L’A380 sur les montagnes russes

octobre 28, 2008 on 7:37 | In Best of, Economie, France, Insolite | 6 Comments

Plus un avion est grand, plus il est stable. L’Airbus A380, conçu pour être le plus gros avion de transport de passagers jamais construit devait donc être le plus stable.

Or, un an après le début de son exploitation commerciale, la stabilité est bien le dernier mot qui vient à l’esprit de JusMurmurandi concernant l’A380.

Bref résumé d’un parcours qu’on ne peut charitablement qualifier que « montagne russe »

- Lancement de projet A380, en coopération avec des compagnies aériennes représentatives de la clientèle future. Tout va bien.

- Premier vol à Toulouse. Le géant existe et il vole. Tout va bien.

- Premières rumeurs de retard. Ce n’est pas grave, tous les nouveaux avions en sont l’objet.

- 2 ans de retard. C’est la catastrophe. Non seulement il sera gravement en retard, mais celui-ci est dû à un dysfonctionnement interne d’une ampleur consternante. Des commandes sont annulées. Le version fret disparaît. Graves tensions au sein de l’équipe dirigeante d’Airbus, notamment entre Français et Allemands. Aïe !

- les Etats actionnaires s’en mêlent. Airbus et son actionnaire principal, EADS, sont restructurés de fonds en comble sur un arrière-plan d’économies à réaliser, tandis qu’Airbus est contraint d’indemniser ses clients pour le retard. Aïe !

- Boeing annonce son B787 « dreamliner » révolutionnaire, à structure en composites. Grâce à sa technologie avancée, celui-ci offre des économies de coût importantes, rendant la taille de l’A380 moins décisive dans la course à la baisse des coûts du transport aérien. L’A380 est-il un éléphant blanc comme le Concorde, d’autant qu’à cause du retard et de la production « à la main » des 26 premiers exemplaires de l’avion, le point mort du programme est passé de de 250 à 420 exemplaires?

- Airbus riposte au B787 avec l’A350, fondamentalement un A330 remotorisé, qui arrivera 2 ans plus tard que le Boeing. C’est dû au retard de l’A380 et au coût de son développement, qui a forcé Airbus à laisser Boeing prendre de l’avance sur les autres segments de marché. Aïe !

- Les prises de commande du 787 sont sans précédent pour un avion qui n’existe pas encore pendant que celles de l’A380 sont au point mort. L’A350 n’est pas l’avion dont veulent les compagnies, et Airbus le remplace par l’A350XWB, dans les faits un tout autre avion. Mais qui arrivera 5 ans après son rival. Rien ne va plus chez Airbus qui semble à la dérive. Aïe !

- Le prix du pétrole commence son envolée, rendant l’économie de carburant déterminante pour les compagnies aériennes. Ce qui avantage les gros avions. Or les 2 plus gros avions « nouvelle technologie » au monde sont des Airbus: l’A350 et l’A380. Les commandes de ce dernier repartent, celles de l’A350 décollent. Ouf !

- Le premier A380 est livré à Singapore Airlines, considérée comme une référence au niveau mondial. Enfin!

- Le cours du pétrole flirte avec le coût du caviar, exigeant que les compagnies aériennes renouvellent au plus vite leurs avions trop gourmands par les modèles les plus économes possible. Ouf! Mais ce même coût plombe les finances de ces compagnies, les empêchant d’acheter ou de louer des avions neufs. Aïe !

- Le Boeing 787 est à son tour frappé de retards importants, dûs pour une part à la technologie carbone de sa structure, et pour une autre à la difficulté d’intégrer les pièces produites par de multiples sous-traitants de par le monde. Les prises de commande de l’A350 s’accélèrent. Ouf !

- Implosion de la finance mondiale, y compris l’assureur AIG, maison mère du premier loueur d’avions au monde, ILFC, plus gros client Airbus. Le monde entre en récession économique, ce qui s’accompagne habituellement d’une crise du transport aérien. Airbus renonce à son augmentation de cadence de production d’A320. Aïe !

- La demande mondiale de pétrole baisse, et les cours d’effondrent, soulageant les compagnies aériennes -ouf!- mais annulant aussi une partie de l’avantage des gros avions récents. Aïe !

- Un an après le début de son exploitation commerciale, les 3 compagnies qui ont reçu des A380, Singapore Airlines, Emirates et Quantas s’en déclarent ravies, et que leurs 700.000 passagers le sont aussi. Ouf ! Mais la production « à la main » reste toujours aussi lente et coûteuse, tandis que le passage à la production industrielle n’est toujours pas assuré dans les délais prévus. Aïe !

- Boeing est en grève depuis 2 mois, ce qui handicape gravement la production, et notamment celles des premiers B787, dont le premier exemplaire n’a toujours pas volé. Son calendrier de retard ressemble maintenant étrangement à celui de l’A380. Comme c’est curieux !

Et si tout ceci n’était qu’une mise en scène? Et si Airbus, comme Boeing, annonçaient des calendriers de sortie de leurs nouveaux avions optimistes au point d’être totalement irréalistes afin de prendre un maximum de commandes et de coincer les compagnies aériennes en les empêchant de passer commande au concurrent?

Non, ceci n’est pas possible. Cela reflèterait un cynisme qui n’a pas sa place dans le monde des affaires, où l’éthique et le respect des intérêts du client dominent. S’il en fallait un exemple, JusMurmurandi a en tête celui des banques américaines qui, sauvées de l’extermination par des centaines de milliards de dollars des contribuables, ont constitué des réserves « normales » de distribution de bonus à leurs chers employés, y compris les traders, comme les autres années, comme si 2008 devait être, pour elles, des années comme les autres. En tout cas pour ce qui est des bonus…

Vous avez dit cynisme?
airbus A380

N’en mangez pas, c’est Bové pour la santé!

octobre 27, 2008 on 6:05 | In Coup de gueule, France, Incongruités | Commentaires fermés

Oui, c’est très, très Bové! Il s’agit de tomates pourpres. Pas vertes, comme dans le film « beignet de tomates vertes », ni tueuses, comme dans cet autre chef-d’oeuvre du septième art, « l’attaque des tomates tueuses », non, elles sont pourpres.

Et non seulement elles ne sont pas tueuses, mais elles pourraient bien être sauveuses, ces tomates. Parce que leur couleur pourpre (tiens, encore un titre de film, cette fois c’est du Spielberg) est due à une concentration très élevée d’agents anti-oxydants appelés anthocyanines.

Ces anthocyanines, concentrées à l’état naturel dans des fruits comme les mures ou les airelles, sont non seulement anti-oxydantes, mais aussi anti-inflammatoires, et ont vraisemblablement des propriétés anti-obésité, voire anti-diabétiques ou retardatrices de maladies dégénératives.

Mais le plus probant est leur action contre le cancer. Notamment contre la propagation du cancer du côlon.

Voilà pourquoi, pour en faciliter la consommation humaine, des scientifiques britanniques ont pris deux gênes de fleurs, responsables de la production d’anthocyanines, et les ont implantés dans des tomates, puis activés. C’est cette anthocyanine, concentrée dans la peau aussi bien que dans la chair, qui donne aux tomates leur couleur pourpre sombre.

Pourquoi des tomates? Parce que le but de la recherche est d’obtenir des végétaux très répandus dans l’alimentation humaine, et que les tomates, en outre, sont déjà riches en anti-oxydants, les flavonoïdes et le lycopène.

Les résultats des premières études sont clairs. Des souris préalablement fragilisées face au cancer ont reçu un régime riche en tomates pourpres tandis qu’un groupe de contrôle mangeait des tomates non modifiées. La durée de vie des mangeuses de tomates pourpres a été significativement plus longue.

Il n’est pas possible d’extrapoler avec certitude de ce résultat un quelconque effet des tomates pourpres sur la santé humaine, mais le seul moyen de le savoir sera de faire des essais sur nos semblables.

Le lecteur aura compris depuis belle lurette où JusMurmurandi veut en venir. A l’imbécillité crasse qui consiste à se priver par avance et par principe de toute avancée potentielle de ce genre au nom du « principe de précaution ». Car, bien sûr, ces tomates à gènes de fleurs sont des OGM, interdites par l’ayatollisme de José Bové et la capitulation des hommes politiques.

Car prévenir le cancer par une alimentation optimisée est une forme comme une autre de prophylaxie, aujourd’hui perçue comme de loin la meilleure méthode pour faire progresser la santé humaine.

Juste une question, Monsieur Bové. Imaginons, pure hypothèse, que le virus du SIDA connaisse une mutation (il mute constamment) qui le fasse traverser le latex d’un préservatif. Et que la seule barrière qui le contienne soit celle d’un préservatif en latex plus étanche obtenu par génie génétique. Oseriez-vous vous opposer à ce que les hévéas, ces arbres qui donnent le latex, soient génétiquement modifiés pour donner au monde des moyens efficaces de se protéger?

Oseriez-vous troquer des millions de morts certaines et immédiates contre des risques potentiels et futurs?

C’est ce que vous faites en bloquant tout développement des tomates pourpres.
José Bové

Déshabillez-moi !

octobre 26, 2008 on 7:25 | In Coup de gueule, Europe, France, Incongruités, International | Commentaires fermés

La chanson de Juliette Gréco a laissé des traces.

Des traces tellement importantes, qu’elles semblent avoir convaincu la Commission européenne.

A moins que ce ne soit le Zizi de Pierre Perret (http://fr.youtube.com/watch?v=IIvLqgvO5Tg)?

Bref, on ne sait pas ce qui a pris les membres de la Commission, car leur intimité, bref, les membres de ces derniers, risquent d’être dévoilés très prochainement, et le tout à l’insu de leur plein gré.

Chaque fois qu’ils prendront l’avion.

Si les eurodéputés votent la proposition qui leur sera faite jeudi prochain, on va installer des scanners corporels dans tous les aéroports européens.

Et les hommes, par exemple, seront donc obligés de montrer s’ils en ont un gros touffu ou un petit joufflu, ou encore un modèle du troisième type.

Bref, l’individu en charge de nous contrôler aura 10 secondes pour nous observer sous toutes les coutures.

Dans notre intérêt, pour notre sécurité, bref pour notre bien, c’est entendu.

Vous n’êtes pas rassuré ? Nous non plus.

Car si l’on regarde l’évolution sur les dernières années des mesures mises en place pour prétendument assurer notre sécurité, l’arsenal est impressionnant.

Passons sur le Patriot Act américain qui permet sans recours judiciaire de regarder l’ensemble de l’historique médical, bancaire, téléphonique des Américains etc pour ne se concentrer que ce que les nouvelles technologies nous réservent de mieux.

Avec les passeports biométriques, qui soit dit en passant augmentent en France dans les jours prochains (mais ce n’est pas un nouvel impôt, rassurez vous, même si les enfants qui ne payaient pas devront désormais acquitter 20 Euro pour en avoir un), on peut vous suivre beaucoup mieux.

Avec un téléphone portable, on peut voir vos déplacements en temps réel.

Avec les caméras vidéo (Bertrand Delanoë le libéral venant d’en autoriser 1000 à Paris), on vous observe.

La nouvelle technologie dite RFID permettra de glisser des mouchards jusque dans des gouttes d’eau.

Avec Google Chrome, vos visites sur Internet sont enregistrées.

Bref, nous n’aurons plus aucun espace de liberté.

Avec cette disposition qui permettra d’étaler vos corps sur la place publique et de dévoiler vos membres, les membres de la Commission, sont en train de…démembrer le dernier espace de liberté qui nous reste encore.

Mais on vous l’a déjà dit, c’est pour notre bien.

Si JusMurmurandi avait le choix, il préfèrerait quand même éfeuiller Mylène Farmer…

http://fr.youtube.com/watch?v=6dHD-4oG78E

Passer de « gagnant sans travail ni risque » à « tous perdants »?

octobre 26, 2008 on 7:46 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermés

L’observation de la débâcle financière mondiale montre que, souvent, de très grosses pertes ont été subies par des institutions dont le tort a été de croire qu’elles pouvaient gagner de l’argent sans contrepartie, sans risque ni travai.

Ainsi des municipalités anglaises ont-elles prêté cinq milliards de livres à des banques islandaises, qui payaient des taux d’intérêts plus élevés que des emprunteurs traditionnels. Ces dépôts sont maintenant gelés, au grand dam des autorités britanniques qui crient au scandale. Que croyaient-elles, que les taux d’intérêts très élevés qu’elles encaissaient étaient dus à la proximité de l’Islande, pays du Grand Nord, avec la résidence du Père Noël? Eh bien, elles ont perdu, car c’est en Finlande que réside le Père Noël, et le risque qu’elles ont pris se révèle perdant…

Ainsi les adeptes de l’arbitrage (hedge en anglais), qui ont notamment joué à l’amusant jeu du « carry trade ». Le carry trade consiste à emprunter dans une devise dont les taux d’intérêts sont bas, soit, souvent, le yen japonais, pour reprêter le montant emprunté dans une devis dont les taux d’intérêts sont plus élevés, soit, souvent, le dollar. Et le hedge fund ou la banque qui joue à cela d’encaisser un sympathique différentiel de taux entre ses revenus en dollars et ses coûts en yen. Jusqu’à plus de 4% en base annuelle. Quand on pense que les sommes en cause atteignent selon les estimations deux à trois cent milliards de dollars, cela fait huit à douze milliards de dollars de profits de profits sans beaucoup se fatiguer. Sauf que, malheureusement, le yen vient de s’apprécier brutalement de quelques 20% contre le dollar, donc les emprunteurs perdent 20% en quelques semaines là où ils en gagnaient 4 en un an. Mal joué!

Ainsi les compagnies d’assurance qui « rehaussaient » la notation de crédits hypothécaires américains « subprime », (de mauvaise qualité). Une signature de l’assurance en bas d’un contrat, et le paquet de crédits subprime, assurés par un grand nom bien noté devient un bon risque. Ce risque est revendu à un acheteur qui fait confiance à la signature de l’assureur, lequel touche une bonne grosse commission pour cette opération. Sauf que, quand les propriétaires immobiliers n’ont pas pu payer des mensualités de crédit dopées par la hausse des taux d’intérêts, la réassurance lucrative s’est transformée en machine infernale. C’est comme cela qu’AIG, première compagnie d’assurance mondiale, et la plus rentable aussi, a explosé en vol.

Ainsi toute la chaîne des acteurs de la construction et de l’immobilier en Espagne, qui misaient sur la poursuite sans fin de la hausse des cours. Les banques accordaient des prêts hypothécaires jusqu’à 50 ans -et en taux flottant, s’il vous plaît!-, qui n’avaient quasiment aucune chance d’être remboursés en l’état. Mais la hausse de la valeur de l’immobilier permettait de revendre le bien ou de le refinancer, alors un éventuel problème, ce serait pour plus tard, alors que la commission, c’était pour tout de suite. Tant et si bien que le bâtiment et l’immobilier ont représenté la moitié de l’ensemble de la croissance du PNB espagnol pendant 10 ans. On imagine l’ampleur de la gueule de bois d’aujourd’hui .

Ainsi les spéculateurs qui ont joué la hausse continue des matières premières ont-ils pu gagner, sur papier, des montants énormes à mesure que le pétrole a flambé pour atteindre 147$ le baril. Imités en cela par ceux qui ont joué le prix du gaz, du minerai de fer, et autres ressources naturelles. Sauf qu’il est à espérer pour eux qu’ils ont soldé leur position avant que le pétrole n’entame sa vertigineuse chute de 50% de trois mois. Gare à ceux qui ont cru que les arbres montaient jusqu’au ciel.

On peut se demander aussi qui donc a gagné en étant la contrepartie de ces pertes abyssales. Car quand on gagne en bourse, c’est que quelqu’un perd. Et donc l’inverse semble logique. Mais toutes les pertes n’ont pas généré de gagnants. Quand l’immobilier baisse, il n’y a pas forcément de gagnant. Quand Lehman fait faillite, il n’y a pas forcément de gagnant.

JusMurmurandi trouve même que nous sommes dans une période où nous sommes tous perdants…

Faute!

octobre 24, 2008 on 2:07 | In C'est ça, Paris?, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, Insolite, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermés

Un rapport d’audit de la concession du stade de tennis de Roland-Garros épingle la gestion de la municipalité de Bertrand Delanoë, plus que jamais dure aux contribuables mais douce aux électeurs bobo.

Car s’il y a un repaire de bobos, c’est bien le tournoi de tennis de Roland-Garros qui se déroule dans un stade dont le terrain est à la ville de Paris.

Et c’est là que -surprise!-, le rapport de la Ville de Paris elle-même, comme cela BD ne pourra pas en attribuer l’origine ou les conclusions à une quelconque manoeuvre, révèle que la Ville se « contente » de percevoir 1,5 millions d’euros par an de la fédération française de tennis, alors que sa norme actuelle la mènerait à toucher 19 millions annuels compte tenu du chiffre d’affaires généré au profit de la fédération par le tournoi. Cette différence de 17,5 millions est un manque à gagner pur et simple, et sans contrepartie.

Et ce en faveur d’une fédération très riche, puisque le tournoi a dégagé des bénéfice de 48 millions en 2006, donc largement de quoi payer sa juste part.

Il est à noter que ce manquement n’est pas le seul, puisque la fédération n’assure plus la formation au tennis pour les jeunes de Boulogne comme cela est prévu dans la convention, ou qu’il lui est arrivé -par erreur sans doute- de ne pas solliciter l’accord de la Ville pour des travaux, et de la mettre ainsi devant le fait accompli.

A noter aussi que la FFT, non contente de payer cette aumone (124% du chiffre d’affaires au lieu de 15%), demande à la Ville de Paris de participer à hauteur de 20 milions d’euros à la construction d’un nouveau court couvert, à la place d’un stade public. Comme cela, la Ville de Paris investirait l’équivalent de près de 15 ans de revenus, ou, dit autrement, ne toucherait rien de Roland Garros pendant 15 ans. Plus généreux, tu meurs…

Quand on sait que le Président de la Fédération Française de Tennis, Christian Bîmes passera en correctionnelle pour prise illégale d’intérêts et abus de confiance, on voit quel usage a -peut-être, et sous réserve de condamnation par le Tribunal- été fait de l’argent des contribuables par le truchement des largesses du gentil Bertrand.

Quand on pense que celui-ci a fait toute sa campagne sur la lutte contre les mauvaises moeurs qu’il attribuait aux habitudes de l’équipe Chirac-Tibéri en matières de finances, il n’est pas besoin de le condamner pour cette nouvelle « faute » de gestion révélée.

Il suffit de montrer qu’il poursuit les pratiques qu’il condamnait. Au tennis, quand on fait « faute! » on perd le point.

Et que « rectifier » ce genre de « faute » de gestion permettrait de revenir sur l’augmentation de 12% de leurs impôts qu’il inflige aux Parisiens en pleine période de crise.
Bertrand Delanoë, le compréhensif

Paradoxes à droite et à gauche

octobre 24, 2008 on 11:32 | In Economie, Europe, France, Incongruités, International | Commentaires fermés

L’Etat est de retour, tel Mac Arthur au Philippines, ou Schwarznegger le Terminator. Débâcle chez les libéraux ruinés et disgraciés, recours à l’Etat salué par tous, même chez les anglo-saxons, par les analystes financiers, les banquiers ou les professeurs d’économie, qui furent longtemps ses pires détracteurs avant d’en être réduits à mendier auprès de lui leur survie tel est le nouveau panorama économique mondial.
Voilà qui, avec les codes traditionnels de la politique divisée en « droite » et en « gauche », est manifestement de gauche.

Donc joie à gauche et pleurs à droite? Pas du tout. Parce que, quand c’est la droite bushiste, berlusconienne ou sarkozienne qui exécute ce retour de l’Etat, quel argument reste-t-il à gauche? Quand le plan français, donc de droite, est le même que les plans anglais ou espagnol, donc de gauche, ou allemand, donc coalisé droite et gauche, que peut dire la gauche qu’elle eût fait d’autre que ce que fait la droite?

D’autant que les sommes gigantesques que les Etats vont consacrer au sauvetage du système financier de leurs pays vont être autant de montants qui ne seront pas disponibles pour la distribution sociale qui fait les délices socialistes. Etre au pouvoir avec un Etat fort, mais surtout fort de ses dettes et de ses obligations et non pas de son rôle de providence, est-ce vraiment socialiste?

Mais la droite ne peut non plus se réjouir, car ce sont bel et bien les excès de ses mécanismes libéraux qui nous ont conduit au bord de l’abîme, et, un jour, il faudra bien en tenir compte et en payer le prix idéologique.

S’ajoute à ce paradoxe une autre situation toute aussi curieuse. Quand l’économie va bien, il est habituel de voir un gouvernement bénéficier d’une forte popularité. Quand elle va médiocrement, comme depuis un an, la cote de Sarkozy s’effrite logiquement, sanctionnant l’écart entre ses promesses et la réalité, et son impuissance. D’où une joie des socialistes français comme des conservateurs britanniques de ne pas avoir à gérer cette période, et une anticipation que la déprime économique allait leur servir toute prête la victoire aux prochaines élections.

Oui, mais voilà, de médiocre, la situation devient catastrophique, et Sarkozy en France, ou Brown en Grande-Bretagne sont ardents à la manœuvre, ce dont leur opinion publique les crédite immédiatement. Donc les mauvaises nouvelles profitent à l’opposition, mais les très mauvaises à la majorité. On en est presque à ce que les socialistes français doivent expliquer que la situation n’est pas si catastrophique que cela, pour tenter de convaincre qu’une autre politique française eût permis d’échapper à une crise mondiale. Difficile dialectique, autrement plus ardue que l’autisme russe ou chinois quand leurs dirigeants affirment que leurs pays ne seront pas touchés.

Voilà donc les oppositions contraintes de ne pas noircir le tableau tandis que les majorités le qualifient d’apocalyptique… Après que ces mêmes oppositions aient du cesser de s’opposer en voyant les majorités appliquer des idées qui, croyaient-elles, leur appartenaient. Voilà des Etats d’autant plus faible qu’ils ont épuisé leurs ressources à démontrer leurs force. Que de retournements imprévus.

Le plus curieux dans tout cela est le paradoxe suivant. Quand la France, à l’instar des autres pays, Etats-Unis compris, « garantit » le crédit interbancaire, ou les dépôts des épargnants, l’Etat n’a pas l’argent pour le faire. C’est un simple engagement, assis sur sa « réputation » dont tous souhaitent avec ferveur qu’il ne soit pas appelé à se concrétiser. Car il n’y a pas assez d’argent pour honorer ces engagements. C’est exactement ce qu’ont fait les AIG et autres Freddie Mac et Fanny Mae, et on sait où cela nous a mené. Etranges temps en vérité…

Google phone, j’écoute !

octobre 23, 2008 on 9:45 | In Economie, France, Incongruités, Insolite, International | Commentaires fermés

Le monde de la téléphonie mobile est en train de changer.

Après l’arrivée des intelliphones qui permettent de répondre à son courrier en temps quasi réel, type Blackberry, on a vu arriver Apple avec l’Iphone en deux versions successives.

La Pomme qui était absente de ce marché jusqu’à il y a encore 15 mois a écoulé environ 10 millions de combinés.

Aujourd’hui, c’est un tout nouvel appareil qui arrive sur le marché, car c’est un système opérateur écrit par Google qui le fait fonctionner (par opposition au système propriétaire de l’Iphone, des appareils qui utilisent Windows Mobile – Microsoft- ou encore du Blackberry de la firme canadienne RIM).

C’est donc un terrain de plus que Google va tenter d’occuper, affrontant donc son archi concurrent de Redmond, Microsoft.

On raconte que la firme de Sergei Brin et Larry Page auraient plus d’un million de serveurs pour répondre aux questions que les internautes posent chanque jour au moteur de recherche.

Et chaque question posée est soigneusement enregistrée et gravée dans les disques de Google.

Avec le Google phone, est ce que l’on va consigner les conversations passées sur le téléphone, comme le navigateur de Google, Chrome, enregistre les pages visitées sur internet ?

Grâce au appareils photos des téléphones portables, on connait déjà les remarques qui « échappent » à Nicolas Sarkozy (NDLR « Casse toi, pauvre con » et autre apostrophes aux pêcheurs du Guilvinec), on connait aussi les détails de son compte bancaire qui a été « mis à contribution », avec Google Chrome et Phone, pourra-t-on savoir quels sites internet il visite et ce qu’il raconte au téléphone ?

A quand le Google Pillow, l’oreiller Google :-) ?
Google phone

Les nouveaux pauvres…

octobre 23, 2008 on 7:20 | In France | Commentaires fermés

Selon que vous serez puissant ou misérable, écrivait Jean de la Fontaine. Mais quoi de plus douloureux que d’être misérable après avoir puissant, si puissant?

C’est bien le sort de beaucoup de ceux qui se voyaient jusqu’il y a peu, comme les Maîtres de la Planète.

Politiquement, le premier nom qui vient à l’esprit est celui de George W. Bush, passé en peu d’années de Président de la superpuissance américaine et de donneur de leçons au monde entier à celui de Président totalement discrédité dans le monde, à commencer par son propre pays.

Economiquement, que sont devenus ceux qui dominaient le monde à partir de leurs fauteuils de Présidents de grande banque, de traders aux revenus phénoménaux, d’agences de notation financière dont les verdicts faisaient ou défaisaient un cours de bourse en quelques heures? Au mieux, ils sont disgraciés. Au pire, licenciés et inemployables.

Financièrement, comme ils se font plus discrets, ces oligarques de tout poil, producteurs de pétrole, de gaz ou de ressources naturelles avec leurs projets pharaoniques, ces dirigeants vénézuélien, russes ou chinois tout gonflés de leurs succès comme fournisseurs du monde. Tous avaient oublié que leur prospérité dépendait de celle de leurs clients.

Ainsi, l’un des plus spectaculaires d’entre eux, l’indien Lakshmi Mittal, qui contrôle le premier producteur mondial d’acier qui porte son nom, est-il passé en quelques mois de la position de quelqu’un qui force ses clients à accepter des hausses de prix malgré des contrats signés à prix fixes à celle de devoir réduire sa production en raison d’une surproduction qui effondre les prix. On imagine quel accueil ses clients, qu’il « violait » si peu de temps avant, réservent maintenant à ses équipes commerciales.

Ainsi l’Islande est-elle passée du rôle de petit paradis prospère à celui de cas d’école de pays ruiné.

Ainsi les bourses ne sont-elles plus l’endroit à la mode pour tous ceux qui veulent s’enrichir vite, Chinois par exemple, qui ont vu l’indice de Shanghai perdre plus de la moitié de sa valeur. Ce qui n’est guère mieux que celles de Sao Paulo ou Moscou.

Ainsi les banques qui avaient dépensé un prix record pour acheter leur consoeur néerlandaise ABN Amro à l’issue d’une bataille longue, indécise et coûteuse ne sont-ils plus des héros, mais des zéros, dont l’erreur se paye par la nationalisation pour l’anglaise RBS et le sauvetage à 10 milliards de dollars pour la néerlandaise ING.

Vous direz, et vous aurez raison, qu’ils ne sont pas vraiment à plaindre, ayant tous perçu d’immenses richesses avant leur chute, tel le PDG qui mena Lehman Brothers à la faillite, mais non sans en avoir reçu un demi milliards de dollars en quatorze ans.

Mais ce serait oublier que, passé le choc de la découverte, et passée l’urgence de trouver une solution pour éviter le pire, la fureur des perdants, ces contribuables lourdement taxés pour sortir les banques du gouffre qu’elles ont elles-mêmes creusé, ces épargnants dont la retraite est partie enfumée, ces propriétaires immobiliers jetés à la rue, cette fureur va s’exprimer et exiger le châtiment des coupables.

Car la fin de la citation de La Fontaine est « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Oui, vraiment, pour eux, l’enfer ne fait alors que commencer.

Les RATS!

octobre 22, 2008 on 6:21 | In Coup de gueule, Economie, France, International, La Cour des Mécomptes | 2 Comments

Qu’est-ce qu’un RAT? C’est un rongeur peu sympathique. C’est aussi un raccourci pour un « radin », ou RATdin, c’est à dire un RATpiat, un grigou, un avare.

Qui sont les RATS dénoncés par JusMurmurandi?

M. Pauget, directeur général du Crédit Agricole, et Président de la Fédération Bancaire Française (FBF), a dit que les banques françaises affecteraient les 10,5 milliards d’euros reçus de l’Etat à offrir des facilités d’affacturage. Ou d’affactuRATge.

Car l’affacturage est un système peu répandu en France, par lequel une banque rachète les créances de ses clients. Ce système est peu populaire pour plusieurs raisons.

D’abord parce que l’entreprise perd, en vendant ses factures, tout contrôle sur son compte client.
Notamment, si un de ses clients a besoin d’un délai de paiement, ce qui, par les temps qui courent peut se comprendre, il n’y a plus moyen de le lui accorder, car c’est la banque qui décide.

Ensuite, parce que l’affacturage est toujours vendu avec toute une série d’autres services, dont l’assurance-crédit, ce qui le rend très cher.

Enfin parce que la banque peut toujours refuser de racheter toute facture qui ne répond pas à ses critères, quels qu’ils soient, notamment au motif que l’assurance crédit la refuse.

Sans compter que la vente du compte clients fait peur aux autres créanciers (banquiers qui font du vrai crédit, fournisseurs), qui n’auront que leurs yeux pour pleurer en cas de dépôt de bilan.

En revanche, c’est un très bon système pour la banque, qui vend de multiples services, et qui bénéficie avec la facture d’une excellente garantie aux fonds qu’elle fournit à l’entreprise.

En d’autres termes, si l’on en croit les propos de M. Pauget, les banques françaises, qui ont un besoin vital de se recapitaliser pour survivre et recommencer à inspirer confiance, qui ont réussi à obtenir de l’Etat non pas des actions, qui eussent donné à l’Etat un droit de vote et dilué leurs actionnaires, mais des prêts qui ne donnent aucun droit, ne veulent pas jouer le jeu.

Pas question de réouvrir le robinet du crédit. Car l’affacturage, ce n’est pas du crédit, quoi qu’en disent les banquiers. Il suffit de regarder un bilan de société affacturée: pas de dettes, et pas de compte clients non plus. Donc pas de crédit pour l’entreprise, et pas de risque pour la banque non plus, mais de grasses commissions.

M. Pauget ne s’en cache pas, d’ailleurs, indiquant qu’il trouve légitime que les banques ne prennent pas de risques, de peur qu’on ne le leur reproche plus tard, après ceux qu’ils ont déjà pris, avec les résultats qu’on connaît.

Son arithmétique est d’ailleurs surprenante, puisqu’il parle à la fois de 400 millions d’euros de revenu annuel pour l’Etat en rémunération de ces prêts, qui porteront intérêt au taux de 8%. Alors, est-ce 4% et 400 millions, ou 8% et 800 millions? Ou M. Pauget annonce-t-il 8% alors que c’est 4%, de façon à justifier le taux élevé des crédits que consentirait le Crédit Agricole?

Car M. Pauget dit aussi que les 3 milliards d’argent public que va recevoir sa banque vont lui permettre de faire « grosso modo une dizaine de fois plus de crédits ». Ce qui sous-entend que le Crédit Agricole n’affectait plus que 300 millions à faire du crédit à sa clientèle?  Ce qui voudrait dire qu’il s’agirait d’un banque financée à 90% par de capitaux publics?

Bref, on le voit bien, M. Pauget raconte n’importe quoi pour masquer la réalité. La réalité, c’est que les banques ont, au plan mondial, engendré une crise sans précédent dont seul un effort tout aussi sans précédent des contribuables leur évitera une ignominieuse faillite en série.

Et, en contrepartie de ces milliards, que vont faire les banques françaises pour relancer l’économie? Rien, sauf acheter des factures sans risques tout en prenant de grasses commissions.

Comment appelle-t-on des gens qui ont un comportement aussi cynique et contraire à l’intérêt général?

Dans le dictionnaire, JusMumurandi a trouvé le mot « scéléRATS ». Comme dans « c’est les RATS »?

L’insoutenable légèreté du soutien

octobre 22, 2008 on 6:39 | In France, Incongruités | Commentaires fermés

La campagne présidentielle américaine est pleine d’enseignements pour analystes et hommes politiques. Le tout est de choisir lesquels retenir.

Ainsi, les primaires américaines ont vu Hillary Clinton lourdement handicapée par son soutien -à l’époque- à une guerre d’Irak aujourd’hui très impopulaire. Ce qui montre le danger d’une position d’union nationale, une fois ce temps révolu.

C’est sans doute ce qui a poussé les députés socialistes à ne pas voter pour le renforcement de la présence française française en Afghanistan, trahissant ainsi leur propre doctrine sur le sujet, et notamment les positions de François Mitterrand et de Lionel Jospin.

C’est également ce qui a du les inspirer pour ne pas voter le RSA, réforme manifestement « de gauche » non seulement par les bénéficiaires -les « travailleurs pauvres »-, mais aussi par son financement par le biais d’un prélèvement sur le revenus du capital. Ils eussent du se réjouir de cette réforme, et en particulier de la douleur qu’elle provoquait à droite, peu encline à la soutenir compte tenu qu’elle prenait leur inclination politique à rebrousse poil. Ce d’autant plus qu’elle figurait au programme de leur propre candidate aux élections présidentielles.

C’est certainement aussi ce qui les a motivé à ne pas voter pour le plan de sauvetage des banques françaises, plan adoubé par leur collègue Dominique Strauss-Kahn, Directeur Général du Fonds Monétaire International, et voté à l’identique par les socialistes espagnols, allemands ou les travaillistes anglais. Car il ne faudrait pas voir dans leur refus de voter « pour » un désir de voir les banques françaises s’effondrer. D’où un flot d’explications subtiles pour justifier une abstention. Une attitude surprenamment jésuite de la part d’un parti activement laïc.

Mais tout a une fin, même cette politique de non soutien à tous crins. Car le Parti Socialiste a décidé, enfin, de voter la loi issue du Grenelle de l’Environnement.

Évidemment, on peut se réjouir de la fin de leur opposition systématique, même sur des sujets qui dépassent manifestement les clivages gauche-droite et mettent en jeu l’intérêt national.

Mais on peut aussi se demander quelle lisibilité cela donne aux électeurs. Car les raisons de ne pas voter le texte sur l’environnement ne manquaient pas, en tout cas pas plus que les autres. Que ce soit le financement ou le relatif manque d’envergure sur plusieurs sujets, il y avait matière à diverger, si les socialistes l’avaient voulu.

En fait, JusMurmurandi propose une autre lecture de ce vote, qui le mettrait en droite ligne de tous ces refus surprenants. Les socialistes, eux, sont de vrais écologistes, voici pourquoi.

La présence française en Afghanistan contribue à empêcher les retour au pouvoir des Talibans. Or ceux-ci, par leur opposition forcenée au modèle occidental, à l’éducation des femmes, et le blocus économique auquel leur régime serait indiscutablement soumis, représenteraient certainement un retour en arrière pour le pays. Ce qui serait bon pour la planète, n’est-ce pas?

Il en va de même pour le RSA, qui est conçu pour stimuler le retour à l’emploi. Plus d’emplois, cela veut dire plus de production de biens et de services, plus de richesse nationale, plus de pouvoir d’achat. Donc plus de consommation et plus de pollution. Mauvais pour la planète! Donc les socialistes ne pouvaient que voter contre!

De même, si le plan de sauvetage des banques n’avait pas été voté, celles-ci se fussent effondrées, et, avec elles, l’activité économique dans une proportion jamais vue dans l’ère moderne. Moins d’activité économique, c’est meilleur pour la planète! Donc les socialistes, là encore, ont fait le choix douloureux, mais combien estimable, d’apparaître comme une bande d’idiots englués dans des querelles médiocres de personnes rassemblés uniquement par leur désir de pouvoir et ne trouvant comme seul dénominateur commun l’opposition frénétique à la politique de Nicolas Sarkozy, alors qu’en fait ils sont des anges de pureté voués au salut de la planète comme Soeur Emmanuelle l’était à celui des plus pauvres.

Et c’est certainement ce souci forcené de l’environnement qui conduit les socialistes dans leurs débats internes, autrement si difficiles à interpréter. Car ils ont compris le coût écologique des ces grands rendez-vous électoraux que la France propose tous les 5 ans. Innombrables déplacements des politiques vers les électeurs et des électeurs vers les lieux des meetings. Tracts par centaines de millions aux prix de forêts entière d’arbres abattus qui ne demandaient qu’à absorber du CO². Et tout à l’avenant.

C’est pourquoi le Parti Socialiste, par pure politique, au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire de l’intérêt général, a-t-il décidé -secrètement bien sûr, pour en garder tout l’effet- de ne plus jamais être en position de gagner une élection majeure, ce qui permettra d’économiser très fortement sur les prochaines élections, tant elles seront sans enjeu réel.

JusMurmurandi ne peu que saluer une aussi haute approche de la vie politique!

L’argent du miracle

octobre 21, 2008 on 7:23 | In C'est ça, Paris?, Economie, France | Commentaires fermés

Comme le temps qui passe peut, parfois, changer les choses! Il y a tout juste quelques mois, François Fillon se déclarait « Premier Ministre d’un pays en faillite ». Il ne le savait pas encore, mais ce n’était pas un constat qu’il faisait, mais une prédiction!

Car, depuis, deux problèmes sont venus abîmer encore plus les finances publiques (abîmer, c’est-à-dire plonger dans un abîme).

D’une part le formidable ralentissement économique, avec sa perspective de croissance quasi-nulle pendant un an et demie ( six mois de 2008 et l’année 2009, sans préjuger de la suite) va amputer les recettes fiscales de façon cruelle. Que ce soient la T.V.A. ou l’impôt sur les bénéfices des entreprises, sans parler des droits de mutation sur un immobilier à l’électroencéphalogramme aujourd’hui plat, ce sont des dizaines de milliards d’euros qui manqueront à l’appel.

Sans compter le même effet sur les régimes sociaux. Moins de cotisations sociales, car moins d’emplois, et plus d’ayant-droit aux allocations chômage. Encore des milliards par dizaines.

D’autre part, il va bien falloir recapitaliser les banques et autres compagnies d’assurances.

Parlant d’assurances, JusMurmurandi a bien entendu les assurances du gouvernement selon lequel les 360 milliards promis pour rassurer les marchés et redémarrer le crédit ne coûteraient pas un centime aux contribuables. Et l’assurance des banquiers déclarant que leur banque n’avait pas besoin de fonds propres supplémentaires.

Mais voilà, maintenant le loup est sorti bu bois, car il a sorti l’odeur de l’argent. Du vrai, pas de la fumée. De la fraîche, de l’artiche, du flouze, du blé, du cash, des biftons, de la monnaie. Bref, du fric.

Et là, du fric, il y en a. 10,5 milliards d’euros pour les banques françaises dans un premier temps. Car ces sommes sont très faibles, voire dérisoires, par rapport à ce qu’engagent nos voisins. 45 milliards de livres en Grande-Bretagne, 60 milliards d’euros en Allemagne.

Il est utile d’ajouter que « donner » cet argent (quel que soit le nom dont celui-ci baptisera cette opération et les conditions qu’il y attachera, c’est bien de cela qu’il s’agit. On a bel et bien trouvé de l’argent pou elles, dont la seule vertu est d’avoir un rôle trop important pour qu’on puisse laisser le marché leur donnée la fessée qu’elles ont si richement méritée) aux banques va rendre intenable la position du gouvernement face aux demandes dont, comme tout gouvernement, il est en permanence assailli.

Donner dix milliards aux banques, et pas un petit milliard aux pauvres, aux déshérités, aux exclus, aux expulsés, à la recherche médicale, à l’éducation, aux chômeurs, aux retraités, aux vieux, etc…?

Face à cela, le gouvernement n’a pas 36 solutions pour trouver des recettes.

Première voie: ne rien faire, et laisser les déficits filer. Outre que Bruxelles finira par se réveiller de son coma concernant les critères de Maastricht, cela ferait courir le risque que la France soit la prochaine Islande, voire la prochaine Lehman Brothers.

Deuxième voie: augmenter les impôts. Personne ne l’a encore annoncé, car une ponction sur un pays en pleine marasme contribue à peser sur une activité déjà en berne. Pourtant, il faudra bien en passer par là. Même si ce sera maqué sous les doux noms de « chasse aux fraudeurs », de redéploiement de l’aide de l’Etat, ou de plafonnement des niches fiscales, JusMurmurandi prédit que ce passage-là est tout ce qu’il y a d’obligé.

D’ailleurs, à Paris, Bertrand Delanoë l’a annoncé avec une ampleur (9% d’un coup, plus 3% d’un autre, peste!) et une absence de tout émoi qui sont une vraie leçon de cynisme et de realpolitik. Ce faisant, il rend un sacré service à la droite, qui aura beau jeu de se prévaloir que l’opposition en fait au moins autant. C’est si évident qu’il y a lieu de se demander si l’annonce de cette hausse d’impôts à Paris n’est pas une bonne manière de BD à Nicolas Sarkozy. Comme a pu l’être le choix de la part de Sarko le choix de Françoise de Panafieu, candidate faible, aux municipales parisiennes face à Bertrand le fêtard.

La troisième voie serait de croire au miracle. A un redécollage rapide de l’économie alimenté par les centaines de milliards injectés, par la baisse du prix des matières premières et le redressement du dollar. Un vrai miracle!

Ainsi la France ruinée pourrait demander qu’on prie pour elle comme pour les déshérités, les malades, les exclus. Le malheur, c’est que Soeur Emmanuelle, si éloquente et émouvante pour plaider leur cause, vient de mourir. Et que sa messe de requiem à Notre-Dame, avec un faste si peu à propos, a toute chance de réunir Nicolas Sarkozy et Bertrand Delanoë.

Et si c’était cela, le miracle dont la France ait besoin, celui qu’une soeur Emmanuelle pourrait, même à titre posthume, faire aboutir?

Dictionnaire de crise

octobre 20, 2008 on 3:10 | In Best of, C'est ça, Paris?, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, Insolite | Commentaires fermés

Avec la crise financière et économique s’ouvre un nouveau monde, dont a priori la seule chose que nous sachions est qu’il ne sera pas le même que celui qui vient de finir sans gloire à l’image de l’Islande s’enfonçant toute entière dans les flots glacés d’une insolvabilité sans précédent.

Ce nouveau monde a besoin d’un nouveau dictionnaire qui donne le sens soit des nouveaux mots, soit le nouveau sens des mots.

- Etat: anciennement, reflétait la condition d’une chose (en bon état, en mauvais état, état stable ou stationnaire, état solide ou état liquide, tiers état). Aujourd’hui, l’Etat, c’est tout simplement le dernier recours. Quand l’état des lieux inspire l’inquiétude, quand les banques sont en mauvais état, quand l’économie est en état de catastrophe artificielle, quand la confiance est en état critique… alors vient le temps de l’Etat…

- Confiance: anciennement, s’accordait, inspirait, ou se demandait. Aujourd’hui, elle disparait, revient, s’évapore, manque ou s’effondre. Bref, elle n’arrête pas de changer d’état, sans jamais passer par le stable.

- Croissance: anciennement, mesure du bonheur, qui ne pouvait être qualifiée que positivement (forte croissance), sauf si elle venait à manquer (déficit de croissance, hormone de croissance). Aujourd’hui, elle peut concerner tant des sujets positifs (le PNB) que négatifs (croissance des déficits). Elle peut même se retourner (croissance négative). Elle est à géométrie variable. Ce qui manque le plus: la croissance de la confiance, pour retrouver confiance en la croissance. Mais, vu l’état de la confiance et l’état de la croissance…

- Crise: anciennement, état temporaire d’une donnée particulière (crise de croissance, crise de confiance, crise de l’Etat, état de crise). Aujourd’hui, c’est un environnement général, auquel on s’adapte (management de crise, gestion de crise, budget de crise). Il va sans dire qu’un budget de crise de la part de l’Etat a pour but de ramener la confiance et la croissance.

- Delanoë: anciennement, Maire de Paris qui se vantait de faire toujours plus de fêtes sans augmenter les impôts. Aujourd’hui, Maire de Paris qui augmente les impôts de 9% et crée une taxe foncière départementale de 3% au moment où ses administrés doivent faire face à la crise. Comme eût dit La Fontaine: la cigale ayant fort dépensé les recettes du « boom » immobilier, se trouva fort dépourvue quand la crise fut venue…
Delanoë face à sa crise budgétaire

Le personnel médiatique et Jean-Marc Sylvestre : ne Mélenchon pas tout !

octobre 20, 2008 on 6:56 | In Coup de gueule, France, Incongruités | 2 Comments

JusMurmurandi a, une fois de plus, eu l’occasion de sourire tristement devant les propos de Jean-Luc Mélenchon, homme politique hexagonal qui résume à lui seul tout le sens de la glorieuse « exception culturelle française ». Dans le cadre d’une interview avec Mme Lepic où cette dernière lui demandait s’il fallait « punir » les coupables de la crise, le sémillant sénateur de l’Essonne eut cette réponse digne des grandes heures de Paul Quilès et des envolées épuratrices de 1981 : « On punit, vous comprenez l’expression, ça signifie qu’il faut savoir tourner la page et ne plus leur faire confiance. Ecoutez, ne faites pas confiance aux gens qui vous ont cassé les bras et les jambes pour venir vous les soigner. Donc cela veut dire qu’il y a tout un personnel médiatique, politique, économique qu’il faut pousser vers la sortie. »

 JusMurmurandi n’insistera pas sur le sens assez angoissant de l’expression « pousser vers la sortie » qui paraît suffisamment explicite et se dispense de commentaires. En revanche, ce qui semble plus truculent, c’est le sous-entendu de l’indétermination du « tout un personnel médiatique » : on entend dans ce « tout » quelque chose comme une profusion, comme un gang diffus, comme une profusion de malfaisants qu’il s’agirait d’éradiquer. Cela pullule, cela grouille, cela prolifère ! On n’ose imaginer le nombre de journalistes véreux – sous entendu : libéraux – qu’il conviendrait de sacrifier sur l’autel du démocrate Mélenchon.

 Piquée au vif par la mise en cause de sa profession, et certainement plus étonnée encore que vexée que l’on puisse voir dans le personnel journalistique une profusion de libéraux, Mme Lepic fait fort logiquement part de sa surprise au sénateur réjoui de son petit effet :

Lepic : « Y compris médiatique ?

Mélenchon : Bien sûr, vous voulez un nom ? »

 C’est là que JusMurmurandi fait part de sa véritable stupéfaction car, voir Mélenchon réclamer l’éviction de certaines personnes pour raisons idéologiques ne saurait plus vraiment surprendre grand monde ; c’est ailleurs que se joue le ridicule de la situation. Le jamais décevant sénateur de l’Essonne commence en effet sa dénonciation par la désignation de « tout un personnel médiatique » laissant augurer d’une myriade de libéraux à la tête du journalisme français, inculquant un credo libéral aux masses télévisuelles ; puis, fidèle aux pratiques ancestrales de son idéologie, Mélenchon propose une délation ; les coupables vont être dénoncés, les libéraux livrés à la vindicte des vraies gens ; réjoui, le téléspectateur se demande, goguenard, si les quelques minutes imparties à Mélenchon pour l’interview suffiront à dresser une liste de coupables qu’on imagine – et qu’on souhaite – longue. Le Cirque a besoin de sang et de condamnés. Mais, stupeur, au moment de la délation effective, ce n’est tout d’un coup plus « tout le personnel médiatique » mais un nom, un seul, un homme qui est proposé. Le personnel médiatique se réduirait-il à un seul nom ? Quel nom ? On veut savoir !

 « Votre collègue Jean-Marc Sylvestre qui nous fait le catéchisme libéral depuis bientôt 10 ans sur TF1, matin, midi et soir, en expliquant qu’il faut acheter des actions, qu’il faut faire des fonds par capitalisation. »

 Extraordinaire réduction à l’unité qu’opère à ce moment très précis Mélenchon : « tout le personnel médiatique » se trouve résumé par Jean-Marc Sylvestre ; la totalité de l’idéologie du corps médiatique – donc aussi de Libération, de Marianne, du service public, du Monde, du Nouvel observateur, de Canal +, de RTL, de l’Humanité, etc. – est résumée par « un nom », celui de Jean-Marc Sylvestre…

 Devant cette énième forfaiture, JusMurmurandi s’interroge : pourquoi Mélenchon, porté par son enthousiasme délateur à l’encontre de « tout le personnel médiatique » s’en est-il tenu à « un nom » et un seul ? Pourquoi réprimer de façon aussi inhumaine les saines pulsions de livrer à la vindicte populaire des hommes jugés a priori coupables alors que le show Mélenchon était sur ses rails ? JusMurmurandi suggère une hypothèse : peut-être parce que Mélenchon savait très bien, comme JusMurmurandi, que Jean-Marc Sylvestre était tout simplement le seul journaliste libéral des media français de grande écoute…  

Coulissement d’andouillette à Washington

octobre 18, 2008 on 7:27 | In Economie, France, Insolite, International | 3 Comments

Rassurez vous tout de suite, JusMurmurandi n’a pas l’intention de se substituer à nos feuilles de choux qui vont voir par le trou de la serrure ce qui se passe dans les alcôves.

Il y a en plus des officines spécialisées pour le faire, comme l’illustre la remontée à la surface du nom d’Yves Bertrand ces jours derniers.

Non, il s’agit d’une affaire qui concerne la politique française au plus haut point.

En avril 2007, Paul Wolfowitz, parachuté par George W. Bush à la tête de la banque mondiale, est remercié pour avoir accordé un traitement de faveur à une personne de la gent féminine qui lui avait fait…la faveur de son « traitement ».

Aujourd’hui, Dominique Strauss Kahn, Directeur Général du FMI, est sous le coup d’une enquête similaire quant à la relation qu’il a entretenue avec une ravissante hongroise, Piroska Nagy.

S’il reconnait qu’il a « eu un incident dans sa vie privée » en janvier dernier comme le cite le célèbre Wall Street Journal, il nie qu’il ait profité de la situation pour faire attribuer une augmentation de salaire ou des indemnités de licenciement plus favorables à Me. Nagy (qui a donc quitté le FMI en août dernier).

Le but de cet article au titre coquin, nous n’en disconvenons pas, n’est pas de savoir si M. Strauss Kahn est fidèle à Anne Sinclair, Me. Strauss Kahn à la ville. C’est leur affaire, et uniquement leur affaire. Quant au possible abus de fonction, laissons au FMI le soin de faire son enquête.

Demandons nous plutôt ce qui pourrait motiver M. Strauss Kahn pour abandonner son poste, qui est celui du fonctionnaire le mieux payé au monde, un demi million de Dollars sans impôt, avec les avantages en nature (!) qui l’accompagnent.

N’est-ce pas le fait que DSK sent que le moment est venu de faire son retour sur la scène politique française, le PS partant à la dérive, incapable de voter le RSA qui figurait au programme du candidat PS de l’élection présidentielle de 2007, de voter cette semaine le plan de sauvetage de l’économie en danger ?

Ou est-ce au contraire un membre du bureau directeur du PS qui veut saborder DSK avant qu’il ne rentre en France la queue entre les jambes, si la rumeur venait à se trouver fondée, avec une réputation définitivement ternie ?

Soupçonné d’abus de bien sociaux avec sa secrétaire dans le scandale de la MNEF, père officieux de la funeste loi sur les 35 heures, créateur interrompu d’un inapplicable impôt sur les Français résidant à l’étranger, la réputation de DSK ne sortirait pas grandie d’une affaire de mœurs/abus de pouvoir.

Mais qui restera-t-il au PS ????

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