Routier le mal-nommé part en dérapage
mars 3, 2007 on 6:31 | In France | Commentaires fermésLe journaliste du Nouvel Observateur, Airy Routier, est furieux. Furieux que la force la loi se soit appliquée à lui quand il a accumulé suffisamment d’infractions pour avoir perdu les 12 points de son permis de conduire. Furieux des ennuis et désagréments qu’il a connus quand il s’est fait prendre en flagrant délit de conduite sans permis. Il est furieux, et c’est son droit.
Mais qu’avance-t-il comme argments? JusMurmurandi en retient 3:
- le taux de mortalité routière ayant baissé en France, une telle sévérité n’est plus nécessaire. Outre l’angléisme de cette approche qui suppose que les Français continueront à respecter un Code de la Route non contrôlé, M. Routier stipule que parce que les autres Français conduisent mieux et améliorent les statisitiques, cela devrait lui donner le droit de violer la loi en toute impunité. Intéressant.
- le taux d’échec au permis de conduire est de 50% alors que celui au baccalauréat n’est que de 20%. Où M. Routier a-t-il trouvé qu’un bac donné à tort résultait dans le risque de tuer des gens, à l’instar d’une automobile conduite n’importe comment. Re-intéressant.
- la surveillance à laquelle sont soumis les automobilistes est liberticide à l’encontre des bons citoyens. Et le droit de vivre pour ceux qui jusqu’ici étaient massacrés par les chauffards, ce droit ne vaut-il pas de souffrir ces contrôles?
Les familles de victimes apprécieront.
JusMurmurandi apprécie le talent d’auteur littéraire et de journaliste de M. Routier. Cela nous conduit à nous réjouir que les sanctions de ses infractions et délits répétés lui aient donné le temps et la matière d’en tirer un livre. Eux, au moins ne tuent pas, même quand leur auteur part en dérapage incontrôlé.
Marx était-il Vert?
mars 3, 2007 on 3:12 | In Economie, France | Commentaires fermésTous les candidats écologistes de cette campagne électorale se liguent contre l’EPR, le réacteur nucléaire de nouvelle génération développé par Areva.
JusMumurandi se sent contraint de rappeler certains faits. Si la France, sous l’impulsion du Général de Gaulle, poursuivie par Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing, n’avait pas choisi de développer plus que tout autre pays la génération d’électricité d’origine nucléaire, les conséquences auraient été les suivantes:
- une pollution plus importante sous forme de gaz à effet de serre et autres particules émises par des centrales à gaz, fioul ou charbon qu’il aurait fallu construire en lieu et place des centrales nucléaires
- un prix d’électricité de l’ordre de 30% plus élevé pour les entreprises et les particuliers, et ce depuis 30 ans
- un déficit du commerce extérieur bien plus important, causé par l’importation massive de charbon, de pétrole et de gaz pour les centrales thermiques classiques
- une absence d’industrie électro-nucléaire, domaine où la France est en pointe, et où Areva vient de vendre des EPR à la Finlande et la Chine
Il est vrai que les centrales nucléaires produisent des déchets sales et qui le resteront pendant des décennies. Mais il faut bien que notre énergie vienne de quelque part, sauf si les écologistes veulent que nous revenions au transport à cheval et à l’éclairage aux chandelles. Donc le choix est: énergie fossile ou énergie nucléaire. Réchauffement climatique ou déchets nucléaires.
Il est vrai aussi qu’il y a une autre voie: les énergies renouvelables: le soleil, le vent, la géothermie, l’hydraulique. Mais outre qu’on ne peut pas couvrir la France d’éoliennes, de panneaux solaires et de barrages, cette électricité a un défaut majeur: elle coûte beaucoup plus cher. Ce qui, si l’on excommunie le nucléaire, force le choix: réchauffement climatique ou refroidissement économique.
En fait, si les écologistes semblent prisonniers de leur culture d’opposition. Au moment où leur thèse fondamentale, à savoir que le progrès économique mené comme il l’a été créé des désordres qui menacent la vie même sur notre planète, est acceptée par tous, tant dirigeants qu’opinions publiques, ils n’admettent pas d’avoir eu tort en diabolisant le nucléaire au lieu de se préoccuper des gaz à effets de serre. Car le réchauffement de la planète cause beaucoup plus de dégâts beaucoup plus vite que le nucléaire n’en causa jamais, Tchernobyl compris.
Cette certitude que l’histoire vous donnera raison, et que cela seul justifie tous les moyens, est une théorie qui porte un nom. En politique, cela s’appelait le marxisme. Marx était-il donc Vert ?
Airbus: faire voler un plus lourd que l’air?
mars 2, 2007 on 1:23 | In Economie, Elections présidentielles 2007, France, International | Commentaires fermésPour faire voler un avion, il faut dépasser le paradoxe apparent qui consiste à faire voler du métal, c’est-à-dire un matériau beaucoup plus lourd que l’air. Et pour qu’il vole plus vite, plus loin, et plus économiquement, le constructeur tente de l’alléger au maximum sans dégrader le coefficient de sécurité.
Il en va de même de toute entreprise, et, aujourd’hui, de l’entreprise Airbus. Le plan d’économie Power 8, dont tout le monde parle sans l’avoir jamais vu, passerait par 10.000 suppressions d’emploi. Et les politiques de tous bords de se tordre les mains de douleur apparente, et de dire qu’ils feront tout pour que cela ne fasse finalement pas mal….
Outre les évidentes questions que JusMurmurandi a déjà posées sur le rôle d’un Etat actionnaire (ici il y en a même 2, plus un Etat client, ce qui fait beaucoup), JusMurmurandi pose une question simple: Power 8 établit-il qu’on peut produire les mêmes avions avec 10.000 personnes de moins? Si oui, il sera impossible de les garder pour la raison évoquée plus haut. Les compagnies aériennes ne voudront pas payer leurs avions plus chers simplement parce que Airbus emploie 10.000 personnes de plus que ce qui est réellement nécessaire pour développer, produire et maintenir ces avions.
Car la restructuration d’Airbus a ceci d’inhabituel qu’il ne s’agit pas d’une entreprise qui doit réduire la voilure pour faire face à une baisse de ses commandes. Au contraire, le carnet est plein pour des années. Il s’agit donc de choisir quel niveau de productivité Airbus atteindra pour réaliser ce carnet de commandes et en prendre de nouvelles. Et syndicats et politiques de gauche voudraient qu’Airbus emploie plus de gens que nécessaire pour éviter le plan social actuel. Quitte à ce que, bien sûr, ce moindre niveau de productivité se traduise par un moindre niveau de compétitivité face à Boeing. Donc à de moindres commandes pour l’avenir. Et donc à de plus gros problèmes à terme.
Et fait, ce qui est posé ici est très exactement la même problématique que celle de la dette publique en France, ou celle des retraites. Notre classe politique choisit systématiquement de privilégier le présent sur l’avenir. On gonfle la dette pour financer une augmentation des dépenses. On ne réforme pas les retraites pendant 5 ans de dynamisme économique (Jospin 1997-2002) pour ne pas faire de peine aux électeurs. Et on promet toujours et toujours plus dans la campagne électorale, alors que les marges de manoeuvre financières ont été dépensées il y a déjà belle lurette.
Il ne faut donc pas s’étonner que les Français n’aient pas confiance en l’avenir. Eux, qui sont beaucoup plus réalistes que le crédit que leur font les politiques, savent très bien que leur avenir a été obéré de façon lamentable. Et que les avions trop lourds ne volent ni loin ni longtemps…
Le Royal Hommage sera-t-il un Royal Cadeau?
mars 1, 2007 on 9:16 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésLa mort de deux jeunes gens est toujours une tragédie. Quelle qu’en soit la cause, maladie, suicide, accident de voiture, accident tout court. Il y a quelquechose de révoltant à regarder sur un écran de télévision impudique la procession lamentable de parents enterrant le cercueil de leur enfant.
Mais pourquoi Ségolène Royal a-t-elle choisi de rendre hommage aux deux jeunes morts électrocutés à Clichy-sous-Bois plutôt qu’à deux autres jeunes, par exemple victimes d’un cancer, d’un accident de la route, ou victimes du devoir?
Souhaite-t-elle, elle qui veut que les jeunes partis sur la mauvaise pente soient placés en centre fermés encadrés par les militaires, dire « plus jamais ça? »? C’est-à-dire que la police, faute de pouvoir exercer normalement son métier, se détourne purement et simplement des quartiers difficiles? Que ceux-ci redeviennent des zones de non-droit, comme ils l’étaient déjà du triste temps de M. Vaillant, le mal-nommé? Que leurs citoyens honnêtes voient leurs voitures brûler, leurs habitations dégradées, leurs quartiers désertés, sans que qui que ce soit leur donne ce à quoi leur citoyenneté leur donne droit?
Si telle est son intention, elle illustre un vieux démon socialiste. Considérant que « la loi et l’ordre » sont des valeurs de droite, et exclusivement de droite, la gauche française fait à celle-ci un cadeau royal. Parce que la sécurité et la tranquilité des citoyens sont des aspirations de tous les Français, qu’ils soient de droite comme de gauche. Et qu’ils ont déjà sanctionné durement la gauche qui l’avait oublié en 2002. Alors même qu’une politique de gauche est compatible avec un politique d’ordre, comme l’a montré Jean-Pierre Chevènement quand il était Ministre de l’Intérieur.
Le début de la campagne de Ségolène Royal la montrait moderne, se revendiquant blairiste, libre de ses choix idéologiques et des vieilles lunes archéo-trotskystes du PS. Le dérapage des sondages et l’attention qu’elle leur porte ont vite clos cette phase, et la phase actuelle est dominée par le traditionalisme du PS et ses éléphants. L’hommage royal et le cadeau qu’il contient contribueront à ce qui est le terme normal de la course des éléphants: le cimetière.
Car se préoccuper des banlieues en plaignant les jeunes, c’est compassionnel, télégénique et électoralement payant. C’est aussi injuste et d’un rare cynisme à l’égard de leurs habitants qui, en bons citoyens, travaillent et payent leurs impôts jour après jour. A l’égard aussi des forces de l’ordre qui sont le dernier rempart de la société française contre le désordre, et dont les membres meurent plus nombreux que les jeunes dont ils doivent parfois arrêter les débordements.
Que tous ceux-ci, qui n’ont pas le bénéfice du médiatique hommage royal, reçoivent ici celui de JusMurmurandi
Alcatel, Airbus, Rover et les autres….
février 28, 2007 on 11:48 | In Economie, Europe, France | Commentaires fermésDominique de Villepin reçoit Serge Tchuruk pour discuter des conséquences en France du plan de réduction d’emplois d’Alcatel Lucent.
JusMurmurandi demande quelles sont ses compétences pour discuter d’un plan social: depuis sa sortie de l’ENA, il n’a jamais fait de passage en entreprise (et les stages de ce type ont été supprimés pour ceux qui n’en sont encore que des élèves…preuve s’il en est qu’il faudrait préserver ces esprits « purs » d’une diabolisation certaine par le Grand Capital); les entreprises encore dirigées par l’Etat ont une rentabilité, si tant est qu’elle existe, nettement inférieure à leurs homologues privés. Sans parler de situations bilancielles quelques fois vertigineuses….
Mais on a trop longtemps habitué les Français à un discours où l’Etat est omniprésent, même si un certain premier ministre avait déclaré en sont temps que l’Etat ne pouvait pas tout (Lionel Jospin…). Aujourd’hui, Ségolène Royal se targue d’intervenir dans des dossiers comme Aubade.
Pendant ce temps, Tony Blair, modèle théorique et surtout éphémère de Ségolène Royal, a décidé de laisser faire « la nature », jugeant que Rover n’était pas sauvable et n’est pas intervenu pour mettre cette entreprise sous perfusion étatique. Avec 50.000 emplois directs et indirects concernés.
Imaginable en France?
Entre temps, les discussions, les négociations au sujet de la réorganisation d’Airbus se déroulent entre Angela Merkel et Jacques Chirac……
L’Europe, l’Europe, l’Europe!
février 28, 2007 on 7:57 | In Economie, Elections présidentielles 2007, Europe, France, International | Commentaires fermésUne étude très sérieuse de la compagnie d’assurance allemande Allianz délivre une nouvelle aussi inattendue que réjouissante: l’Union est en voie de réussir l’objectif défini par l’agenda de Lisbonne en 2010: faire de l’Union la zone économique la plus compétitive au monde en 2010.
Au moment où les candidats à l’élection présidentielle rivalisent d’affirmations suivant lesquelles la France est en crise profonde, au moment où les Français ont le sentiment que la mondialisation déferle sur eux telle un tsunami, au moment où tous prédisent que l’avenir sera indien ou chinois, une telle affirmation a de quoi stupéfier.
C’est pourquoi JusMurmurandi voudrait rappeler quelques faits élémentaires:
- les évènements ne sont pas forcément identiques à la perception que les gens en ont. Ainsi les Français ont-ils vraiment conscience que le chômage baisse depuis des mois de façon significative?
- l’Union Européenne a suscité bien des scepticismes en se donnant ce but si ambitieux à Lisbonne. Il faut lui donner acte de cet embryon de succès sur une route vitale. Ainsi 10 millions d’emplois ont été créés en 7 ans de croissance lente… un chiffre formidable
- Sans l’Europe, aucun pays isolé n’aurait entrepris les réformes qui les mettent sur la bonne voie. Ni la maîtrise des dépenses publiques, ni aucune autre réforme douloureuse.
- Mais la France, elle, fait moins bien que la moyenne, passant de la 6e à la 9e place, pendant que l’Allemagne passait de la 9e à la 6e place.
- Compte tenu du niveau de vie élevé des Européens, et de leur désir légitime de le conserver, cette bataille de la compétitivité mondiale, et tout ce qu’elle requiert pour la gagner, à commencer par l’éducation, est vitale. Il n’y a pas d’autre voie.
Bref, ce n’est pas de trop d’Europe dont la France souffre, mais de pas assez de cette Europe-là. Citoyen de la zone économique la plus compétitive du Monde, n’est-ce pas un bel héritage à laisser à nos enfants? Pourquoi aucun candidat ne le dit-il? Parce que les Docteurs-Tant-Pis sont plus éligibles que les Docteurs-Tant-Mieux? Parce que les trains qui arrivent en retard sont plus intéressants que ceux qui sont à l’heure? Serions-nous le peuple le plus masochiste du monde?
Télé-réalité contre blog sur Internet, la Star Academy contre le Loft
février 28, 2007 on 6:24 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésLe contraste est frappant.
- D’un côté, l’émission de TF1, « j’ai une question à vous poser » offre aux candidats l’occasion de développer leur programme dans un cadre très favorable. Les questions sont, pour leur immense majorité, courtoises et respectueuses, voire obséquieuses, et permettent au candidat de répondre à loisir. Il ne faut pas s’étonner si les 2 premiers « grand candidats » (dixit qui, d’ailleurs?), Nicolas sarkozy et Ségolène Royal ont vu leurs intentions de vote augmenter nettement après ce « grand oral ». Le plus frappant est que les panelistes d’un soir, supposés représentatifs de la population électorale française, semblent tous ou presque en harmonie avec le candidat ou la candidate. Des désaccords, parfois, mais aucun conflit dur. Visiblement des gens qui n’auraient aucun mal à vivre ensemble quel que soit le résultat de l’élection. C’est la « Star Academy » (Copyright TF1) de la politique, avec réprésentation, élection, élimination. A moins que ce ne soit « le Bachelor » (copyright M6) de la politique: introduction, séduction, conquête, mariage.
- De l’autre les innombrables blogs, emmenés par JusMurmurandi, où les internautes apostrophent, approuvent, critiquent ou conseillent les candidats ou les électeurs. Et là le ton est tellement libre que très souvent cela vire au pugilat et à l’insulte, malgré la présence de modérateurs qui font ce qu’ils peuvent. Visiblement des gens qui sont de points de vue tellement opposés que leur seule solution, si le candidat de leur choix venait à perdre, serait l’émigration. Le programme: opposition, contradiction, destruction
Alors JusMurmurandi demande: qui sont vraiment les Français? Les midinettes de TF1 à la recherche d’une histoire d’amour, même s’ils savent que cela se termine souvent en divorce (le dernier premier Ministre sortant à avoir gagné les élections est Raymond Barre, il y a 29 ans…), ou les Gaulois dont les tribus se battent jusqu’à ce que les Romains envahissent la Gaule?
Et pendant ce temps, François Bayrou propose aux français un « ni droite ni gauche » qui refuse tant l’amour que la guerre, et où tous cohabiteront, bon gré mal gré. N’est-ce pas une bonne représentation d’un autre émission vedette de télé-réalité, « le Loft » (Copyright M6)? Mais FB aurait tort d’oublier que les vedettes de télé-réalité disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues
VIe République, ou le retour à « bonne vieille IVe »?
février 27, 2007 on 2:33 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésA mesure que l’heure se rapproche où les candidats à la candidature devront montrer 500 pattes blanches, ou parrainages, on entend dire que dénier à tel ou telle le « droit de se présenter » serait un déni de démocratie. Qu’en est-il?
- Instinctivement, il est évident qu’un candidat qui a obtenu 16% des suffrages au premier tour de l’élection précédente a fait la preuve de sa représentativité et devrait être en état de se présenter
- Tout aussi instinctivement, exiger comme preuve de représentativité de recevoir 500 parrainages, soit 1,2% de la classe d’élus habilités à parrainer ne semble pas exagéré. JusMurmurandi rappelle que ce nombre de parrainages requis était auparavant de 1000.
Alors comment se fait-il que ce candidat, M. 16% des voix, n’arrive pas à ses 1,2 % des parrainages? C’est en fait toute la question du système électoral français qui est posée. Si 16% des voix donnent droit à 16% des parrainages, le raisonnement est proportionnel. Si recevoir 16% des voix donne le droit d’être battu partout, le raisonnement est majoritaire. Et céder sur ce sujet nous amènera vite à changer de système électoral, comme le fit François Mitterrand pour les législatives de 1986, amenant par là-même le Front National au Parlement.
JusMurmurandi voudrait rappeler que cette question du mode de scrutin devrait être centrale dans cette élection. Tous les candidats autres que les 2 leaders des sondages (FN, Verts, PC, UDF etc…) se sont prononcés en faveur d’une proportionnelle. Ségolène Royal, elle, ne se prononce pas, tiraillée qu’elle est entre l’avantage qu’en tire le PS, qui bénéficie aujourd’hui de l’affet 22 avril et empêche toutes les petites listes de gauche de dépasser 3%, et le besoin qu’elle a de se les concilier pour le 2e tour et les législatives.
C’est pourquoi, dans les appels vibrants de multiples candidats à une réforme institutionnelle devant amener la France à une VIe République, JusMurmurandi entend surtout le souhait de revenir à la IVe…
Ce qui aurait d’ailleurs des côtés comiques si le sujet n’était tragique, au moins pour toute personne se souvenant de la vraie IVe République. Car tel ou tel candidat souhaitant la proportionelle se réduirait ipso facto en tant que Président au rang du bon Président René Coty. Est-ce vraiment pour cela qu’ils font tant d’efforts?
Le frère de la Constitution
février 26, 2007 on 7:13 | In Best of, France | Commentaires fermésLa retraite du Président du Conseil Constitutionnel fait obligation à Jaques Chirac de lui trouver un successeur, et, on le sait maintenant, ce sera le fidèle entre les fidèles, Jean-Louis Debré.
De nombreuses critiques ont fleuri sur cette nomination, arguant que le seul critère qui a valu à JLD ce poste d’une importance capitale était son amitié inconditionnelle pour le chef de l’Etat, et non ses capacités. JusMurmurandi s’élève contre ces critiques et en démontre la nullité sur le triple plan de la compétence, génétique et arithmétique.
- Sur le plan de la compétence, l’affaire est simple. Il s’agit du Conseil Constitutionnel. Or Jean-Louis Debré, d’une nature généreuse, a toujours dispensé beaucoup de conseils, tant à ses adversaires qu’à ses alliés. En outre, il dispose d’une robuste consitution. Que demander de plus?
- Sur le plan génétique, Jean-Louis Debré est le fils de Michel Debré, qu’on appelle le Père de la Constitution de la Ve République. Ce qui fait de Jean-Louis Debré le frère de la Constitution, ou JusMurmurandi ne s’y connait pas. Qui mieux qu’un frère pour veiller sur sa soeur? Frère de la Constitution, voilà un titre sans égal!
- Sur le plan arithmétique, si Jaques Chirac n’avait pas nommé Jean-Louis Debré, mais, par exemple le très renommé juriste Renaud Denoix de saint Marc, c’était une nomination et voilà tout. Alors qu’avec JLD, il peut maintenant faire attribuer le poste de Président de l’Assemblée Nationale, libéré par Jean-Louis Debré, à Patrick Ollier, compagnon de Michèle Alliot-Marie, autre fidèle du Chef de l’Etat. Sans compter les ouvertures comme Député de l’Eure et comme Maire d’Evreux. Bref, au lieu d’une nomination, c’est 4 que l’expérimenté Chirac peut comptabiliser. Et sans frais, qui plus est…
Mais il y a une chose que Jean-Louis Debré doit sacrifier pour prendre ce nouveau poste, et qui lui pèse infiniment. Un sacrifice qui montre toute la hauteur et la grandeur d’âme du nouveau Président du Conseil Constitutionnel. Un sacrifice déchirant, que Jean-Louis Debré fait sur l’autel de son amour pour la France, en digne fils de son père, qui se sacrifia tellement qu’il finit par faire 1,66% des voix à l’élection Présidentielle de 1981. Ce sacrifice à nul autre pareil, c’est dabandonner, avec l’hôtel de Lassay, qui va avec le poste de président de l’Assemblée Nationale qu’il quitte, la meilleure cuisine des Palais Nationaux. La meilleure cuisine, voilà la mesure du sacrifice de Jean-Louis Debré!
Comment ose-t-on dire que la France n’a plus de serviteurs?
Promesses électorales, chiffrage et gueule de bois…
février 26, 2007 on 6:23 | In C'est ça, Paris?, Elections présidentielles 2007, France, International | Commentaires fermésPendant la période de chasse aux votes, l’équipe de campagne ne recula devant rien pour convaincre les électeurs, et donna un chiffrage de ses dépenses à venir, chiffrage, qui, entre autres, lui permit d’obtenir les votes de la victoire.
Mais aujourd’hui, passé le temps des promesses électorales, le chiffrage prend des airs surréalistes. Un surcoût global de 70% est d’ores et déja admis, mais de nombreuses fuites font état d’un surcoût global probable de 400%. 400% d’un montant déjà colossal! Comment est-ce possible? Ce n’est manifestement pas une erreur, mais bien une arnaque délibérée de la part de politiciens désireux de gagner à tout prix…
Vous pensez que je parle de la campagne électorale française? Eh bien non. Il s’agit des Jeux Olympiques de 2012 à Londres. Budgetés à 2,3 milliards de Livres, ils coûteront en fait 9 Milliards et deviennent un cauchemar politique pour le Chancelier travailliste Gordon Brown et le Maire de Londres, le très socialiste Ken Livingstone.
Quand on pense que Bertrand Delanoë, le Maire de Paris, a fait tout ce qu’il pouvait pour que ces Jeux se déroulent à Paris, on voit à quoi les Parisiens ont échappé: 15 Milliards d’Euros flambés en 15 jours. Les années de travaux préparatoires qui perturbent la ville pendant des années avant les jours magiques, puis des années de gueule de bois financière qui asphyxient les contribuables et le budget.
Quand il se représentera en 2008, les Parisiens auront une dette de gratitude envers le Maire sortant: celle d’avoir orchestré puis assumé de manière si convaincante le naufrage des chances parisiennes, au point que sa mise en scène de la détresse d’avoir perdu eût du recevoir au moins un César, si ce n’est un Oscar. Car lui, en homme intelligent et habile, savait ce que valent les promesses chiffrées à la veille d’une élection, et il a voulu éviter aux Parisiens ce Titanic Olympique. Pour une fois, JusMurmurandi dit: Merci, Monsieur le Maire, d’avoir perdu!
Sarkolène et les Eléphants: un sonnet de poésie dans un monde de brutes
février 25, 2007 on 4:14 | In Best of, Elections présidentielles 2007, France | 1 CommentDécidément, tout est poésie dans cette campagne électorale. En ce moment, ce sont les poètes romantiques du XIXe qui sont à la mode, et notamment Leconte de Lisle et José-Maria de Hérédia. Non, ceci n’est pas une allusion à François Bayrou, que ses goûts portent plustôt vers Saint-John Perse, mais à Ségolène Royal, qui a en commun avec les deux poètes son goût pour les éléphants. Et tant qu’à faire, mettons-y aussi une pincée de Sarkozy…
Outre que les initiales de José-Maria de Hérédia sont JMH, soit Jospin, Mauroy, Hollande, épine dorsale éléphantesque de l’équipe de Ségolène, celui-ci a écrit un sonnet que JusMurmurandi ne résiste pas à vous rappeler, en version « sarkolènisée ».
Combat électoral
L’aube d’un jour sinistre a blanchi les herbages.
Le camp s’éveille. En bas roule et gronde le fleuve
Où l’escadron léger des militants s’abreuve.
Partout résonnent les tendances et les sondages.
Car malgré Chirac, les augures menteurs,
Villepin débordé, et qu’il vente et qu’il pleuve,
Sarkozy Candidat, fier de sa gloire neuve,
A fait donner la télé et la cour aux électeurs.
Rougissant le ciel noir de flamboîments lugubres,
A l’horizon, brûlaient les banlieues insalubres ;
On entendait au loin barrir un éléphant.
Et là-bas, sous le pont, adossé contre une arche,
Nicolas écoutait, pensif et triomphant,
Le piétinement sourd des légions en marche.
Il y a 5 ans…
février 23, 2007 on 10:28 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésPour ceux qui estiment que la campagne pour l’élection présidentielle est déjà jouée, JusMurmurandi voudrait rappeler quelques souvenirs.
A pareille époque en 2002, les sondages donnaient le classement suivant: 1: Chirac 2: Jospin 3: Chevènement 4: Laguiller 5: Le Pen. Bref, pas vraiment ce qui est sorti des urnes 60 jours plus tard.
JusMurmurandi en tire les enseignement suivants:
- beaucoup de Français soit n’ont pas encore décidé pour qui ils voteront, soit ils peuvent encore changer. Et tout porte à croire que la volatilité cette année sera encore plus forte qu’avant.
- le mythe du « 3e homme » a décidément la vie dure. De Gaston Deferre en 1965, à Chevènement en 2002 et Bayrou aujourd’hui, en étant passé par Tapie et autres Coluche, c’est un thème récurrent de notre vie politique. Notamment parce que cela donne du piment à une campagne, ce à quoi s’efforcent les media. Sauf que jusqu’ici cela n’a jamais marché, et les « 3e hommes » sont partis en fumée. François Bayrou devait y songer avant de déclarer qu’il ne se ralliera jamais, ce qui, dans notre système politique à 2 tours, est l’équivalent de « vaincre ou mourir ».
- les instituts de sondage sous-estiment systématiquement le vote Le pen
Alors, qui fait le (la) fier (fière) maintenant?
Principe de prudence ou principe d’urgence?
février 23, 2007 on 10:08 | In Economie, France, International | Commentaires fermésHier le journal télévisé de France 2 prend un tour fascinant. Alors que depuis l’antiquité la fibre de coton sert à fabriquer des vêtements, il se révèle que la graine de coton possède des propriétés nutritives exceptionnelles sur de nombreux plans. Et que les 44 Millions de tonnes de graines de coton produites annuellement pourraient, à elles seules, nourrir l’équivalent de 500 Millions de personnes. Prodigieux! Qu’attend le monde pour profiter de cette aubaine?
C’est qu’il y a un hic. La variété habituelle de coton produit une graine qui contient un poison. En manger, c’est mourir. Mais des chercheurs américains ont réussi à produire une nouvelle variété qui, elle ne contient pas ce poison, et est donc comestible. Prodgieux! Qu’attend le monde pour profiter de cette aubaine?
C’est qu’il y a un deuxième hic: cette nouvelle variété a été obtenue en modifiant génétiquement le coton, bref, c’est un OGM, dont les partisans de José Bové ne veulent pas au nom du principe de prudence
JusMurmurandi ose poser la question à José Bové: voilà une ressource immédiate et gratuite pour les plus déshérités de la planète pour faire face à leur besoins vitaux en nourriture protéinée. Allez- vous en toute bonne conscience les regarder mourir de faim au nom de votre sacro-saint principe de prudence?
Alors José, chiche?
Paris, le seul Internet aux 35 heures…
février 22, 2007 on 8:13 | In Best of, C'est ça, Paris?, France | Commentaires fermésBertrand Delanoë, le Maire de Paris, rêvait de doter sa ville de wi-fi gratuit, et en haut débit, qui plus est. Voilà bien une ambition que JusMurmurandi pouvait saluer sans réserve. Moderne, utile, conviviale, une excellente initiaitive!
Hier, le Maire fait savoir que c’est SFR qui sera l’opérateur de ce réseau, qui comptera 400 points d’accès, essentiellement des lieux municipaux: les lieux publics, les bibliothèques, les maisons des associations, les maisons de l’emploi, les musées municipaux et mêmes certains jardins (Buttes Chaumont, Champs de Mars, Parc floral). JusMurmuradi pourrait objecter que 400 points d’accès, ce n’est pas beaucoup quand on pense qu’il y a 136.000 points d’accès commerciaux, et que 2,5 Millions d’euros ce n’est pas beaucoup au regard du budget de la Ville de Paris, mais ne soyons pas grognons. A cheval donné, on ne regarde point les dents..
Mais là où JusMurmurandi tombe à la renverse, c’est quand Bertrand Delanoë annonce que le réseau ne sera accessible que pendant les heures d’ouverture des services municipaux et des jardins. Bref, c’est l’Internet aux 35 heures! Comment feront celles et ceux qui, ayant un emploi, sont occupés aux heures de travail? Comment feront ceux qui ont besoin d’internet pour faire la nuit ce qu’on ne peut faire que par Internet parce que les bureaux sont tous fermés? Comment feront ceux qui ont une urgence et veulent trouver un N° de téléphone?
A ces objections, Bertrand Delanoë répond qu’il ne faut pas concurrencer les grands fournisseurs d’accès wi-fi commerciaux, c’est-à-dire payants, comme SFR ou Orange. En bref, les seuls qui pourront avoir l’usage de cet internet gratuit sont ceux qui n’ont pas les moyens de payer un Internet payant, les chômeurs, les étudiants etc… De la sorte, aucun client payant ne fera défaut aux opérateurs. On a connu le Maire moins soucieux de protéger les intérêts des grandes entreprises, surtout quand elles sont organisées en cartel (dixit la DGCCRF à de multiples reprises).
Outre que cela réduit l’utilité de sa mesure à un simple effet d’annonce, le Maire aurait-il oublié que pour avoir accès au wi-fi, il faut un ordinateur portable? Et que donc, ce n’est pas à la portée des économiquement faibles incapables de payer un accès? Bref, après des rues vides, des stades vides et des bourses vides, le Maire nous offre un réseau vide…
Total, EDF, BNP, profits pourris, ou profits Youpi!
février 22, 2007 on 7:18 | In Economie, Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermésUn certain nombre de très grandes entreprises françaises ont annoncé des profits record au titre de l’exercice 2006: Total et EDF dans l’énergie, BNP-Paribas ou la Société Générale dans la banque, entre autres. Beaucoup s’en sont déclarés choqués, et estiment qu’il faudrait les « surtaxer »
Outre qu’il est toujours plus facile de surtaxer les profits des autres que de générer les siens, comme il est plus facile de dépenser l’argent des autres que de gagner le sien, et que les politiciens qui parlent de surtaxe espèrent de cette manière se faire une « cagnotte » pour tenir leurs folle promesses électoralistes, que faut-il en penser?
- d’abord que les profits sont déjà taxés. Et je ne vois personne, hormis les services de MM Breton et Copé pour se réjouir -légitimement- de cette augmentation des rentrées fiscales sans nouveaux impôts. Baisse du déficit, sans impôts nouveaux, rien que du bon.
- ensuite que la part non taxée des profits revient aux actionnaires. Elle-même en deux parts, celle qui est réinvestie, et celle qui est distribuée. Celle qui est réinvestie permet à ces entreprises de poser les bases de profits futurs encore plus élevés, tant pour l’Etat taxeur que pour les actionaires. Ainsi Total pourra reconstituer ses réserves de pétrole, un problème de plus en plus difficile, et EDF pourra remplacer ses centrales nucléaires vieillissantes. Même la gauche socialiste admet l’utilité économique de cet investissement, qui créé à son tour activité économique et emploi
- la part distribuée sous forme de dividendes aux actionnaires est la plus vilipendée: ce seraient des profits qu’on fait « en dormant », par opposition aux profits faits « en travaillant ». Mais ces actionnaires, qui sont-ils? Ce sont en majorité des Français: d’abord les employés de ces entreprises, qui ont pour la plupart acheté des actions au moment de la privatisation de leur entreprise, et puis tous ceux qui préparent leur retraite sous forme d’épargne en actions. Que ce soit sous forme directe, ou indirecte comme de l’assurance-vie. Bref, là encore, même les socialistes concèdent que l’intéressement des employés aux profits d’une entreprise, ainsi que l’épargne-retraite sont de bonnes choses
- enfin, il y a un autre effet dû à ces super-profits: la montée des cours des actions des sociétés concernées en Bourse. Cela augmente le patrimoine des actionnaires, et, grâce à cette augmentation de patrimoine, ils peuvent dépenser plus ou acheter plus. C’est l’effet de richesse, si puissant aux Etats-Unis où l’actionnariat est tellement plus développé qu’en France.
Alors, puisque chaque composant économique de ces super-profits est utile, que reste-t-il comme argument à gauche pour hurler au loup de l’impôt? Serait-ce qu’ils n’aiment tout simplement pas l’argent? Après tout, on pourrait le comprendre de la part de leur électorat souvent fonctionnaire, compte tenu que ceux-ci, qui ne prennent aucun risque, puissent s’irriter que ceux qui en prennent en empochent le fruit. Mais on dit souvent que ce problème avec l’argent est la marque des sociétés catholiques, par opposition aux sociétés protestantes du Nord de l’Europe.
Si c’est le cas, en plus d’avoir la gauche la plus laïque du monde, JusMurmurandi se demande si nous n’aurions pas aussi la plus catholique?