Cannabis et HADOPI: l’économie à tout prix?
mai 25, 2009 on 6:23 | In Economie, France, Incongruités, Insolite, International, Poil à gratter | Commentaires fermésUn projet de loi démocrate vise à légaliser le cannabis dans l’Etat de Californie. Les arguments en faveur de ce changement important d’approche sont nombreux:
- comme la contravention est généralisée, légaliser ne fait qu’entériner un état de fait, et évite que la loi ne soit, en permanence, bafouée.
- légaliser le cannabis ferait s’effondrer les prix et tarirait les super-bénéfices des dealers
- légaliser le cannabis permettrait aux forces de l’ordre de se concentrer sur d’autres formes de délinquance, plus attentatoires à l’ordre public
- mais surtout, la légalisation du cannabis permettrait de faire rentrer un milliard et demie de dollars par an d’impôts sur cette activité, aujourd’hui souterraine ou camouflée en « aide thérapeutique ».
Bien entendu, il y a de nombreux arguments contre cette légalisation. A commencer par le fait qu’il faut que force reste à la loi. Ou par les dommages à la santé causés par le cannabis, et notamment le moindre développement des fœtus. Par le fait que le cannabis sert pour certains de tremplin vers des drogues dures. Par les délits commis par ceux qui cherchent à tout prix de l’argent pour se procurer leur herbe chérie. Ou par l’inévitable explosion du marché qui suivrait l’implosion des prix.
Vous me direz, quel rapport avec la France, où, malgré tout, l’usage du cannabis est infiniment moins répandu qu’en Californie? Osons une transposition. Le téléchargement gratuit, c’est-à-dire sans payer de droits, est illégal. Pourtant, il est omniprésent, et sa répression inexistante. La France vient de voter une législation innovante pour tenter de remettre la pratique en accord avec la loi, la fameuse HADOPI.
Et les arguments de ne rien faire, ce qui est strictement équivalent à entériner l’illégalité, sont les mêmes que ceux des partisans de la légalisation du cannabis. Sauf que, là, les impôts bénéficieraient du passage à un téléchargement légal, à l’inverse de la situation américaine.
Ainsi donc, dans les deux cas, en apparence si opposés, les intérêts fiscaux sont avantagés par les lois adoptée en France et proposée en Californie.
Et si tous ces débats de société n’étaient qu’un écran de fumée (de fumée de cannabis, bien sûr) pour une bonne vieille affaire de gros sous?
Brèves
mai 24, 2009 on 5:32 | In Best of, Economie, Europe, France, International, Poil à gratter | Commentaires fermésCourage politique
La décision du gouvernement allemand tend à donner la faveur au canadien Magna pour la reprise d’Opel qui appartient toujours à General Motors, même s’il est essentiellement européen et surtout germanique).
Pourquoi ? Tout simplement parce que l’alliance avec Fiat serait probablement plus destructrice en emplois outre Rhin.
Bref, une fois de plus, un pays européen réagirait en ne pensant qu’à ses intérêts propres, un peu comme les industriels asiatiques faisaient leur « shopping » de subventions dans chaque pays d’Europe et démontaient leurs usines une fois épuisées les aides dans un pays pour les remonter et en récupérer d’autres chez un voisin.
Car le vrai problème de l’industrie automobile, en Europe comme ailleurs, c’est une surcapacité massive.
En choisissant Magna, on va probablement à court terme sauver des emplois, mais on laissera à demain la nécessaire et incontournable diminution de capacité de production.
Allez, Angela, un peu de courage !
Courage politique -2
Les entreprises, sauf à quelques exceptions près, sont durement touchées par le ralentissement économique, et la France n’est pas épargnée.
JusMurmurandi ne reviendra pas sur ce succulent néologisme qui parle de « croissance négative » lorsque le pays est en récession, mai préfère plutôt souligner que certaines entreprises s’attaquent, dans les limites du code du travail, de manière courageuse à leurs problèmes de coût.
Or l’un des principaux coûts justement, en particulier au pays créateur des 35 heures, ce sont les salaires. On peut les réduire de plusieurs façons, soit en supprimant des postes, ou encore en proposant des baisses de salaires aux collaborateurs de l’entreprise; le tout doit se faire de façon individuelle, et confidentielle.
Le premier employeur de France est en déficit, massif, et depuis de longues années. Et 2009 promet d’être un grand cru dans ce domaine avec simultanément la baisse des rentrées d’impôts ou encore les dépenses exceptionnelles pour soutenir l’économie.
Question : L’Etat français (car c’est de lui qu’il s’agit…) va t il proposer à ses ouailles de baisser les salaires, en moyenne plus élevés que dans le privé malgré la garantie de l’emploi, revalorisée avec la hausse du chômage ?
Avez vous entendu parler d’homme ou de femme politique soit au niveau local ou au niveau national qui ait fait de telles propositions ne serait ce qu’à titre personnel ?
Ce serait de plus un sujet de choix pour la presse hexagonale…Le Daily Telegraph n’a-t-il pas gagné 50.000 lecteurs en dévoilant toutes les déviances des parlementaires britanniques et leurs notes de frais éhontées, en les faisant paraître petit à petit, un jour après l’autre…
JusMurmurandi, pour sa part, n’a rien entendu. N’est ce pas le moment pour nous électeurs de faire entendre notre voix ?
Car on a finalement que la classe politique et la presse que l’on mérite…
Une belle envolée
Le SNPL, syndicat national des pilotes de ligne, nous promet encore de belles journées d’été.
Rappelez vous, il soutenait le vol à 3 dans les cockpits d’Airbus A320 chez Air Inter. 5.000 appareils ont été livrés dans le monde entier et personne d’autre ne l’a réclamé.
En 1998, à la veille de la Coupe du Monde, ils remettent le couvert en menaçant la manifestation sportive d’un conflit majeur, alors qu’Air France est lentement en train de se remettre d’années de mauvaise gestion.
Aujourd’hui, Air France pique dans le rouge, et selon certaines sources les pertes s’envolent pour atteindre 7 millions d’Euro par jour, et le SNPL a déposé un préavis de grève en plein pendant le pic de l’été.
Pourquoi ? Parce qu’il conteste la loi qui prévoit que les syndicats qui ne représentent pas 10% des votes doivent s’allier à d’autres syndicats s’ils ne veulent pas disparaître.
Car, même si les pilotes ne représentent pas 10% des effectifs d’Air France, ils sont, d’après nos informations, cantonnés dans un établissement spécifique et le SNPL n’est par conséquent pas visé par la loi.
De la même manière que l’on a vu ces derniers jours des salariés de l’EdF se livrer à des actes quasi terroristes en coupant le courant à des dizaines de milliers de Français, le ciel français va t il une fois de plus devenir le terrain de chantages qui ont coûté si cher à Air France par le passé ?
Darcos fouille à tout-va
mai 23, 2009 on 7:57 | In Best of, France, Incongruités, Insolite, Poil à gratter | Commentaires fermésXavier Darcos a récemment proposé lors d’un congrès de parents d’élèves que des méthodes de police soient appliquées dans les écoles, notamment des fouilles de cartables et d’élèves. Là où il innove, c’est que toutes interventions des forces de police étant réprouvées à l’unanimité par parents et enseignants, il imagine de donner à des employés de l’Education Nationale (directeurs d’établissement, professeurs, personnels spécialisés) des statuts et pouvoirs judiciaires ou policiers.
Ce sujet n’est pas simple. Il est de fait que la violence « ordinaire » augmente à l’école, en ligne avec sa progression dans la société. Et que les professeurs se trouvent parfois démunis quand ils sont violemment confrontés par des individus qui n’ont d’enfants ou d’élèves que le nom et l’âge légal, tant leurs méthodes sont celles de voyous aguerris.
D’un autre côté, nul n’a envie de voir se transformer des salles de classe en cellules de garde à vue, ni des portiques de détection fleurir aux portes des écoles comme dans des aéroports.
Ce que JusMurmurandi trouve très intéressant, c’est la réaction des syndicats d’enseignants. Eux, qui sont si prompts à dénoncer la violence sous toutes ses formes, à prendre chaque incident comme exemple de la dangerosité croissante du métier de leurs membres, et à réclamer toutes sortes d’avantages, droits et effectifs en conséquence, se sont trouvés désarmés par le projet Darcos.
Et JusMurmurandi a eu la stupéfaction d’entendre une responsable du SNES-FSU indiquer que les actes de violence physique n’étaient pas nombreux du tout à l’école, et que, par conséquent, le ministre proposait une solution à un problème qui n’existerait pas vraiment.
Mais le pompon revient à Alix Nicolet, présidente du syndicat de lycéens FIDL, quand elle déclare: « cette mesure qui prétend résoudre les phénomènes de violences scolaires sonn(ait) comme populiste en pleine période de recrudescence des actes de violences à l’intérieur des établissements scolaires. »
Ainsi, la recrudescence de la violence n’appellerait donc pas de mesures pour y faire face? Se plaindre serait-il plus « rentable » que de progresser?
Xavier Darcos aurait voulu que les syndicats auxquels il doit faire face ne puissent plus utiliser l’arme de la violence à l’école pour réclamer des effectifs plus nombreux, qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Car il faut bien dire que les arguments traditionnels des syndicats selon lesquels le nombre d’élèves par classe détermine la qualité de l’enseignement qu’ils reçoivent a fait long feu. La France a fait un effort sans précédent pour diminuer ce nombre, et l’Education Nationale, dans le même temps, n’a jamais produit autant d’analphabètes. Ce qui constitue une bombe à retardement pour le pays, avec un nombre important de jeunes quasi inemployables, et qui auront l’amertume de se sentir, et quelque peu à bon droit, trahis et désespérés.
Alors, le ministre a-t-il parlé au premier degré, et envisage-t-il sérieusement ce qu’il propose, ou a-t-il manœuvré avec finesse pour coincer ses adversaires? A moins qu’il n’ait tout simplement cherché à caresser ses électeurs (et peut-être son Président aussi) dans le sens du poil?
Voilà bien des questions concernant l’école. Peut-être le ministre Darcos, au milieu de tous ces éducateurs policiers qui vont fouiller les cartables et les élèves, devrait-il penser à créer un corps d’enquêteurs pour fouiller les mobiles (au sens de la police) des acteurs de l’Education?

Barack Obama est il Nicolas Sarkozy ?
mai 20, 2009 on 7:36 | In Economie, Elections présidentielles 2007, Europe, France, International, Poil à gratter | 2 CommentsA première vue, tout les sépare.
L’un est grand homme de couleur, l’autre est petit et caucasien.
Mais à bien y regarder, il y a de nombreuses ressemblances.
Tout d’abord leur enfance, Nicolas Sarkozy est né d’un père non français, hongrois, et Barack Hussein Obama d’un père non américain, kenyan.
Leur parcours politique ensuite qui les a amenés à la magistrature suprême, portés tous deux par une vague de fond qui voulait tourner la page du passé.
La « génération Sarkozy » tourne la page de la génération 70 des Chirac, Giscard d’Estaing, Mitterrand ou encore Jospin.
Barack Obama est adoubé entre autres pour tourner le dos aux années Bush marquées par l’échec cinglant de la sécurité intérieure, de la défaite militaire extérieure, par le séisme économique aux répliques planétaires et enfin la mise sous contrôle de la population à l’insu de son plein gré.
Programme défini pour l’un, intitulé « rupture » pour remettre le pays sur la voie de la réforme afin de rattraper les meilleurs élèves de la classe européenne, volonté de redonner la fierté à un grand peuple, les deux candidats élus portent un grand espoir lorsqu’ils prennent leurs fonctions.
Nicolas Sarkozy vient de passer le cap des deux premières années aux commandes, et nombreux sont ceux qui ont voté pour lui qui affirment qu’ils le regrettent.
Soit parce qu’il en fait trop, soit parce qu’il n’en fait pas assez.
Mais la volumétrie ne semble agréer personne.
Et le style des premiers jours, si tant est que l’on puisse appeler cela un « style » a marqué les esprits; et si d’aventure on venait à l’oublier, la bonne presse qui l’a en permanence dans la mire se fait autant un plaisir qu’un devoir de nous le rappeler, tandis qu’il n’y a pas de semaine où cette fameuse littérature surfe sur la vague de l’anti sarkozysme obsessionnel en le mettant en première de couverture.
Mais entre le programme, annoncé et en bonne partie déroulé (http://www.barometre-sarkozy.com/dotclear/public/TRG_et_Synthese/BaroNS4-TRGMesures.pdf), est profondément marqué par le paysage économique qui est bouleversé.
La crise a marqué l’action gouvernementale de son empreinte, et « travailler plus pour gagner plus » n’est plus applicable lorsque le chômage est en montée exponentielle dans toutes les économies occidentales, France comprise.
ll faut donc s’adapter à ces nouvelles réalités, composer avec ceux avec qui on avait ou n’avait pas prévu de le faire au gré du nouvel environnement économique.
Bref, il convient d’être pragmatique.
Obama a quant à lui passé le cap des 100 jours et s’il a commencé à marquer les esprits avec quelques réformes substantielles soit en route soit annoncées, il vient lui aussi de faire une entorse majeure à une des annonces clés lorsqu’il n’était que candidat.
S’il a, par exemple, visiblement décidé de mettre le complexe militaro industriel au pas en annulant un pharaonique programme de développement d’un hélicoptère présidentiel pour remplacer le modèle actuel qui a trente ans et dont le coût a littéralement explosé en vol de 6 à 11 milliards de dollars pour 23 appareils (soit environ 500 millions l’unité !!!), s’il a décidé de « mettre le paquet » pour remettre l’économie en route, la remise en place des tribunaux d’exception tels qu’existant sous George Bush à Guantanamo est un revirement colossal.
Et il est mal vécu par ces Américains qui, pour une part doux rêveurs, n’acceptent pas de voir la réalité de la violence de la guerre en face et ses conséquences dramatiques.
Mais ramener sur le continent américain ces suspects qui pour une partie ont tenté d’anéantir les Etats Unis pour les juger comme des citoyens normaux qui « bénéficient » d’un système ou l’attente de jugement peut durer des années et des années le temps que l’on épuise tous les recours ne lui a pas semblé une solution acceptable.
Même s’il va payer cette volte face, et cash en plus car elle intervient si rapidement après son élection.
Bref, Barack Obama semble vouloir faire preuve de pragmatisme.
Et traînera cette décision comme un boulet, avec certains de ses électeurs qui ne manqueront pas de dire « plus cela change, plus c’est la même chose ».
Mais ce qui rapproche probablement le plus Barack Obama de Nicolas Sarkozy, c’est ce qu’ils ne sont pas.
Et au risque de devoir présenter ultérieurement ses excuses à ses lecteurs, JusMurmurandi n’éprouve absolument aucun regret quant au fait que l’un ne ressemble pas du tout à George Walker Bush et l’autre pas non plus à Ségolène Royal….

Obama Sarkozy
Plus tu pédales moins fort, moins tu vas plus vite
mai 19, 2009 on 5:05 | In Elections présidentielles 2012, Europe, France, Insolite, Poil à gratter | Commentaires fermésC’était ainsi que s’exprimait un journal satirique dans les années 70 en parlant de ce brave Poulidor, cycliste éternel second derrière l’invincible Eddy Merckx.
Car l’Homme a toujours cherché à aller plus vite.
Les transports, avec la voiture, puis le chemin de fer et enfin l’avion.
Les informations avec le télégraphe, le télex, la télécopie ou encore le courrier électronique.
Sommes nous à une rupture ?
Ainsi on constate que les entreprises se détournent du transport aérien, pour lui préférer le bateau ou le train, moins rapide mais plus écologique et moins onéreux.
Le consommateur préfère garder ses biens durables plus longtemps, qui à ne pas avoir l’ordinateur personnel dernier cri, dont l’une des premières caractéristiques mises en avant est souvent… la vitesse de son processeur.
On se réjouissait lorsque l’on achetait par exemple une voiture neuve, de ne pas avoir à l’attendre longtemps. Maintenant, les usines tournant au ralenti, soit on prend un véhicule sur parc, avec un équipement défini à l’avance, ou bien, il peut arriver que l’on attende même plusieurs mois pour avoir exactement ce que l’on souhaite comme couleur etc..
On est loin de ce stratagème marketing japonais qui voulait que les vélos ne mettaient que trois heures à être fabriqués, mais pour lesquels on donnait un délai de quinze jours au client, pour qu’il en rêve pendant son temps d’attente…
Bref, sommes nous en train de ralentir ?
Allons nous prendre le temps de vivre, de profiter plus de la vie tandis que, sous contrainte de ressources réduites, qu’elles soient pécuniaires, naturelles ou autres, on levait le pied ?
Mais ralentir est il bon en toute chose ?
Nicolas Sarkozy, par exemple, serait il en train de ralentir le train des réformes, permettant ainsi à l’opposition de reprendre pied ?
Martine Aubry fraîchement élue à la tête du parti socialiste avait promis qu’elle allait remettre le parti au travail, histoire de proposer une alternative.
Il semble bien, que telle l’économie, le PS prenne son temps, et l’on ne voit rien sortir comme contre programme de la rue de Solférino.
Le PS se traîne dans les sondages, loin derrière l’UMP pour l’instant.
Car si ces sondages devaient se révéler justes en sortie des urnes, ce serait une défaite majeure pour l’opposition.
Non seulement parce que toute la théorie suivant laquelle ces élections européennes sont une manière d’exprimer son opposition au Président de la République serait mise à mal, mais aussi parce qu’immanquablement on comparerait les résultats de 2009 avec ceux des élections européennes précédentes, où l’UMP s’était fait battre par le PS.
Redorant ainsi deux fois le blason du parti présidentiel.
Le double peine, en bref.
Dans ce monde (économique) qui semble vouloir inviter tout le monde à ralentir, on imagine ainsi le PS et ses dirigeants ne sont pressés de connaître le résultat….
Jalons économiques
mai 19, 2009 on 6:45 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, Insolite, International, Poil à gratter | Commentaires fermés1. La Chine, toujours la Chine
Déjà en janvier la Chine passait un jalon important, en devenant, l’espace d’un mois, le premier marché automobile du monde, montrant ainsi qu’elle est beaucoup plus qu’une usine destinée exclusivement à l’exportation. Aujourd’hui, la Bourse de Shanghai a dépassé la Bourse de Londres en termes de capitalisation boursière. Alors, certes, on pourra dire que la City de Londres travaille sur beaucoup plus de titres que seulement ceux cotés à Londres, et que les cours à Shanghai ont beaucoup à voir avec le goût très prononcé des Chinois pour toutes les formes de jeu. Mais quand même, Shanghai devant la City…
2. L’argent pas cher
Hier le taux du marché du crédit interbancaire a atteint un plus bas historique (depuis sa création en 1986), à quelques 0.785%. Pour mémoire, au plus fort de la crise financière de fin 2008, il était plutôt à 4,785%. Le crédit interbancaire est donc ultra bon marché. Ce qui dit 2 choses: il n’y a plus de crise de confiance entre banques, le spectre de l’effondrement est, pour le moment, aux abonnés absents. Et aussi que, pour ceux qui veulent investir, le coût du crédit est au plus bas. Comme tous les prix ont baissé, depuis celui des voitures et de l’immobilier jusqu’à celui des entreprises, acheter quand cette baisse aura atteint son maximum (et les prix leur minimum), réservera de très bonnes affaires. Le tout étant de ne pas se tromper sur le calendrier…
3. Le prix du lait
Les cours du lait viennent de toucher un point bas, à 205€ pour 1000 litres. Les producteurs sont furieux et désespérés, et ils font appel à l’Etat, y compris avec violence, pour les sortir de cette situation très pénible. Et incriminent les mécanismes de fixation des prix, à revoir selon eux, pour revenir au « bon vieux temps ». Mais JusMurmurandi a oublié de perdre la mémoire et se souvient que, si la baisse est historique, c’est parce qu’auparavant, les prix avaient été poussés comme les matières premières, à des hauteurs sans précédents (378€ en janvier 2008). Et là, que disait la profession, par la voix de Chantal Cor, de la FDSEA? Que la hausse était « historique », mais « légitime et inévitable ». Où était donc la critique des mécanismes de fixation des prix? Et pourquoi cette hausse « inévitable » s’est-elle transformée en baisse « évitable »?
Accessoirement, on a bien vu les prix des produits industriels dérivés du lait (laitages, fromages, yaourts) flamber en 2007 dans la grande distribution. Y compris très au delà de ce que la seule hausse du lait entraînait mécaniquement Qui les a vu s’effondrer en 2009? Parodiant la chanson, on ne peut que dire » Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment, le consommateur est bon enfant !.. »
La reprise?
mai 17, 2009 on 5:47 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, International, Poil à gratter | Commentaires fermésLa schizophrénie est censée être une maladie. Quand une personne a une personnalité dont deux facettes au moins sont si éloignées que cela finit par faire une double personnalité, et que la réalité tombe en morceaux. La schizophrénie est une maladie grave, avec des comportements imprévisibles, irrationnels et violents.
Tel est pourtant le sentiment qu’on a en regardant la bourse et le prix des matières premières. Les bourses mondiales ont repris du poil de la bête ces dernières semaines, tant et si bien que certaines sont repassées « dans le vert » pour la totalité de l’année 2009. Imaginez, le monde connaît une crise économique d’une gravité peut-être sans précédent depuis les années 30, si tant est qu’on en ait vu le contour complet, et, pendant ce temps, la bourse ne baisse pas, voire monte un peu.
Vous avez dit imprévisible?
Quant aux matières premières, leurs cours remontent comme si nous étions en 2006-2007. Le pétrole, par exemple, a touché les 60$ le baril tandis que les cours des métaux ont pris plusieurs dizaines de pourcents.
Vous avez dit irrationnel?
Maintenant, transposez-vous dans la peau de M. ToutleMonde. Il voit les milliards que l’Etat n’a censément plus apparaître par miracle pour être envoyés aux banques nécessiteuses. Il voit les emplois disparaître par centaines de milliers et l’épargne par centaines de milliards.
Certes, on lui expliquera doctement que ce qui pousse ainsi à la hausse marchés et cours, c’est l’espoir, l’anticipation de la reprise, et que, justement, les marchés anticipent dans les cours d’aujourd’hui la reprise de demain ou d’après-demain.
Mais M. ToutleMonde se demande comment il est possible que banquiers et boursiers, les premiers responsables, d’après lui, de la crise économique, puissent retrouver les chemin du profit, de la plus-value, et ne nous faisons pas plus d’illusions que lui, des stock-options, des bonus et des Porsche, quand son monde à lui, ToutleMonde, continue de foutre le camp par pans entiers à coups de fermetures et de faillites.
Vous avez dit violent?
Alors, en attendant, vous faites quoi quand votre patron vous demande une baisse de salaire quand les cours de bourse remontent, et les prix de l’essence aussi?
Alors, c’est sûr, la reprise viendra un jour. Quand, on ne sait pas trop. Mais elle finira bien par arriver, comme toujours. D’ici là, il faudra vivre avec des banques qu’il aura fallu sauver et qui font des milliards de profit dans la foulée tout en refusant de prêter parce que « c’est la crise, alors on ne peut pas prendre de risques, vous comprenez ».
Essayons juste de survivre sans devenir fous…
Inspecteur des Finances ou Inspecteur…. du Travail ?
mai 14, 2009 on 7:53 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, Poil à gratter | Commentaires fermésLe rapport d’activité 2008 de la Halde remis par son Président à Nicolas Sarkozy est très intéressant.
Car s’il met en lumière le fait que cette haute autorité a été saisie beaucoup plus souvent que l’année précédente (+29%), plus de la moitié de ses requêtes n’ont pas été suivies d’effet pour cause d’irrecevabilité.
Là où JusMurmurandi est toujours aussi « amusé », c’est lorsqu’il lit les déclarations de Louis Schweitzer publiées dans un quotidien économique aujourd’hui.
Il affirme ainsi que « dans les PME, il y a encore à faire ».
M. Schweitzer a donc déjà oublié qu’il y a encore quelques semaines il était Président de Renault, certes pas une PME…et qu’il avait comme bilan social, entre autres, une fermeture d’usine particulièrement virulente.
Mais pas en France bien sûr, en Belgique, à Vilvoorde.
Ou encore que l’établissement modèle censé être représenté par le Technocentre de Guyancourt, et dont il fut le parrain, engendra des suicides qu’il semble avoir bien vite oubliés.
Alors vouloir donner des leçons de ressources humaines aux PME, ma foi, voilà qui ne manque pas de toupet.
Le clou, c’est qu’il est prévu que la Halde puisse faire des « descentes » dans les entreprises, comme les douanes par exemple. (Et au passage, on rajoute encore une couche de bureaucratie, spécialité française, pour encore un peu ralentir, entraver les efforts des Français qui travaillent.)
Car le Président de la Halde n’a pas de supérieur hiérarchique, un peu comme l’inspecteur du travail ne répond qu’au Ministre du Travail et pas au Directeur du Travail.
Louis Schweitzer est issu de l’ENA, Ecole Nationale d’Administration et en est sorti « dans la botte » (à l’époque il y avait encore un rang de sortie).
Il a donc choisi le corps d’élite, l’Inspection des Finances, ce qui lui permit d’accéder à des postes ministériels importants (il fut ainsi Directeur de cabinet de Laurent Fabius pendant ses trois ministères durant le premier septennat de François Mitterrand).
Finira t il simple inspecteur du travail ?
Les enfoirés ou comment le citoyen lambda subit le terrorisme syndical
mai 13, 2009 on 6:33 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, Poil à gratter | 2 CommentsLes Enfoirés c’était pour la bonne cause, avec Coluche et ses restos du coeur.
Ici, c’est dans le glauque, avec un e minuscule, des employés d’une entreprise publique qui coupent le courant de manière arbitraire, que ce soit pour des foyers individuels ou des entreprises.
Hier, 15.000 personnes se sont brutalement trouvées sans courant dans l’ouest parisien.
Peu importe les personnes bloquées dans les ascenseurs, les entreprises privées de moyens de communication, tout est bon pour (se) manifester.
Et réclamer quoi ?
Des augmentations de salaire, des bonus.
On se croirait dans les milieux de la finance, on est à l’EDF.
Il est vrai que la conjoncture est tellement bonne que les entreprises peuvent se payer le luxe de s’arrêter une heure et demi en pleine matinée au bon vouloir des excités….
Alcatel, sous la férule du sinistre Serge Tchuruk qui l’envoya sur le sable, avait promis une entreprise sans usine.
A envoyer de tels messages aux entreprises privées, et à laisser un terrorisme syndical sévir impuni tandis que le Président de la République recevait aujourd’hui des auto-entrepreneurs (!), on prend la voie d’une France sans entreprise.
Voter aux européennes?
mai 13, 2009 on 6:04 | In France | Commentaires fermésVoici, enfin, une publicité comme on l’aime pour inciter à aller voter aux élections européennes. Malheureusement, en anglais.
Cheese
mai 12, 2009 on 7:32 | In Best of, C'est ça, Paris?, Coup de gueule, France, Insolite, La Cour des Mécomptes, Poil à gratter | Commentaires fermésCheese est ce que l’on dit aux enfants anglo saxons pour qu’ils sourient lorsque l’on souhaite les prendre en photo.
C’est aussi le mot qui signifie fromage en Anglais.
Et lorsque l’on voit le déballage qui a lieu outre Manche, on a bien l’impression que la deuxième signification gagne à être connue.
Car un journal, le Daily Telegraph, est allé jusqu’au fin fond des allées du pouvoir pour sortir les notes de frais des parlementaires britanniques en mettant la main sur un disque contenant l’ensemble des déclarations fiscales des Membres du Parlement de Sa Gracieuse Majesté depuis 2004.
On lit une liste qui faire monter la colère dans les chaumières au moment où la crise bat son plein, amplifiée par la baisse massive de la livre sterling vis à vis des autres devises majeures que sont l’Euro et le Dollar. Et par conséquent appauvrit les citoyens britanniques qui achètent des produits étrangers ou veulent se rendre en voyage en dehors de Grande Bretagne.
2.300£ pour faire remplacer un tuyau sur un court de tennis privé, intervention d’un électricien à domicile pour un remplacement d’une ampoule à 90£ ou encore 30.000£ pour assurer la protection de l’épouse de l’écrivain Ken Follett qui avait été agressée près de son domicile, tout est bon pour être mis sur la note de frais.
On comprend que ce fromage ne fasse rire ou sourire personne au pays du flegme…
En parallèle, il faut savoir que le montant de l’indemnité parlementaire, et d’environ 70.000£, ne représente que la moitié des frais que chacun se fait rembourser tous les ans.
Pour ceux d’entre vous qui auraient eu la « joie » d’avoir un contrôle fiscal, il ou elle sait que le fait d’avoir des frais deux fois plus élevés que le revenu équivaut à un redressement immédiat pour dissimulation de revenu. Mais bon quand on est parlementaire….
Un des abus les plus excessifs c’est le fait de changer la nature de domicile principal ou secondaire entre plusieurs maisons ou appartements qu’ils possèdent afin de pouvoir diminuer ses impôts car une partie des frais de rénovation peut justifier d’une baisse de la charge fiscale à hauteur de 35.000£ en Grande Bretagne.
Un peu comme d’autres, en France, dans le Béarn, appellent ferme ce qui devrait s’intituler haras et se permettent ainsi d’échapper à l’ISF…
Mais il est vrai que notre presse hexagonale, pour l’essentiel anti sarkozyste, est tellement occupée à lancer l’hallali en permanence contre tout ce que fait, dit ou ne fait pas ou ne dit pas Nicolas Sarkozy qu’elle en oublie de « soigner » le pouvoir législatif.
Le plus délicieux, dans ce brouhaha anti sarkozyste « quasi obsessionnel » comme le qualifie le socialiste Manuel Valls, n’est il pas alors d’entendre ce malheureux Julien Dray parler de « lynchage médiatique » pour la publication de ses dépenses avec sa carte de crédit qui se montent à de centaines de milliers d’Euro ??
Gordon Brown, lui, a préféré présenter ses excuses au nom de la classe politique. Et les parlementaires britanniques commencent à rembourser leurs frais abusivement perçus. C’est déjà ça.
Libertés, libertés…(3)
mai 6, 2009 on 7:31 | In Economie, France, Incongruités | Commentaires fermésTF1 et M6 ont publié hier des chiffres de recettes publicitaires en baisse. La faute à la crise, bien sûr, mais pas seulement, car les chaînes de la TNT prennent une part de marché croissante de l’audience, et, partant, des recettes publicitaires.
JusMurmurandi rappelle les cris épouvantables poussés par l’opposition quand Nicolas Sarkozy a décidé de supprimer la publicité sur les chaînes publiques. La principale accusation était qu’il faisait ainsi un gigantesque cadeau aux patrons des groupe de télévision, à commencer par son ami Bouygues, propriétaire de TF1.
Imaginons que ceci n’ait pas été fait. Les recettes publicitaires auraient du par conséquent être partagées avec les chaînes publiques, et le déficit de TF1 et M6 eût été beaucoup plus grave encore. Et les chaînes publiques, pas les plus dynamiques, auraient été carrément menacées de mort. Que n’aurait-on pas entendu alors sur la façon dont Sarkozy tuait la liberté de la presse audiovisuelle, le pluralisme, et, pour tout dire, la République ?
Et on imagine aujourd’hui le soulagement des équipes de France Télévision et autres qui sont les seules à ne pas voir se profiler des mesures de compression de coût pour faire face à la baisse des recettes. On aimerait qu’elles, qui ont été si virulentes à dénoncer la mesure présidentielle, fassent aujourd’hui acte de contrition. Mais quelque chose dit à JusMurmurandi que ce n’est pas vraiment la peine d’attendre, tant c’est peu susceptible d’arriver.
Peut-être Ségolène Royal voudra-t-elle demander pardon pour elles ?
Libertés, libertés…(2)
mai 6, 2009 on 7:13 | In Coup de gueule, France, Incongruités | Commentaires fermésLa gauche et l’opposition à Sarkozy ont massivement signé une pétition de soutien au site Internet Mediapart, qui est traîné en justice par François Pérol et les Caisses d’Epargne. Cette pétition, signée entre autres par Ségolène Royal, François Bayrou, Martine Aubry, Daniel Cohn-Bendit, Marie-George Buffet, Olivier Besancenot (on ne peut que s’interroger que l’absence parmi les signataires de Dominique de Villepin, qui en matière d’opposition à Sarkozy, est un maître), déplore le « harcèlement judiciaire » que constitue cette plainte en diffamation, qui fait suite à 10 autres portées l’année dernière par la banque contre le site. Elles soulignent le « mauvais coup contre la liberté de l’information ».
JusMurmurandi voudrait rappeler à cette gauche l’usage qu’elle fait elle-même des tribunaux quand la presse lui déplaît. Notamment Ségolène Royal, quand elle attaque la presse pour lui avoir prêté des propos particulièrement durs à François Hollande au moment de leur séparation, ou pour avoir publié des photos de son nouveau couple.
Cette gauche se voilerait-elle la face pour ne pas voir que tout ce qui est publié n’est pas vérité d’Evangile? Comme un certain SMS de Nicolas Sarkozy à son ex-femme Cecilia « dévoilé » sur le site Internet du Nouvel Observateur? Sauf qu’il n’a jamais existé… Le site Mediapart a été créé et est animé par Edwy Plenel, qui fut gravement mis en cause dans un libre appelé « la face cachée du Monde », qui alléguait qu’il avait, disons, « pris des libertés » avec la vérité. Est-ce cette liberté qu’ils appellent liberté de la presse? Et le Monde, dont Plenel était le cheville ouvrière rédactionnelle s’est-il privé d’attaquer le livre et ses auteurs en justice?
Cette gauche aurait-elle oublié qu’une presse sans frein ni contrôle judiciaires peut faire des ravages? Aurait-elle oublié Roger Salengro?
Libertés, libertés… (1)
mai 6, 2009 on 6:54 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités | 4 CommentsUne liste d’artistes de gauche (oui, je sais, c’est presque un pléonasme) déplorent que la gauche politique s’apprête à voter contre la loi HADOPI. Comme cette loi a pour but de lutter contre le pillage de ces artistes par un téléchargement gratuit et illégal de leurs œuvres, on les comprend.
Un artiste qui gagne de quoi vivre gagne aussi sa liberté d’expression. Un artiste qui meurt de faim n’est plus ni artiste, ni libre, ni de gauche. Ce n’est plus qu’une victime des pirates du Net.
Et la liberté de chanter, de jouer, de tourner, de critiquer, et d’en vivre, c’est aussi une part essentielle de notre liberté, si chère -en paroles au moins- aux « forces de gauche ».
Les hommes et femmes politiques de gauche auraient-ils tous oublié ce qu’ils doivent aux chanteurs de gauche, aux cinéastes de gauche, aux écrivains de gauche, aux pamphlétaires de gauche? Oublient-ils comment on appelle les sociétés qui ne font pas aux artistes des conditions de vie acceptables?
Tout cela parce que les internautes pirates sont des électeurs et de futurs électeurs? Ou parce que s’opposer à Sarkozy est plus important que soutenir l’art et la liberté?
Amusant de voir la droite se placer en défenseur des arts et des valeurs, et la gauche en apologue du laisser-faire économique.
Chrysler: les Big Two pleurent leur petit frère
avril 30, 2009 on 6:17 | In Economie, France, International | Commentaires fermésChrysler a fait le grand plongeon et demandé la protection de la loi sur les faillites comme une vulgaire compagnie aérienne. En effet, aux Etats-Unis, cette loi permet souvent d’émerger en bon état pour un nouveau départ, après avoir essoré ses créanciers et passé à la paille de fer sa base de coûts. C’est le pari que fait Barack Obama.
Mais ce n’est pas si simple. Quel client acceptera le risque d’acheter une voiture dont le constructeur est dans un tel état de fragilité? Comment conserver les bons concessionnaires, tentés de trouver plus de sécurité auprès d’une autre marque? Comment à la fois faire face aux gigantesques défis imposés par la crise et à ceux qu’impose une faillite et une réorganisation en profondeur?
Bref, de l’avis de JusMurmurandi, ce n’est pas un pari gagné d’avance.
Cette faillite est emblématique à plus d’un titre. Parce que le premier véhicule portant la marque Chrysler a été produit il y a près de 90 ans. Parce que l’automobile américaine et ses trois entreprises, les Big Three, ont longtemps illustré la toute-puissance de ce pays. Parce que la voiture américaine a été l’emblème de l’american dream et de l’american way of life, l’ambassadeur de l’Amérique dans le monde. Parce que Chrysler a inventé le monospace et récupéré la Jeep, deux véhicules qui ont essaimé aux 4 coins de la planète.
C’est aussi la première grande faillite non pas de la crise, mais causée par la crise. Notamment celle des banques, qui, en resserrant le crédit auxquels les Américains sont accros, ont condamné les Big Three.
C’est aussi la faillite de Daimler Benz, qui acheta Chrysler sous forme de fusion, mais se révéla incapable de le rendre durablement rentable, et le revendit, toute honte bue, à un fonds d’investissement, pour une fraction symbolique de sa valeur d’acquisition. Lequel fonds, Cerberus, doit se maudire de s’être embarqué dans cette galère.
C’est enfin la faillite d’une entreprise longtemps incarnée par le légendaire Lee Iacocca, prodigieux vendeur et meneur d’hommes charismatique, qui par deux fois ramena Chrysler du bord du gouffre, dont la seconde fois pour l’y a avoir mené lui-même, et qui fut probablement pendant 30 ans l’homme d’affaires américains le plus connu.
Bref, même si cette faillite n’est pas forcément définitive, même si elle était prévisible, voire même salutaire pour un marché surcapacitaire, même si elle aidera les parties prenantes de GM (employés, syndicats, fournisseurs, créanciers, banques) à être plus raisonnables que chez Chrysler où les petits créanciers ont fait capoter la dernière tentative de règlement amiable, à éviter en grand les mêmes erreurs fatales….
Oui, malgré tout cela, JusMurmurandi est triste ce soir.
Chrysler. R.I.P.
