Se faire prendre la main dans l’urne…
septembre 9, 2009 on 1:31 | In Ca m'énerve, Coup de gueule, France, Incongruités, Insolite, Poil à gratter | 2 CommentsDepuis l’élection très contestée de George W. Bush à la présidence des États-Unis en 2000, contester le résultat des élections est devenu une pratique aussi planétaire que systématique. Aujourd’hui, on conteste les résultats avant même qu’ils ne soient publiés, comme au Gabon, ou en Afghanistan. L’exemple le plus notoire d’une élection « volée » par de la fraude électorale reste néanmoins l’Iran, avec son président prétendument élu Ahmadinejad.
De ce point de vue-là, l’élection présidentielle française aura été une exception on ne peut mieux venue, personne n’ayant contesté sa validité. Et d’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement dans un pays moderne, où la tradition démocratique est une référence internationale?
Donc non, un président aussi mal élu que M. Ahmadinejad, c’est une réalité iranienne que nous n’importerons pas.
Sauf qu’il semble que ce soit déjà fait.
Un livre vient de sortir, appelé « Hold-uPS, arnaques et trahisons », qui affirme que l’élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire du PS n’a été obtenue qu’à l’aide de méthodes frauduleuses, dont de bons vieux bourrages d’urnes.
Pour une fois, Ségolène Royal, qui se plaint constamment d’être victime de tout et de tous, aura un vrai motif de le faire.
JusMurmurandi se demande aussi ce que peut penser de ce malodorant pataquès l’honnête Jacques Delors, père de Martine Aubry.
En attendant, le PS se retrouve avec un Premier Secrétaire qui tient compagnie à MM. Ahmadinejad, Karzaï, Bongo, et autres Mugabe. Pas terrible…
Qu’est-ce qui est le plus triste dans cette histoire: que de telles méthodes soient utilisées (il semble que ce soit le cas depuis longtemps et que tout le monde soit plus ou moins au courant), ou de s’être fait prendre la main dans le sac, ou plutôt dans l’urne?

Ca m’énerve
septembre 8, 2009 on 10:42 | In Ca m'énerve, France, Incongruités, International, Poil à gratter | Commentaires fermésNon, JusMurmurandi n’a pas recruté Helmut Fritz au sein de sa rédaction.
Simplement, on trouve son clip et sa chanson pleins d’humour.
Et cela nous a donné des idées (entre autre pour une nouvelle catégorie).
Par exemple, lorsque l’on veut faire interdire « Tintin au Congo » au motif que ce serait un ouvrage raciste, ça m’énerve.
C’est de la bande dessinée. Pas autre chose.
Alors que ceux qui n’ont rien d’autre de mieux à faire que de vouloir censurer des bandes dessinées se choisissent des desseins (!) un peu plus ambitieux.
Par exemple, lorsque le Parti Socialiste par la voix de Benoît Hamon, affirme sa « pleine solidarité » avec ceux des salariés de Continental qui se sont comportés comme des vandales et qui ont été condamnés par la justice après avoir saccagé la sous préfecture de Clairoix, ça m’énerve.
Qu’ils ne soient pas d’accord avec leur direction, c’est possible. Qu’ils fassent grève, c’est possible.
Qu’ils détruisent ce qui ne leur appartient pas, outil de travail, bien de l’Etat (donc quelque part un peu le leur), pas d’accord.
Et qu’en plus, lorsque la justice passe et les sanctionne et que le P.S. joue les défenseurs de ceux qui détruisent sauvagement en ne respectant pas la loi, Marie George Buffet du PC étant devenue inaudible, ça m’énerve encore plus.
Par exemple lorsque l’on voit une femme journaliste qui a travaillé pour les Nations Unies se faire condamner au Soudan parce qu’elle porte un pantalon et se faire mettre en prison parce qu’elle n’a pas voulu payer l’amende, ça m’énerve.
Si vous avez raté le clip original, nous vous le mettons à disposition. Et si vous voulez une belle « adaptation », écoutez Jack dans sa version Laurent Gerra du deux septembre dernier ici http://www.rtl.fr/fiche/5927239261/la-chronique-de-laurent-gerra.html
Bonus or no bonus, that is the question !
septembre 7, 2009 on 10:54 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, Poil à gratter | 2 CommentsTout le monde parle de la grippe A.
Tout le monde parle des bonus du monde de la finance.
Personne, ou presque, ne parle de l’endettement de l’Etat qui atteint des proportions absolument inimaginables.
Rappel : en 2007 le candidat Sarkozy annonce un train de mesures qui devrait aboutir selon lui à un retour à l’orthodoxie financière d’ici à 2012 (non renouvellement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux etc.).
Survient la crise financière, dont on n’a pas fini de payer les conséquences dévastatrices (emploi etc.)
Et le seul remède que trouvent les Etats, France comprise, c’est de se substituer à l’économie privée et d’investir afin de remettre la machine économique en marche.
Grands projets, nouveaux investissements, new New Deal, tous les titres les plus ronflants sont bons pour justifier l’intervention de l’Etat (sous toutes ses formes, et sur tous les continents) dans une économie en état de choc.
Aujourd’hui, la communication de l’Etat se résumerait elle à un langage soporifique, en faisant appel à la peur collective d’un virus qui ne mute pas et qui nous a déjà coûté 1,5 milliards d’Euro?
La relance de l’économie passe t elle vraiment, par exemple, par la dynamisation du secteur parapharmaceutique avec l’explosion des ventes de solutions hydro-alcooliques ?
Le renflouement de l’Etat sera t il assuré par le rapatriement des 3 milliards d’Euro dont on aurait prétendument trouvé la trace au pays du Gruyère ? (cela rappelle furieusement le discours de Pierre Bérégovoy à l’Assemblée Nationale lors de son arrivée à Matignon…pas brillant).
Car soit dit en passant, la droite qui se veut moralisatrice mais pétant de trouille à l’idée de faire un cadeau à ses électeurs devant une gauche qui n’attend que cela avec son gourdin médiatique, passe à côté de la plaque. Berlusconi, au delà de ses défauts, a été autrement plus pragmatique dans les mêmes circonstances; et ce ne sont pas trois mais cinquante milliards d’Euro qui ont été réinjectés dans l’économie transalpine. Excusez du peu. Alors avec trois milliards, nous, Français, pouvons aller nous rhabiller.
Parce que même taxés à un taux élevé à l’ISF, cela ne rapporterait que….120 millions d’Euro annuels environ (taux de 4% pris à titre d’exemple). Et 120 millions face à 120 milliards, ce n’est pas sérieux. Il y a beaucoup « mieux » à faire du côté de la TVA ou du travail non déclaré.
Non, JusMurmurandi a une idée plus créative, plus « poil à gratter ».
Car le vrai problème est que l’on cherche désespérément de l’argent pour renflouer les caisses.
Par conséquent, est ce vraiment le moment de plafonner les bonus, donc plafonner les impôts, et recréer une deuxième sorte de bouclier fiscal ???
Vive la liberté, vive le désendettement, vivent les bonus
Chiche !!
Leçon de concurrence
septembre 7, 2009 on 6:55 | In Economie, France, Incongruités, Insolite, International, Poil à gratter | Commentaires fermésLa France a toujours du mal avec la concurrence, dont beaucoup pensent qu’elle détruit plus qu’elle ne contribue. Les exemples de cette frilosité abondent, notamment les nombreuses lois qui freinent les grandes surfaces dans la concurrence qu’elles peuvent faire aux autres formes de commerce, ou la limitation de la publicité comparative pure et dure.
Voici un exemple a contrario intéressant. Apple, comme dans tous les pays du monde où il a lancé son téléphone mobile iPhone, a choisi un partenaire exclusif, en l’occurrence le leader du marché, Orange. Ce qui a valu un très bon démarrage au téléphone à la Pomme.
Oui, mais voilà, le Conseil de la concurrence a retoqué l’accord d’exclusivité entre Orange et Apple, et obligé ce dernier à vendre son téléphone aux autres opérateurs aussi.
Le résultat: Apple est maintenant le N°2 du téléphone mobile en France, avec environ 20% du marché en valeur, devant le N°1 mondial Nokia! Et il pourrait même, en valeur, devenir N°1 s’il continue sur sa lancée. N°2 avec un seul modèle, quand tous ses concurrents en ont des dizaines…
Ce qui est intéressant, c’est que la France est le seul marché où Apple soit parvenu à cette place de N°2. Et aussi le seul marché où il vende à tous les opérateurs. Et que c’est la seule différence qui explique un résultat si remarquable.
La conséquence est facile à tirer: la concurrence, ça marche! En l’occurrence, le Conseil de la concurrence a donné une formidable leçon à Apple, en lui montrant qu’exclusivité rimait avec frilosité, et concurrence avec abondance.
Y a-t-il quelqu’un au sein de l’État pour entendre et apprendre de cette leçon?

Allant vers les roses, le MoDem est dans le rouge et non dans le vert.
septembre 5, 2009 on 9:19 | In Elections présidentielles 2012, France, Incongruités, Insolite | 2 CommentsLe MoDem est en pleine université d’été, et cela ne s’annonce pas simple pour François Bayrou. Il a toujours mis en avant comme spécificité de son parti le refus absolu et obstiné d’être classé soit à droite soit à gauche. De la sorte, sa position « au-dessus des partis » lui permettrait, après son élection à la Présidence de la République, de forger des majorités ad hoc en picorant tant à droite qu’à gauche.
Le problème, c’est que ce positionnement, joint à une opposition acharnée et féroce à tout ce qui vient de Nicolas Sarkozy, lui a valu de voir son parti terminer derrière les Verts aux élections européennes, pourtant un thème qui a toujours valu à l’UDF, prédécesseur du MoDem, les meilleurs scores.
L’année prochaine sera celle des élections régionales, la dernière dont les sortants MoDem aient été élus en tant qu’UDF, c’est-à-dire au centre-droit coalisé avec le RPR. Et si le MoDem continue sur la « lancée » actuelle, il verra son nombre de voix et d’élus chuter encore une fois gravement. Ce qui est d’autant plus grave que ce sont les deux bases sur lesquelles le parti est financé par l’Etat.
Bref, il y a péril dans la maison MoDem, sur fond de protestations de militants dégoûtés par le style ultra-personnel de Bayrou.
Pour faire face à cela, le Béarnais vient de laisser entendre qu’il approuvait l’ouverture que son lieutenant, Marielle de Sarnez, avait faite en direction du PS.
Le problème, c’est que le PS est au moins aussi prédateur envers ses alliés, comme le PRG, ou voudrait l’être avec les Verts, que l’UMP avec les siens. Et que donc, Bayrou, qui a refusé que son parti soit le supplétif de l’UMP, doit aujourd’hui envisager d’être celui du PS. Ce n’est pas JusMurmurandi qui le dit, c’est Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem. Ambiance…
Sans compter qu’une alliance avec le MoDem détournerait du PS des partis qui envisagent avec lui une alliance franchement à gauche, tels les communistes ou le Parti de Gauche
Ainsi Bayrou, s’il ne s’allie ni à droite ni à gauche va constater les ravages que fait sur celui qui se voudrait le troisième homme un système électoral fait pour des confrontations de deux blocs. Et s’il s’ouvre à gauche pour survivre, il trahira tous ceux qui l’ont suivi dans sa quête de ni-droite-ni-gauche. Et une deuxième fois tous ceux qui avaient élu son parti alors allié de Chirac…, c’est-à-dire allié à droite.
Enfin, tout ceci devrait être résolu dimanche quand, dans son discours de clôture, le Président du MoDem dévoilera sa stratégie… encore 36 heures d’attente et de suspense insupportables…
En attendant, devant la décomposition sous nos yeux du PS et du MoDem, une étrange hypothèse naît sous les yeux interloqués de JusMurmurandi. Et si, en 2012, l’adversaire de deuxième tour de Nicolas Sarkozy était… Daniel Cohn-Bendit?

SMS au volant, mort au tournant
septembre 2, 2009 on 10:39 | In France | Commentaires fermésJusqu’à présent, le législateur s’est attaché à sensibiliser les conducteurs aux dangers que pouvait représenter le fait de téléphoner pendant la conduite.
Multipliant le risque d’accident par quatre, il causerait aux Etats Unis, selon une étude de l’université de Harvard de 2003, 330.000 accidents par an, et 2.600 morts pendant la même période.
Mais un nouveau danger apparait, celui des conducteurs (et conductrices) qui envoient des sms pendant qu’ils conduisent.
Car leur attention peut quitter la route pendant une durée allant jusqu’à cinq ou six secondes. Une durée suffisante pour parcourir plusieurs dizaines de mètres suivant la vitesse à laquelle vous roulez.
Et les intérêts en jeu sont considérables. Aux Etats Unis, pays des lobbies où il y a 270 millions de lignes mobiles enregistrées, on imagine la difficulté de faire passer une loi fédérale pour interdire l’utilisation des téléphones en conduisant.
Sans parler du fait que toutes les campagnes de communication sur le sujet de l’alimentation n’ont pas arrêté les problèmes de surpoids car les gens ne font pas nécessairement ce qui est bon pour eux….
Bref, il est temps de s’attaquer de manière directe, pour ne pas dire brutale, au problème afin que les gens prennent conscience du risque qu’ils prennent et font courir aux autres en ne se concentrant pas sur leur conduite lorsqu’ils sont au volant.
C’est ce qu’a fait la police de comté de Gwent en Grande Bretagne en produisant une vidéo d’une violence rare.
Attention, âmes sensibles s’abstenir.
Texto ou conduire, il faut choisir. On tient à vous.
Légitimer le crime d’Etat?
septembre 2, 2009 on 7:14 | In Coup de gueule, France, Incongruités, Insolite, International | 2 CommentsQui connaît le docteur A. Q. Khan? C’est le savant qui a monté toute la filière nucléaire pakistanaise. Et, à ce titre, conféré à ce pays pauvre et instable, qui vit quelque chose qui tient à la fois de la paix armée et de la guerre froide avec son pays-frère l’Inde, une dangerosité maximum.
Mais ce qui rend le docteur Khan particulièrement « sensible », c’est que c’est sa filière qui a vendu, en violation de tous les traités de non prolifération nucléaire, de quoi monter des armes nucléaires en Corée du Nord, en Libye, et en Iran.
Or le docteur Khan n’a jamais été véritablement inquiété par son pays, le Pakistan, où il est considéré comme un héros national. Tout au plus, comme un geste fait vers la communauté internationale indignée et furieuse de l’activité de supermarché de l’atome militaire du savant, a-t-il été mis aux arrêts domiciliaires.
Mais ces arrêts domiciliaires viennent d’être levés, sur décision de justice, et le docteur Khan est maintenant libre comme l’air. Quand on sait l’interprétation qui a déjà faite de sa liberté avec certains des régimes les plus scabreux de la planète, on ne peut qu’être inquiet.
C’est pourquoi JusMurmurandi, ordinairement si attaché à l’exercice rigoureux du droit se demande si le monde ne serait un endroit un tant soit peu plus sûr si le docteur Khan se trouvait avoir un malencontreux accident de santé… ou autre…

Ne pas oublier?
septembre 1, 2009 on 5:49 | In Europe, France, Insolite, International | Commentaires fermésIl y a 70 ans tout juste, l’Allemagne nazie attaquait la Pologne, déclenchant ce qui allait être la guerre la plus meurtrière de l’Histoire.
Les Polonais, et on peut les comprendre, se sont sentis trahis quand, deux semaines plus tard, les Soviétiques envahirent la Pologne orientale en « vertu » du traité germano-soviétique entre Hitler et Staline pour se partager le pays de Chopin.
Ce sentiment de trahison et le ressentiment qui en procède perdurent encore aujourd’hui et continuent d’empoisonner les relations polono-russes, de même que le massacre par les Soviétiques de 20.000 officiers de l’armée polonaise à Katyn en 1940.
Des situations comme cela, l’Histoire en a malheureusement légué des quantités en Europe. La partie occidentale de la Pologne, qui leur a été donnée et arrachée aux Allemands en 1945 en « compensation » de la prédation par l »URSS de ce qui est aujourd’hui l’ouest de la Biélorussie. Les minorités russes dans les pays baltes. Les minorités hongroises en Roumanie et en Slovaquie. L’occupation de la partie nord de Chypre par les Turcs. Etc… etc…etc… la liste serait quasiment sans fin.
Alors, que faire? N’a-t-on vraiment le choix qu’entre l’oubli, ignoble pour les victimes, et le ressentiment amer, encombrant pour le présent et l’avenir?
JusMurmurandi est heureux d’apprendre qu’au même moment où ce dilemme ressort de manière si douloureuse, la Turquie et l’Arménie vont reprendre des relations diplomatiques, bloquées jusqu’ici par le souvenir du massacre des Arméniens d’Anatolie par les Ottomans, prédécesseurs des Turcs, en 1915-1916.
Il est donc possible de dépasser les blessures du passé pour construire un avenir meilleur.
Et si c’était cela, le progrès?
R.I.P. SkyEurope
septembre 1, 2009 on 6:56 | In Economie, Europe, France, International | Commentaires fermésLes compagnies aériennes low-cost, vous connaissez? Des billets à des prix incroyablement bas, quelquefois à quelques euros (surtout quand ils « oublient » de compter les taxes d’aéroport et autres surcharge de carburant). Et les compagnies traditionnelles ont le choix entre baisser leur prix pour les concurrencer, ou leur abandonner une part importante du marché. Un choix de toute façon douloureux.
Ce qui explique que les compagnies low-cost ont proliféré partout dans le monde, telles Southwest Airlines aux USA, la brésilienne Gol en Amérique latine, Ryanair ou Easyjet en Europe, ou Air Asia en Asie.
Mais proliférer n’est pas toujours synonyme de prospérer. Notamment quand, la crise venant, les passagers se font plus rares. Car, si le business model des compagnies low-cost leur donne des avantages en termes de coûts (avions récents, donc moins chers, personnel payé moins cher, passagers plus serrés dans les avions, palette de prestations réduite au minimum, utilisation d’aéroports moins chers), il ne les dispense pas des règles traditionnelles de la gestion aérienne, c’est-à-dire d’équilibrer le coefficient de remplissage des avions avec le prix des billets.
Car offrir des billets pas cher et remplir ses avions comme ça, c’est facile, mais gagner de l’argent en le faisant ne l’est pas. C’est ce qu’avait appris la compagnie française Air Lib, dernier avatar d’Air Liberté, qui a tenté d’être une compagnie à bas prix sans être une compagnie à bas coûts…. et on sait comment ça s’est terminé.
Aujourd’hui, c’est au tour de l’austro-slovaque SkyEurope de jeter l’éponge, en « plantant » au passage des milliers de passagers. Cette compagnie, venue au monde l’année du 11 septembre et morte l’année de la crise, n’aura pas eu une vie facile, et sa marraine, la top-model elle aussi slovaque Adriana Karembeu, n’aura pas suffi à lui porter chance.
Il reste à espérer, sans trop y croire, que les compagnies aériennes traditionnelles ne mettent pas à profit cette faillite pour immédiatement remonter leurs prix sur les destinations d’Europe centrale où opérait SkyEurope.
Car, contrairement à la publicité de la pile Wonder, qui « ne s’use que si l’on s’en sert », la compagnie low-cost, par les prix bas qu’elle institue, « nous sert même si l’on n’en use pas »…

Quand le PS est Vert de rage!
août 30, 2009 on 5:11 | In France | Commentaires fermésNicolas Sarkozy est bien l’Affreux que tous, à gauche craignaient. Il ose annoncer un nouvel impôt à finalité écologique, la déjà célèbre « taxe carbone ». Le nouvel impôt, il devrait pourtant savoir que c’est un concept dont les socialistes ont le monopole, et que la finalité écologique est une chasse gardée des Verts. Vraiment, cet homme ne respecte rien, et la République est en danger!
Le résultat d’une manœuvre aussi déloyale ne se fait pas attendre, Martine Aubry, pour une (rare) fois en accord avec Ségolène Royal, dénonce la taxe carbone. Le problème, c’est que cette union contre le projet scélérat du Président leur coûte leur union avec les Verts. Car Daniel Cohn-Bendit, lui, trouve excellent le projet de taxe carbone. Et donc critique, avec la verve qu’on lui connaît, la critique des socialistes. Il les traite de « néo-libéraux »! Voilà un épithète que le PS ne n’est pas vu attribuer souvent…
Il faudrait quand même se souvenir qu’avant de traiter de l’urgentissime problème des primaires, il va y avoir en 2010 des élections régionales, où il semble que les options des socialistes soient de choisir entre le reflux (ils sont sortants dans 20 régions sur 22, donc ne peuvent que faire moins bien) et le désastre si les électeurs reproduisent leur choix des dernières européennes.
Pour cela, il faudra s’allier avec les Verts, et d’autres (Parti de Gauche, PC, etc…), avant de savoir s’ils peuvent faire quelque chose avec le MoDem. Or les déclaration sur la taxe carbone, et le vote qui s’ensuivra ne peuvent que servir de chiffon rouge aux yeux des Verts.
Bref, Martine Aubry, malgré son succès aux universités d’été du PS a toutes les raisons de broyer du noir. Du noir de carbone, bien sûr…

L’Amérique qui rit, l’Amérique qui pleure
août 29, 2009 on 4:25 | In Economie, France, Incongruités, International | 1 CommentQuelques résultats industriels ou commerciaux ont intéressé JusMurmurandi ces dernières semaines.
Tout d’abord la poursuite de la saga du Boeing 787.
S’il s’agit du plus grand succès commercial dans le domaine aéronautique, c’est la plus grande débâcle industrielle.
Un dernier communiqué annonce cette semaine les livraisons pour le dernier trimestre 2010.
Entretemps, la rigidité du caisson central doit être revue, et sur le plan industriel, Boeing a déjà racheté l’un de ses fournisseurs critiques pour « reprendre les choses en main ».
Bref, les choix technologiques simultanément à un nouvelle logistique industrielle semblent avoir été un trop gros morceau à avaler d’un seul coup.
Sont ils encore crédibles pour la date de fin 2010 ? Il faut rappeler qu’originalement les livraisons devaient débuter en mai 2008….
Mais cette Amérique qui pleure est aussi une Amérique qui rit…
Souvenez vous, lorsque que le 787 est annoncé, Airbus annonce l’A350.
Boycotté par certains gros clients potentiels (Américains entre autre, comme par hasard – ne jamais oublier le temps mis par les autorités américaines pour autoriser le Concorde à atterrir à New York lorsqu’ils parlent de leur attachement au libre échange….) comme n’étant qu’un A330 remotorisé, et pas assez innovant, Airbus revoit totalement sa copie. Au passage allonge la facture du coût de développement et surtout le calendrier de disponibilité sur le marché.
Imaginez qu’Airbus ait aujourd’hui disponible au catalogue un A330 remotorisé disponible, moins cher tant à l’achat qu’en exploitation même si moins sophistiqué que ce 787 qui n’en finit pas d’arriver…
Deuxième sujet qui nous a intéressé, l’iPhone qui taille des croupières à tous ses concurrents bien qu’étant arrivé tellement plus tard qu’eux sur le marché, en 2007.
Car il faut resituer ce produit génial dans l’histoire d’Apple.
En 1984, lorsqu’il lance le tout aussi génial MacIntosh, Steve Jobs fait le choix opposé d’IBM avec un produit « fermé » à cause de son système d’exploitation exclusif qui le rend de facto plus cher que son concurrent.
L’iPhone lui détourne le sujet de façon brillante.
Car s’il donne l’exclusivité théorique pour la partie téléphonie à un fournisseur (exemple Orange jusqu’à ces derniers mois en France, le temps qu’ils en vendent plus d’un million…), Apple ouvre un tout nouveau secteur au travers des applications avec le génial Appstore. Certaines applications sont déjà tellement populaires que leurs créateurs sont devenus millionnaires !! Les unités de compte pour les applications sont les dizaines de milliers, pour les téléchargements gratuits ou payants (eh oui, n’en déplaise aux pourfendeurs d’Hadopi…) les milliards. Élégant, subtil.
Sur le plan industriel, Apple ne vend qu’un seul et unique produit, là où les traditionnels comme Nokia se battent avec les coulissants, les téléphones à clapet etc. Les seules variantes sont les tailles mémoire et la couleur du dos. On en est presque revenu à la géniale simplicité d’Henry Ford et de son Modèle T.
Depuis son lancement, c’est devenu un produit ludique, Nintendo déclarant qu’un de ses principaux concurrents pour sa fameuse console DS (pour double screen, maintenant DSi), c’est justement l’iPhone. En marchant sur les plates bandes de Nokia qui a échoué avec sa tentative Ngage.
Enfin, il vient chatouiller efficacement Blackberry et ses téléphones à clavier omniprésents en environnement professionnel. Peut être un clin d’oeil historique au Mac qui n’a jamais vraiment réussi à pénétrer le marché de l’entreprise, hormis certains secteurs bien particuliers comme la communication.
Donc un produit grand public qui veut entrer dans l’entreprise avec une offre ludique.
Cette Amérique qui rit est aussi une Amérique qui pleure avec le formidable Blackberry, produit professionnel par excellence,qui veut copier l’Appstore pour en faire un produit grand public…
Car RIM, le fabricant du Blackberry est canadien; quelle fessée pour les Américains, alors que la version Windows mobile (qui n’est qu’une solution logicielle, là où Blackberry et iPhone sont un « tout en un ») piétine. Rappelez vous l’article sur le Président Obama qui a exigé de pouvoir garder le sien après sa prise de fonction…
Toutefois, iPhone et Blackberry ont un point commun, la fabrication chinoise……
Bonus bancaires, caméras de télévision et déconnection Internet
août 26, 2009 on 6:22 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, Insolite, International, Poil à gratter | Commentaires fermésQuel rapport, me direz-vous, entre ces trois sujets? Il est simple.
Nicolas Sarkozy a suffisamment fait pression sur la banquiers français pour que ceux-ci ne donnent des rémunérations variables à leurs traders que sous certaines conditions. Notamment l’introduction de malus en cas de mauvais résultats, un lien avec les résultats de l’entreprise, et un étalement sur plusieurs années. Autant d’excellentes idées, à la condition expresse que les banques des autres pays les appliquent aussi, sinon la France perdra ses traders et son trading au profit de ses voisins et concurrents. Il n’est pas facile d’être un îlot de vertu au sein d’un océan de péché.
Les statistiques françaises indiquent que les villes qui ont installé des caméras de vidéosurveillance enregistrent de meilleurs résultats en matière de délinquance que celles qui ne l’ont pas fait, la montée de la criminalité y étant moitié moindre. Pourtant, la Grande-Bretagne, qui a installé 50 fois plus de caméras que la France, constate que celles-ci n’ont qu’un rôle infime dans la maîtrise et la répression de la même criminalité. Cette apparente contradiction vient de ce qu’en France, où il y a relativement peu de villes vidéosurveillées, les voyous choisissent d’éviter les villes-là pour se reporter dans des coins moins exposés. Alors qu’en Grande-Bretagne, où elles sont partout, il n’y a plus d’effet « îlot de tranquillité dans un océan de délinquance ».
La loi Hadopi est l’une des plus controversées que Nicolas Sarkozy ait fait voter, notamment pour son volet de déconnexion des abonnés Internet qui téléchargent illégalement. Pourtant, c’est maintenant au tour de nos amis britanniques d’envisager cette solution, qui promet d’être si efficace qu’elle met les pirates du Net dans une fureur indescriptible. Car, jusqu’ici, quand un serveur se faisait réduire au silence, comme cela a été le cas du célèbre Napster, puis aujourd’hui du suédois Pirate Bay, il suffisait de se brancher sur un autre serveur.
Alors que demain, avec Hadopi, il faudra utiliser des alias, des fausses adresses IP, des serveurs de proxys anonymes pour ne pas être démasqué par les caméras de surveillance du Net. Impossible, certes non. Impossible pour tous, en nombre et en compétence, manifestement. Donc cela fonctionnera comme les règles sur les bonus, et les caméras de surveillance. Cela n’empêchera pas le délit ou le crime, mais cela le rendra plus difficile, moins payant, et, partant, moins attractif…
La fausse bonne idée des primaires
août 25, 2009 on 3:52 | In Elections présidentielles 2007, Elections présidentielles 2012, France, Incongruités, Insolite, Poil à gratter | 2 CommentsLe Parti Socialiste français a choisi entre la poule et l’œuf. A savoir s’il leur faut choisir un leader qui soit populaire pour en faire un candidat de qualité à la Présidentielle de 2012, où s’il faut choisir un candidat de qualité et le rendre populaire. La tendance est maintenant claire: le parti va sur la voie des primaires, c’est-à-dire vers le choix d’une personnalité qui saura plaire à l’opinion, ou au moins à une certaine partie de l’opinion, au bon moment.
JusMurmurandi ne peut que saluer ce courage et leur souhaiter bonne chance, dans la crainte, pour le parti, qu’ils n’en aient drôlement besoin.
Comment ceux qui soutiennent cette méthode ne se souviennent-ils pas que, pour toutes les élections présidentielles françaises récentes, celui ou celle que les sondages plaçaient en tête quelques mois avant les élections a fini par perdre?
En 2006, Ségolène Royal apparaissait largement favorite devant Nicolas Sarkozy. C’est d’ailleurs cette popularité qui a largement forcé la main à de nombreux socialistes et les a fait nommer Ségolène plutôt que Laurent Fabius ou Dominique Strauss-Kahn. On sait ce que qu’il en a été de la suite, et comment la candidate de « la France Présidente » a perdu une élection imperdable.
Car, à l’humble avis de JusMurmurandi, la question n’est pas tant de savoir qui sera le ou la candidat(e), mais (1) sur quel programme, (2) avec quels alliés, et (3) avec quel soutien du PS.
Et il faut reconnaître que, sur ces 3 points, le PS est non seulement en vacances, mais carrément aux abonnés absents.
Tel que c’est parti, après avoir perdu les européennes, le PS se dirige vers une véritable fessée aux régionales de 2010, où il se présente en parti sortant pour 20 des 22 régions françaises. Laquelle claque ne va faire qu’exacerber les querelles de personnes.
Ce, alors que la donne de 2012 s’annonce d’ores et déjà plus difficile pour le PS que 2007. Car, en 2007, Sarkozy, outre son équation personnelle peu favorable (petite taille, look moyen, nom à consonance étrangère, réputation d’agité et d’autoritaire), se présentait comme successeur d’un président largement discrédité et combattu à l’intérieur même de son propre parti. Lesquels facteurs négatifs ne se reproduiront sans doute pas en 2012, où il bénéficiera en plus de l’avantage du sortant.
Se souvenant que le mot « primaire », notamment associé à celui d’intelligence, se réfère à des actions instinctives, émotives, voire brutales, JusMurmurandi conseille au Parti Socialiste de procéder avec davantage de réflexion, et donc d’organiser, plutôt des « secondaires ».
3 chefs d’Etat musulmans…
août 23, 2009 on 5:49 | In France | 2 CommentsLe président iranien Ahmadinejad vient d’attribuer dans le gouvernement dont il va proposer au parlement de ratifier la composition le poste de ministre de la défense à un homme qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour avoir joué un rôle majeur dans un attentat anti-juif à Buenos Aires qui fit 85 morts en 1994. Ce qu’il y a de bien avec le président iranien, c’est qu’on ne passe pas son temps à tenter de décrypter ses intentions. Le message est clair…
Le président libyen Moammar Qaddafi a reçu personnellement un ex-agent de son pays, libéré par la justice écossaise pour rasons humanitaires après avoir purgé des années de prison pour l’attentat de Lockerbie, ville sur laquelle tomba un Boeing 747 de la Pan Am, abattu par l’explosion en vol d’un bombe. Ce qu’il ya de bien avec le président libyen, c’est que, même si on ne sait jamais ce qu’il va faire, on sait d’avance que cela sera original et outrancier…
Le président syrien Bachar el-Assad est le fils d’un dictateur sanguinaire, et, à ce titre, considéré comme pas fréquentable. D’où les critiques féroces qui saluèrent sa réception à Paris par Nicolas Sarkozy, qu’on accusa de pactiser avec une ordure. N’empêche que c’est lui qui s’entremit auprès des iraniens pour que Clotilde Reiss sorte de prison et attende à l’Ambassade de France le prononcé de son verdict. Quand on sait que les Iraniens eux-mêmes reconnaissent les mauvais traitements subis par les prisonniers, et que le viol y est monnaie courante, on se dit que, finalement, une Reiss à l’ambassade valait bien un dîner avec El-Assad…
Trois cas très particuliers, trois hommes avec qui un dialogue peut soit se justifier, pour « normaliser » Qaddafi ou El-Assad, ou pour le nucléaire iranien, soit être repoussé, compte tenu que la cuillère n’est jamais assez longue quand on dîne avec le diable…
Une transaction franco-américaine?
août 22, 2009 on 6:56 | In Best of, Economie, France, Insolite, International, Poil à gratter | 1 CommentLes Etats-unis sont-ils menacés de soviétisme? A priori voilà une question grotesque. Eh bien non, car de nombreux Américains interprètent le plan de donner accès à la santé à tous les Américains, et donc aussi aux 40 millions de personnes qui n’ont aucune couverture santé, comme l’arrivée d’un système hyper-étatique coûteux, inefficace et la géré, spoliant les « bons Américains », c’est-à-dire ceux qui sont solvables, au profit de ceux qui ne le sont pas. Il faut dire que tenter de mettre en place un tel plan, forcément d’un coût colossal, surtout au pays qui connaît déjà le coût de la santé le plus élevé au monde, et de loin, au milieu de la crise économique la plus sévère des 80 dernières années a quelque chose de si provoquant qu’on peut parler de calendrier quasi-suicidaire.
Et lors des réunions de préparation de plan, on découvre que les passions américaines pour les questions sociales et sociétales, et notamment le rôle de l’Etat et les impôts, est plus grande que celle des Brésiliens pour le football. Une passion d’autant plus forte que de nombreux citoyens de bonne foi croient réellement que cette réforme met la patrie en danger. Une passion si forte qu’elle en deviendra presque inévitablement violente dans un pays qui compte plus d’armes à feu que de citoyens, comme on le voit déjà avec les querelles religieuses comme celle sur l’avortement, où tuer un médecin qui en pratique n’est pas si rare.
Alors qu’en France, les réformes de Nicolas Sarkozy n’entraînent « que » des grèves et manifestations somme toute très pacifiques, et la couverture santé universelle fait partie de nos acquis depuis longtemps..
Autre phénomène américain: la banque suisse UBS a proposé à des milliers de clients de faire échapper leur argent au fisc américain. Ce faisant la banque a commis un délit sur le sol US, ce pour quoi elle est susceptible de se voir interdire tout acte de banque aux États-Unis, ce qui interdit toute transaction en dollars, en actions ou en obligations américaines. Bref, ce qui ruine la première banque de gestion de fortune au monde. Ou plutôt achève de la ruiner après ses déboires très supérieurs à la moyenne lors de la crise bancaire. L’État suisse et la banque sont donc condamnés à trouver une transaction avec l’État américain pour éviter cette lourde condamnation, ce qui s’est fait cette semaine. Et le prix à payer est que UBS devra dénoncer au fisc américain des milliers de clients qui devront faire face à de lourdes condamnations. Car aux États-Unis la fraude fiscale n’est pas une affaire de seuls gros sous. L’Oncle Sam condamne souvent pour ces motifs à des peines de prison ferme, ce qui est indiscutablement une forme de violence sociale..
Alors qu’en France les fraudeurs du fisc, sauf rarissimes exceptions, non seulement ne risquent pas la prison, mais peuvent négocier et marchander avec Bercy, surtout si la dette est importante et le fraudeur éminent.
Nul doute que la France aimerait pouvoir forcer les banque suisses à dénoncer des milliers de fraudeurs du fisc. Nul doute que les Américains aimeraient avoir une couverture santé universelle à la Française.
Alors, à quand un échange de bons procédés? On leur envoie Sarko en stage, et on prend Obama pour quelques mois?