Aux armes, citoyens !

novembre 10, 2008 on 8:38 | In Economie, France, Incongruités, International | Commentaires fermés

Rassurez vous, JusMurmurandi ne va pas vous demander de descendre dans la rue pour allez manifester contre la grève de la SNCF ou de la Poste.

Non c’est une histoire américaine que nous allons aborder avec cet article, qui concerne la vente d’armes ces derniers temps.

Comme chacun sait cette vente est totalement libre aux Etats Unis au motif que chaque citoyen doit avoir le droit de se défendre (Deuxième amendement de la Constitution américaine).

Ce qui aboutit à ce qu’il y ait des centaines de millions d’armes en libre circulation, sans recensement aucun.

Et également à ce que régulièrement des tragédies viennent entacher le quotidien de telle ou telle école, en dépit de toutes les tentatives de contenir le flot. On se souviendra par exemple du film de Michael Moore, « Bowling for Columbine », dans lequel Charlston Heston, Président de la toute puissante National Rifle association, ne répond plus aux questions du réalisateur lorsqu’il lui demande son avis sur les enfants qui périssent sous les balles d’autres adolescents qui dérapent.

Eh bien ces temps derniers, les ventes d’armes aux civils ont puissamment augmenté chez nos amis américains.

Quelles peuvent être les explications?

Qu’Obama voudra restreindre la liberté d’acquisition de ces engins de mort, inquiétude entretenue à loisir, on s’en doute, par les vendeurs, trop contents de saisir l’occasion d’augmenter leur chiffre d’affaires en répandant le doute ?

S’agit il de personnes inquiètes face à la crise, craignant une guerre civile face à une crise dont les conséquences se déroulent devant nous, tels ce chiffre de pertes abyssales, une fois de plus, annoncé aujourd’hui par l’assureur AIG, de 24,5 milliards de Dollars de pertes au troisième trimestre ?

Ou encore de certains malades mentaux qui ne supportent pas l’idée qu’un homme de couleur arrive à la Maison Blanche le 20 janvier prochain et réfléchissent déjà à comment attenter à sa vie ?

Toutes les hypothèses sont plausibles, sans être mutuellement exclusives.

Quoi qu’il en soit, le fait est inquiétant et mérite notre attention.

Il suffit d’un seul coup…

Quand le compte n’est pas bon à l’Assemblée nationale

novembre 10, 2008 on 8:17 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermés

La Cour des Comptes s’est récemment intéressée à la gestion de nos chers parlementaires, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas perdu son temps.

Quelques perles retiendront certainement votre intérêt, Cher Lecteur, tout autant que nous avons retenu notre souffle en en lisant des extraits.

Et que rien n’a retenu les dépenses de nos chers, si chers élus.

Le budget pour commencer. Il a cru, sur les dix dernières années, à un rythme supérieur à celui des dépenses de l’Etat (47% contre 37%, dans les deux cas largement plus que l’inflation). Imaginez ensuite qu’ils se permettent de juger les budgets de l’Etat lorsqu’eux mêmes font pire ??!!

25% du budget total est consacré aux salaires tandis que les 24 fonctionnaires les mieux payés gagnent 213.000 Euro bruts par an.

Ces 25% se comparent à 15% chez nos voisins britanniques qui est une démocratie parlementaire (donc qui se passe de Président de la République etc.) ou encore les Allemands dont les salaires au  Bundestag ne représentent que 12%. Bref, ils en plus pour leur argent que nous.

Et surtout comme d’habitude, dépassements budgétaires à gogo, comme les travaux de l’immeuble Chaban Delmas. Mais heureusement,  » ces travaux génèreront beaucoup d’économies puisque nombreux députés n’auront plus à dormir à l’hôtel ».

Bref, tous les dépassements sont permis aussi longtemps qu’il y a des économies; à ceci près que la durée de retour sur investissement est une notion qui n’est pas importante pour les députés.

En conclusion, tout ce que l’on rejette, critique pour la gestion de l’Etat se retrouve à plus modeste échelle mais encore plus gaspilleur, au Palais Bourbon, là même où devraient être corrigées les déviances de nos gouvernants.

Français, dormez tranquille !

Les Jeux Olympiques du Parti Socialiste

novembre 7, 2008 on 10:27 | In Best of, C'est ça, Paris?, France, Insolite | Commentaires fermés

Citius, Altius, Fortius. Plus vite, plus haut, plus fort, tel est le but des athlètes olympiques. Tous savent qu’ils ne gagneront pas nécessairement. Certains, la majorité des compétiteurs, savent qu’ils ne gagneront certainement pas. Mais participer leur semble important. D’autant qu’ils n’auront la chance de participer que tous les 4 ans.

C’est pourquoi la course actuelle au poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste ressemble tant à une finale olympique. Après des années de préparation, arriver plus vite à une coalition gagnante. Monter plus haut dans les sondages. S’opposer plus fort à Nicolas Sarkozy.

Évidemment, il y a aussi un côté cruel aux Jeux Olympiques. Car, à côté du triomphe du vainqueur, sous l’oeil des caméras du monde entier, il y a la détresse des perdants instantanément replongés dans l’anonymat, malgré des années d’efforts, de sacrifices et d’espoir.

C’est ce que doivent ressentir aujourd’hui les perdants des votes des militants du Parti Socialiste. Qui sont-ils?

Certes, Ségolène Royal peut se prévaloir d’avoir eu le plus grand nombre de voix, mais comparé à son score des primaires de la Présidentielle, face à ces ténors que sont Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, son score est en forte baisse. Elle avait réuni 60% des voix, et aujourd’hui un peu moins de la moitié.

Certes Martine Aubry peut se prévaloir d’avoir émergé du purgatoire où l’avait plongé, pour toujours semblait-il, le rôle de Madone des 35 heures. Mais, pour la fille de Jacques Delors, qui a passé son temps à labourer le terroir des fédérations socialistes et qui s’est alliée aux grands féodaux du parti, c’est un score modeste, et, en tout état de choses, inférieur à celui, déjà en baisse, de l’adversaire honni, la Royal.

Certes Bertrand Delanoë peut se prévaloir de partager le deuxième place à égalité avec Martine Aubry et d’être bien placé pour les négociations qui vont s’ouvrir maintenant. Mais faire un quart des voix quand on s’est fait soutenir par le Premier Secrétaire sortant, qu’on est le Maire de Paris et que les sondages vous désignent comme meilleur candidat socialiste au poste de Président de la République, c’est fort peu, et cela fait de vous, d’ores et déjà le grand perdant. BD semble frappé par le même syndrôme que John Mc Cain. Son choix de Sarah Palin comme colistière a montré que son positionnement d’électron libre de centre-droit n’a pas résisté au comptage des voix, et qu’il a traité avec les durs à la droite du parti pour se les inféoder. De même, en se faisant soutenir par François Hollande, qui représente tout ce qui n’a pas marché pendant 10 ans au PS, Bertrand Delanoë a troqué son habit de modernisateur pour celui d’héritier d’un pouvoir qui a échoué en 1995, échoué en 2002, et échoué encore en 2007.

Mais après tout, peut-être est-ce cela qui a réuni Bertrand Delanoë et François Hollande, car le Maire de Paris aussi a l’expérience d’avoir perdu aux Jeux Olympiques. Qui devaient, suivant son plan, se dérouler à Paris l’année de son triomphe prévu, mais qui n’aura pas lieu. En 2012.

Mais ce n’est pas grave pour Bertrand Delanoë. Car, pour avoir mené le dossier perdant de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques, battu pour 2008 par Beijing puis pour 2012 par Londres, il connaît bien la maxime du fondateur des Jeux modernes, que le baron de Coubertin semble avoir écrite rien que pour lui.

L’important n’est pas de gagner, mais de participer.

Barack Obama est il François Mitterrand ?

novembre 5, 2008 on 8:35 | In Best of, Economie, Europe, France, International | 4 Comments

Il est vrai qu’à prime abord, la comparaison n’est pas…Obamanifeste

Car dans un cas nous avons un homme politique nouveau, qui semble Obamagnétiser les foules, et dans un autre un Obamadré qui brigue le poste suprême depuis des décennies.

Si l’un est élu par des grands électeurs, l’autre l’est par scrutin Obamajoritaire.

Mais à regarder de plus près, tous les deux ont suscité un élan Obamagnifique.

L’Amérique veut rompre avec les méthodes Obamachiavéliques de l’équipe Bush et ses échecs politiques, économique et diplomatique et arrêter d’Obamaculer les électeurs….

La France voulait mettre fin à 23 années d’Obamajorité gaulliste, et surtout à l’Obamaladresse politique de Giscard d’Estaing, avec l’aide des Obamanigances de Chirac, allié objectif du PS en 1981.

Et cela c’est un point de ressemblance Obamassif,  tout autant que l’attente de ceux qui ont élu les deux candidats.

Le moment auquel ils arrivent aux affaires est certes très différent: sur le plan Obamacroéconomique, les caisses sont pleines en France en 1981 et vides aux Etats Unis aujourd’hui.

Et c’est pour cela qu’il faut à tout prix qu’Obama prenne soin de ne pas commettre les mêmes erreurs que Tonton;  en dépit de toutes ses Obamagouilles, il dut se résoudre à revenir à une politique de rigueur après trois dévaluations successives du franc par rapport au DeutschMark.

Bref, il faudra au nouveau Président des Etats Unis éviter tout Obamalentendu dès le départ, et il est réconfortant de savoir qu’il envisage de participer au sommet du 15 novembre prochain à Washington pour la refondation du capitalisme, sommet réuni à l’initiative de l’Obamalin Nicolas Sarkozy.

Il sera important qu’il ramène l’économie vers des sentiers plus paisibles, et mette fin à ce climat Obamalsain des affaires où des milliards de bonus sont versés à des Obamalotrus sans création de richesse.

II lui devra également éviter un mandat qui s’achève de façon Obamacabre, comme le deuxième de Mitterrand, très Obamalade, ou encore pour raison de mort violente.

Bref, c’est une tâche Obamagistrale qui l’attend, comme l’espoir qui l’a porté, tout comme Mitterrand, à l’Obamagistrature suprême, même si son Obamarge de manœuvre est étroite.

Car s’il échoue, si cela n’Obamarche pas, c’est toute la planète qui n’en sera que plus Obamalheureuse.

Et là, il ne ferait que finir dans cet immense cimetière des hommes politiques qui n’étaient en fait que des Obamarionnettes des conglomérats industriels et financiers, des Obamarioles.

L’Amérique mérite mieux. La planète mérite mieux.

C’est un Obamagicien qu’il nous faut.

Le gruyère n’est pas suisse, il est français !!

novembre 4, 2008 on 8:31 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, La Cour des Mécomptes | 2 Comments

Qui a inventé le célèbre fromage aux fameux trous ?

Les Helvètes ou les Français ?

On se souviendra en particulier de ce merveilleux album d’Astérix chez les Helvètes, dans lequel chacun s’y met de plus belle pour ne pas faire tomber son morceau de pain dans la fondue.

Mais la plus convaincante des réponses se trouve, une fois de plus dans la non application d’une loi en principe bonne pour tout le monde, la loi de modernisation de l’économie ou LME.

Un de ses chapitres se penche en détail sur les délais de paiement et prévoit un plafonnement des délais à 45 jours fin de mois ou 60 jours.

En effet, son objectif est d’améliorer la position de trésorerie des PME, qui sont souvent à la merci des grands groupes ou de la « grande distribution », dont le pouvoir de négociation est aussi important qu’il est menaçant.

Or la LME est là pour remettre tout cela à plat, et permettre au PME d’avoir une trésorerie plus forte.

Mais las, crise aidant, on voit toutes sortes de dérogations arriver, et en dépit du fait qu’elle devait entrer en vigueur le 1er janvier prochain, soit elle ne sera pas appliquée, soit ce sera un véritable…gruyère.

Les uns demandent des remises de prix pour compenser leur mise en conformité avec la loi (!!), les autres des participations aussi fictives que durement monnayées, d’autres encore de recourir à des filiales étrangères de leurs fournisseurs afin que la loi française ne s’applique pas, bref, tout est bon pour contourner la loi.

Et une fois de plus, une loi destinée à protéger, renforcer les PME va passer à la trappe, en particulier dans une période où leur trésorerie est considérablement fragilisée par un ralentissement aussi violent que soudain.

Comme disent nos voisins britanniques, la route vers l’Enfer est pavée de bonnes intentions.

Taser l’a tuer. Quand les morts pèsent plus lourds que les vivants…

novembre 4, 2008 on 8:27 | In Coup de gueule, France, Incongruités, Insolite, International | Commentaires fermés

Selon la presse, un homme est mort dimanche à Calgary (Canada) « à la suite d’un tir de Taser, ce pistolet à décharge électrique réputé non mortel, et objet de controverse avec Oliver Besancenot notamment, qui conteste sa non mortalité.

Disons le tout de suite, JusMurmurandi n’a pas d’informations rigoureuses sur cette question, et se garde donc bien d’avoir une opinion. En revanche, ce qui est révélateur, est le traitement de l’affaire du Taser dans la classe politique et les média, et ce sur plusieurs points.

Il est possible que le tir Taser soit, en fait, un choc si violent que certains n’y résistent pas. Ce qui en ferait une arme moins létale que le pistolet, mais pas « 0 morts », comme on dit de la guerre « moderne » telle que la souhaitent ceux qui la font.

Cette comparaison avec la guerre n’est pas innocente. Car la situation de la police urbaine appelée à utiliser ses armes, qu’elles soient conventionnelles ou électriques, ressemble à une guerre. Une guerre civile, urbaine, limitée, mais une guerre. Où il arrive en plus que les forces de l’ordre soient armées de pistolets quand leurs adversaires, c’est-à-dire les forces du désordre, ont des Kalachnikov ou des Uzi, quand ce ne sont pas des lance-roquettes.

Il faut donc se demander non seulement si le Taser tue, mais aussi combien tuerait et combien blesserait gravement une arme conventionnelle utilisée si les forces de l’ordre n’étaient pas équipées de Taser, et faire le bilan. Comparaison militaire toujours: il arrive qu’une bombe à guidage laser soit larguée à tort en Afghanistan et massacre une innocente noce. Drame lamentable. Mais combien de noces ont été rasées aveuglément par les tapis de bombes « stupides » (c’est-à-dire avant qu’elles ne soient guidées) au Vietnam par exemple?

Sauf qu’aujourd’hui, nous voulons du « zéro mort ». Et que donc le Taser est en accusation. Comme aussi certains médicaments nouveaux qui se révèlent avoir, dans certains cas, des effets secondaires graves. Un exemple: l’Accomplia, médicament contre l’obésité. Il s’avère, si l’on en croit la presse, qu’il puisse conduire certains patients qui en prennent à une grave dépression. Ce qui contraint son fabricant, peu soucieux d’assumer de telles conséquences, à le retirer de certains marchés. Et personne ne se soucie de savoir combien de personnes auraient pu éviter un accident vasculaire mortel en perdant du poids grâce à cette nouvelle molécule pour faire non un compte des morts, mais un bilan des morts et des vivants. Infarctez en paix, ô obèses du monde entier, mais ne déprimez pas!

Ce qui revient à dire qu’un mort par Taser (toujours à supposer que cela soit le cas) « pèse » plus lourd qu’un vivant « sauvé » parce qu’il a reçu une décharge électrique et non un bon vieux pruneau de flingue en plein coeur. Et ce d’autant plus que, dans notre société où l’image est partout, un mort par Taser est bien visible, alors qu’un membre d’un quelconque gang descendu dans une fusillade, c’est à peine 3 lignes en page 9.

Peut-être faudrait-il fournir aux voyous, faute de les laisser faire absolument ce qu’ils veulent sans aucune opposition, ce qui serait le meilleur moyen de ne déplorer jamais aucun mort, de leur fournir gratuitement des Taser en remplacement de leurs armes. On peut imaginer que les forces de l’ordre soient tout de suite d’accord et ne protesteraient pas que le Taser n’est, peut-être, pas à 100% non létal…
Taser

La faute aux autres…

novembre 3, 2008 on 10:10 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, Insolite, International | Commentaires fermés

La crise financière révèle une étrange caste, dont les membres transcendent les nationalités, enjambent les frontières entre le public et le privé, entre l’individuel et le collectif, entre clients et fournisseurs, entre dirigeants et censément dirigés. Ce sont les nouveaux irresponsables.

Irresponsable, ce patron de banque (ils sont nombreux) qui reconnaît qu’il avait fini par ne plus comprendre les produits financiers si sophistiqués mis au point par ses cadres si intelligents et si extraordinairement bien payés et si bien vendus par sa banque, au point d’avoir rapporté de si gros profits générateurs de si confortables bonus.

Irresponsable, cet acheteur (ils sont des millions) qui signe un contrat d’emprunt immobilier à taux variable alors qu’il n’a aucune possibilité d’assumer une hausse de remboursements et que les taux d’intérêts sont très bas, donc beaucoup plus susceptibles de monter qu’autre chose. Ils sont nombreux, les emprunteurs insolvables à considérer que c’est la faute des banques.

Irresponsable, ce dirigeant de grande banque faillie qui considère que ce sont les circonstances exceptionnelles qui ont mises à mort sa banque, et non ses décisions de gestion. Ils sont nombreux, les dirigeants en échec qui considèrent qu’ils n’ont pas échoué.

Irresponsable, ce gestionnaire municipal britannique qui à confié ses capitaux à une banque islandaise qui lui verse une plus forte rémunération qu’une banque anglaise, avant que tout ne s’effondre. Il y en a pour 5 milliards de livres, ce qui fait de nombreux irresponsables, qui ne voient pas que leur forte rémunération était lié à un fort risque.

Irresponsable, ce gestionnaire municipal français qui a contracté des emprunts aujourd’hui qualifiés de « toxiques », soit parce qu’ils sont tout simplement à taux variable, auquel cas leur toxicité est très limitée et l’appellation avant tout démagogique, soit parce qu’ils contiennent des « produits structurés » (essentiellement des dérivés, options et autres), et, là, potentiellement très, très coûteux. Sauf que ces produits structurés ont, là aussi, été acquis pour permettre aux municipalités de payer moins cher leur crédit. Un crédit moins cher que le marché, cela veut dire que le risque n’est pas égal. Et un risque, cela peut se révéler toxique. Et maintenant, toutes ces municipalités oublient les avantages qu’elles ambitionnaient pour ne voir que les coûts, et blâment les banques, Dexia en tête.

Pour dire les choses simplement, la capitalisation boursière mondiale a baissé de quelques 30.000 milliards de dollars depuis mai 2008. Ces pertes, il faut bien que quelqu’un les ait subies. Ce sont les fonds de pension, les plans de retraité individuels, les 401K américains ou les PEA français, les portefeuilles des actionnaires de par le monde. Ce à quoi il faut ajouter les pertes opérationnelles des entreprises, banques et compagnies d’assurance en tête, mais pas seulement. Il semble par exemple que 10% des 7000 hedge funds mondiaux ne survivront pas, et que quasiment tous afficheront des pertes substantielles dues à la crise. Comme leur attractivité était fondée sur un rendement important, il faut bien qu’il y ait eu un risque important dans le montage, et ce risque, maintenant, se rappelle au bon souvenir de tous. Il faut enfin ajouter les pertes de tous les propriétaires immobiliers au monde, et, d’abord, ceux qui auront perdu leur maison dans la tourmente, ceux qui sont coincés par des crédits relais ruineux faute de pouvoir vendre leur bien pour refinancer une autre acquisition et tous les autres.

Bref, ces pertes sont proprement immenses. Et personne n’est responsable. Personne sauf « les autres ». Pour une fois, la langue française offre une possibilité unique pour décrire cette situation. Cinquante mille milliards de dollars, perdus à l’insu de leur plein gré…

Des déchets qui sentent bien mauvais..

novembre 3, 2008 on 9:46 | In France | Commentaires fermés

Quoi de plus normal pour les communs des mortels que de « faire son marché », autrement dit de faire ses courses, c’est à dire de mettre différents fournisseurs potentiels en concurrence ?

Eh bien, pour la Mairie de Paris, c’est un peu plus compliqué dans certains de ses arrondissements, car à la veille du congrès de Reims, les brodequins du Maire de Paris semblent être souillés par une sale affaire.

Une élue parisienne de l’équipe de Bertrand Delanoë a été mise en examen, pour, semble t il, ne pas avoir respecté les règles, et attribué des marchés de déchets et autres ordures ménagères en avantageant une société plutôt qu’une autre, qui aurait été moins disante…

En fait, les choses ne sont pas simples, car cela passe par la subvention d’un club de sport, bref de façon indirecte. Le Paris Levallois Basket aurait ainsi bénéficié de 200.000 Euro de subvention pour la saison 2007-2008.

Voici qui semble sentir aussi mauvais que les ordures ménagères sensées être ramassées par l’entreprise…

Et c’est ainsi que certains élus et autre membres de l’entreprise se sont retrouvés chez le juge.

Voilà qui fait désordre quelques jours avant le congrès du PS à Reims, qui, selon les sondages, devait être le sacre de Delanoë 1er….

A se demander qui a intérêt à faire les poubelles du Maire pour tenter de l’éclabousser ?

Martine, Ségolène, Benoit et les autres vont bien entendu se draper dans leur superbe pour soutenir Delanoë devant ce qui ne peut être qu’une odieuse campagne de calomnies….

Mais peut être cela suffira t il à l’empêcher de sabler le champagne et de donner la victoire à quelqu’un d’autre… Qui sait ?

Une chose est sûre, cette affaire, dans tous les sens du terme, n’est pas gratuite….

Fabu – Loeb !!

novembre 2, 2008 on 4:27 | In France, Insolite, International | 2 Comments

Légendaire, historique, extraordinaire, un Français de plus entre dans l’Histoire.

Sébastien Loeb, en occupant la troisième place à la quatorzième manche du championnat du monde des rallyes, le Rallye du Japon, devient, pour la cinquième fois consécutive, Champion du Monde des Rallyes.

Un succès sans précédent, une réussite unique, un parcours exceptionnel, arrivant même à battre les champions finlandais sur le propre terrain, le Rallye de Finlande.

Alors que nous avons, pour une bon nombre, les « patates au fond du sac » avec les nuages économiques qui s’amoncellent, Merci à Sébastien Loeb pour cette performance qui fait honneur au Tricolore.

Sébastien Loeb, JusMurmurandi vous adresse ses plus vives félicitations !!

Sébastien Loeb en pleine action

Sébastien Loeb en pleine action

Le PS est-il le miroir du système financier français?

novembre 2, 2008 on 8:10 | In France, Incongruités, Insolite | Commentaires fermés

Les banques françaises, comme toutes les autres d’ailleurs, ont un tel problème de crédibilité qu’il aura fallu que l’Etat intervienne massivement pour garantir des crédits interbancaires qui ne se faisaient plus, faut de confiance.

Le PS a-t-il un problème de crédibilité, inspire-t-il confiance aux Français? Les réponses sont assurément « oui » à la première question, et « non » à la seconde. Exactement comme les banques françaises.

Ne pas faire de crédit interbancaire permet à une banque de ne pas risquer de pertes, mais condamne avec certitude l’ensemble des banques et du système économique et financier. C’est pourtant ce « chacun pour soi » que les banques françaises ont adopté avant l’intervention de l’Etat.

Les candidats au poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste ont-ils adopté une politique du « chacun pour soi » en préparant leur propre motion pour le congrès de Reims au risque de perdre tout le PS dans une guerre interne totalement déphasée par rapport à la conjoncture et à l’état de l’opinion? Indiscutablement, exactement comme les banques françaises. Banques françaises, dont ils ont tous socialistes pour une fois réunis et d’accord, et c’est une exception en Europe, refusé de voter le plan de sauvetage à un tournant de notre histoire, alors qu’une crise sans précédent frappe le monde occidental.

En revanche, les candidats ne prennent pas la même voie pour tenter de prendre la première place.

Martine Aubry tente de s’allier toutes les fédérations locales, sachant que s’en faire des obligés, c’est se garnir un portefeuille d’obligations.

Bertrand Delanoë de son côté met en avant sa crédibilité non seulement comme premier secrétaire potentiel, mais, plus tard, et plus haut, comme candidat à l’Elysée. Il prend donc des engagements sur la qualité de sa signature.

Ségolène Royal, elle, s’efforce de suivre à la trace l’hyperactif Président Sarkozy pour, à chaque déclaration de celui-ci, en opposer une des siennes, encore plus ambitieuse. Ainsi sur la nécessité d’un ministère du développement économique commun franco-allemand, sur le besoin que l’Etat entre au capital des banques, ou aujourd’hui de refonder tout le système socio-économique, la social-démocratie étant dépassée. C’est dans ces propositions d’actions qu’elle espère faire fructifier les voix de mai 2007 qui, pense-t-elle, la légitiment dans son rôle de première opposante de France.

Si l’on en croit ce qui est arrivé au système financier international, les cours des actions se sont effondrés. Ce qui n’augure rien de bon pour Mme Royal.

Les engagements par signature d’institutions réputées en ont causé la faillite, telles Lehman, ou la perte, telle AIG, Fanny Mae ou Freddy Mac. Ce qui n’augure rien de bon pour Bertrand Delanoë.

En revanche, les obligations ont fructifié en ces temps de fuite vers la qualité et de baisse des taux d’intérêts. Ce pourrait être tout bon pour Martine Aubry.

Encore faudrait-il que, comme un système bancaire dont les acteurs continueraient de « jouer perso », la victoire de l’un ou de l’une ne soit pas la défaite de tous, certains partant pour rejoindre Besancenot, et d’autre Bayrou.

Les socialistes se donnent le droit de s’entre-déchirer maintenant malgré ce risque, certains que, comme à chaque fois par le passé, les mécanismes de compromis interviendront à temps pour permettre la survie du système PS.

Demandez donc aux financiers si faire confiance aux mécanismes qui ont toujours fonctionné par le passé est un bon moyen d’éviter la crise et le risque d’implosion du système. Comme, en outre, ils ont refusé de voter le plan de sauvetage des banques françaises, qui les sauvera, eux, quand leur temps sera venu?

Paris est-elle Varsovie, Santiago, Caracas ou La Havane ??

novembre 1, 2008 on 7:16 | In Best of, C'est ça, Paris?, Coup de gueule, Economie, France, International | Commentaires fermés

« Grève irresponsable ! »

« Bataille purement corporatiste pour empêcher la réduction des effectifs du syndicat, qui a été désavoué par sa fédération ».

« Grève minoritaire hors de toute norme syndicale ou du droit syndical »

« Les grévistes utilisent la force et la violence, n’hésitant pas à menacer physiquement et à casser. »

Les camions sont attaqués, les personnes qui distribuent sont en danger ».

Voici un florilège de citations qui relatent un évènement « historique ».

Et où se passe tout ceci ?

Au Vénézuéla d’Hugo Chavez, à Cuba sous Castro, au Chili sous Allende, en Pologne sous Jaruzelski ?

Non, tout simplement en France, en 2008 s’il vous plaît.

Cette semaine pour être précis.

Aux Messageries parisiennes (« NMPP »), bastion CGT puisque, fait unique en France, il faut être syndiqué à la CGT, dans sa branche livres pour pouvoir y travailler, comme depuis des décennies, au mépris de la liberté individuelle.

Les NMPP ont décidé de faire un plan pour améliorer la productivité et donc de réduire les effectifs.

Mais sur une base du volontariat, et en accordant une Indemnité de départ à ceux qui sont volontaires allant de 200.000 à 300.000 Euro par salarié (on se croirait dans la finance américaine – voir notre article intitulé « Le sida bancaire »).

Mais comme le syndicat monopoliste ne supporte pas de voir le nombre de ses adhérents baisser, il est prêt à tout. Même à la violence.

Dans l’indifférence totale, si ce n’est la présence de la police lorsqu’un des « adhérents » à commencé à s’attaquer à l’immeuble des NMPP à la masse pour briser les vitres….

Mais que font la police et la justice ?????

Courage, ou camisole de force?

octobre 30, 2008 on 6:40 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, International, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermés

L’Islande est en faillite. Malgré des plans de soutien d’envergure internationale, les banques de cette île avaient vraiment poussé le bouchon trop loin. JusMurmurandi vous a déjà narré comment le morceau de glaçon est devenu le Titanic du 21e siècle. Résultat: les taux d’intérêt sont de 18% pour soutenir une monnaie qui a déjà perdu 50% de sa valeur. Ce qui est un cercle vicieux, parce que toute baisse de la monnaie fait gonfler la valeur locale d’un endettement en devises, dont l’augmentation fait baisser la monnaie. Conséquence: le gouvernement prévoit une baisse de PNB de l’ordre de 10%. On imagine la brutalité d’un tel « ajustement », ou effondrement, comme on voudra.

Mais l’Islande n’est pas seule. La Hongrie ne va guère mieux, quoique pour des raisons différentes. Son problème n’est pas que ses banques, par ailleurs essentiellement entre des mains étrangères, aient perdu toute mesure, mais que son déficit budgétaire considérable l’oblige à emprunter beaucoup. Comme les marchés de crédit ne disposent plus d’assez de capitaux, les prêteurs font les difficiles et recherchent avant tout des emprunteurs de qualité, plutôt que des républiques de l’Est européen surendettées et en déficit. Résultat: le gouvernement hongrois, pour obtenir un total de 25 milliards de dollars de prêts, s’est engagé à un plan de « stabilisation », ou d’amaigrissement qui ramènera le déficit budgétaire de 9,2% du PIB aujourd’hui à 5,6% l’année prochaine, puis 2,8% en 2010. On imagine la brutalité d’un tel « ajustement », ou effondrement, comme on voudra.

Vous me direz, l’Islande, la Hongrie, ce sont des Etats mineurs et notoirement risqués. Rien à voir avec le coeur de l’économie mondiale, et les grandes puissances, dont la France sarkozyenne. Vraiment? Car la France aborde cette période de crise avec un déficit public déjà proche de 3%, et des perspectives carrément sombres si l’on tient compte que la démographie plombe chaque années le système de retraites et que nul ne s’est avisé de mesures qui interrompraient la croissance vertigineuse des dépenses de santé.

S’ajoute à cela que la crise va gravement amputer les recettes fiscales prévues, aussi bien que celles des régimes sociaux. Moins de cotisants au travail, et plus de chômeurs à indemniser… Plus encore, s’y ajoutent les fonds qu’il va falloir injecter dans le système financier. Mais cette situation exige davantage, notamment pour le soutien à l’économie, ce qui excite la fibre interventionniste très gaullienne de Nicolas Sarkozy. Maintenant qu’il est débarrassé du corset du plafond de déficit public fixé à 3% du PIB par le traité de Maastricht, il promet plans de relance, plans d’aide et fonds souverains, qui, tous, vont faire gonfler un déficit déjà abyssal.

Il est véritablement à craindre qu’un tel dérapage ne transforme la France en Hongrie-bis, et n’oblige à recourir bientôt à un prêt du Fonds Monétaire International pour remplacer des prêteurs effrayés par notre incurie financière. Mais on verrait alors la camisole de force du FMI remplacer, en beaucoup plus sévère, le corset de Maastricht. Même si Nicolas Sarkozy peut compter sur son directeur actuel, Dominique Strauss-Kahn, qui lui doit beaucoup, pour ne pas trop serrer les sangles du dispositif.

Non, la question que se pose JusMurmurandi est celle-ci. Cela fait, disons, 15 ans que la France court après des déficits considérables et une dette qui enfle. Aucun gouvernement n’a pris le taureau par les cornes, chacun espérant qu’une vague de croissance prochaine vienne restaurer un équilibre durable. Et chacun s’empressant de dépenser à l’avance les recettes futures (35 heures, CMU, RMI, RSA ont été autant de chèques en blanc tirés sur l’avenir).

Mais, si la Hongrie, bien obligée, peut en 2 ans réduire son déficit de 9,2% à 2,8% du PIB, et ce en période de crise économique, la France, plus riche et moins profondément déficitaire ne peut-elle pas en faire autant? Car, avec 6,4 points de PIB de déficit en moins, il y a de quoi revenir à l’équilibre tout en finançant force « plans ». Evidemment, un tel « ajustement » se situe quelque part entre le profondément douloureux et le cruel. Mais il règle d’un coup le problème. L’alternative est une asthénie prolongée de dizaines d’années, comme l’a montré le Japon, qui n’a pas voulu de remède de cheval pour sortir de la crise des années 80.

Et, curieusement, il y a maintenant une vraie opportunité historique d’appliquer ce traitement de choc. La crise est réelle, profonde, internationale, sans précédent, et les Français savent déjà, car ils sont plus intelligents que les politiques ne le pensent, qu’ils vont devoir se serrer la ceinture. Alors qu’en temps plus cléments, un plan « dur » serait perçu comme peut-être évitable. Accessoirement, l’UMP et le Président ont cet avantage que l’opposition socialiste est en pleine déconfiture, allant à son congrès de Reims voter sur des textes, programmes, et promesses écrits avant la crise financière et donc déjà totalement dépassés.

L’élection de Nicolas Sarkozy, né de père hongrois, a eu une résonance particulière dans ce pays. Il y a même eu des journalistes hongrois facétieux pour proposer en 2007 aux Français de troquer leur Président nouvellement élu et alors populaire contre leur très impopulaire Premier Ministre, Ferenc Gyurcsany. Peut-être, vu le courage de ce dernier, faudrait-il leur dire aujourd’hui « chiche »?
Nicolas Sarkozy

Méfiez vous de votre banquier !

octobre 29, 2008 on 7:29 | In France | Commentaires fermés

Ah, les cons!

octobre 29, 2008 on 9:26 | In France | Commentaires fermés

Mais qu’est-ce qu’ils allaient f….e là-bas! C’est la réflexion qu’on prête au Président de la République parlant des pertes abyssales de Dexia aux Etats-Unis.

Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé. Les Caisses d’Epargne, déja frappées par les pertes aux USA de leur filiale Natixis, se sont retrouvées avec près de 800 millions d’euros de pertes de trading en quelques jours, causées par un équipe de 3 personnes qui avaient pris des positions sur le marché des actions.

Et revoilà Dexia qui annonce des pertes de 82 millions en Slovaquie. Celles-ci sont dues à des pertes de change sur des opérations entre le dollar et le rand sud-africain. JusMurmurandi a du mal à comprendre comment cette opération s’inscrit dans la mission de Dexia de prêter aux collectivités locales slovaques…

Plus important en montant, ce qui touche à Volkswagen. Cette entreprise est devenue la première capitalisation boursière au monde, devant Exxon, Microsoft ou General Electric!, depuis que son titre a flambé alors que les bourses mondiales capitulaient.

Pourquoi? Parce que des spéculateurs ont vendu ce titre à découvert, pariant ainsi sur sa baisse. Car en vendant pour livraison à terme quelque chose qu’on ne possède pas, on gagne de l’argent si, le terme venu, on peut le racheter moins cher que prévu. Mais on en perd si le titre a monté. Et là, il y a eu une embrouille. Porsche était réputé contrôler une grosse trentaine de pourcents de VW, mais a annoncé en contrôler en fait plus de 70%. Comme le Land de Bavière en contrôle 20%, cela ne laisse plus que quelques pourcents sur le marché qui soient rachetables par des vendeurs à découvert. Qui ont dû racheter à n’importe quel prix ces trop rares actions, faisant flamber le cours (+350% en deux jours!!!) très au delà de toute rationalité économique, et générant des milliards d’euros de pertes (la rumeur veut que ce soient 4 milliards) pour les vendeurs à découvert à contretemps.

Cette histoire serait germano-allemande si les salles de marché ne bruissaient de rumeurs sur l’identité des perdants. Qui citent Goldman Sachs, qui ne commente pas, Morgan Stanley, qui dément, et surtout la Société Générale, déjà écharpée par l’affaire Kerviel, et qui dément aussi.

C’est comme si on ne prêtait qu’aux riches, si l’on peut dire puisqu’il s’agit de pertes, puisque Caisses d’Epargne, Dexia et Société Générale ont toutes déjà subi des « accidents ».

Ce qui frappe JusMurmurandi comme les pertes frappent les banques et les impôts pour solder la note vont frapper les contribuables, c’est que les banques ont subi ces pertes sur des activités spéculatives n’ayant rien à voir avec leur métier de prêteur ou de gestionnaire de fonds pour compte de tiers.

Et il y a donc une contamination entre les métiers, économiquement indispensables, et jusqu’ici rentables, de banque de réseau, et celles, beaucoup plus risquées et volatiles, de banque d’affaires. Il ne s’agit pas de faire ici un démago-populisme à bon marché en dénonçant la spéculation et l’argent gagné en dormant, après tout Ségolène Royal et François Bayrou le font déjà largement, car les produits dérivés ont un rôle indispensable à jouer dans le bon fonctionnement de l’économie.

Mais, au moment où tous préparent de nouvelles « règles du jeu » pour rebâtir un système financier mondial, il semble à JusMurmurandi qu’il faille se garder de deux écueils. D’une part, jeter le bébé avec l’eau du bain, c’est-à-dire trop encadrer, interdire et règlementer. Si c’est le cas, cela provoquera une contraction importante du secteur financier, et donc de l’offre de crédit disponible pour financer l’activité économique. C’est le schéma de la Grande Crise de 1929.

L’autre consisterait à laisser perdurer le mélange de ces activités finalement très distinctes de financement d’un côté et de risque de l’autre. Ce qui conduit, comme aujourd’hui, à laisser les « cons » des affaires slovaque, américaine ou Volkswagen contaminer l’octroi de crédits immobiliers ou automobile et ruiner l’économie après avoir ruiné leurs banques.

Le SIDA bancaire

octobre 28, 2008 on 7:56 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, International, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermés

Et si on comparait justement le Syndrome Immuno Dépresseur Acquis à la crise bancaire ?

Vous y allez fort répondrez vous certainement.

Si fort que cela ?

Le SIDA, maladie du siècle dernier, qui fait des ravages, tant parmi les « innocents » transfusés que ceux et celles qui ont des rapports non protégés avec des inconnu(e)s.

Nous l’abordions brièvement dans notre dernier article, les « découvertes » récentes sur la cupidité et l’hypocrisie des banques atteint des niveaux sans précédent tandis que deux chercheurs français reçoivent le prix Nobel de médecine, la première fois depuis 28 ans, pour leurs travaux sur le SIDA, .

Citons quelques exemples pour illustrer à quel point nous, qui peinons chaque jour à garder notre emploi et maintenir ceux d’autres qui éventuellement nous font confiance, sommes ivres de rage.

Goldman Sachs et Morgan Stanley, banques d’affaires américaines, et bénéficiaires du plan Paulson à hauteur de 10 milliards de dollars chacune au titre de l’aide aux « banques en péril », ont provisionné la somme de 13 milliards de dollars pour versement de bonus de fin d’année.

Pour Goldman, cela revient en moyenne à 210.000 dollars par employé.

Pour Merril Lynch, le montant est plus faible, seulement 110.000 dollars par personne.

Mais il est en hausse par rapport à l’année précédente où il ne totalisait que 108.000 dollars.

Parce que 3.000 postes ont été supprimés.

La somme globale des bonus versés par Goldman Sachs, Merril Lynch, Bear Stearns, Morgan Stanley, et Lehman Brothers avait atteint la somme record de….39 milliards de dollars en 2007 !

Chez Lehman Brothers Europe, maintenant reprise par la banque japonaise Nomura après une faillite retentissante, le nouveau propriétaire a promis aux salariés repris le même bonus que l’année passée.

Tout ceci pour des employés qui touchent des rémunérations fixes qui varient entre 80.000 et 600.000 dollars.

Vous imaginez l’état de fureur incandescente dans laquelle se trouve JusMurmurandi en lisant ces informations.

Et pendant ce temps là, Nicolas Mérindol qui, fraîchement débarqué de la Caisse d’épargne après les 650 millions d’Euro évaporés la semaine dernière, était sur le point de prendre la direction du Crédit Foncier de France…

Car le problème, c’est que comme le SIDA, l’économie mondiale est touchée progressivement à tous les niveaux, avec des fermetures d’entreprises, des chômages techniques….

Et en même temps, en toute inconscience, hypocrisie et cupidité, certains banquiers continuent à distribuer l’argent de leurs clients et des contribuables comme si de rien n’était, et fusionnent entre eux comme d’autres s’accouplent sans se soucier de protéger son ou sa partenaire. Seuls les banquiers semblent immunisés, le restant de la population ayant besoin d’anti..dépresseurs.

Cela évoque une phrase célèbre d’un socialiste, candidat infortuné à la Mairie de Paris aux élections municipales.

Qui se souvient encore de Paul Quilès, si ce n’est par cette déclaration outrancière, qui, quelque part, rejoint d’une certaine façon l’opinion de JusMurmurandi ce soir: « il ne faut pas dire les têtes vont tomber, mais lesquelles et tout de suite !! »

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