown une véritable révolution culturelle. Dénonciations, flash-ball, tazers, caméras sont autant d’outils qui les dégoutent et dont ils… dénoncent l’usage qu’en fait la droite…

La tentation du martyre

septembre 19, 2009 on 2:49 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, Insolite | Commentaires fermés

Qu’est-ce qui eut bien passer par les têtes des employés de France Télécom qui se suicident? On est est à près d’un par mois, ce qui est proprement effrayant. Et ce n’est pas la seule entreprise dont le personnel est parfois retrouvé mort sur le lieu de travail.

Il est clair que ces dernières années ont soumis les salariés de certaines entreprises à des niveau de pression et de stress que certains supportent extrêmement mal.

Pour autant, le suicide est habituellement considéré comme un acte de désespoir, et ce n’est pas de désespoir que semblent souffrir les « suicidés du travail », mais bien plutôt de colère. Colère contre une entreprise qui, selon eux, les traite mal. Colère contre une entreprise qui, selon eux,ne les écoute ni ne les entend.

Le résultat est que, loin de se suicider dans une forêt, un étang, une cuisine ou un garage, cette nouvelle forme de suicide est mise en scène de façon spectaculaire, pour que tous sachent que l’entreprise en est la cause et la fautive, et que tous, par l’intermédiaire de média toujours friands de spectaculaire, puissent donner tort à ladite entreprise, qui voit son image fortement abîmée.

Se suicider non pas pour mettre un terme à sa vie mais pour, fût-ce au prix de sa vie, donner tort à son agresseur et lui causer le plus grand tort possible, c’est un phénomène que JusMurmurandi observe dans de toutes autres circonstances. Ce sont celles et ceux qui meurent le ventre bardé d’une ceinture d’explosifs. Les auteurs d’attentats-suicide en Palestine, en Israël, en Irak, en Afghanistan entre autres. Leur but, en se suicidant, est de protester contre le sort qui leur est fait et de causer le maximum de dégâts à ce ou celui qui leur cause, selon eux, ce tort.

Cette démarche, ce suicide de protestation et de colère, et non de désespoir, cette façon de mourir pour une cause à un nom. C’est le martyre.

Crise ? Quelle crise ? Devinette !

septembre 16, 2009 on 6:50 | In Best of, Ca m'énerve, Coup de gueule, Economie, Europe, France, Incongruités, International | Commentaires fermés

Alors que les ravages du ralentissement économique se font toujours sentir, et que l’on prévoit de mesurer l’amélioration des performances des différents états en unités de bonheur et plus en points de PIB, JusMurmurandi peut, enfin, annoncer une nouvelle positive.

Car si même le secteur du luxe n’est pas épargné, il en est un dont les résultats 2008 se comparent tout à fait favorablement avec ceux de 2007.

Et ce sont les Américains, qui ont tant souffert de la gabegie bancaire qui tirent leur épingle du jeu, tandis que leur archi concurrents sur ce segment voient leur part de marché décliner fortement.

Ce marché, dont la valeur était de 55 milliards de Dollars en 2008, n’a décliné que de 7,6% par rapport à l’année précédente.

Pas si mal, lorsque l’on voit des entreprises de certains secteurs avoir des baisses d’activité allant jusqu’à 50 ou 60% (pour celles qui ne disparaissent pas purement et simplement, bien sûr).

Et la part des Etats Unis est passée, en valeur de 25.4 milliards de Dollars à 37.8 milliards. Belle performance, n’est ce pas ?

Le deuxième pays, l’Italie, arrive à….3.7 milliards de « chiffre d’affaires »; autant dire que Washington domine la partie de manière insolente.

Une plainte à l’OMC devrait peut être être envisagée ?

Si l’on regarde les choses de plus près, sur ces 55 milliards de Dollars de ventes, 42 ont été réalisées avec des pays en voie de développement.

Alors, JusMurmurandi a t il épuisé votre patience tandis qu’il a aiguisé votre curiosité pour savoir de quel produit il s’agit, qui peut si bien affronter la crise tandis qu’il se vend majoritairement aux pays moins riches ?

Il s’agit des vente d’armes dans le monde…

Toujours aussi bonne, la nouvelle ?

La croissance ou le bonheur?

septembre 16, 2009 on 2:29 | In France | Commentaires fermés

2 évènements se télescopent:la remise à Nicolas Sarkozy du rapport Stiglitz sur une nouvelle mesure de la richesse d’une nation, et la déclaration de Ben Bernanke, Président de la Réserve Fédérale américaine selon laquelle la récession est très probablement finie.

La réaction de JusMurmurandi aux commentaires de Bernanke a été un immédiat: « et alors? ». Car cela signifie seulement que le p.i.b. américain a fini de se contracter. Et encore faut-il être prudent avec ces calculs susceptibles d’être revus et corrigés de nombreux mois après. Et quand bien ce serait vrai, la fin de la récession ne signifie en rien de retour à la normale. Ceux qui ont perdu leur maison, leur épargne ou leur emploi savent que cela ne reviendra pas par miracle.

Ainsi le niveau de ventes de voitures en Europe a-t-il retrouvé depuis quelques mois le niveau « d’avant la crise », notamment grâce aux primes à la casse d’inspiration française mises en œuvre dans plusieurs pays. Mais a-t-on vu les constructeurs automobiles et équipementiers, frappés durement en 2008 et ayant réagi par des licenciements massifs, réembaucher massivement?

Et tous les chefs d’entreprise qui auront vu leurs ventes plonger de 20%, 30%, voire plus et auront du réduire drastiquement leurs frais de fonctionnements, vont-ils revenir aux anciennes pratiques, maintenant qu’ils savent comment opérer avec des frais plus bas? Certainement pas.

Quant à revoir les valeurs immobilières, notamment dans certains pays sinistrés comme l’Espagne, les États-Unis ou la Grande Bretagne, retrouver leur valeur « d’avant », il faudra être patient, vraiment très patient, sauf si la solution à tous les problèmes d’endettement des États réside dans une forte poussée inflationniste…

Bref il faudra beaucoup plus que revenir au volume d’avant la crise en matière de biens et de services pour le retrouver aussi en matière d’emploi, de prospérité, et de richesse.

C’est dans ce contexte que le rapport du Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, au titre de la Commission de Mesure de la Performance Économique et du Progrès Social, prend toute son actualité.

Il dit avant tout que le p.i.b. n’est pas une mesure adéquate de la performance économique d’un pays, sans même parler de mesurer le bien-être, voire le bonheur de sa population.

Le problème, c’est que le bonheur, comme tout ce qui est qualitatif, ne peut pas vraiment être mesuré. Alors que pourrait faire un gouvernement pour en suivre l’évolution, et convaincre la population de l’efficacité de sa politique du bonheur?

Faudrait-il inventer l’indice de croissance du bonheur?

Ne soyons pas sectaires !

septembre 15, 2009 on 9:04 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, France, Incongruités | 3 Comments

Alors que l’on n’en finit pas de parler de l’éternel problème de cette classe politique qui n’arrive pas à faire sa transition du monde analogique à l’ère numérique, oubliant qu’à chaque instant, une caméra, un téléphone mobile peut se trouver à l’affût d’une « bonne » image, d’un scoop, on voit un phénomène autrement plus inquiétant se profiler.

Celui du sectarisme, qui nous menace tous.

D’un danger comparable au racisme, il semble gangréner la société française. Comme si cette dernière fermait les yeux, voulait devenir sectaire.

Qui a par exemple oublié ces tragiques morts du Temple Solaire à la frontière suisse, suicidés collectifs ?

Le danger semble omniprésent.

Dernière illustration ? Une modification à la dernière minute d’une loi, qui empêcherait la dissolution de l’église de scientologie à la suie du procès qu’elle pourrait perdre.

Mise en avant par Tom Cruise ou encore John Travolta, elle était probablement destinée à être rayée de la carte en France.

Mais quelqu’un a malencontreusement modifié la loi juste à temps pour que cette dissolution ne puisse avoir lieu….

Qui ? Quand ? Comment ? On l’ignore.

Qui bono, à qui cela profite t il, comme disaient les Latins ?

Non, JusMurmurandi ne veut pas devenir sectaire !

Des morts incomparables…

septembre 13, 2009 on 6:28 | In Best of, Ca m'énerve, Coup de gueule, France, Poil à gratter | Commentaires fermés

Loin de JusMurmurandi l’idée de trivialiser les décès ou de les considérer seulement sous l’angle d’une statistique. Mais, pour autant, faut-il les instrumentaliser pour dessiner une réalité déformée?

La presse nous en donne quelques exemples. Le plus frappant est celui de la grippe A. Chaque mort est rapportée, disséquée, mise sous le feu des projecteurs des plus grands journaux télévisés. Pourtant, jusqu’ici, cette funeste grippe A « n’a tué que » quelques concitoyens. « Pas même » une vingtaine, dont la très grande majorité souffraient d’autres pathologies lourdes.

Rien, bien sûr, de faux à rapporter ces décès, avec leur charge de drame et de déchirement. Mais peut-être faudrait-il préciser pour créer un contexte que la grippe ordinaire tue chaque année en France 5000 personnes, soit, à aujourd’hui, deux cent cinquante fois plus. Et ce dans le silence le plus total des média.

Ceci rappelle le douloureux souvenir de la « maladie de la vache folle ». Après avoir semé la panique dans toute la population, et causé l’effondrement le la vente de viande de bœuf, cette maladie « n’a tué qu’un » tout petit nombre de dizaines de personnes, et ce avec un recul suffisant (plus de 15 ans) pour savoir que ce chiffre restera valide.

Sait-on que, dans le même temps, beaucoup plus d’éleveurs de bovins, totalement ruinés par les conséquences de la psychose, se sont suicidés dans l’indifférence générale?

Ainsi la presse rapporte le détail de chaque mort de soldat français en Afghanistan, et il est juste de rendre un dernier hommage à ces jeunes qui donnent leur vie pour la France, mais dont c’est le « métier ».Face à ces 31 morts « célébrés », comment expliquer que 100 français perdent la vie chaque mois de vacance par noyade? Autant de morts aussi inutiles et dérisoires que les autres peuvent être pleines de sens et de valeur.

Ainsi l’Etat, en la personne de Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur, a-t-il enfin pris à bras le corps le problème de la surmortalité routière, et, au risque d’une forte impopularité, obtenu des formidables résultats. Des milliers de morts en moins chaque année, sans compter les blessés, les veufs et veuves, les orphelins, et le bénéfice pour tous d’une conduite apaisée et moins dangereuse. JusMurmurandi n’a pas le souvenir d’une seule action gouvernementale récente qui ait eu un tel impact sur le bien-être des Français.

Mais, alors que les média commentent chaque mois le chiffre des tués sur nos routes, que dire du silence qui entoure les décès, plus de 10 fois plus nombreux, par alcoolisme? Et ceux du tabagisme?

L’actualité récente nous met sous les yeux des suicides sur le lieu de travail d’employés apparemment désespérés, notamment aujourd’hui chez France Telecom après avoir été il y a peu chez Renault ou Peugeot. Lesquels suicides sont mis sur le compte de restructurations qui pourraient être pour certains terrifiantes.

Et pendant ce temps, qui parle du suicide des jeunes, qui frappe et tue cent fois plus ?

Et si ces suicides de ceux qui devraient porter l’avenir et les espoirs de notre monde provenaient notamment du désespoir où la seule chose qui les attend soit le choix entre la maladie de la vache folle et la grippe A, entre la crise économico-financière et les cataclysmes du réchauffement climatique, entre le chômage et le sur-endettement?

Alors que, dans l’indifférence générale, les Français gagnent 3 mois d’espérance de vie chaque année, ce qui montre une qualité de santé et de validité sans précédent dans l’histoire humaine….

Andy Warhol disait que nous aurions droit, chacun d’entre nous, à notre quart d’heure de gloire. C’est certainement vrai pour certains d’entre nous au moment de notre mort, relatée par les média comme une forme de télé-réalité. Faut-il croire que, pour les média comme chez Hegel, les moments heureux sont des pages blanches?

« Page précédentePage suivante »