Où va l’argent?
octobre 8, 2008 on 5:58 | In Economie, France | Commentaires fermésC’est une question qui n’est pas sans intérêt. Ou sans intérêts, comme on voudra. Car la très forte hausse ces dernières années de tous les prix d’actifs (actions, immobilier, objets d’art, entre autres) a été financée par la gigantesque accumulation de capitaux issus des profits record des entreprises, et de l’épargne des particuliers. Ces 2 flux gigantesques ne se sont pas taris. En tout cas, pas encore.
La question se pose: que va faire cet argent? Ce qui revient à se demander: que faire de son argent aujourd’hui?
Acheter de l’or, valeur refuge ultime? Demandez donc à ceux qui en ont acheté pendant la dernière bulle spéculative, et qui ont du attendre plus de 20 ans pour le voir retrouver son niveau, et encore, sans compter l’inflation…
Acheter de l’immobilier, valeur sure entre toutes. Demandez à ceux qui en possèdent aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Espagne qu’ils vous parlent de leurs pertes de 40%. Vous direz que cela ne peut pas arriver en France, où il n’y a pas eu de bulle spéculative comparable, et vous aurez raison. Mais si le marché du crédit s’assèche, ce qui est un risque éminemment concret, il n’y aura pas d’exception culturelle française à la baisse…
Acheter des actions? Sauf à spéculer qu’à un moment donné le marché aura touché un « plus bas », c’est un sport comparé auquel le saut à l’élastique fait figure d’amusement pour grand-mères. Car avec l’élastique, il y a toujours un rebond après la chute…
Acheter des obligations? En théorie c’est une bonne idée, car la baisse des taux, déjà initiée de manière aussi spectaculaire qu’inefficace aujourd’hui va faire mécaniquement monter les obligations. Sauf que, si les entreprises, banques ou autres, qui les ont émises font faillite dans la tourmente, les obligations vaudront zéro…
Bref, on le voit, avoir de l’argent aujourd’hui n’est pas une sinécure. Qu’en faire? Plus que jamais, les mots de La Fontaine s’appliquent: « son voisin [le financier], étant tout cousu d’or, chantait peu, dormait moins encore… »
Vous avez dit virus?
octobre 7, 2008 on 6:29 | In Best of, Economie, France, Insolite, International | Commentaires fermésL’occasion est trop belle et trop rare pour ne pas la saluer. 2 français viennent de se voir attribuer le prestigieux Prix Nobel, pour leurs travaux dans le domaine des virus.
JusMurmurandi tient à féliciter les récipiendaires, Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi, crédités de la découverte du virus du SIDA.
Un virus qui infecte, mais reste dormant un certain temps, avant de transformer une personne séropositive en malade
Un virus qui se répand, qui mute, et que, même si on peut en freiner l’évolution fatale avec des trithérapies, on ne sait pas éliminer.
Un virus qu’on pensait d’abord cantonné aux populations homosexuelles, caraïbes ou droguées. Mais qui en fait nous menace tous, et a déjà fait 25 à 30 million de morts, et encore au moins autant à venir, soit un total comparable à la plus meurtrière des guerres, la seconde guerre mondiale.
Vous me direz, quel rapport avec les marchés financiers dont JusMurmurandi vous dévoile les affres jour après jour, et ce au lendemain de la plus forte baisse de l’indice CAC40 depuis les 20 ans qu’il existe?
C’est simple. Le manque de confiance frappe les établissements financiers les uns après les autres, en se communiquant de l’un à l’autre. Il reste dormant pendant un moment, puis devient mortel en quelques heures quand la panique saisit les marchés. C’est un virus qu’on croyait cantonné à l’immobilier et aux Etats-Unis, alors qu’en fait il nous menace tous. Pour s’en convaincre, il suffit de voir la baisse de la bourse de Moscou hier, de près de 20%, alors qu’il n’y a aucun lien direct entre les subprimes et les banques russes. On sait en freiner l’évolution avec des nationalisations, mais, comme le montrent les cas Hypo-Real en Allemagne, ou Dexia en Belgique et en France, on ne sait pas l’éliminer. C’est un virus, qui, s’il continue de se développer provoquera tant de cas de ruine que les risques de guerre augmenteront de façon exponentielle, comme lors de la crise de 1929 qui a posé les bases de la seconde guerre mondiale.
Sauf que, là, il n’y a pas besoin de prix Nobel pour isoler et identifier le virus. Mais personne ne sera de trop pour l’éliminer d’abord, puis pour trouver un vaccin pour que le système financier mondial ne reparte plus dans d’aussi effrayants dérapages incontrôlés.
Le syndrome chinois
octobre 6, 2008 on 7:01 | In Best of, Economie, Elections présidentielles 2007, Europe, France, Insolite, International | Commentaires fermésJusMurmurandi réfléchit à la meilleure manière d’illustrer, de modéliser les spasmes actuels de l’économie, soubresauts qui n’en finissent pas d’en finir, aujourd’hui encore le fameux CAC 40 signant sa plus forte baisse depuis sa création.
En fait, nous avons pensé à un sous-marin, navire qui est sous-divisé en compartiments censés être étanches.
Lorsque tout va bien, les marins peuvent se déplacer librement à l’intérieur de la coque.
Si une avarie survient, en particulier un problème d’étanchéité, les sas qui isolent un compartiment d’un autre sont fermés.
C’est ce qui se passe en ce moment avec les banques. Elles ne se font plus confiance et ne se prêtent par conséquent plus d’argent. Isolement et assèchement des liquidités.
Là où cela devient encore plus grave, c’est que certains compartiments sont en train d’exploser. Cela rappelle étrangement la faillite de certains établissements bancaires.
Pendant ce temps-là, la mer est très mauvaise, agitée; c’est l’environnement boursier, la confiance qui f..t le camp.
Et si de trop gros ou trop nombreux compartiments lâchent, ce sera tout le sous-marin qui coulera.
C’est le « meltdown » de l’économie mondiale; en termes nucléaires, on a aussi appelé cela le syndrome chinois, parce que l’on descendrait directement des Etats Unis en Chine par le trou crée par la fusion nucléaire.
Ce qui n’est jamais arrivé, bien sûr – pour l’instant.
Faut il se rassurer en rappelant que le nom du dernier sous-marin mis en service par la France se nomme…le Vigilant ?

Jeux de crédits, jeux de bandits
octobre 6, 2008 on 6:43 | In France | Commentaires fermésTous les banquiers ne sont pas des voyous, loin de là. Mais, quand ils s’y mettent, compte tenu des montants en jeu, et surtout en période de crise aigue comme maintenant, les résultats peuvent être spectaculaires. Et que, dans certains cas, il soit possible, même si aucune loi n’est violée, de parler d’un « abus de faiblesse ». En voici quelques exemples:
- la faillite de Lehman Brothers, 4e banque d’affaires américaine, vieille de 154 ans, aurait été « aidée » par un concurrent direct, J.P. Morgan Chase, qui aurait « refusé » de lui rendre 17 milliards de dollars d’actifs déposés chez elle, provoquant un manque instantané et massif de liquidités et un dépôts de bilan quelques heures après. Morgan conteste cette version des faits. C’est le version financière de « gangs of New York », le film de Martin Scorsese
- Citigroup n’accepte pas que Wells Fargo s’empare de Wachovia. Compte tenu que Wells Fargo propose de payer 7 fois plus que Citi, et de ne pas demander 42 milliards de garanties gouvernementales, on pourrait penser que Citi aurait un peu honte d’avoir voulu faire un tel hold-up au frais du contribuable. Eh bien pas du tout, ils réclament en justice 60 milliards de dollars à Wells Fargo qui se serait ingérée dans une transaction déjà conclue. Citi aurait du se méfier des méthodes de Far West de Wells Fargo, qui descend directement de la célèbre compagnie de diligences de l’Ouest américain.
- General Electric, le conglomérat américain géant, que beaucoup considèrent comme la société la plus prospère et la plus solide du monde vient d’aviser ses actionnaires qu’elle suspendait tout paiement de dividendes et tout rachat d’actions et qu’elle levait 15 milliards de dollars de capital supplémentaire. Compte tenu que GE a déjà quelques 60 milliards de dollars de cash à son bilan (on se demande, soit dit en passant, en qui GE peut avoir confiance pour entreposer un tel montant de liquidités. Pas sûr que ce soit chez J.P. Morgan Chase si l’on croit l’histoire Lehman, en tout cas), on ne peut pas dire que leur augmentation va vraiment aider ceux qui en ont désespérément besoin (toutes les banques sans exception) à en trouver. Qui aurait envie d’investir dans une banque douteuse plutôt que dans le « roi » GE? A moins que ce ne soit un moyen pour le conglomérat qui dispose déjà d’une activité financière colossale de pousser un établissement désespéré à se faire racheter pour un prix de casse? GE se prendrait-elle pour Citizen Kane?
- cette augmentation de capital sera en partie souscrite par le génial investisseur américain Warren Buffett, à des conditions très favorables pour lui. Conditions qu’il a déjà su obtenir il y a peu pour son investissement dans la plus grande banque d’affaires du monde, Goldman Sachs. Beaucoup comparent le rôle de Buffett aujourd’hui, comme pôle de confiance, mais de confiance « rentable », à celui joué par J.P. Morgan pour aider à sortir de la crise de 1907. Quant on lit le paragraphe sur le rôle supposé de la banque fondée par Morgan dans la faillite de Lehman, JusMurmurandi se dit que la comparaison avec Buffett est peut-être plus profonde qu’il n’y paraît.
- Real Hypo Bank, banque allemande spécialisée dans l’immobilier, qui disait jusqu’il y a peu que la crise américaine lui était totalement étrangère a du être sauvée par l’Etat et les banques allemandes pour 35 miliards d’euros. Sauf que ce sauvetage rate, parce que la banque a « oublié » de tout dévoiler à ses sauveteurs. Ce ne sont pas 35 milliards dont elle a besoin. Mais 50. A moins que ce ne soient 70. Certaines estimations vont même jusqu’à 135 milliards d’euros. Jusqu’où battra le tambour des pertes de Real Hypo Bank, qui évidemment va faire peur quant aux autres banques de crédit hypothécaires, dont notre Dexia à nous?
Bref, tout ceci n’est pas très sympathique. C’est pourquoi, contrairement à ses derniers jours, cet article y compris, où JusMurmurandi brocarde les acteurs de notre ruine à tous, pour ne pas terminer sur une note de lamentation, un coup de chapeau s’impose pour une banque qui a bien tiré son épingle du jeu: BNP-Paribas
Voilà une banque qui, malgré son activité de détail importante aux USA par le biais de sa filiale californienne Bank of the West, ne s’est pas crue revenue au temps du Western. Ils ont fait leur métier de banquier avec un dynamisme prudent, et ont donc évité les icebergs qui coulent leurs confrères notamment islandais, allemands, anglais, et surtout américains. Ils sont aujourd’hui en mesure de racheter pour pas cher (mais pas scandaleusement bon marché non plus) les activité belges et luxembourgeoises de a banque faillie Fortis.
Cela fait de BNB-Paribas la première banque de dépôts d’Europe. Chapeau!
On n’y voit rien !
octobre 5, 2008 on 5:47 | In Best of, France | Commentaires fermésJusMurmurandi est perplexe. Il a beau penser à la célèbre blague de l’Ivoirien de la Périchole d’Offenbach ou encore à celle d’Astérix qui dit qu’il ne faut pas parler sèchement à un Numide, JusMurmurandi n’y voit rien.
Illustrations.
Chaque année, le budget du Pentagone américain augmente.
Les dépenses s’élèvent désormais à plus de un milliard de dollars par jour (bientôt deux)!
Avec tout cela on met un an à retrouver l’avion de Steve Fossett qui s’est échoué début septembre 2007. Et encore, ce ne sont pas les satellites, avions espions ou autre drones, mais de simples promeneurs.
Avec tout cela Ben Laden court toujours, mort ou vivant on ne sait pas trop.
Avec tout cela aussi on ne trouve pas non plus le Mollah Omar et ses prêches anti américains (peut être que lui aussi sera retenu par Olivier Besancenot comme membre fondateur du NPA, aux côtés de Jean-Marc Rouillan ???).
Faut il donc envoyer des promeneurs à Tora Bora pour les retrouver ?
On n’y voit rien non plus chez les socialistes.
Le monde économique est balayé par la tempête confiance, des établissements financiers séculaires disparaissent en quelques heures, et la seule réponse des ténors que sont Ségolène c’est de se pavaner au Zénith ou Bertrand Delanoë de faire des fêtes à qui mieux mieux (Technoparade, Nuit Blanche….) avec l’argent du contribuable. N’est pas Néron qui veut (il jouait de la harpe tandis que Rome brûlait…).
On n’y voit rien non plus sous le tunnel sous la Manche, après un incendie qui a fait des ravages à cause des freins d’un camion qui seraient à l’origine de l’incendie…. Comme pour l’usine AZF près de Toulouse, où en septembre 2001 des produits chimiques auraient pris feu on ne sait trop comment.
Et ce n’est que sept ans après que va s’ouvrir le procès. Faudra-t-il donc attendre 2015 pour le procès de l’incendie du « Chunnel »??
On n’y voit rien, on vous dit.
Ah, si il y a bien un endroit où l’on voit tout. Peut être faudrait-t-il même aller y vivre, pour y voir plus clair.
Car sur Mars, planète distante de la Terre d’entre 56 et 400 millions de kilomètres, on voit même quand il y neige….
Ben Laden, le Mollah Omar, AZF, le tunnel sous la Manche, la mise sur les rails du PS, serait-ce sur Mars que se trouve la solution ???

Le crime était presque parfait…
octobre 5, 2008 on 5:00 | In France | Commentaires fermésQuel magnifique film que celui d’Alfred Hitchcock avec Cary Grant où celui-ci tente, mais finalement échoue, à faire disparaître son épouse sans se faire arrêter par la police et mettre derrière les barreaux par la justice.
Vous penserez sans doute que cela a fort peu à voir avec nos derniers articles sur la situation économique mondiale, même si JusMurmurandi a des envies furieuses d’en envoyer quelques-uns derrière les barreaux.
Sans oublier toutefois que pour ne pas avoir été parfait, le crime a cependant pris des proportions cataclysmiques.
Non, il s’agit tout autant d’une affaire américaine, avec tout le strass et paillettes qu’ils aiment tant à Hollywood, tout l’argent que l’on voit dans « Dallas », tout le sang que l’on étale dans « Urgences », tout le cynisme de « Desperate Housewives », tout le suspense qui tient en haleine dans « 24″, à titre d’exemples.
A ceci près qu’il s’agit de faits réels, et non d’une énième série télévisée, même si l’on imagine bien un réalisateur en mal d’imagination ou de sensationnel s’inspirer tôt ou tard de cette affaire.
En 1995, Nicole Brown Simpson et son amant Ronald Goldman sont retrouvés morts dans leur maison de Los Angeles, atrocement mutilés.
Les soupçons se tournent rapidement vers l’ex-mari de Nicole Brown, le célèbre footballeur O.J. Simpson. Affaire emblématique par la notoriété du suspect, mais aussi parce qu’il s’agissait d’un noir marié à une blanche.
Les preuves sont accablantes. En particulier une paire de chaussures italiennes dont on a trouvé les empreintes sur la scène du crime, et qui n’ont été vendues qu’à quelques centaines d’exemplaires dans le monde entier, ou la présence de sang dans sa voiture.
Le procès tient toute l’Amérique en haleine, comme dans ces procès à grand spectacle qu’elle sait si bien organiser (par exemple dans les affaires Lindbergh ou Rosenberg).
Le procès est même télévisé. La télé réalité avant l’heure.
Mais la police de Los Angeles a mal monté son dossier, et le jury est clairement partial. La défense de Simpson a joué à fond la « carte raciale », à savoir qu’une police raciste a tout fait pour abattre un noir dont la réussite a fait un modèle pour les autre noirs. Et pour faire peur de la réaction, à n’en pas douter violente, de la communauté noire, si Simpson devait être condamné.
O.J. Simpson est relaxé au pénal, jugement qui suscite la colère, en particulier chez la famille de la disparue qui le poursuit au civil au motif de « wrongful death »; cela ne s’invente pas [homicide délictuel].
Il est mis en faillite car la douloureuse (uniquement financière puisque nous sommes au civil) est de 34 millions de dollars, même s’il reste en liberté. Une douce faillite quand même, car la loi ne permet pas qu’on lui prenne sa luxueuse maison maintenant qu’il a déménagé en Floride. Cet état met en effet hors d’atteinte judiciaire les domiciles principaux contrairement à la Californie.
Il continue ainsi une vie de célébrité auprès de ceux que son sulfureux acquittement ne rebute pas.
Mais les « meilleures choses » ont une fin.
Et aujourd’hui, à l’occasion d’une autre affaire, il vient d’être jugé coupable de vol à main armée et d’enlèvement.
Il risque la prison à perpétuité. Et aux Etats Unis, la perpétuité c’est pour toujours, pas comme en France comme pour l’encombrant ami d’Olivier Besancenot issu d’Action Directe, Jean-Marc Rouillan.
Ses protestations que c’est une conspiration montée contre lui, le noir, qui a eu le front d’échapper à sa condamnation pour meurtre, n’ont pas, cette fois-ci, payé.
Quatre décennies après l’assassinat de Martin Luther King, à la veille d’élections présidentielles opposant un candidat blanc à un candidat noir, la race est toujours un sujet haut en couleur aux Etats Unis.

Droitozy contre Sargauchy? Marx serait-il enfin mort?
octobre 2, 2008 on 5:32 | In Economie, France | Commentaires fermésLa France a élu Nicolas Sarkozy en mai 2007, avec un programme clairement à droite (travail, réduction des dépenses de l’Etat et de prélèvements obligatoires, sécurité) et l’appoint de nombreux électeurs précédemment Front National. A tel point qu’il était caricaturé en ultra-libéral ultra-sécuritaire, et que tel ou tel ont poussé l’outrance (n’est-ce pas M. Noah?) jusqu’à dire qu’ils quitteraient la France s’il venait à être élu.
16 mois après, ce schéma simpliste a volé en éclats.
Politiquement, cela a commencé avec l’ouverture, et la captation dans son orbite de nombreux talents socialistes, à commencer par Bernard Kouchner, puis le vote de la réforme des institutions grâce à la voix de Jack Lang.
Économiquement, après le vote rapide de la loi TEPA, dans le droit fil de son programme, ont commencé à fleurir des taxes diverses, qui, elles, n’y figuraient pas. Y compris pour financer des nouvelles prestations sociales qui eussent honoré la gauche. Le comble a été atteint avec l’instauration du RSA financé par un impôt sur le revenu du capital, qui suscita une vraie bronca dans les rangs de l’UMP.
Avec la crise se révèle le côté interventionniste du Président, déjà entrevu avec le sauvetage sur fonds publics d’Alstom. Maintenant c’est le sauvetage des banques, et le protection des dépôts des épargnants. Il vogue en eaux clairement keynesiennes, qui ne sont pas précisément de droite.
La novation atteint un nouveau point haut avec la décision pour l’Etat d’acheter 30.000 logements qui, pour cause de crise de l’immobilier, n’eussent pas été achevés ou pas construits du tout. Il fait coup triple. D’abord, il soutient et l’immobilier et la construction, secteur riche en emplois. Ensuite il alimente la demande de logements sociaux, qui reste forte en France. Enfin, il le fait en mettant à contribution les excédents du Livret A, dont c’est la vocation première, mais qui avait été dévoyée pour servir de fromage à de nombreux autres secteurs économiques.
La conclusion de tout ceci? Le Président Sarkozy est-il de droite comme le candidat Sarkozy? Est-il atteint par la même tentation centre-gauchiste de Giscard puis de Chirac? Est-il l’héritier de De Gaulle et Pompidou, créateurs d’un véritable capitalisme social?
En fait, avec Nicolas Sarkozy en France, comme avec Blair en Angleterre, Merkel en Allemagne ou Zapatero en Espagne, et maintenant avec Bush aux Etats-Unis, on voit bien que les distinctions de droite et de gauche n’ont plus de sens, puisque c’est un Président archi à droite qui nationalise à tour de bras aux uSA tandis qu’un premier ministre de gauche supprime l’impôt sur la fortune en Espagne ou remet les chômeurs en devoir travailler en Grande Bretagne. Quand à l’Allemagne, cette ancienne distinction droite-gauche y existe moins encore que partout ailleurs, puisqu’ils gouvernent ensemble, dans la fameuse Grande Coalition.
Alors, si la droite et la gauche n’ont plus de sens, ne serait-il pas temps d’enterrer leur père spirituel, Karl Marx, qui en donna la version la plus binaire et la plus extrême, avec la lutte des classes ?
D’ailleurs, un homme de gauche l’a compris, qui ne se définit plus comme « de gauche », car il perçoit bien que cela ne veut plus rien dire, mais comme anticapitaliste. C’est Olivier Besancenot. Cela expliquerait tout à la fois pourquoi celui-ci est perçu comme le meilleur opposant à Sarkozy, et pourquoi les socialistes n’ont plus à se mettre sous la dent que leurs combats internes pour se donner un chef.
Retour au Goulp !!
octobre 1, 2008 on 7:43 | In Best of, Coup de gueule, France | Commentaires fermésLe Goulp, cela vous rappelle-t-il quelque chose ?
En 1966 commence l’histoire des Shadoks à la télévision, avec l’acteur Claude Piéplu qui la raconte.
Les Shadoks veulent absolument trouver une autre planète que la leur, trop instable.
A cet effet, le professeur Shadoko tente de mettre au point une fusée pour aller sur la planète Gibi, mais il échoue.
Et le professeur Shadoko est jeté dans le Goulp, trou sans fond où l’on se débarrasse des déchets de la société, puisqu’il a échoué, car les Shadoks sont méchants, très méchants, contrairement aux Gibis qui portent des chapeaux pour se saluer.
C’est un peu ce qui risque d’arriver à Jean-Marc Rouillan, vétéran d’Action Directe, organisation terroriste qui a assassiné George Chahine, le Général Audran et le P-DG de Renault, George Besse.
Libéré après vingt et un ans de détention en décembre dernier, il donne une interview à un hebdomadaire dans laquelle il revendique clairement ses actions qu’il ne regrette pas, y compris les assassinats lâches de personnes sans défense.
Le régime de semi-liberté dont il jouit signifie qu’il n’a pas le droit de s’exprimer sur son action passée.
Il n’a donc pas respecté le devoir de silence qui lui est imposé et risque de retourner en prison.
A cela il faut ajouter qu’il compte rejoindre la LCR d’Olivier Besancenot puis son nouveau parti à venir, le Nouveau Parti Anticapitaliste. Belle recrue.
Car si Besancenot condamne les actions passées d’Action Directe, cela ne le gêne pas pour autant de le faire venir dans son parti.
Accepter dans son parti quelqu’un dont on condamne les actions criminelles.
Intéressant comme paradoxe….
C’est sûr que cela ressemble plus à du Shadok qu’à du Gibi

Message de la Reine d’Angleterre aux Territoires d’Amérique
octobre 1, 2008 on 7:09 | In Europe, France, Insolite, International | Commentaires fermésA Message from the Queen
To the citizens of the United States of America from Her Sovereign
Majesty Queen Elizabeth II
In light of yesterday’s historic failure of leadership in the Congress and your repeated
failure in recent years to nominate competent
candidates for President of the USA and thus to govern yourselves, we
hereby give notice of the revocation of your independence, effective
immediately.
Her Sovereign Majesty Queen Elizabeth II will resume monarchical
duties over all states, commonwealths, and territories (except
Florida, which she does not fancy).
Your new Prime Minister, Gordon Brown, will appoint a Governor for
America without the need for further elections.
Congress and the Senate will be disbanded.
A questionnaire may be circulated next year to determine whether any
of you noticed.
To aid in the transition to a British Crown dependency, the following
rules are introduced with immediate effect:
(You should look up ‘revocation’ in the Oxford English Dictionary.)
1. Then look up aluminium, and check the pronunciation guide. You
will be amazed at just how wrongly you have been pronouncing it.
2. The letter ‘U’ will be reinstated in words such as ‘colour’,
‘favour’, ‘labour’ and ‘neighbour.’ Likewise, you will learn to spell
doughnut’ without skipping half the letters, and the suffix ‘-ize’
will be replaced by the suffix ‘-ise’. Generally, you will be
expected to raise your vocabulary to acceptable levels. (look up
‘vocabulary’).
3. Using the same twenty-seven words interspersed with filler noises
such as ‘like’ and ‘you know’ is an unacceptable and inefficient form
of communication. There is no such thing as US English. We will let
M*crosoft know on your behalf. The M*crosoft spell-checker will be
adjusted to take into account the reinstated letter ‘u’ and the
elimination of -ize.
4. July 4th will no longer be celebrated as a holiday.
5. You will learn to resolve personal issues without using guns,
lawyers, or therapists. The fact that you need so many lawyers and
therapists shows that you’re not quite ready to be independent. Guns
should only be used for shooting grouse. If you can’t sort things out
without suing some one or speaking to a therapist then you’re not
ready to shoot grouse.
6. Therefore, you will no longer be allowed to own or carry anything
more dangerous than a vegetable peeler. Although a permit will be
required if you wish to carry a vegetable peeler in public.
7. All intersections will be replaced with roundabouts, and you will
start driving on the left side with immediate effect. At the same
time, you will go metric with immediate effect and without the benefit
of conversion tables.
Both roundabouts and metrication will help you understand the British
sense of humour.
8. The former USA will adopt UK prices on petrol (which you have been
calling gasoline) of roughly $20/US gallon. Get used to it.
9. You will learn to make real chips. Those things you call French
fries are not real chips, and those things you insist on calling
potato chips are properly called crisps. Real chips are thick cut,
fried in animal fat, and dressed not with catsup but with vinegar.
10. The cold tasteless stuff you insist on calling beer is not
actually beer at all. Henceforth, only proper British Bitter will be
referred to as beer, and European brews of known and accepted
provenance will be referred to as Lager. Australian beer is also
acceptable as they are pound for pound the greatest sporting nation on
earth and it can only be due to the beer. They are also part of the
British Commonwealth – see what it did for them. American brands
will be referred to as Near-Frozen Gnat’s Urine, so that all can be
sold without risk of further confusion.
11. Hollywood will be required occasionally to cast English actors
as good guys. Hollywood will also be required to cast English
actors to play English characters. Watching Andie MacDowell attempt
English dialogue in Four Weddings and a Funeral was an experience
akin to having one’s ears removed with a cheese grater.
12. You will cease playing American football. There is only one kind
of proper football; you call it soccer. Those of you brave enough
will, in time, be allowed to play rugby (which has some similarities
to American football, but does not involve stopping for a rest every
twenty seconds or wearing full kevlar body armour like a bunch of
nancies). Don’t try rugby – the South Africans, Australians and Kiwis
will thrash you, like they regularly thrash us.
13. Further, you will stop playing baseball. It is not reasonable to
host an event called the World Series for a game which is not played
outside of America . Since only 2.1% of you are aware there is a
world beyond your borders, your error is understandable. You will
learn cricket, and we will let you face the South Africans first to
take the sting out of their deliveries.
14. You must tell us who killed JFK. It’s been driving us mad.
15. An internal revenue agent (i.e. tax collector) from Her Majesty’s
Government will be with you shortly to ensure the acquisition of all
monies due (backdated to 1776).
16. Daily Tea Time begins promptly at 4 pm with proper cups, with
saucers, and never mugs, with high quality biscuits (which you
misname as cookies) and cakes; plus strawberries (with cream) when in
season.
God Save the Queen!
Punissons les coupables!
octobre 1, 2008 on 3:31 | In France | 2 CommentsNotre monde est-il plongé dans une crise d’origine financière? Manifestement, et elle est gravissime.
Cette crise est-elle d’origine humaine, ou est-elle le résultat de circonstances? Elle est humaine!
Alors, comment appelle-t’on les responsables d’une telle crise? Des coupables! Et, comme si cela ne suffisait pas, ces coupables ont imaginé que les contribuables américains et européens allaient payer pour effacer leurs crimes…
Le premier coupable, évidemment, est le Président Bush, dont la politique a dépensé 1500 milliards de dollars en Irak et accordé des baisses d’impôts massives, transformant ainsi l’excédent budgétaire massif hérité de son prédécesseur Bill Clinton en déficit record. Et ceci n’est la bilan de Bush que sur le plan financier…
Les autres coupables sont les seigneurs de la finance qui, pour pousser toujours plus haut leurs profits et gigantesques rémunérations, ont inventé une véritable machine infernale, au point que certains dirigeants de banque ne comprenaient même plus ce qu’ils vendaient.
Alors comment d’étonner que les membres du Congrès américain n’aient pas voulu, en votant le plan Bush-Paulson, rejoindre la liste des coupables, préférant un rejet somme toute moral?
Le problème, c’est que le coût de cette moralité pourrait bien se révéler, si elle devait perdurer, ruineux, car ne pas sauver les coupables, c’est aussi ne pas remettre en marche le système financier américain, et, partant, mondial.
C’est ce qui s’est passé en 1929, quand le grand public ne s’est ni chagriné ni alarmé de voir ruinés ceux qui avaient grâce à la bourse fait des profits aussi faciles et rapides qu’énormes. Et la volonté de les voir trouver dans la ruine leur juste punition a occulté que cette ruine précédait la leur.
Bref, il faudrait, pour tirer les leçons de 1929, que la plan Paulson II mette bien en évidence que sauver les banques n’est pas sauver les dirigeants qui ont failli ou les actionnaires qui ont pris des risques et perdu. De ce point de vue là, AIG est un bon exemple qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Les clients d’AIG n’ont pas souffert, mais ses dirigeants ont été virés, et ses actionnaires essorés.
Accessoirement, 700 milliards de dollars, cela représente 6 millions de prêts immobiliers. Si cette somme était distribuée aux propriétaires incapables de rembourser tous seuls, cet argent rentrerait de la même façon dans les comptes des banques, et, au passage, assainirait le marché immobilier qui ne souffrirait plus d’un excès d’offre qui ruine les cours. Sans compter le bonheur de 6 millions de familles qui ne seraient pas jetées à la rue. Sans doute est-ce beaucoup trop simple pour être une solution viable…
De même, JusMurmurandi, qui dénonçait ici même les conséquences funestes de la règle américaine du « mark-to-market » a-t-il constaté que la SEC, autorité de tutelle de la bourse américaine, vient-elle de donner aux banques la possibilité de s’en affranchir quand les marché sont illiquides.
Tiens donc, comment se fait-il qu’aucune félicitation, aucune invitation à Washington, aucune mention d’un prix Nobel ne soit encore parvenue à JusMurmurandi?
Plus qu’une erreur, une faute?
septembre 29, 2008 on 2:33 | In France | Commentaires fermésCe lundi, malgré la signature ce week-end du plan de financement par l’Etat américain des mauvaises créances qui plombent le système financier américain, et, partant, mondial, les bourses mondiales baissent.
Les media en tirent comme conclusion que le plan Paulson-Bush ne fonctionne pas et ne ramène pas la confiance. C’est une erreur d’analyse.
Fondamentalement, le niveau de la bourse n’a qu’un impact très indirect sur l’état de l’économie, et en aucun cas immédiat. Certes, un niveau bas empêche de lever des capitaux, mais ce n’est pas un problème immédiatement critique, d’autant que les bourses retombent à des niveaux d’il y a 18 à 36 mois, donc pas catastrophiques.
Le vrai baromètre de la confiance qui compte en ce moment critique, c’est celui du crédit interbancaire. L’asphyxie du système financier international vient de ce que les banques ne se prêtent pas les unes aux autres au quotidien, faute d’être tout à fait sûres d’être remboursées. De ce fait, leur action est gravement handicapée, donc réduite, et l’activité économique ne trouve plus de financement.
Comme, dans le même temps, les banques n’arrivent plus à revendre les crédits qu’elles ont consenti, comme elles avaient si bien su le faire pendant 10 ans, avec pour conséquence de nous amener à la crise actuelle, ce sont deux facteurs majeurs qui compriment fortement l’activité bancaire. C’est ce qu’on appelle en anglais le « credit crunch », la « crampe du crédit ».
C’est le seul facteur sur lequel mesurer si nous nous dirigeons vers une sortie ou au contraire un approfondissement de la crise. Car sauver les banques, ne veut pas dire sauver les investisseurs et les directeurs. Ainsi, quand AIG, la plus grande compagnie d’assurance américaine a été nationalisée (l’Etat américain a pris 80% du capital en contrepartie d’un prêt de 85 milliards de dollars), le dirigeant a été prié de partir séance tenante (c’était en pleine nuit), et la nationalisation a évidemment dilué de 80% les actionnaires. C’est pourquoi la baisse des valeurs financières à la bourse ne mesure pas le succès du plan de sauvetage, elle peut tout aussi bien mesurer dans quelle mesure les actionnaires seront « lessivés » par le processus, ce qui reflète un cours d’actions en forte baisse.
Accessoirement, garder l’oeil rivé sur le cours de bourse donne l’impression au public qu’on utilise leur argent, celui des contribuables, pour sauver la peau des spéculateurs et autres seigneurs de la finance, ce qui ne les met pas forcément de bonne humeur. A cinq semaines des élections américaines, si trop d’électeurs se sont manifestés auprès de leurs parlementaires pour leur signifier de voter « non » au plan de sauvetage non de l’économie, mais des boursiers, le vote crucial du Congrès pourrait nous plonger tous dans un inconnu plus glacé que celui du nouveau LHC de Genève.
Le but de ce LHC est de nous faire découvrir les circonstances exactes du Big-Bang à l’origine de l’Univers. Espérons que la crise actuelle ne nous en dispense pas en faisant tout disparaître dans un trou noir, dont, comme chacun sait, la caractéristique est que rien ne ressortira plus jamais.
Faiblis et Defexia
septembre 29, 2008 on 8:38 | In France | Commentaires fermésOui, je sais, le mot est facile, quand les banques Fortis et Dexia sont en difficulté.
Il y en a eut-être parmi vous, fidèles lecteurs de JusMurmurandi, qui pensez que nous en faisons trop sur le sujet de la crise financière, et ce depuis des mois. Sachez que rien ne nous ferait plus plaisir que d’enterrer ce sujet au lieu d’enterrer une grande institution financière après l’autre.
Une fois de plus, la banque Fortis explique qu’il n’y a aucun risque, qu’elle est solide, qu’elle va vendre des actifs pour consolider sa position. Qu’elle change de patron. Et une fois de plus, ça ne sert à rien. Il a fallu ce week-end que 3 Etats s’y mettent pour sauver le bancassureur belgo-néerlandais, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Dans le même temps, les Britanniques ont nationalisé leur banque Bradford and Bingley, juste après que les Américains aient nationalisé leur plus grande Caisse d’Epargne, Washington Mutual.
Repensons-y un instant. 3 nationalisations de grands établissements financiers. Pas pour des raisons idéologiques comme le voulut François Mitterrand, mais pour éviter une faillite de tout le système financier. A quand remonte le dernier sinistre comparable?
Vous me direz, et vous aurez raison, que les Etats-Unis (déjà eux!) avaient nationalisé leurs Savings & Loans, une forme de caisse d’épargne, qui s’étaient gavées de junk bonds, ces obligations pourries inventées par Michaël Milken et Drexel Burham Lambert dans les années 80. Mais la situation était très différente. Le sauvetage des S& L avait pour but non d’éviter des défaillances en chaîne, mais de sauver les épargnants qui leur avaient confié leur argent.
Donc, si cette opération n’est pas comparable, à quand remontre le dernier sinistre référence (ou la dernière sinistre référence, comme on voudra)? 1929. La grande crise. La grande dépression. Eh oui, il faut bien le dire. Nous vivons en direct un épisode dont il est possible (pas certain, mais possible) que l’histoire dise dans quelques décennies que personne n’imaginait au départ que ce n’était que le début de la plus grande crise économique que le monde ait connu.
Et quand on sait que la grande crise de 29 ne s’est véritablement achevée que lors de la seconde guerre mondiale, que beaucoup considèrent comme sa conséquence, il y a de quoi se faire du mouron.
Vous objecterez que le Congrès américain a finalement trouvé un compromis sur le paquet de 700 milliards de dollars destiné à absorber les créances pourries du système américain. Oui, certes, mais le problème n’est pas là. Ce n’est pas par manque de liquidité que les banques ne se prêtent pas, les banques centrales en mettant des quantités gigantesques à disposition. C’est parce qu’elles ne se prêtent pas qu’elles manquent de liquidité et se tournent vers les banques centrales.
Comme l’écrivait JusMurmurandi il y a des semaines, quand la confiance est aux abonnés absents, la liquidité ne sert à rien. Car la confiance, c’est comme un programme. On sait à qui on peut prêter, avec qui faire des affaires, quels business développer. Quand on ne sait pas cela, on ne fait rien, et donc la liquidité reste inemployée. Des exemples? Vendredi dernier, le titre Fortis perd 20% de sa valeur en bourse. Ce week-end, 3 Etats s’engagent et prennent la moitié du capital. Ce lundi, le titre ne prend « que » 14,5%, soit moins que les pertes de vendredi, puis replonge de plus de 15% dans les échanges de la matinée.. Belle preuve de confiance!
Dans le même temps, c’est le tour de la banque franco-belge (encore!) Dexia, dont le titre plonge de 20%. Après Fortis qui devient Faiblis, Dexia deviendra-t-il Defexia?
L’Arnaque!
septembre 28, 2008 on 8:07 | In France, Insolite, International | Commentaires fermésLes marché financiers, qu’on avait cru calmés par l’annonce du plan Paulson de rachat par le Trésor US des mauvaises créances qui plombent les banques américaines, rechutent.
Le problème, c’est qu’ils n’ont pas vu la couleur de l’argent que le Président Bush a promis. Pas d’accord au niveau politique, et les rumeurs reprennent. Cette semaine, la victime expiatoire, c’est le bancassureur belgo-néerlandais Fortis, qui a largué son patron en urgence comme bouc émissaire. Et d’autres sont au bord du précipice, comme le britannique RBS.
Si l’accord politique ne s’est pas fait entre Démocrates et Républicains du Congrès, c’est que les Démocrates disent, et on peut les comprendre, que faire assumer par le contribuable américain les turpitudes de Wall Street sans rien faire pour soulager les millions d’Américains qui ont perdu ou vont perdre, si rien n’est fait, leurs maisons, ce serait une véritable arnaque.
Bien entendu, chacun de rappeler que Henry « Hank » Paulson, le Secrétaire américain aux Finances, est un ancien de la plus aristocratique maison de Wall Street, Godman Sachs, et qu’il est donc logique de trouver que le plan qu’il a conconté fait la part trop belle à ses amis et anciens collègues. Cela ferait de lui, si on suit les Démocrates, l’arnaqueur en chef.
C’est pourquoi les Démocrates insistent pour non seulement aider les plus futurs ex-propriétaires, mais aussi pour que le policeman de Wall Street s’intéresse à tous ceux qui, dans les hautes sphères de la finance, auraient pu commettre des délits qui résultent en une amère potion qu’ils veulent faire boire à tous dans un calice d’argent. Déjà le FBI a ouvert une enquête qui prmet de faire trembler plus d’un « Maître de l’Univers », comme l’écrivait si bien Tom Wolfe dans « le bûcher des vanités ».
D’une certaine façon, il est extrêmement frustrant de voir ces insitutions financières qui se sont livrées à une véritable gabegie qui leur a fait gagner des milliards nous dire aujourd’hui, « ou bien vous nous sauvez, ou nous coulons tous ». Ce qui fait de tous les citoyens du monde économique globalisé les habitants d’une véritable maison des otages.
Bref, si tous ces messieurs en se mettent pas d’accord, les marchés financiers pourraient nous faire vivre à tous une semaine digne d’un film catastrophe comme la tour infernale.
Comme vous l’avez tous compris, JusMurmurandi souhaite par cet article rendre hommage à un acteur américain qui vient de mourir, et saluer l’immense Paul Newman.

George W. Bush est-il Georges Marchais ?
septembre 27, 2008 on 5:11 | In Economie, France, Incongruités, International | Commentaires fermésMême si George W. Bush va demander à son épouse Laura de faire les valises, la fin de son mandat approchant, comme Georges Marchais l’avait fait publiquement en interpellant Liliane, la ressemblance n’est pas évidente.
Et pourtant, Bill Perkins, patron d’une entreprise d’investissements aux Etats Unis, SmallventuresUSA, est convaincu que la ressemblance existe.
Pour lui, le plan que George W. Bush est en train de mettre sur pied pour sauver ce qui peut encore l’être de l’univers bancaire américain indique que l’Amérique est en train d’emprunter la voie du communisme.
« Tant que tout va bien, nous sommes des capitalistes » dit il; « et lorsque les choses commencent à aller mal pour l’économie, nous nationalisons comme des communistes, plus que le Vénézuela par exemple » poursuit il.
« C’est une version du socialisme ou du communisme ».
Mais Bill Perkins n’en reste pas là.
Car c’est homme a du flair. Il a ainsi suivi l’évolution récente de l’action Goldman Sachs.
Il est convaincu que cette entreprise ne disparaîtra pas comme ce fut le cas par exemple de Lehman Brothers, vieille dame datant de 1850 qui a disparu en quelques heures.
Et il investit des fonds substantiels dans Goldman au fur et à mesure que l’action baisse et génère un profit de plus de un million de dollars lorsqu’il revend ses titres au moment où il remonte.
Et ce million, il le consacre aujourd’hui a dénigrer le plan de George W. Bush en achetant des pleines pages de publicité dans le New York Times, et en le donnant à des œuvres de charité.
Ce cri de déchirement qui juge donc l’économie américaine comme étant communiste devrait nous appeler à réfléchir.
Car si George W. Bush est communiste, que reste-t-il à Olivier Besancenot et son Nouveau Parti Anticapitaliste ?

Le tour des socialistes
septembre 26, 2008 on 12:58 | In C'est ça, Paris?, Coup de gueule, France | Commentaires fermésEnglués dans leurs problèmes de personnes pour les diriger, les socialistes semblent n’avoir qu’une seule idée en tête: que vienne, après celui de la droite, enfin, leur tour. Ils ont raison. Il y a déjà 13 ans que la droite occupe la présidence de la République. A la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, cela fera 17 ans, une longévité exceptionnelle, atypique, qui donne toutes ses chances à une alternative de gauche.
En attendant, pour ne pas attendre trop longtemps son tour, Bertrand Delanoë, l’ambitieux maire de Paris, a décidé de doter la capitale de sa tour. Une tour de 200 mètres de haut à côté du parc des expositions de la porte de Versailles.
Une telle construction, après 3 décennies sans nouveaux immeubles de grande hauteur à Paris, peut surprendre de la part d’un homme qui a toujours professé préférer pour la ville qu’il administre et ses citoyens la qualité de vie à la croissance.
Ce changement montre que le rusé Delanoë a plus d’un tour dans son sac. Empêché de construire par son alliance avec les Verts lors de son premier mandat, sitôt son indépendance retrouvée lors de son second mandat, vue la calamiteuse prestation électorale verte, il s’empresse de leur jouer un tour de sa façon, et adore ce qu’il brûlait il y a peu.
Car Delanoë n’a pas le choix. Son succès jusqu’ici a été très largement financé par la forte croissance du marché immobilier, dont les transactions faisaient tomber chaque année des centaines de millions d’euros dans les caisses municipales. Sauf que la conjoncture lui joue un sale tour, en donnant un brutal coup d’arrêt à cette recette en même temps qu’au marché immobilier.
Donc, pour avoir les moyens futurs de tenir ses promesses passées, le maire de Paris, qui, faute d’avoir pu médailler Paris de l’or olympique, n’a comme réalisation marquante que d’être, par le projet Vélib, Bertrand le Pédaleur, veut devenir maintenant Bertrand le Batisseur. Et d’affirmer que, si tout se passe bien, ce n’est pas une tour qu’il fera édifier, mais bien 6.
Peu lui importe que celles-ci griffent un ciel parisien, qui, contrairement à tant d’autres capitales modernes, n’était barré que 3 fois, par la tour Montparnasse, par la tour du Concorde la Fayette, et par le groupe de tours du front de Seine. Peu lui importe aussi qu’il ait promis qu’il ne le ferait jamais. Delanoë en est réduit au cri rauque d’Harpagon: ma cassette, ma cassette!
Mais évidemment, il y a une autre porte de sortie pour le maire de Paris, et on comprend qu’il s’active à ce point pour y accéder. C’est celle de premier secrétaire du parti socialiste. Ce qui lui conférerait la qualité de premier opposant à Nicolas Sarkozy. Là, au lieu de devoir tenir ses promesses, il pourrait de délecter de voir le Président à son tour ne pas tenir les siennes.
Seulement, pour arriver à ce poste convoité Bertrand le Batisseur doit encore arriver à fédérer, malgré les haines et les crocs-en-jambe, les différentes personnalités et sensibilités du PS, qui n’arrivent plus à parler le même langage depuis longtemps.
Ce qui fait du PS une vraie tour de Babel, dont on notera sur les photos ci-dessous, la ressemblance avec la tour qu’il veut construire.

