Bertrand Delanoë est il un hors la loi ?

octobre 18, 2008 on 7:03 | In C'est ça, Paris?, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités | Commentaires fermés

Le dernier ouvrage du Maire de Paris avait fait couler beaucoup d’encre, consommer tout autant de salive entre autre de la part de ses concurrents du PS, et sourire encore autant JusMurmurandi.

En effet, Bertrand Delanoë s’y déclare « libéral ».

JusMurmurandi pouffe rien qu’en le rappelant.

Car qui a décidé d’augmenter les impôts locaux de 9% en 2009 et vraisemblablement aussi en 2010 si ce n’est Delanoë ?

Milton Friedman doit avoir les cheveux qui se dressent sur la tête à l’idée que l’on puisse se revendiquer libéral tout en augmentant à tel point les impôts d’un an sur l’autre.

Et les Parisiens qui ont voté sur lui doivent être bien heureux de voir le Maire leur « venir en aide » alors que le ralentissement économique qui se profile est sans précédent.

Mais JusMurmurandi en a déjà parlé, même s’il est toujours bon de rappeler les faits d’armes de ceux que l’on apprécie particulièrement.

Non ce qui est à l’origine de cet article ci, c’est le fait que la Mairie de Paris s’est déclarée incompétente pour mettre en place le service minimum pour l’accueil des enfants lors des jours de grève dans l’enseignement public.

Or cet accueil a fait l’objet d’une loi, votée au Parlement en début d’année 2008.

Ne pas appliquer une loi, pour quelque motif que ce soit, n’est ce pas se mettre…hors la loi ??

«Nous ne transigerons pas et nous ne mettrons pas les enfants en otage d’une loi mal ficelée» déclare l’adjoint chargé de la vie scolaire.

En bref, les lois qui nous conviennent, nous les appliquons, pour le reste, vous pouvez aller vous faire voir.  Et si les Parisiens faisaient de même avec l’augmentation d’impôts exigée par le Maire ?

Mais le fond de la question, c’est l’intérêt des Parisiens dans leur majorité.

Augmenter les impôts, est-ce montrer que Delanoë est à l’écoute de leurs préoccupations, alors que leur train de vie va baisser ?

Refuser de prendre en charge les enfants de ceux qui sont confrontés à la grève d’une minorité, est ce aller dans le sens des Parisiens ?

Assurément non.

Ce n’est que faire preuve de libéralité vis à vis du budget de la Mairie au détriment de ses habitants, vis à vis d’une minorité de grévistes au détriment des parents des enfants parisiens.

Prenons en bonne note.

Sans précédent!

octobre 18, 2008 on 9:27 | In France | Commentaires fermés

Commenter l’Histoire à mesure qu’elle se déroule induit toujours la tentation d’expliquer ce qui se passe en se fondant sur des précédents. Ainsi, le bourbier irakien est-il une répétition du Vietnam? La crise financière est-elle de même nature que celle de 1929? La hausse des prix des matières premières est-elle un troisième choc pétrolier?

Mais ce qui s’est passé hier est, à la connaissance de JusMurmurandi, sans précédent. Déjà la présidence de George W. Bush restera sans précédent dans l’histoire des Etats-Unis et dans l’Histoire tout court. 11 septembre, Osama bin Laden, Mollah Omar, Irak, Patriot Act, ouragan Katrina et maintenant crise financière sont les chapitres de son héritage.

Mais le plus ahurissant n’est pas ce qu’il a fait. Ni les mensonges sur l’Irak, ni le démantèlement des libertés fondamentales des citoyens y compris l’habeas corpus, ni les cadeaux aux super-riches, ou les contrats de milliards de dollars attribués sans concurrence à l’ancienne société du vice-président Cheney, ni la levée de multiples restrictions aux activités des banques pour éviter la répétition des folies ayant conduit à la crise de 1929, ni le déficit budgétaire abyssal, ni le détournement vers des besoins en Irak des fonds alloués pour le renforcement des digues de la Nouvelle-Orléans, puis l’impéritie face à la dévastation laissée par l’ouragan Katrina

Non, le plus ahurissant est ce qu’il ne fait pas. Hier, le Président Bush, sans vergogne, alors même que sa présidence porte, par son relâchement réglementaire, une lourde part de responsabilité dans les excès ayant conduit à la crise financière, a indiqué qu’il laisse la responsabilité de reconstruire le système financier mondial à son successeur.

En fait, le titre est une erreur. En écrivant cette chronique d’une démission si contraire au leadership, au courage, à l’inspiration, aux valeurs qui ont si souvent fait des Etats-unis un phare du monde libre, JusMurmurandi pensait n’avoir trouvé aucun précédent.

En fait, il y en a bien un, quoique ni américain, et sur un sujet fondamentalement non comparable, sauf en ce qui concerne la démission, c’est-à-dire étymologiquement, le renoncement à sa mission. Car ce que George W. Bush vient de faire, c’est de se laver les mains de ce qui arrivera.

Comprenne qui pourra, approuve qui voudra. JusMurmurandi ne le peut pas.
George W. Bush

La semaine du goût

octobre 17, 2008 on 7:28 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, International | Commentaires fermés

Cette semaine, c’est la semaine du goût.

Une fois n’est pas coutume, JusMurmurandi a décidé de faire une revue de presse pour essayer de faire toucher du doigt ce qu’est le goût…

Premier exemple.

Matthias Guerrand Hermès, membre de la célèbre dynastie à la tête de l’entreprise éponyme d’articles de luxe, voyage tranquillement de Paris à New York sur un avion de la compagnie Air France. Suite à un mélange de médicaments et d’alcool, il s’en prend à des passagers; sommé de reprendre ses esprits, il agresse le commandant de bord, pour être finalement maîtrisé par l’équipage. Un remake de Jean-Luc Delarue, lors d’un voyage vers l’Afrique du Sud.

Débarqué à l’aéroport de New York, il est libéré sous caution, et encourt une peine maximale de 20 ans de prison.

Bon goût, mauvais goût, ou goût du risque ?

Deuxième exemple.

La France rencontre à titre amical la Tunisie dans un match de football au SDF (NDLR Stade de France).

Pendant que l’hymne national français est joué, certains spectateurs commencent à siffler. Scandale dans la tribune officielle ! Et menace que si cela doit se reproduire, on annulera purement et simplement la rencontre sans rembourser les places.

Peut être serait il plus simple d’arrêter la télédiffusion, pour stopper immédiatement la possibilité que ces esprits malins ont de faire passer leur mauvaise éducation sur les ondes, et de la communiquer à un large public ?

Peut être serait-il aussi de bon augure de penser à rétablir le service militaire? Cela ferait baisser le chômage, et le mitard est pour les insoumis et autres sauvageons une méthode aussi bonne qu’une autre pour faire entrer dans leurs petites têtes le respect que chaque citoyen doit au drapeau. Instruction civique, nous voici !

Siffler la Marseillaise, bon goût, mauvais goût, ou goût de la provocation ?

Troisième exemple.

Las ! On n’en finit pas d’en finir avec les banques qui annoncent des pertes. Mais dans le cas précis, c’est tellement agaçant, frustrant que même la Ministre de l’Economie et des Finances avoue son découragement.

Quelques « traders » ont réussi à faire perdre à l’Ecureuil, la Caisse d’Epargne, 600 millions d’Euro en prenant des positions trop risquées. 0,15 million de Kerviel en sorte.

Y aura-t-il des sanctions contre ces irresponsables qui gaspillent l’argent de leur entreprise en enfreignant les règles (si c’est confirmé, bien sûr) ? La hiérarchie sera t elle remerciée, ou choisira t on de prendre un Kerviel et de le monter en épingle permettant ainsi au patron de la Générale de garder son poste ?

Bon goût, mauvais goût, ou gout-te qui fait déborder le vase ?

Et pendant ce temps, les bonus versés à la City, berceau de la finance anglaise à Londres, étaient de 20 milliards d’Euro cette année. Ils ont plus que doublé en sept ans.

Leur montant revient à environ 320 Euro par citoyen britannique en moyenne (adulte et enfants compris).

Bon goût, mauvais goût, ou goût de cendre ?

Quatrième et dernier exemple.

Vélib’ célèbre un triste évènement. Sa quatrième victime depuis son lancement il y a plus d’un an.

C’est donc la quatrième fois qu’un cycliste est heurté mortellement par un poids lourd, cette fois un autocar.

Et la Mairie de Paris est toujours aussi décidée à ne rien faire. Pas même proposer des casques de sécurité aux locataires.

« Je ne veux pas qu’on prenne de décision sous le coup de l’émotion » déclare ainsi Annick Lepetit adjointe aux transports à la Mairie.

Combien faudra-t-il de victimes pour que la Mairie bouge ?

Bon goût, mauvais goût, ou dégoût ?

Un plan de secours, vite!

octobre 16, 2008 on 5:19 | In France | Commentaires fermés

A l’aide! Les cours s’effondrent, il faut éviter que des pays entiers soient plongés dans le chaos et l’insolvabilité. Pour cela, une seule solution, que les pays riches viennent en aide aux pauvres.

Comme seuls les Etats ont encore une réelle capacité d’intervention, il faut un plan Paulson bis pour soutenir ces Etats. Ce qui veut dire que ce sera aux contribuables de payer pour ce plan de soutien, comme pour tous les autres d’ailleurs.

JusMumurandi comprend la colère des Américains qui voient qu’ils vont devoir payer de leurs impôts le sauvetage des banques quand personne ne vient les sauver, eux. D’autant plus quand ce sont ces mêmes banquiers qui ont causé les problèmes et se sont servis au passage des rémunérations phénoménales. Ainsi le patron de Lehman, qui, avant de faire faillite, a cumulé en 14 ans au sommet près d’un demi milliard de dollars de rémunération personnelle.

D’où aussi le besoin d’expliquer aux contribuables ce que sont les risques systémiques, et pourquoi, même si on ne les aime ni on ne les approuve, il faut aider les mal en point et éviter un effondrement.

Le plan d’aujourd’hui est rendu indispensable par l’effondrement du prix du pétrole, qui est tombé en dessous de 70 dollars, soit moins de la moitié de son cours il y a moins de 6 mois.

Il est donc urgent d’assister les émirs du Golfe Persique. Les cheiks d’Arabie Saoudite. Les oligarques russes. Hugo Chavez le gentil chef d’Etat vénézuélien. Les mollahs d’Iran. Le FLN au pouvoir depuis 40 ans en Algérie. Tous sont gravement menacés par une telle chute.

Il faut aider aussi tous les fonds spéculatifs qui ont gagné tant d’argent en poussant à la hausse les cours du pétrole. Il n’est pas concevable qu’ils risquent de disparaître maintenant s’ils n’ont pas su jouer à temps la baisse. Il faut aider les sociétés pétrolières qui, sans cela seront obligés de baisser le prix de l’essence et des matières premières de la pétrochimie, et vont voir leurs profits fondre comme neige au soleil d’Arabie. Il faut aider tous les promoteurs immobiliers dont les projets extravagants (îles artificielles, immeubles d’un kilomètre de haut, entre autres) mobilisaient un quart des grandes grues du monde pour le seul Golfe. Il faut aider les sociétés aux produits inabordables (voitures de luxe, bateaux énormes, jets privés, bijoux, montres, grands vins, tableaux, fourrures, armements dernier cri) qui ne trouveront plus là leurs meilleurs clients.

Pas plus que d’innombrables prestataires de service, organisateurs de fêtes, banquiers de paradis fiscaux, prostituées (pardon, call-girls de luxe).

Pour ces fournisseurs de biens et de services, on tiendra compte que la disparition de cette clientèle les frapperait une deuxième fois après la perte de leurs débouchés chez les banquiers de New York ou de Londres.

La logique de cette intervention est simple. Si les banques méritent qu’on les aide quand elles souffrent, pourquoi pas eux? Après tout la baisse du pétrole est causée par la crise économique causée par les banques. Ils sont donc des victimes des banques, comme nous tous, après que nous leur ayons demandé de produire toujours plus. Nous sommes donc coupables de la forte production et du faible prix…

Bref, JusMurmurandi appelle les contribuables du monde entier à se cotiser pour secourir les victimes de la baisse du pétrole. Soyons responsables, solidaires, généreux, exemplaires, et donnons. Mais donner ne suffit pas, si c’est grevé de conditions d’attribution trop onéreuses, si le suivi est trop tatillon, si le tout prend trop de temps. Pour être sûrs d’être efficaces, donnons sans conditions aucunes.

Tout le monde cherche les bases d’un nouveau circuit économique mondial. JusMurmurandi espère, avec cet article en avoir posé une pierre angulaire.

Quand l’Etat dit: « Le Roi, c’est Moi! »

octobre 16, 2008 on 6:22 | In Economie, Europe, France, Incongruités, International | Commentaires fermés

Tous les enfants de France apprennent ce mot célèbre de Louis XIV: « L’Etat, c’est Moi! ». Cela illustre l’absolutisme du pouvoir qui finira tragiquement après 1789. Bien entendu, il ne saurait en être question dans nos société mondialisées, démocratiques, complexes, régies par des constitutions soucieuses de séparation des pouvoirs.

Vraiment? Ce n’est pas l’impression que donnent ces dernières semaines. Quand il a fallu trouver des solutions pour éviter que le monde ne bascule dans l’abîme d’un effondrement financier, tout ce qu’a essayé le « marché », c’est-à-dire les mécanismes d’auto-régulation, la concurrence, l’ajustement de l’offre et de la demande par le prix, a été inexistant. Tout ce qu’ont essayé les « institutions », telles les banques centrales, les injections de liquidité, les baisses de taux, n’ont eu aucun effet.

Non, ce qui a rappelé tout le monde à l’ordre, c’est l’intervention massive des Etats. Non pas une intervention au services des banques et des marchés, mais une intervention régalienne, des nationalisations brutales des banques en contrepartie de prises des risques dont plus personne ne voulait.

Ainsi AIG, premier assureur mondial, était-il contraint de donner 80% de son capital au Trésor américain en contrepartie d’un simple prêt, fût-il de 85 milliards de dollars. La majorité du capital en échange d’un prêt reflète une très grande inégalité entre les parties. Subitement les Seigneurs de Wall Street ne font plus le poids. Ils ne sont plus que les valets d’un système qu’ils ont perverti en jouant aux apprentis sorciers. Et le Roi, c’est bel et bien l’Etat, qui les rappelle à leur condition limitée.

Ainsi aux Etats-Unis, les 9 plus grande banques, alors même qu’elles ne sont pas au bord du gouffre, vont quand même recevoir des augmentations de capital de l’Etat en contrepartie de nationalisations partielles, et d’acceptation de multiples contraintes de comportement.

Ainsi en Grande-Bretagne aussi, les dernières grandes banques feront de même. Même Lloyds, historiquement très bien gérée, et qui fut chargée il y a à peine 3 semaines (Dieu! que cela semble déjà loin!) de sauver HBOS passe en si peu de temps du rang de chevalier blanc à celui de mendiant que l’Etat recueille sous son ombrelle de capitaux frais.

On attendrait ceci au pays de l’interventionnisme d’Etat professé et pratiqué depuis toujours, même par un Président censé être à droite, en France. Ou en Chine, où règne sans partage le Parti Communiste. Ou en Russie, où les tentatives d’opposition finissent dans des prisons sibériennes. Pas du tout, cette fin de partie musclée a lieu dans les deux pays où le capitalisme de marché est, ou plutôt était, un dogme quasi sacré. Les Etats-unis et la Grande-Bretagne nationalisant plus que ne le fit en un autre temps François Mitterrand…

Et le plus étonnant, c’est non seulement l’impuissance des institutions en ce temps de crise, c’est aussi que les décideurs se soient affranchis de la myriade de contraintes que le fonctionnement des Etats impose. Quand AIG a été nationalisée, personne n’a parlé de distortion de concurrence, ou d’autorisation de la Commission de Bruxelles, ou de visa de la bourse sur l’augmentation de capital. Quand les plans Paulson, Brown ou Sarkozy ont été annoncés, il allait de soi que les institutions suivraient, les parlements voteraient, les organismes entérineraient, que les critères restrictifs seraient levés. Bref, l’Etat, c’est eux!

Il est dans l’air du temps de parler de changement d’époque et de professer qu’un nouveau système, encore à définir, doit émerger des ruines de l’ancien. Une seule chose est sure. Comme la riche plaine de la Beauce est dominée par la double et haute silhouette des tours de la cathédrale de Chartres, le pouvoir de l’Etat dominera les champs de l’activité économique de l’ordre nouveau

Délit de fuite ou chronique d’une disparition annoncée ?

octobre 15, 2008 on 5:39 | In Coup de gueule, Economie, Europe, France, Incongruités, International, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermés

JusMurmurandi voudrait rappeler à ceux de ses lecteurs qui l’auraient oublié qu’il y a une opposition politique en France.

Son principal parti, encore une fois pour ceux qui auraient des trous de mémoire, s’appelle le Parti Socialiste.

Car il est vrai que l’on n’en entend plus beaucoup parler ces derniers temps

La crise qu’il traverse ressemble en effet à une tempête dans un verre d’eau par rapport à la tempête du monde financier qui est en train de se traduire en ralentissement économique planétaire.

Et si l’on regarde ou écoute quelles ont été les prises de position de ses illustres dirigeants, elles sont palpitantes.

Didier Migaud, Président de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale (poste qu’il occupe par la bonne grâce du Président de la République, nota bene) est prompt à déclarer que les déficits ne seront pas tenus à cause de la mise en place du plan de garantie des banques. Comme si c’était le souci du moment.

Ségolène Royal souhaite « que la crise soit une chance pour que la finance soit au service de l’économie ». Encore des belles paroles. Recueillons-nous et célébrons tous ensemble la fraternité économico-financière.

Mais fondamentalement, lorsqu’il s’est agi de voter un plan d’urgence pour tenter d’endiguer la spirale de chute de la confiance illustrée par l’effondrement, le PS est aux abonnés absents.

Est-ce parce que ses différents membres ne sont pas d’accord, les uns trouvant que le plan ne va pas assez loin, d’autres trop loin, ou encore ceux qui sont des anti-sarkozystes par principe, quoi qu’il en soit alors que le monde occidental et par conséquent la France traversent une période d’une extraordinaire difficulté, le PS, tel une tortue, rentre dans sa coquille et se retire de la scène politique.

Alors que l’Europe se réunit autour de la présidence française pour présenter un front uni, à son échelle réduite, le PS en est incapable, choisissant une fois de plus de faire passer ses propres contraintes avant l’intérêt national.

On avait déjà connu cela lorsqu’au début du siècle dernier, lorsque la seule posture des socialistes français face à l’agresseur prussien aux portes du pays avait été de déclarer la grève nationale….Courage, intérêt supérieur de la Nation, quand tu nous tiens !

Avec quelques années d’écart, on pourrait presque célébrer le centenaire de leur couardise.

Aujourd’hui cela va jusqu’à ne pas savoir si l’on va changer les dates du congrès de Reims. Et de nouveau l’angoisse paralysante, entre ceux qui veulent maintenir la date même si ou parce que cela permettra de passer les divergences sous silence, et ceux qui veulent la changer pour tenter d’être sous les feux de la rampe…

Pendant ce temps, même François Bayrou a voté le plan de relance. C’est dire…

Délit de fuite, posture prémonitoire d’une disparition annoncée, ce n’est pas JusMurmurandi qui sera tenté de lancer un avis de recherche….

L’enfer commence ici et maintenant

octobre 15, 2008 on 6:49 | In Best of, Economie, Europe, France, International | Commentaires fermés

D’aucuns pourraient penser, et non sans bonnes raisons, que le succès, s’il s’avérait, du plan de sauvetage du système financier, sonnerait la fin de la crise.

De la crise financière, oui. Mais tout ce que nous y aurions gagné, c’est le droit d’entrer en crise économique. Certes, si le plan ne fonctionnait pas, la crise serait, à l’avis de JusMurmurandi, d’une exceptionnelle gravité, avec des baisses de PNB à deux chiffres. Mais même s’il fonctionne à merveille, tout ne sera pas rose.

Car, si les Français ont le sentiment d’être déjà en crise, ils vont vite s’apercevoir de la différence entre se plaindre d’une sensation et se plaindre d’une réalité. Dans les faits, la consommation n’a pas encore chuté, même pour des biens durables où le crédit est un recours fréquent. Le seul secteur déjà en crise est l’immobilier, où les transactions ont baissé de quelques 30% par rapport à l’année dernière. Et ce n’est qu’aujourd’hui qu’on voit les ventes automobiles baisser nettement en Europe :-8% au mois de septembre.

Beaucoup ont vu dans les 1000 suppression d’emplois de Renault Sandouville l’illustration de la crise, mais ce n’est pas le cas. C’est le prix que payent les collaborateurs quand le nouveau modèle ( la Renault Laguna) ne plaît pas. La crise, ce seront non pas, comme à Sandouville, des suppressions d’emplois « volontaires », c’est-à-dire largement indemnisées, mais des licenciements ordonnés par le Tribunal de Commerce, c’est-à-dire payés le moins cher possible, et ce même quand le produit « marche » commercialement.

Il suffit de penser à la dernière récession sévère, en 1993, pour se souvenir de journaux télévisés qui annonçaient, jour après jour, des pertes d’emplois par milliers, provoquant un très compréhensible traumatisme.

Nous n’y sommes pas. Pas encore. Mais nous y allons tout droit. Un premier exemple vient de nous être donné, avec la mise en sauvegarde du groupe Cauval Industries, premier groupe français de meubles (marques Dunlopillo, Simmons, Steiner, Simmons, Treca, Mondial Kit, Espalux, Dumeste entre autres), qui fournit notamment 30% des matelas du marché français et emploie quelques 5000 personnes.

Cauval plaide que ses difficultés ont dues aux problèmes de financement entraînées par la crise bancaire, et c’est très possible. Quand on sait que Cauval a grandi par acquisitions ces dernières années, et a donc un montant de dettes non négligeable, on voit bien que c’était un excellent candidat au rôle de victime de la « crampe du crédit » à laquelle nous serons tout soumis quoi qu’il arrive.

Quand, en plus, on comprend que le renouvellement d’un matelas est une dépense non vitale qu’il est facile de repousser de quelques mois, et qu’il est souvent financé par un crédit à la consommation, on se dit qu’entre des consommateurs frileux à dépenser pour cause de crise et des organismes de crédit réticents à prêter pour cause de manque de moyens, les perspectives commerciales de Cauval n’étaient pas des plus porteuses. Même chose pour les cuisines, dont les ventes sont pour partie liées à la construction de logements, aujourd’hui en panne.

Bref, pour ce qui est de notre avenir économique proche, JusMurmurandi ne voit que le choix entre 2 possibilités. La churchilienne: « le sang, la sueur et les larmes », et la dantesque « vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ».

Sauf qu’après l’hiver, forcément, un jour, viendra le printemps. Ne perdons pas espoir.

La revanche du poovre Monsieur Brung et de la pooovre Europe

octobre 14, 2008 on 6:05 | In Coup de gueule, Economie, Europe, France, International | Commentaires fermés

Oh, non, ce ne sont pas les déshérités du monde qui sortiront gagnants de la crise actuelle. Les fonds engagés dans le soutien des banques viendront bien de quelque part, et il est clair que la part des pauvres n’en sortira pas grandie.

Non, il s’agit d’un autre genre de pauvres. D’abord, ce pauvre Monsieur Brun. Vous vous souvenez de Monsieur Brun? Celui qui, pour l’éternité, est dans l’ombre de César et d’Escartefigue dans une historique partie de cartes qui contient une des plus célèbres répliques du cinéma français: « tu me fends le coeur ». Et le pooovre Monsieur Brung (prononcer avé l’asseng, sans avoir peur d’en faire des tonnes) de jouer les comparses, un des petits Chose qu’on prend de haut, un peu étranger à toute cette « marseillaisitude ».

En anglais, « brun » se dit « brown ». Et les Britanniques ont aussi leur poor Mister Brown. Un Premier Ministre impopulaire, discrédité, ridiculisé, émasculé, menacé, et pas vraiment à sa place dans le fauteuil de Churchill, de Thatcher ou de son prédécesseur, ex-ami et meilleur ennemi Tony Blair.

Il y a un autre pooovre dans cette histoire, ou plutôt une, c’est notre pooovre Europe. Une Europe qui ne dit rien dans cette crise. Une crise venue des USA, et dont tout le monde attend que ce soit des USA aussi que vienne la solution. Surtout quand chaque pays européen veut sa propre solution au problème. Quand l’Allemagne de Merkel veut régler les problèmes au cas par cas, alors que la France veut un plan global et européen. Et que tout attendent, à un moment ou à un autre, que les européens copient le plan de l’américain Paulson.

Sauf que, de cette pooovre Europe rien ne vient, et que le plan Pauson se met à patiner, conduisant à la panique de vendredi dernier, qui prenait des allures de dernier vendredi.

Dans ce contexte, le plan de ce pooovre Mister Brown pour sauver les banques anglaises ne fit pas les gros titres. Ce d’autant que la situation britannique était particulièrement aventurée. Par la place importante de la finance dans l’économie, par son tropisme américain qui la fit s’engager plus que d’autres européens outre-Atlantique, par la bulle immobilière qui, comme aux Etats-unis, entraîne aujourd’hui une solide gueule de bois bancaire.

Garantir les crédits interbancaires, et investir dans les banques pour les recapitaliser, les nationaliser si besoin était. On attendait déjà l’ironie mordante à la Raimu qui ne pouvait manquer de saluer une si pooovre initiative d’un si pooovre européen.

Une semaine plus tard, l’Europe de l’Euro plus la Grande-Bretagne, c’est-à-dire l’Europe, réunie à Paris, parle d’une seule voix, et annonce un plan d’une ampleur sans précédent pour sortir de la crise. Cette pooovre Europe met sur la table près de 3 fois les capitaux du grand Oncle Sam, et réduit le flamboyant Hank Paulson au rôle de comparse. Lequel Paulson se hâte d’annoncer une modification de son plan pour ressembler à ceui des Européens.

Car le plan européen existe. C’est, à la virgule près, celui du pooovre Mister Brown. Et il suscite une réaction positive sans précédent des marchés financiers. +11% à Paris, Franfort et New-York, +14% à Tokyo. +14% à Tokyo!!! Comment dit-on « brun » en japonais? Il n’y a qu’à Londres que le triomphe est plus « modeste »: +8%.

Chapeau l’artiste! Mister Brown, si le succès se confirme et que votre plan est celui qui aura permis au monde de tourner le dos à l’abîme financier et économique vers lequel il se précipitait, votre triomphe sera le plus dur pour l’arrogance et l’orgueil des seigneurs de la finance. Pensez! Sauvés par la pooovre Europe et le pooovre Monsieur Brun…
le pooovre Mister Brown, sauveur du Monde?

RGPP, mon amour

octobre 13, 2008 on 9:04 | In Coup de gueule, Economie, Europe, France, Insolite, International, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermés

On ne sait plus qui croire.

Après une semaine où chaque jour qui passe les indices des bourses mondiales tombent, chutent, s’effondrent, on ne sait plus à quel saint se vouer.

Un vrai yoyo.

George Bush intervient-il dans le courant de la semaine qu’aussitôt après les indices américains perdent 8% dans la foulée.

Preuve que le politique ne peut pas faire grand-chose pour corriger les erreurs démesurées du monde économique – mais en revanche peut accentuer encore une situation désastreuse.

Bref, chaque jour on est pendu qui à la radio, la télévision ou encore l’internet pour savoir quelle est la tendance.

Tokyo ouvre-t-il en hausse comme indicateur de ce que sera le début de journée en Europe ?

New York ouvre-t-il en baisse, influençant ainsi la clôture du vieux continent ?

Bref, si l’on a perdu de la visibilité depuis le 11 septembre 2001, les dernières semaines ont encore troublé le jeu au point que l’on pourrait s’imaginer dans un épais brouillard où l’on ne sait pas si l’on avance, recule …

Un peu comme la météo.

Un jour il pleut, le lendemain il fait beau, et son contraire. Et on ne comprend jamais vraiment bien pourquoi ni comment.

Comme pour la finance, les indications données nous font penser que nos baromètres domestiques sont à la limite plus fiables, que nous devrions peut être nous tourner vers l’élevage de grenouilles pour voir si elles montent ou descendent de l’échelle et nous aider à prévoir le temps qu’il fera demain.

Car les grenouilles ne coûtent pas le prix des super calculateurs mis à la disposition de Météo France, pour le médiocre résultat précité.

A ceci près qu’aujourd’hui, il ne fait plus aussi bon être à Météo France…Sale temps pour la météo car dans le cadre des RGPP (Révision générale des politiques publiques), le gouvernement a décidé de réduire la voilure et de supprimer 1.500 postes dans les centres départementaux.

Ce qui a bien entendu suscité une grève qui n’aurait été suivie, aux dires de Météo France, que par 15% des salariés.

Car finalement, que l’on fasse des économies sur un service qui n’en est pas un, même le personnel semble avoir compris que cela n’attirera pas le chaland.

Que le soleil continuera de se lever le lendemain, quoi qu’il arrive. Un peu comme dans la finance…

Somme toute, si c’est cela la sanction de la RGPP lorsque l’on n’atteint pas ses objectifs, JusMurmurandi la soutient sans ambages.

Et pose juste une question. Une toute petite question.

Quand est ce qu’enfin on va faire la même chose dans la finance pour tous ces pontes surpayés et inutiles à qui les mêmes rémunérations indécentes continuent à être versées ?

Il n’y a pas de RGPP dans la finance ????

Quand sonne le clairon de la cavalerie…

octobre 13, 2008 on 3:20 | In Best of, Economie, France, International | Commentaires fermés

Qui n’a jamais vu de western, ces films décrivant la conquête, traitée sur le mode héroïque, de l’Ouest américain par les Blancs au détriment des Indiens?

La scène emblématique de ce genre cinématographique est l’arrivée, annoncée par une sonnerie de clairon, des héroïques régiments de cavalerie chargeant sabre au clair, juste à temps pour assurer la victoire des « bons », très menacés par les « méchants ».

Quel rapport avec l’actualité? Eh bien, c’est justement le clairon de la cavalerie en train de charger qu’ont voulu faire entendre nos dirigeants. D’abord pour rassurer le public comme autrefois les spectateurs de westerns.

Ensuite, parce que les mesures qui vont être mises en oeuvre représentent effectivement une charge de cavalerie, c’est-à-dire, en termes militaires, une manoeuvre audacieuse, mais pas dénuée de risques, pour faire basculer le sort d’une bataille. Et c’est bien de cela qu’il s’agit.

Mais cette charge de cavalerie doit affronter 2 risques. L’un est le scepticisme. Et si, malgré tout, et contrairement aux westerns, la charge de cavalerie ne suffisait pas à assurer une fin heureuse, ce qu’on appelle un « happy end »? On voit mal ce que les gouvernements pourraient faire de plus, vu qu’en matière de contre-offensive contre la panique des marchés, c’est non seulement la cavalerie qu’ils ont fait donner, mais aussi l’artillerie lourde

L’autre risque est que les gouvernements mettent en branle des sommes énormes dont ils ne disposent pas. Ni les Etats-Unis de 700 milliards de dollars du plan Paulson, ni les 480 milliards d’euros d’Angela Merkel, ni les 360 milliards du plan Sarkozy.

Et, comme ils ne les possèdent pas, ils ne peuvent le faire que parce que et tant qu’ils inspirent confiance. Que celle-ci s’évapore, et les plans du week-end prendront l’eau sous les coups des marchés comme les digues de la Nouvelle-Orléans sous les assauts de l’ouragan Katrina.

Il n’en reste pas moins que les gouvernements ne disposent pas des sommes mises en jeu. Et que, utiliser des sommes qu’on n’a pas, cela porte un nom en matière financière.

Cela s’appelle: de la cavalerie.

On voit bien que dans les deux cas de figure, succès ou échec, le sort dépendra de la cavalerie.

Le tout est de savoir laquelle.
Charge de cavalerie

Exemplaire!

octobre 12, 2008 on 8:14 | In Economie, France, Incongruités, Insolite | Commentaires fermés

Malheureux lecteurs, JusMurmurandi ne vous a pas beaucoup épargnés ces derniers temps, n’hésitant pas à employer des termes crus pour qualifier la crise (tornade, super-ouragan) bien avant que ne soit commencée la phase la plus aigue.

C’est pourquoi il nous paraît juste de saluer une mesure exemplaire prise pour contribuer aider l’économie française à surmonter cette crise. Il s’agit de l’Unedic, qui reporte de 2 mois l’appel de cotisations chômage pour les entreprises de moins de 10 salariés, et de 1 mois pour les entreprises de moins de 50 salariés.

Ce qu’il y a de remarquable, c’est d’abord que l’Unedic n’attend pas que la situations soit catastrophique pour le faire. Trop souvent l’aide vient quand le malade est tellement atteint que la mort est quasi-certaine.

Ensuite, et c’est encore une innovation, cette aide concerne toutes les entreprises, et pas seulement les canards boiteux. C’est heureux, car trop souvent on dépense une énergie beaucoup plus importante à tenter d’empêcher un sinistre qu’à obtenir le même résultat en accélérant le développement d’une entreprise qui va bien.

Enfin, et c’est un signe des temps, l’Unedic, par la voix de son Président Geoffroy Roux de Bézieux, fait montre d’une logique aussi pragmatique que nouvelle: cette mesure est prise parce que les PME n’ont plus accès au marché du crédit, alors que l’Unedic si. L’Unedic va donc s’endetter d’un milliard et demie d’euros pour injecter cette somme dans les trésoreries, ou plus exactement pour le pas les ponctionner, compte tenu des restrictions de crédit bancaire qu’elles se voient imposer.

Il faut dire que le Président de Bézieux sait de quoi il parle: le découvert autorisé de son entreprise, soit huit millions d’euros, lui a été supprimé d’un jour à l’autre.

On voit donc une Unedic dont les finances ne vont pas si mal que cela aider les entreprises à ne pas aller trop mal. Pendant que les banques qui sont au plus mal font ce qu’il faut pour que les entreprises aillent aussi mal qu’elles.

Oui, vraiment, ce comportement est exemplaire!

Sale temps pour l’extrême droite

octobre 11, 2008 on 8:32 | In Europe, France, Insolite | Commentaires fermés

Il faut bien le dire, les turbulences extrêmes du système financier, et les perspectives de grandes difficultés économiques sont pain béni pour les extrémistes de tout poil.

Olivier Besancenot le sait bien, lui qui avait choisi de façon appropriée la dénomination « anticapitaliste » de son nouveau parti.

Mais il n’est pas le seul qui eût pu en tirer parti, tant la crise profite à tous les extrêmes. Le Front National eût pu se dire légitimé dans sa critique du système mondialisé. Le problème, c’est que dans la formule « se dire légitimé », il y a « légitime », et, là, les critiques lepenistes sont anciennes et constantes, mais il y a aussi « dire ».

Et pour « dire » quelque chose d’audible aujourd’hui, il faut de l’argent. Pour des tracts des affiches, des meetings. De quoi attirer et auditoire et presse. Et de l’argent, le Front National n’en a pas. Ou plus exactement, n’en a plus. Epuisé financièrement par l’échec des dernières élections, il en a été réduit à vendre son siège et à déménager à Nanterre avec une équipe beaucoup plus réduite.

On imagine la rage du vieux Le Pen, au moment où la conjoncture lui sert une occasion en or, occasion qui pourrait, si elle devait perdurer et se transformer de crise financière en dépression économique, ressembler aux circonstances qui ont valu à Adolph Hitler d’être démocratiquement élu chancelier allemand en 1933.

Rage d’autant plus grande que, sur le plan de l’âge aussi, il est à l’opposé du frétillant Oliver Besancenot.

Rage enfin quand il voit un de ses pairs, l’autrichien Jörg Haider, qui atteint 25% des votes en 1999 et participa à un gouvernement de l’Autriche, deux réussites qui se sont toujours refusées au leader de l’extrême-droite française, se tuer dans un accident de la route.

Oui, vraiment, sale temps pour l’extrême-droite.

Jena-Marie Le Pen

Trop d’assurance ne rassure pas quand tout le monde bluffe

octobre 10, 2008 on 10:40 | In France | Commentaires fermés

Le vendredi 10 octobre a des chances de rester dans le mémoires. Ce n’est pas tous les jours que l’indice de la bourse de Tokyo perd 10%, ou qu’il boucle une baisse hebdomadaire de 24%. Ou que la bourse de Moscou n’ouvre tout simplement pas. Ou que…. A quoi bon tout énumérer?

Pourquoi ce jour restera-t-il dans les mémoires? Parce que, et on peut toujours l’espérer, le marché finira bien, un jour, par se redresser. Et si c’était aujourd’hui qu’on atteignait un « plus bas », un plancher, à partir duquel la reconstruction se ferait, lentement peut-être, mais plus sûrement, sûrement. Espérons-le.

Plus concrètement, c’est aujourd’hui que l’on va voir apparaître les dégâts de la débâcle de Lehman Brothers. Car c’est aujourd’hui qu’il va falloir déboucler les fameux « CDS » de Lehman, ces polices d’assurances contre les défauts de paiement dont JusMurmurandi vous a déjà parlé.

Les banques et compagnies d’assurance se sont livrées depuis 1990, date de leur invention par J.P. Morgan, à des acrobaties financières diverses parce qu’au même moment elles souscrivaient une police d’assurance contre un éventuel mauvais sort de ces acrobaties. Ainsi, elles se croyaient protégées, et prenaient, de ce fait, des risques bien supérieurs à ceux qu’elles auraient pris sans assurance.

Le problème, c’est que, par le jeu de ces réassurances à l’infini, personne ne sait qui est responsable de quoi, dans quelle mesure, avec quelles limites, et si telle ou telle institution financière est à même de faire face à ses engagements. Ainsi par exemple une banque s’engage à assurer telle autre banque, et se réassure auprès de Lehman. Comme Lehman ne paiera plus, cela devient une perte imprévue pour la banque, qui, à son tour, devient risquée. Donc les autres banques ne lui prêtent plus, ce qui précipite sa chute. Moment auquel les bénéficiaires des polices d’assurance qu’elle a émises sont à leur tour touchés, et ainsi de suite.

C’est donc parce qu’il se croyait très bien assuré que le monde de la finance s’est permis de prendre des risques avec autant d’assurance. Le problème, c’est que, si on s’assure les uns les autres, chacun ne peut se croire assuré que pour autant que tous les autres survivent pour honorer leurs engagements.

Et aujourd’hui, on verra si, finalement, laisser tomber Lehman était une si bonne idée que cela. Parce que beaucoup ont cru que la crise était un simple jeu de chaises musicales. Il suffisait de ne pas être le seul sans chaise quand la musique de la confiance s’arrêtait.

Erreur. Le jeu est un poker menteur, et tout le monde a bluffé à fond en même temps. Et un idiot a laissé tomber Lehman, sans voir que cela arrêtait le jeu et forçait tout le monde à dévoiler son bluff…

Nettoyer les banques et lutter contre le terrorisme?

octobre 9, 2008 on 6:26 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, International | Commentaires fermés

L’impérieux besoin de nettoyer les banques qui ont mis le système financier de la planète au bord du gouffre est une évidence. Mais il ne suffit pas de les nationaliser sous une forme ou une autre, il faut aussi

- veiller que les responsables soient mis hors d’état de nuire

- veiller que les banques reprennent une activité normale et réamorcent la pompe économique

- veiller que les folies du passé ne se reproduisent pas.

Vous me direz, quel rapport avec la lutte contre le terrorisme? Aucun, bien sûr. Sauf que…

Rappelez-vous le 11 septembre. Quand il est apparu clairement que c’étaient Al-Qaeda et Bin Laden qui en étaient les instigateurs, et qu’ils étaient hébergés par le régime Taliban de Kaboul, la guerre d’Afghanistan a été lancée, et rapidement gagnée.

Mais que faire après?

- d’abord les responsables (Osama Bin Laden et le mollah Omar) n’ont pas été mis hors d’état de nuire, non plus que l’état-major Taliban, si l’on en juge par leur capacité à continuer une guerilla meutrière, ceci 7 ans après le début des hostilités.

- ensuite l’Afghanistan n’a pas repris une existence normale. C’est toujours un pays en guerre, largement civile, et maintenu dans le statu quo par une coalition armée étrangère de grande ampleur. L’essentiel des ses revenus autres que l’aide internationale provient de la culture du pavot, qui sert à produite 85% de l’héroïne mondiale.

- enfin si jamais les armées coalisées venaient à quitter l’Afghanistan, les Taliban reviendraient au pouvoir, mollah Omar et Bin Laden en tête, triomphalement anoblis par leur succès contre les Etats-unis comme contre les Soviétiques en d’autres temps.

Pour ceux qui pensent que ma comparaison est trop artificielle, encore trois points de similitude:

- l’aptitude de notre modèle économique à se trouver périodiquement en crise profonde malgré les leçons apprises des crises précédentes n’est-elle pas comparable aux innombrables tentatives de contrôler l’Afghanistan, carrefour géostratégique important, malgré les cuisantes défaites qui soldent ces tentatives?

- l’émergence des Taliban a été assistée et financée par les USA, qui ont vu en eux la force capable de forcer les Soviétiques à leur première défaite militaire, puis à une humiliante retraite, sans voir que les capacités qu’ils développaient viendraient un jour les frapper à leur tour. La politique monétaire hyper-accomodante, l’émergence des nouveaux produits financiers et la dérégulation qui ont contourné les règles prudentielles édictées pour éviter une répétition de la crise de 1929 ont tous été les enfants de ceux-là même (Greenspan et la Fed, la SEC, l’administration Bush) qui n’ont pas vu le danger à long terme d’une politique destinée à assurer la prospérité à court terme.

- pendant que les pays de la coalition financent un lors programme militaire et humanitaire vers l’Afghanistan, les seigneurs tribaux se remplissent les poches. Pendant que les contribuables financent un lourd programme de sauvetage des banques, les seigneurs de Wall Street continuent de se remplir les poches

- enfin, ces 2 désastres, on a vraiment envie d’écrire ces deux m******s sont marquées par la présidence de celui qui devait être le Président de l’hyperpuissance américaine, mais restera comme le Président-catastrophe, George W. Bush.
George Walker Bush

Alea jacta est !

octobre 8, 2008 on 7:11 | In Best of, C'est ça, Paris?, Coup de gueule, Economie, France, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermés

Alors que l’économie mondiale est balayée par un véritable tsunami, les Français, auparavant préoccupés par leur pouvoir d’achat, s’attendent à une aide de l’Etat. Et ils ont raison.

Jogging de l’Etat obèse [voir notre article sur le sujet] ou autre RGPP [Révision Générale des Politiques Publiques], chacun s’attend à ce que l’Etat fasse des efforts afin de réduire l’endettement ou en tout cas de ne pas l’alourdir.

Tout le monde espère que de nouvelles taxes, de nouveaux impôts ne seront pas crées, alors que sont déjà sortis du cerveau fécond de nos politiques le financement du RSA ou encore la taxe poisson.

C’est le souhait de chacun que les prix n’augmentent pas, alors que les matières premières semblent vouloir baisser. Il faut au passage saluer la baisse du baril de pétrole, repassé temporairement au moins sous la barre des 90 Dollars alors qu’il dépassait allègrement les 145 durant la période estivale.

Nous voulons tous un Euro qui nous permette d’être concurrentiels à l’exportation sans pour autant nous pénaliser lors de nos importations. On saluera ici encore le fait que la monnaie européenne, qui a plafonné à 1.60 Dollar cet été, a franchi le seuil de 1.34 Dollar à la baisse cette semaine.

Nous prions tous que l’immobilier, les actions ou autres actifs en notre possession ne perdent pas trop de valeur, alors que nous avons travaillé dur pour mettre des économies de côté.

Bref, en ces jours de tourmente, nous invoquons les cieux, nous ne savons plus à quel saint nous vouer, alors que nous sentons le sol se dérober sous nos pieds.

Heureusement, il est une valeur sûre, sur laquelle les Parisiens voient une fois de plus qu’ils peuvent s’appuyer.

Car ce ne sont pas que de simples mots qu’a prononcé le sémillant maire de Paris; il passe aux actes pour tenir sa parole.

En des temps autrement meilleurs, il avait promis que les impôts locaux augmenteraient sensiblement en 2009.

Aujourd’hui il honore ses engagements. Le sort en est jeté.

Rien de tel pour aider à faire repartir l’économie que la première ville de France, la capitale, augmente massivement sa taxation locale. 9% sur un an, excusez du peu.

A l’heure où Bertrand Delanoë ne sait plus comment divertir les Parisiens avec toutes ses fêtes, nous savons désormais ce qui est sa première priorité entre revoir sa copie pour venir en aide à des Parisiens assaillis de mauvaises nouvelles et sa volonté de ne pas revoir un train de vie en complet décalage avec la réalité.

Beau programme pour le candidat à la tête du deuxième parti de France, tout étourdi qu’il est dans sa quête du pouvoir.

Si les Parisiens dansaient, ils vont à présent vite déchanter…

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