Les queues blanches
janvier 27, 2009 on 2:34 | In Coup de gueule, Economie, Europe, France, International, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermésRassurez vous, chère amie lectrice, cher ami lecteur, même si JusMurmurandi a récemment mis un lien vers la rubrique matinale de Laurent Gerra, il ne s’agit ni d’un titre coquin, et encore moins d’un sujet à connotation partiale qui serait en rapport avec la couleur de peau…
Mais pour se pencher sur un sujet qui nous a bien agacés.
Que diriez vous d’une entreprise qui a en portefeuille presque quatre années de commandes, autrement dit dont le chiffre d’affaires est quasiment assuré pour les quatre années à venir (au total 438 milliard de Dollars de commande enregistrées) ?
On peut penser qu’elle se porte à merveille, sans préjuger du secteur et de son niveau de concurrence.
Bref, ses produits remportent un franc succès et on peut sans aucun doute non seulement féliciter ses équipes pour ses résultats commerciaux car elle n’est pas en position de monopole (comme par exemple Microsoft avec le système d’exploitation Windows qui occupe 90% du terrain) mais aussi se dire que par les temps qui courent voici enfin une entreprise qui n’aura pas besoin de coup de main.
Las ! Malgré ces résultats éblouissants, le gouvernement français a décidé de venir en aide à Airbus, qui affiche pourtant de si bons chiffres, en mettant à disposition une aide de financement à hauteur de 5 milliards d’Euro.
Car les ventes de ses appareils sont dépendants du système bancaire, la quasi totalité des avions étant vendus à crédit, et 40% de ces crédits venant du secteur bancaire.
Et qui dit vente à crédit, dit ralentissement lorsque le secteur bancaire est en crise. Et c’est à ce moment qu’arrivent les « queues blanches », c’est à dire les avions construits mais qui n’ont pas de clients car ces derniers n’ont pas trouvé les fonds pour financer leurs acquisitions. Les appareils sortent donc de la ligne de fabrication sans le logo de la compagnie aérienne sur l’empennage.
D’après le Directeur Commercial d’Airbus, il se peut que 30% du carnet de commandes manque à l’appel. Si l’on rapproche cela des quatre années déjà engrangées, cela laisse encore plusieurs années de répit pour que les banquiers retombent sur leur pied.
Et qui plus est, Airbus est une société multinationale, avec des intérêts majeurs en Allemagne, Espagne ou encore Angleterre, et à nouveau JusMurmurandi ne comprend pas que cette aide vienne de façon unilatérale de l’hexagone.
Bref, si le gouvernement français se met à venir en aide à toutes les entreprises dont la situation est aussi florissante que celle d’Airbus, la CGT, le PC, le PS et tous les autres peuvent mettre bas les armes pour jeudi prochain, car, c’est sûr et certain, il y aura de l’argent pour tout le monde…

Airbus en pleine ascension
Presse à vendre ?
janvier 25, 2009 on 7:45 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités | Commentaires fermésParis résonne encore du fracas qu’a causé l’article du projet de loi donnant au pouvoir exécutif le pouvoir de nommer le Président de France Télévision. Que n’a-t-on pas entendu sur la régression à avant mai 68, sur l’évolution vers un régime autoritaire, entre autres cris déchirants. JusMurmurandi s’y serait associé, car la liberté de l’information nous est chère, si nous avions cru au danger.
Plus étrange, en revanche, est le grand silence médiatique qui entoure la décision sarkozyenne de donner 600 millions d’euros pour la presse écrite. Car là, il y a un vrai sujet. Sujet comme sujet d’article. Sujet comme sujétion, ou assujettir. Car qui peut imaginer que 600 millions de subventions ne donne ni droit de regard, ni influence?
Le problème, c’est que personne ne veut payer pour des quotidiens généralistes structurellement déficitaires. Leurs ventes sont modestes, comme les recettes qu’ils en tirent tant en prix de vente qu’en publicité. Ceci les condamne à un cercle vicieux de panne de moyens et de lectorat limité, tandis que leur financement, et le contrôle qui va avec, tourne souvent au feuilleton, comme au Monde ou à Libération.
Ce qui veut dire explicitement qu’il n’y pas assez de clients acceptant de payer assez cher, et partant, pas assez d’annonceurs, pour faire vivre ces entreprises.
S’ajoute à cela une profession journalistique intransigeante sur ses avantages aussi bien que sur le droit d’un propriétaire de financer à fonds perdus sans avoir le droit de rien dire ou faire.
Se surajoute la présence très onéreuse de la CGT du Livre, syndicat disposant (on croit rêver!) du monopole d’embauche, et d’une distribution archaïque effectuée par un autre monopole, les NMPP, elle aussi gangrenée par des pratiques sociales verrouillées par la CGT.
Dernière couche de misère pour les quotidiens déjà mal partis: la distribution de concurrents gratuits, faciles et rapides à lire, qui drainent un lectorat de gens allant au travail en transports en commun.
Sans compter, bien sûr, la concurrence des autres media, radio, télévision, et maintenant la lecture souvent gratuite de la presse sur Internet.
Bref, un spectacle de désolation économique sur fond de menace pour la pluralité de l’information. Un spectacle qui n’a pas de fatalité, car, si certaines industries sont frappées structurellement et donc internationalement, les causes de ce mal là sont bien françaises. Il n’y a qu’à regarder la diversité et les tirages de la presse britannique pour s’en convaincre
C’est là qu’arrive, les bras chargés de fonds, Sarkozy tel le roi mage portant des cadeaux. Sauf que là ce n’est pas à un bébé né dans la pauvreté quoique porteur de l’avenir du monde, mais à un métier anciennement riche et tombé dans la misère de la vieillesse.
Cadeaux qui ne sont pas négligeables, puisque 600 millions d’euros par an, cela fait 4 milliards de francs, ce qui fait qu’en 7 ans, on atteint le montant des pertes abyssales du crédit Lyonnais. On n’en est donc pas au naufrage du Titanic, mais c’est plus que le naufrage d’un concurrent du Vendée Globe…
Et là, contrairement à la nomination du président de France Télévisions, pas un mot contre la manne présidentielle, qui, pourtant, devrait faire débat en termes de liberté et de pluralité de la presse. Pas un commentaire pour demander de quel droit l’argent des contribuables doit servir à financer un produit dont les clients ne veulent plus assez pour le payer à son juste coût. Pas un commentaire pour demander qu’en contrepartie du nouvel avantage, les parties prenantes renoncent aux leurs (convention collective des journalistes, NMPP, CGT du Livre), alors qu’il y a eu un tonnerre pour exiger que les banquiers abandonnent leurs bonus et les actionnaires leurs dividendes.
Non, rien. Le silence. Comme s’il y avait un panneau rouge à l’entrée d’une grande salle à manger, marqué « silence, on mange! ». Un lâche silence pendant qu’on observe ce qui, en fait, revient ni plus moins à la nationalisation de la presse quotidienne. Une situation que n’a pas encore osé (on n’ose dire « réussi ») mettre en pratique la Russie de Medvedev et Poutine.
Liberté de la presse, indépendance des journalistes ne sont plus que des mythes, qu’on pourra enterrer au Panthéon, à coté de celui de la Résistance incarné par Jean Moulin. Sauf que Jean Moulin a souffert la torture et la mort pour ses idéaux.
Alors que la presse quotidienne a simplement vendu les siens au milieu du silence de tous, lâchement heureux d’éviter le désastre même au prix de ce qu’il faut bien appeler une nationalisation massive. Le même silence qu’on a noté quand le fils d’un oligarque russe a racheté France-Soir, exsangue depuis des années, alors que le rachat des Echos, quotidien prospère, par M. Arnault de LVMH qui est quand même beaucoup plus fréquentable à tous points de vue que le riche moscovite, a déclenché grève et levée de boucliers.
Ainsi, Nicolas Sarkozy ne domine pas les consciences comme pouvait le faire De Gaulle. Il ne les inspire pas, comme Pompidou. Il ne leur raconte pas de belles histoires , comme Miterrand. Il ne les anime pas, comme Chirac. Il les achète!
Ne me quitte pas !
janvier 24, 2009 on 12:05 | In France, Insolite, International | Commentaires fermésChacun sait que l’un des plus grands dangers lorsque l’on arrive aux plus hautes fonctions, c’est de perdre le contact avec la réalité, avec le sens commun.
En politique, c’est de ne plus pouvoir communiquer avec ses électeurs qu’au travers des filtres de conseillers.
On se souvient par exemple du débat télévisé organisé par Claude Chirac pour son Président de la République de père avec des adolescents et étudiants pour promouvoir l’adoption de la Constitution européenne, en 2005.
Après être arrivé à court d’argument car il était sec par rapport aux aspirations de ces jeunes électeurs, la seule phrase qui lui vint à l’esprit fut « Je ne vous comprends pas », aveu ô combien fort de son impuissance, de sa perte de contact avec l’électorat et de ses préoccupations.
De la même façon, on se rappellera combien François Mitterrand, déjà bien âgé, avait le souci d’apparaître à l’écoute des jeunes. Dans une de ses interviews, avec des questions ostensiblement convenues à l’avance, à celle où le journaliste lui demande s’il est « branché » [NDLR "à la mode"] il répond « Je suis même câblé » qui était l’ultime version du même mot pour exprimer le fait qu’il était « dans le vent ». JusMurmurandi, soucieux de ne pas polémiquer s’en tiendra pour cette fois à la forme quant à savoir si Mitterrand était un personnage à la mode….
Enfin qui a oublié les SMS présidentiels de Nicolas Sarkozy, qui sont là encore une expression d’un souci comparable de rester en contact mais aussi d’apparaître dans le coup.
Car si l’on est à l’écoute mais que cela ne se voit pas, encore une fois en particulier en politique, ce n’est que partie remise.
C’est pour cette raison que JusMurmurandi trouve symbolique que Barack Obama, fervent utilisateur du Blackberry, a obtenu le droit, la permission de continuer à s’en servir.
D’abord parce qu’il a du ruer dans les brancards et rappeler à ceux qui prétendent le protéger « pour son bien » que lui supprimer son outil de communication préféré relève de son choix personnel et pas du leur, marquant ainsi son territoire, et imprimant clairement sa volonté de changement. Mais aussi, comme expliqué plus haut, pour que l’on puisse toujours avoir accès à lui de façon directe, et non au travers du filtre, du tamis, constitué par sa horde de Secrétaires d’Etat, conseillers, et autres vizirs grands ou petits de toute nature.
Research in Motion, le fabricant, sortira t il un …..Obamaberry ???

Barack H. Obama et son Blackberry
La faute à qui?
janvier 24, 2009 on 9:16 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, International | Commentaires fermés« Il est tombé par terre, c’est la faute à Voltaire; le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Rousseau » Ces mots mis dans la bouche de Gavroche par Victor Hugo sonnent juste: notre système financier est par terre, et nous sommes le nez dans le ruisseau. La question qui émerge avec force est: c’est la faute à qui? Et derrière cette formulation se cachent en fait plusieurs questions: qui sont les gagnants, s’il y en a? Qui a fauté? Qui s’est trompé? A partie de quel moment est-on non plus simplement une victime (de la crise, d’un licenciement, de pertes immobilières ou en bourse, d’un refus de crédit), mais une Victime (de Madoff, de Lehman, d’emprunts « toxiques »)?
Alors, bien sûr, la première réponse, sur laquelle tout le monde est d’accord est de déclarer que « c’est la faute aux banquiers ». Parce que c’est là que les symptômes de la crise sont les plus visibles: pertes abyssales, effondrement du crédit interbancaire et vers les clients, besoins gigantesques d’argent public. Ce qui, couplé à des rémunérations pharaoniques, a tout pour créer un cocktail plus toxique que n’importe quel emprunt.
D’où des clameurs pour clouer au pilori les banquiers, leurs rémunérations, et le pouvoir qu’ils détenaient de « planter » ainsi le système financier mondial et de nous plonger dans une crise économique dont JusMurmurandi n’a eu de cesse d’écrire (et jusqu’ici amplement à raison, malheureusement) qu’elle serait pire que tout ce que nous avons connu au moins depuis les années 30. Plus de bonus pour les banquiers! Plus de dividendes pour leurs actionnaires! Nationalisons les! Régulons et encadrons-les! Faisons-les contrôler en permanence par leurs propres administrateurs. Renforçons les audits. Et surtout, blâmons-les pour tout!
Deuxième coupable évident: le système! Sans aller jusqu’à remettre en cause le capitalisme, faute d’avoir quoi que ce soit à proposer comme alternative, hormis, Besancenot et les ultras du genre du groupe de Julien Coupat, c’est la faute au système! Focalisation excessive sur le profit, et en particulier sur le profit à court terme, priorité aux services, et notamment aux services financiers, désintérêt envers l’industrie. A se demander comment nous avons pu exister avec un système perclus de tant de maux si graves.
Troisième catégorie de coupables indéfendables: les experts, agences de notation ou économistes de tout poil. Ils n’ont rien vu venir, rien annoncé, rien mis en place pour éviter ou amoindrir les conséquences de la crise, et ils sont muets pour nous en sortir.
Regardons cela de plus près:
D’abord, les hommes. Certains ont échoué, d’autres ont failli, d’autres encore ont fauté. Mais jeter la pierre aux hommes, c’est ignorer que, pour beaucoup, ce sont les plus brillants de leur génération. On peut être ahuri devant le désastre des constructeurs américains de voitures, aveugles au point de tout risquer sur les profits tirés des seuls gros véhicules sans voir qu’un jour un retour de balancier les précipiterait (et beaucoup d’entre nous avec) dans l’abîme. Mais combien de brillants jeunes diplômés ont choisi, ces 30 dernières années d’aller travailler chez General Motors plutôt que chez Goldman Sachs? Et si la crise actuelle est bien due à des excès financiers, la finance mondiale a créé une abondance sans précédent.
Ensuite le système. Jeter le système aux orties en raison de la crise actuelle, c’est oublier que la prospérité mondiale a cru de manière continue depuis des décennies, et ce pour le bien du plus grand nombre, y compris depuis 10 ans, de centaines de millions de Chinois et d’Indiens. Cela ressemble à condamner l’industrie pharmaceutique toute entière pour tel ou tel gaspillage, abus, échec ou scandale sans voir que l’espérance de vie de la population mondiale croît de façon régulière, et ce, avant tout, en raison de a disponibilité croissante de médicaments toujours plus efficaces.
Enfin, les experts. Les considérer comme de grands coupables serait leur faire trop d’honneur. Il suffit de voir qu’un trader de pointe gagnait en un jour ce que gagnait un « expert » universitaire en un mois ou un an pour se faire une idée de leur importance relative.
Alors, la faute à qui? Qui sont nos Voltaire, nos Rousseau? Bien sûr, on peut encore faire un dernier effort pour blâmer le désormais ex-Président Bush et ses âmes damnés (on a envie d’écrire « ses ânes damnés ») Cheney, Karl Rove et les néo-conservateurs. Ce qui conduit à accueillir Obama comme le Messie, et à en attendre qu’ils nous sauve tous. Mais comme JusMurmurandi n’a pas vu d’étoile filante ni 3 rois mages, il y a de très fortes chances que ceux qui y croient le plus soient les plus déçus.
La réalité, c’est que nous sommes tous les responsables, et que, s’il y a des coupables, c’est nous. Il est facile de dénigrer la mondialisation et la perte d’emplois qu’elle vaut à notre industrie. Mais qui se précipite pour acheter au moins cher, souvent en provenance de Chine? Si les consommateurs que nous sommes ne privilégiaient pas avant tout le prix dans notre choix, les entreprises ne pressureraient pas avant tout les coûts dans les leurs. D’autres choix sont possibles, comme le lieu de fabrication, l’éthique, le développement durable, l’innovation, la performance, la qualité. Mais non, nous, c’est le prix, donc le coût, donc la Chine.
La même chose est vraie avec le système économico-financier. Il est facile de vouer aux gémonies les fonds de pension qui exigent une rentabilité toujours plus forte, mais le feraient-ils si leurs clients, c’est-à-dire ceux qui leur confient l’argent de leurs futures retraites, ne choisissaient pas les gestionnaires sur le critère de la rentabilité, alors que les mêmes choix alternatifs sont possibles. Et ce système a créé une accumulation de richesses proprement incalculable. Car, pour perdre les sommes que l’on a vu fondre en bourse ou dans l’immobilier, il fallait d’abord qu’elles y soient arrivées.
Le plus intéressant peut-être est de constater que, quand nous sommes en période de prospérité, nous n’avons de cesse de trouver que nous n’allons pas si bien que cela, et que l’argent, somme toute ne fait pas le bonheur. Mais, que survienne une crise, et on constate bien vite à quel point la consommation nous est douce. Et que, si l’argent ne fait pas le bonheur, qu’il nous manque quand nous n’en avons plus tout à fait assez!
Au secours, la gauche de Martine Aubry revient… à ses anciennes méthodes!
janvier 21, 2009 on 2:21 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités | Commentaires fermésMartine Aubry n’a pas perdu de temps. A peine élue, elle montre, avec son contre-plan de relance, où en est la pensée de la gauche en 2009. Et la réponse est simple, en 1981, compte tenu de la similitude de la pensée qui sous-tend cet ensemble de mesures avec les propositions du candidat PS.
Elle remonte beaucoup plus loin encore si on se souvient que le programme de 1981 de François Mitterrand n’était que le prolongement de celui de 1974, élaboré avant le premier choc pétrolier, à une époque qu’aujourd’hui on appelle « les trente glorieuses ». Un tout autre monde…
Quelques exemples:
- le PS veut transformer les aides déjà versées aux banques (qu’ils ont d’ailleurs refusé de voter) en prises de participation. C’est illégal parce qu’unilatéral et rétroactif. Qu’importe!
- le PS veut supprimer le paquet fiscal. Les premiers bénéficiaires sont ceux qui font des heures supplémentaires et leurs employeurs, c’est-à-dire des gens aux revenus modestes ou moyens et des entreprises, précisément ceux qu’il faudrait aider. Qu’importe!
- le PS veut augmenter de 3% le SMIC. Voilà comment on peut distribuer de l’argent sans augmenter les impôts ou le déficit. Les entreprises, dont beaucoup sont déjà en difficulté n’auront pas les moyens de payer, et ce sera une incitation supplémentaire à licencier et délocaliser. Qu’importe!
- le PS veut empêcher de licencier toutes les entreprises qui ne sont pas en grande difficulté. C’est le meilleur moyen qu’elles le soient quand on augmente les charges dans un monde ouvert à la concurrence. Qu’importe!
- le PS veut baisser la TVA de 1%, alors qu’on sait très bien que les distributeurs ne répercuteront pas ou pas entièrement cette baisse, et que l’augmentation de la consommation profitera avant tout aux produits importés. Qu’importe!
Bref, on voit le profil: 2 fois plus d’argent dépensé que la droite. Des dépenses à caractère pérenne (hausse du SMIC), des hausses d’impôts (suppression du paquet fiscal) un rôle accru de l’État (prime pour ne rien faire, hausse des allocations), taxation à mort (au sens propre du terme) des entreprises. Tout un programme, visiblement calibré pour cibler les électeurs de Besancenot au lieu de ceux de Bayrou, qui a du s’étrangler à la pensée rétroactive d’avoir failli s’allier avec ce PS-là.
Après la branchitude de Ségolène Royal, on sait maintenant quelle voie a pris le PS.
Celle de l’antiquititude.
S’ils n’étaient dans l’opposition pour encore au moins 3 ans, il y aurait des réels motifs d’inquiétude.
Et en espérant qu’ils restent encore longtemps dans la désuétude.

Le rêve de King devient, grace à Obama, réalité. Ou devient-il cauchemar?
janvier 20, 2009 on 3:45 | In France, Incongruités, International | 3 CommentsMartin Luther King avait un rêve, celui d’une Amérique réunie, apaisée, où la couleur de la peau ne serait plus que la conséquence d’une différence de pigmentation, et non la cause d’une différence de traitement.
Son investiture aujourd’hui, on a envie de dire son intronisation ou son couronnement, donne à penser à beaucoup que ce rêve est devenu réalité. JusMurmurandi espère que cela se révèle vrai.
Mais deux obstacles se dressent sur la route d’Obama, en dehors de ceux que le monde jette en travers de tous les Présidents américains, qui ont un emploi qui passe pour le plus difficile du monde.
Le premier réside dans les attentes phénoménales qui sont placées en lui, sans même qu’il y soit pour quelque chose, ni qu’il y puisse nécessairement quoi que ce soit. Plus un politicien arrive au pouvoir nimbé de la confiance de tous, plus il a des chances de réussir, tant la confiance est aujourd’hui un moteur du monde. Mais plus il doit satisfaire des attentes, et plus il a des chances de décevoir rapidement. Un parallèle s’impose avec l’Afrique du Sud. L’ANC de Nelson Mandela est arrivée au pouvoir après des décennies d’un pouvoir blanc compétent, raciste et ségrégationniste. Le bilan n’est pas uniformément rose. Notamment, pour les noirs qui attendaient de leurs frères de couleur qu’ils leur donnent accès à l’égalité économique, à l’emploi, à l’électricité, au logement, le rythme du progrès est trop lent, beaucoup trop lent. Raison pour laquelle ils ont éjecté leur propre Président en place, Thabo M’Beki, compétent et noir, mais pas suffisamment généreux à leur gré, pour le remplacer dans quelques mois par Jacob Zuma, autrement plus large en paroles et en promesses.
C’est la route qu’a suivie le Zimbabwe. Elle démontre qu’être noir après des blancs ne donne pas des droits mais des devoirs, et que le réalisme n’y a pas forcément sa place. Un sacré défi pour Obama, le temps de la lune de miel passé.
L’autre obstacle est que, jusqu’ici, les noirs ont pu faire valoir que leur absence relative de réussite était due à une forme de discrimination. La large élection d’Obama par un électorat en grande majorité blanc montre que ceux-ci ne discriminent as tant que cela, puisqu’ils ont jugé un homme à peau noire capable et digne d’assumer la charge suprême, éblouissant une fois de plus le monde par la formidable énergie démocratique de l’Amérique. Dès lors, une peau noire ne pourra plus, comme avant, servir de prétexte et d’excuse pour tous les échecs. Ainsi par exemple le footballeur vedette O. J. Simpson a-t-il réussi à se faire acquitter d’une accusation de double meurtre en expliquant à un jury largement noir qu’il était la victime d’une machination de policiers largement blancs. Maintenant, expliquer que les blancs rejettent, méprisent et/ou haïssent les noirs ne sera plus aussi simple et binaire.
D’une certaine façon, l’élection d’un noir représente la même forme de disparition d’un barrière jusque-là infranchissable que l’élection d’une femme. Ce qui eût pu arriver aux Etats-Unis, où Obama a eu beaucoup plus de mal à vaincre Hillary Clinton lors de primaires démocrates longues et indécises, que son concurrent républicain, le vieillissant John Mc Cain, ainsi qu’ en France, où Ségolène Royal a longtemps caracolé en tête des sondages devant tous les hommes, et notamment devant Nicolas Sarkozy qui l’a pourtant nettement battue en mai 2007.
D’où l’étonnement (le mot est faible) de JusMurmurandi devant la déclaration de Mme Royal, allée aux Etats-Unis pour assister à la cérémonie d’investiture du nouveau Président, qu’elle a inspiré Obama et que les équipes du gagnant américain ont copié la perdante française. Ainsi elle dit que l’équipe américaine a trouvé dans « Désirs d’avenir » la notion de « gagnant-gagnant », car elle ne sait pas qu’aux Etats-Unis le « win-win » est passé dans les moeurs depuis belle lurette.
A l’humble avis de JusMurmurandi, Ségolène Royal ne mesure pas qu’elle vient ni plus ni moins de s’attribuer la place de Martin Luther King. Il faut dire qu’après Jeanne d’Arc, pourquoi pas?

Vous avez dit…videndes??? Et pourquoi pas des bonus en plus?
janvier 19, 2009 on 10:07 | In Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, International | 6 CommentsDes dividendes? Et puis quoi encore? JusMurmurandi hoche la tête, perdu entre ahurissement et hallucination. Après une année 2008 sans précédent, où les banques ont dû, de par le monde, être renflouées par les Etats pour éviter d’être emportées comme la maison de paille du petit cochon par le souffle du grand méchant loup et d’être dévorées toutes crues par la crise, elles veulent faire comme si tout allait bien.
Et notamment distribuer des dividendes aux actionnaires et des bonus aux dirigeants. Argent qui, nécessairement sortirait d’un bilan renfloué et garanti par l’Etat, c’est-à-dire par les impôts des contribuables.
Les bonus, ou part variable de rémunération, comment les dirigeants pourraient-ils imaginer en toucher quand la survie même de leur Établissement a été mise en péril par les conséquences de leurs actes de gestion? Ce serait comme un guide de montagne ou un marin professionnel qui demanderaient leur salaire à des touristes qu’ils auraient emmenés au bord de la mort et qui n’auraient dû leur salut qu’à l’intervention de sauveteurs.
BNP-Paribas, qui mérite bien que l’on dise qu’elle a beaucoup mieux fait (ou moins mal, comme on voudra) que l’immense majorité de ses concurrentes, et qui est restée largement bénéficiaire en 2008, eût été la seule à pouvoir prétendre verser dividendes et bonus, vu qu’il y a effectivement des bénéfices à distribuer au lieu de feuilles de licenciement par dizaines de milliers comme ses concurrentes.
C’est, comme par hasard, celle qui a annoncé que ses dirigeants, MM Pébereau et Prot renonçaient à leurs bonus.
L’argument en faveur du versement des dividendes est plus fallacieux encore. Les actionnaires ont beaucoup souffert de la chute des cours des actions des banques en 2008. Ne pas leur verser de dividendes serait, à en entendre les apologues, les pénaliser plus encore.
JusMurmurandi rappelle qu’il y a des produits financiers à revenu garanti, qui s’appellent les obligations. Si les actionnaires avaient voulu, ils n’auraient eu qu’à en acheter à la place des actions. Mais, évidemment, ils n’auraient pas eu les fortes hausses de cours des dernières années. Bref, après avoir eu le meilleur, ils veulent éviter le pire, ou plutôt le refiler à l’Etat, suivant la tradition française de la privatisation des profits et de la nationalisation des pertes.
Et si les Etats ont du intervenir, c’est parce que les actionnaires n’avaient pas souhaité renflouer des banques en lesquelles ils ne croyaient visiblement plus. Et qui avaient donc de fait fait une croix sur tout dividende possible. Cette défection des actionnaires montre bien qu’il n’est pas nécessaire de leur verser un dividende pour éviter qu’ils ne s’abstiennent dans l’avenir, vu qu’ils s’abstiennent déjà massivement. C’est pour cela que les cours des actions des banques se sont effondrés, nettement plus que la moyenne des marchés. Et ces actionnaires devraient déjà être ravis que les Etats soient venus sauver leur capital en sauvant leurs banques, tels Zorro ou le Père Noël. Et en France cela ne diluera même pas ces actionnaires, contrairement aux Etats-Unis ou à la Grande-Bretagne.
Ces mêmes banques, pour certaines d’entre elles, ont conseillé à leurs clients des investissements qui se sont retrouvé dans le gigantesque trou noir creusé par Madoff. Et après avoir vanté la qualité de leur gestion, leur prudence, leur réputation, leur diligence à vérifier les fonds qu’elles recommandaient, la sécurité de actifs sous-jacents dans des prospectus où le nom de Madoff ne figurait pas même en petits caractères, mais leur leur en gros, elles voudraient se laver les mains des conséquences de leur inconséquence. Et ne pas indemniser les victimes.
Il faut dire que, si elles indemnisaient les clients qu’elles ont induit à cet investissement catastrophique, il resterait moins d’argent pour les dividendes et les bonus.
Vous me direz que je fais un raccourci abusif, que ce n’est pas le même argent, et pas toutes les banques, et vous aurez raison.
Mais c’est la même attitude d’irresponsabilité.
Le Japon a une tradition de « seppuku », plus connu pour sa phase finale, le « hara-kiri », ou suicide rituel de celui qui s’est déshonoré.
Pour les uns, c’est manifestement impossible, vu qu’ils n’ont jamais eu d’honneur
Pour les autres, JusMurmurandi tient des sabres à votre disposition. Enfin, disons qu’une démission sans prévis ni indemnités suffira.

Ne perdons pas notre temps!
janvier 18, 2009 on 8:26 | In Coup de gueule, France, Incongruités, Insolite | Commentaires fermésMême plus le temps de parler! L’opposition s’étrangle de colère, et ne trouve pas de mots assez forts pour qualifier le projet sarkozyen de limite du temps de parole. Il est accusé de vouloir étrangler la démocratie, bâillonner l’opposition, égorger la constitution.
Qu’est-ce qui est en cause? Aujourd’hui, chaque groupe parlementaire dispose à l’Assemblée Nationale du droit de déposer des amendements à un projet de loi. Un droit illimité. Cela a permis à diverses oppositions de déposer des milliers d’amendements à tel où tel moment où un gouvernement proposait un texte dont elle ne voulait vraiment pas.
Ces amendements par milliers ne sont évidemment pas sérieux, car il n’y a pas des milliers de variantes possibles à un texte. Les députés en déposent donc qui ne diffèrent entre eux que par quelques mots. Ils en déposent qui ne sont même pas en français. Il n’est pas besoin qu’ils fassent du sens, ni qu’il y ait beaucoup de députés pour les défendre. C’est un droit, l’opposition en use. Et ne supporte pas que le projet actuel veuille le plafonner.
Il faut dire que la tendance récente est à une hyperinflation du nombre d’amendements. Ainsi la gauche en a déposé en moyenne cinq fois plus de 2002 à 2007 que la droite contre elle de 1997 à 2002
Cela peut atteindre des sommets hallucinants, comme les quelques 137537 amendements déposés en 2006 contre le projet gouvernemental relatif à l’énergie.
A la fin de 2008, le gouvernement a du demander au Président de France Télévision de supprimer de lui-même la publicité à la télévision, faute d’avoir pu, du fait d’une obstruction massive de ce type, mener à bien le travail parlementaire sur ce texte, qui n’était donc pas passé au Sénat. D’où aussi le ridicule d’un débat au Sénat pour légiférer sur une situation déjà actée par une décision de gestion de la société publique concernée.
Cette situation n’est pas propre à la France, puisque qu’aux Etats-Unis, cette obstruction par voie d’amendements porte le joli nom de « filibuster », dérivé du français « flibuste ».
Mais elle est de peu de conséquence en France, où le gouvernement dispose du célèbre article 49-3 pour forcer un vote sans débat, ce à quoi l’opposition voulait sans doute contraindre Nicolas Sarkozy, moment auquel elle eût pu l’accuser d’abuser de cet article pour court-circuiter la vie parlementaire. En oubliant au passage qu’elle-même, quand elle était au pouvoir a eu recours non seulement à cet article 49-3, mais aussi au gouvernement par ordonnances, encore plus rapide puisqu’il évite tout passage par l’Assemblée Nationale.
JusMurmurandi ne s’émeut pas beaucoup de tous ces troubles. La gauche criera et le texte passera limitant la temps de parole, ce dont la gauche se réjouira quand, un jour sans doute, elle sera à son tour au pouvoir.
De fait, il n’est pas sain qu’un gouvernement qui dispose d’un majorité légitime ment élue ne puisse pas légiférer, ce qui revient à nier sa victoire démocratique. Aux Etats-Unis, la seule façon pour une majorité d’échapper à un « filibuster » est de négocier pour que son texte reçoive le soutien de suffisamment de membres de l’opposition pour qu’il passe.
Car aux Etats-Unis, même avec des Présidents aussi polarisants que Richard Nixon, Ronald Regan ou George Bush, le travail parlementaire permet les votes individuels, alors qu’en France l’opposition fait presque toujours le choix de l’opposition systématique et en bloc. On en a vu un seul contre-exemple récent en France quand la voix de Jack Lang, seule, a permis à Sarkozy de faire passer sa réforme constitutionnelle.
Cela peut même aux USA aller jusqu’à ce que le gouvernement renvoie chez eux les fonctionnaires qu’il n’a plus les moyens de payer, faute d’avoir pu voter le budget! Que voilà une saine incitation à ne pas perdre de temps, et à s’entendre par-delà les clivages politiques!
De ce point de vue, adopter la pratique américaine serait un vrai progrès, une vraie ouverture. Encore faudrait-il que le MoDem, le PS ou le PC s’y prêtent, eux qui ont été la seule opposition d’un grand pays à ne pas voter le plan de soutien aux banques.
Dans l’attente de cette ouverture-là, la situation actuelle sera celle où le travail parlementaire n’aura pas beaucoup de sens, vue la capacité du gouvernement de passer en force. Et donc les dizaines de milliers d’amendements de l’opposition ne sont que du temps, de l’énergie et de l’argent des contribuables perdus.
Les limiter n’est donc pas forcément si inintéressant que cela. Car cela permettra peut-être d’amener les députés et sénateurs à travailler sur des sujets plus utiles. Auraient-il le sentiment d’en manquer, que JusMurmurandi et ses lecteurs pourraient en suggérer quelques-uns.
Plus qu’un erreur, une faute!
janvier 15, 2009 on 5:33 | In France | Commentaires fermés« Plus qu’une erreur, une faute! » Cette phrase est prêtée à Talleyrand quand il a appris l’éxécution du Duc d’Enghien. Une erreur, une faute, quelle différence? En cas d’erreur, il y quelqu’un qui s’est trompé. En cas de faute, il y a un coupable. Ce n’est pas pareil.
Cesare Battisti, condamné par contumace par la justice italienne pour 4 meurtres a trouvé au Brésil un oreille compatissante, et le statut de réfugié politique devrait lui être accordé, au motif que son retour en Italie ne serait pas entouré de toutes les garanties d’impartialité voulues pour une bonne administration de la justice.
Les médecins et pharmaciens français jugés dans l’affaire de l’hormone de croissance ont trouvé une oreille compatissante, et le relaxe générale qui a été prononcée hier laisse peu d’espoir même en appel.
Dans les deux cas, les familles des victimes hurlent de douleur et crient à l’injustice. De plus en plus, toute mort réclame justice par la voix de la famille. Les récents décès à l’hôpital en sont une illustration.
Et, en fait de justice, les victimes réclament une condamnation. Parce que, s’il n’y pas de condamnation, il n’y a pas de coupable. S’il n’y pas de coupable, il n’y a pas de victimes.
Et s’il y a condamnation, mais pas de peine effectuée, comme dans le cas de Battisti, l’équation peine subie par les victimes = peine effectuée par le coupable ne peut se déployer. L’équivalent judiciaire du vieil « oeil pour oeil, dent pour dent ».
Il est évidemment tentant de rapprocher l’affaire de l’hormone de croissance de celle du sang contaminé. Dans celle-ci, la France a été le deuxième pays le plus « rapide » à arrêter l’emploi de produits sanguins non chauffés. Malgré ce qui semble donc montrer une diligence réelle des acteurs français, la justice a condamné. Dans l’affaire de l’hormone de croissance, la France a représenté à elle seule la moitié des malades mondiaux de la maladie de Creutzfeld-Jacob, ce qui semble donc montrer l’inverse, et la justice elle aussi, a fait l’inverse. Ce qui, à défaut de savoir si c’est juste, n’est pas compréhensible.
D’où le criant sentiment d’injustice des familles. Sauf que la mission de la justice n’est pas d’apaiser à tout prix la douleur des familles.
Ce qui nous amène tout droit au sujet à la mode en ce moment, la volonté de Nicolas Sarkozy de supprimer le juge d’instruction, de confier celle-ci clairement au parquet, et de la faire superviser par un juge de l’instruction.
Bien entendu, chacun pourra trouver d’excellents -parce que scandaleux- exemples pour appuyer son soutien ou son opposition à la proposition. Des cas où le juge d’instruction a poursuivi envers et malgré le parquet, une affaire qui, sans cela eût été enterrée. Des cas où le juge d’instruction a non seulement instruit uniquement à charge, mais encore a poursuivi des innocents et les a envoyé en prison avec une instruction manifestement défaillante.
Le fait est que les prisons françaises sont « peuplées » à plus de 50% de prisonniers en détention préventive, ce qui est un scandale. Surtout quand on connaît la propension des juges à condamner à due concurrence de la préventive pour éviter qu’il puisse y avoir à reconnaître une erreur et à en indemniser les conséquences. Comme si l’argent pour reconstituer une vie brisée.
Toute mesure qui ira dans le sens d’une plus grande équité de l’instruction est donc bonne pour JusMurmurandi, car on sait bien que la charge du juge d’instruction d’instruire « à charge et à décharge » est aujourd’hui mieux remplie à charge que l’inverse.
Il y aura donc une enquête menée par le parquet et surpervisée par un juge de l’instruction, et une défense qui aura immédiatement accès au dossier, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, se traduisant par un « habeas corpus » à la française.
Ce qui pose un problème. Si, avec le nouveau système, une erreur se produit, et il y en aura sans nul doute, il ne sera pas simple de trouver le coupable que réclame toujours plus fort l’opinion publique et les victimes réelles ou autoproclamées; Car aujourd’hui, le juge d’instruction est le coupable tout désigné, et un bouc émissaire parfait.
Supprimer un bouc émissaire si parfait, le Président aurait-il perdu l’esprit? Ce qui reviendrait à supposer qu’il s’intéresse plus à la justice qu’à être approuvé par l’opinion publique. Insensé, vous dis-je. Au moins, si je me trompe, n’est-ce qu’un erreur. Et pas une faute.
Une agression peut en cacher une autre
janvier 14, 2009 on 8:36 | In C'est ça, Paris?, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités | Commentaires fermésUne fois de plus les cheminots de la SNCF se sont distingués. Une grève « spontanée » a causé la fermeture de la gare St Lazare pendant la journée d’hier, et rendu misérable le transit de centaines de milliers de passagers (on n’ose dire usagers, encore moins clients). Sans compter les automobilistes coincés dans les encombrements qui en ont résulté.
La raison de cette grève: une agression sur un conducteur du RER A. Quel rapport avec les lignes de train de St Lazare? On se le demande encore. Sauf que, comme par hasard, un conflit durait à St Lazare depuis un mois. Et que les déclarations syndicales indiquant que l’agression du RER était liée à l’insatisfaction des usagers de St Lazare est fausse, et donc un mensonge éhonté et effronté. L’occasion était trop belle. Et la méthode choisie, créant délibérément un maximum de perturbation, met la direction de la SNCF sous un maximum de pression pour régler le problème à chaud. En lâchant, comme par hasard, des avantages sonnants et trébuchants aux grévistes.
Toute relation avec les élections professionnelles à venir à St Lazare en mars n’est que pure coïncidence, n’est-ce pas?
Toute ressemblance avec la technique russe de renégociation du prix du gaz vers l’Ukraine, entre les méthodes de Gazprom et Vladimir Poutine d’un côté et les syndicats SUD-Rail n’est que pure coïncidence, n’est-ce pas?
Sauf que le modus operandi est le même. Sauf que tous ont été formés aux méthodes marxistes de la lutte des classes.
Il ne manque plus que l’habituel concert de commentaires indiquant que distribuer des avantages aux cheminots grévistes, c’est à tout prendre bon pour le pouvoir d’achat et la relance, et donc bon pour le pays.
A noter que, ce matin encore, les encombrements sont énormes en région parisienne, tant les voyageurs échaudés hier font peu confiance aux cheminots pour tenir leurs engagements de reprendre le travail.
Quand on sait qu’une grève de 59 minutes pour une journée coûte à un cheminot 10 euros de revenus mais désorganise le service pour la journée, on voit l’attrait du système. Il se dit même que certains petits malins feraient grève de 59 minutes le matin pour être appelés en renfort et en heures supplémentaires payées cher à l’heure de pointe du soir, ce qui leur ferait gagner de l’argent en net, on comprend les malheureux chômeurs du matin, si enclins à un version très originale du « travailler plus pour gagner plus ».
Tant que dureront ces pratiques, les passagers se sentiront comme des mètre-cubes de gaz qu’on transfère ou non par des pipe-lines en fonction de combats politico-financiers. On se demande comment les Verts et leur allié Bertand Delanoë espèrent convaincre les automobilistes d’abandonner leur voiture si c’est pour tomber dans de tels guet-apens.
Tiens, aujourd’hui ce sont les transports en commun de la ville de Marseille qui sont en grève à la suite d’une agression contre un conducteur. Et les usagers, n’ont-ils pas le droit de se sentir agressés, eux aussi?
Tchao, Pantin!
janvier 12, 2009 on 6:05 | In France | 2 CommentsLa liste des gens avec qui il a travaillé ne tiendrait pas dans un seul article.
Tantôt sentimentalement ou dramatiquement autobiographique, tantôt découvreur de talents.
Financier du plus grand succès français de tous les temps comme de projets ambitieux et risqués
Aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame
Personnage drôle ou chiant, mais aussi grand dépressif
Après des années de galère, il commence avec « Le vieil homme et l’enfant », qui offre à Michel Simon un rôle sur mesure de vieil homme bougon maréchaliste et sentimental. Il finit en producteur du prodigieux succès des « ch’tis ». Entre temps, il aura produit ou réalisé Tess, Jean de Florette, Manon des sources, Tchao Pantin!, Germinal, la reine Margot, Astérix et Obélix contre César, l’Ours, l’Amant, Tout sur ma mère, parmi de très nombreux autres films.
Inclassable, touche-à-tout, parrain du cinéma français, il cumule tous les portraits et toutes les épithètes.
La crise des années 30, par le besoin absolu des gens de retrouver au cinéma un peu de rêve, a offert à Hollywood l’un de ses âges d’or. Sans Claude Berri, mort aujourd’hui, l’éventuel âge d’or du cinéma français, si la crise actuelle lui en donne l’occasion, sera bien terni.
JusMurmurandi salue en lui un homme qui représentait à lui seul un pan entier du 7e art à la française, un homme en qui l’art et le succès n’ont jamais été inconciliables, un homme que sa difficulté d’être a stimulé au lieu de l’arrêter. Qui d’autre que lui, fils de fourreur juif du faubourg Poissonnière, pouvait voir en Coluche l’acteur pour incarner dans Tchao Pantin qu’il a écrit, produit et réalisé un ex flic facho devenu un pompiste de nuit alcolo ?
C’était tout le génie de Claude Berri qui s’est éteint trop tôt, à 74 ans en plein tournage, donnant à celui à qui son succès n’a pas vraiment donné le bonheur, une mort à la Molière, comme il revient de droit aux vrais géants
photo Fred Marigaux
Elle pour elle, dent pour dent!
janvier 12, 2009 on 3:29 | In Best of, France | 2 CommentsPauvre Rachida Dati! Voici un soutien dont elle se serait bien passé, celui de Ségolène Royal. La présidente de la région Poitou-Charentes et candidate autoproclamée à l’élection présidentielle de 2012 veut sans nul doute se montrer en soutien des femmes tout en enfonçant davantage le coin dont on dit qu’il sépare désormais le Garde des Sceaux du Président de la République.
Sauf que, si Ségolène est très forte dans sa capacité à bien capter un thème qui résonne dans l’opinion publique, elle n’a toujours pas maîtrisé l’art d’en dire des choses qui font du sens, ni même qui vont dans son sens.
Car, en montrant Rachida Dati en victime du Président, dont elle fait un harceleur, ce qui est quand même, excusez du peu, une qualification pénale, elle montre le Garde des Sceaux en victime impuissante et consentante, bref, en potiche, ce qui, au lieu de la soutenir, la fait voir en position humiliante et humiliée. Comme soutien, on a vu mieux. Et qui donne à l’intervention de Ségolène un côté intéressé et politicien qui est justement aux antipodes de sa prétendue solidarité de femme.
De plus, comment ne pas regarder la déclaration de Ségolène au travers de sa propre grossesse ministérielle? Elle confesse elle-même avoir caché la sienne à Pierre Bérégovoy, faute de quoi elle eût, craignait-elle, perdu le maroquin qu’elle convoitait. Belle démonstration d’intégrité de Mme Royal, car, là, c’est elle qui contrevient à la loi. Et qui peint le Premier ministre de l’époque et les moeurs de son parti sous des couleurs peu flatteuses. Mais cela montre Ségolène en victime, un parti-pris dont elle ne sait pas se déprendre. Elle devrait pourtant, si devenir Présidente lui tient vraiment à coeur, compter combien de Présidents se sont fait élire avec une attitude de victime. Le compte est vite vu et devrait encourager l’autocandidate à ranger ses jérémiades au rayon des accessoires démodés.
D’autant plus intéressant que Nicolas Sarkozy savait, en la nommant Garde des Sceaux, qu’avoir un enfant tenait très à coeur à Rachida Dati, et ceci n’a pas empêché cela, contrairement aux moeurs que Mme Royal prête au PS. Mme Aubry appréciera la comparaison.
En fait, ce n’est pas « pauvre Rachida » qu’il eût fallu écrire pour commencer cet article, mais « pauvre Ségolène ». Car sa sortie contre la reprise rapide de Rachida a un goût d’amertume devant le temps qui passe. Comment ne pas voir qu’à l’époque, la jeune star pleine d’avenir, c’était elle, la femme qui était mère et ministre, c’était elle, la femme sur les photos, c’était elle.
Aujourd’hui, elle fait les commentaires sur la base de son expérience passée, comme un ancien footballeur qui devient, l’âge venu, commentateur de radio-télévision. C’est l’une des deux professions qui s’ouvrent à eux, l’autre étant entraîneur. Mais là, pour le moment, c’est raté, l’équipe PS s’étant donnée à Martine Aubry, laquelle s’est bien gardée, à notre connaissance, de s’exprimer sur ce sujet.
Car, si Ségolène vise maintenant à intervenir quand une des femmes de l’équipe Sarkozy aura fait parler d’elle, elle se réduira à un rôle dicté avant tout par son statut de femme en politique, c’est à dire pas autre chose que ce qu’étaient il y a bientôt 15 ans les juppettes restées célèbres. Mais il y a une différence entre juppette d’avant hier et sarkozette d’aujourd’hui. Dans sarkozette, il y a le rôle fétiche de Ségolène: Cosette.


Faux, stupide et injuste !
janvier 11, 2009 on 8:03 | In Coup de gueule, France, Incongruités | Commentaires fermésQue n’a t on entendu sur la réforme de France Télévision?
Les uns ont parlé de mégalomanie galopante du Président de la République (une fois de plus, car nous ne comptons plus de la combientième fois il s’agit ne serait-ce depuis son élection).
D’autres ont préféré faire de l’obstruction systématique au Parlement, prétendument au nom de la démocratie.
Enfin le Président de France Télévision a prononcé des propos très durs à l’encontre du jugement de Nicolas Sarkozy sur les programmes.
Sans parler du fait que ce dernier a clairement dit qu’il compte accomplir son devoir d’actionnaire et nommer le Président comme le font tous les actionnaires de toutes les sociétés anonymes de notre beau pays. Révolutionnaire.
Tout ceci alors que la télévision a, elle, été véritablement révolutionnée ces dernières années avec l’arrivée des satellites d’abord, du câble ensuite et maintenant de la TNT.
Contre vents et marées, après une bataille d’amendements aussi stérile que gaspilleuse des socialistes à l’Assemblée, la loi est en train de passer au Sénat.
Le même qui portait des jugements si durs, Carolis, a obtempéré en faisant arrêter la publicité au 5 janvier, comme prévu.
Donc avancé le commencement des programmes de la soirée à 20h35 sur les chaines de l’Etat.
Et est resté Président de France Télévision, ne démissionnant pas ni n’étant démissionné comme tant de ses prédécesseurs, alors même qu’il ne s’est pas gêné pour marquer son désaccord avec le Président de la République…Que ne se serait il pas passé si un chef d’entreprise publique avait osé prononcer des propos moitié aussi fort sur François Mitterrand ? On pourrait même se demander s’il serait encore en vie en se rappelant Grossouvre, Pelat, Bérégovoy et tant d’autres…
Que disent les Français aujourd’hui ?
Ils sont, selon un sondage CSA pour le Parisien, 78% à trouver cela une assez bonne ou une très bonne idée que d’avoir avancé le début de la soirée en supprimant la pub. Même parmi les chefs d’entreprise, artisans et professions libérales qui rentrent plus tard chez eux.
Chiffre en progression de 8% par rapport à décembre dernier lorsque la mesure n’était pas encore en place.
Qui a dit faux, stupide et injuste ?
La matelas et le ressort
janvier 10, 2009 on 8:08 | In Best of, Coup de gueule, Economie, France, Incongruités, International | 4 CommentsOn le sait, pour qui veut bien dormir, un bon matelas est indispensable. Mais à quoi sert un bon matelas sans un bon sommier? Et notamment, parmi les meilleurs, un sommier à ressort?
Avec cette entrée en matière, JusMurmurandi serait-il devenu soit marchand de sommeil, soit Webmarchand en périodes de soldes? Ni l’un ni l’autre, puisqu’il s’agit en fait de crise économique, plutôt du genre à vous faire perdre le sommeil.
Ce qui est intéressant, dans le genre glauque, c’est de constater que l’économie américaine a détruit, en 2008, la bagatelle de 2,6 millions d’emplois, le pire chiffre depuis 1945, et un cauchemar pour Barack Obama. Pendant ce temps, le chômage remontait à 7,2%, son plus haut niveau depuis 1993.
Pendant ce temps-là, en France, le chômage est repassé au dessus de la « barre » des 2 millions de chômeurs. Or, en 1993, le compte était à 3 millions. Faut-il en déduire que la France fait mieux, beaucoup mieux que les USA en termes de chômage, alors qu’on pense couramment le contraire?
En fait, l’économie française n’a pas encore commencé à détruire des emplois en masse. Les délais légaux de communication aux comité d’entreprise, de négociations obligatoires, de recours innombrables font qu’il s’écoule au moins 6 mois entre la décision et les licenciements. Et que ceux-ci sont assortis de préavis et d’indemnités qui allongent encore de nombreux mois le moment où le chômeur sera face à une pénurie de revenus. Pénurie atténuée par des versements d’allocations très supérieures, sauf exceptions, à celles en vigueur aux Etats-Unis.
La vague qui a frappé les USA est donc en avance sur la nôtre sur ce plan, mais nous ne l’éviterons pas. Notre système de délais sert de matelas amortisseur, comme aussi nos nombreux millions de fonctionnaires et autres employés de services publics et para-publics réputés intouchables. Alors que les Etats-Unis sont en récession depuis la fin 2007, la France aborde 2009 en l’ayant non pas évitée, mais retardée.
Et quand on regarde ce qui s’est passé entre 1993 et 2008, il est clair que les Etats-unis ont passé beaucoup plus de temps en plein emploi, avec des taux de chômage de moins de 5%, que la France, qui n’y est jamais parvenue depuis les années 60, et où la lente décrue du chômage est en partie due à une démographie en baisse.
Donc, avant de dauber sur les problèmes de l’économie américaine à l’aune de leurs déboires, qui sont réels et massifs, de ricaner sur la fin du leadership américain dans une forme de schadenfreude (joie trouble provoquée par les difficultés des autres) à la française, et de gloser sur la supériorité de notre matelas, gardons-nous de sous-estimer le ressort américain, qui leur a si souvent permis de sortir d’une crise plus vite et plus fort.
Car un matelas qui n’est pas couché sur un sommier avec du ressort devient vite mou et inerte. Le sommeil du dormeur s’y révèle inconfortable, et celui-ci a bientôt du mal à s’en extirper. C’est la langueur japonaise des années 80 et 90. Sauf que le dormeur japonais qui n’a certes pas de ressort pour se redresser, n’a pas, avec son futon, de matelas non plus pour amortir sa chute.
En attendant, les employés des hôpitaux, non contents d’avoir la sécurité de l’emploi, avantage dont on verra en 2009 tout le prix, demandent sans vergogne à Sarkozy plus de fric au motif que, s’il a aidé les banques, il peut bien aider aussi les personnels hospitaliers.
Ils ont aussi peu de chance d’être entendus par un Etat français qui n’a justement plus d’argent pour eux, ni pour d’autres d’ailleurs, au motif qu’ils ne sont pas les plus à plaindre et qu’il fallait absolument sauver les banques, pour irresponsables qu’elles aient été, que de voir voir le Prince Charmant réveiller la Belle Endormie.
Tiens, c’est de saison, il y a justement de la neige dehors, et tout est blanc.
Air Force One : Battlestar Galactica entre Airbus et Boeing
janvier 9, 2009 on 8:57 | In Economie, Europe, France, Insolite, International | Commentaires fermésIls se battent combat terrible, voici longtemps que leurs chevaux sont morts…
Qui ne connait pas ces vers de Victor Hugo, ô combien appropriés pour illustrer la concurrence entre Airbus et Boeing.
Elle s’exprime sur le terrain de l’aviation civile (avions commerciaux et jets de luxe dérivés) et militaire avec le méga contrat-mirage des avions ravitailleurs américains.
D’abord en tête, Boeing a été puni pour avoir recruté des personnes trop proches du contrat.
Puis Airbus a remporté une manche, avec la première tranche du contrat, qui fut ensuite annulée par voie judiciaire.
Retour à la case départ, sauf qu’entre temps la capacité de projection américaine vieillit, et vieillit mal et à coût élevé, les avions susceptibles d’être remplacés étant très, très vieux.
Affaire à suivre, l’administration Bush ayant jeté le torchon, laissant clairement à l’administration suivante le soin de reprendre les études (en imaginant bien sûr que cette dernière arrive à boucler au moins une partie de l’affaire dans les quatre ans du prochain mandat qui débute…dans 11 jours)
Mais le duel autrement plus important est en train de commencer quant au prestige qui lui est attaché.
Celui de la succession d’Air Force One, l’avion du Président des Etats Unis.
Car son avion, un VC 25, dérivé du Boeing 747-200, livré en 1990, verra se terminer son service en 2017; entre temps, la version 200 du 747 est totalement dépassée, et les pièces coûtent de plus en plus cher.
Or en 1987, date de la signature du contrat, Boeing était seul. Lockheed avait disparu, Airbus n’avait pas d’avion concurrent et Mac Donnell Douglas n’était pas dans la course non plus avec son DC-10/MD 11.
Aujourd’hui, alors que l’USAF (armée de l’air américaine) entame sa recherche, les temps ont changé et Airbus a une offre des plus concurrentielles face au 747, dont les débuts remontent à….1968, sous la forme de l’A 380.
Bref, le suspense est à son comble et ceci d’autant plus que le remplaçant de Marine One, l’hélicoptère du président américain est en phase de remplacement, et par un modèle italien produit par AgustaWestland du groupe Finmeccanica. Il est donc acquis qu’en 2010 le moyen de transport à aile horizontale ne sera pas américain.
Qu’en sera-t-il pour l’avion le plus mythique de la planète?
Les études viennent d’être lancées hier…
Si vous êtes intéressé pour faire une offre…
Et dire qu’entre temps, les esprits petits et mesquins critiquent l’ETEC d’acheter un Airbus de 10 ans d’âge pour le Président de la République française…
Air Force One