Plus Bush que Blair ?

avril 19, 2007 on 2:04 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

Au début de sa campagne, Ségolène Royal se disait volontiers « blairiste », faisant allusion à la modernisation que Tony Blair avait su imposer au parti travailliste britannique. Modernisation qui lui vaut dêtre au pouvoir depuis 10 ans sans interruption, durée sans précédent dans l’histoire de la monarchie d’outre-Manche. Et de même, elle aimait bien son surnom de « zapatera », du nom du Premier Ministre espagnol qui a modernisé le parti socialiste ouvrier espagnol.

Mais, à bien y regarder, est-elle vraiment blairo-zapateriste? Sur le fond, Tony Blair aussi bien que Jose-Luis Zapatero ont tous deux succédé à des gouvernements de type libéral (Thatcher et Major en Grande-Bretagne, Aznar en Espagne). Ces gouvernements avaient adopté des mesures de réforme en profondeur de l’économie de ces deux pays, notamment pour retrouver le plein emploi. Et ce avec un succès remarquable dans les 2 cas
Ni Blair ni Zapatero n’ont défait ce que leurs droites respectives avaient fait avant eux. Trop heureux que d’autres aient subi l’impopularité de réformes douloureuses, ils en ont habilement cueilli les fruits délicieux: croissance plus forte que la moyenne européenne, et forte réduction du chômage. Leur variété de socialisme ne les a pas poussé à augmenter les impôts, ils ont simplement profité de la bonne conjoncture pour redistribuer les fruits de la croissance

Est-ce ce que propose de faire Ségolène Royal? Pas du tout. Bien que la droite à laquelle elle succèderait ait été beaucoup plus modérée dans ses réformes que ses homologues anglaises et espagnoles, la candidate veut se dépêcher de défaire ce que la droite à fait. Par exemple le CNE, un contrat qui touche plus de 400.000 personnes. Comment l’Etat va modifier un contrat de manière rétroactive auquel il n’est pas partie prenante est d’ailleurs un exemple intéressant de bourbier juridique dans lequel le pays laisserait des forces qui pourraient être mieux employées ailleurs. Elle veut annuler les baisses d’impôts. Elle veut annuler les assouplissements des 35 heures. Bref, tout ce qu’a fait la droite est mauvais, nul, quasi diabolique.

Comme ce ne sont ni Blair ni Zapatero qui ont diabolisé leurs prédécesseurs au nom de certitudes idéologiques dont ils seraient les seuls détenteurs, on voit mal Mme Royal en blairiste ou en Zapatera. Comme Angela Merkel gouverne avec son opposition dans un « grande coalition » à l’allemande, elle ne les diabolise pas non plus bien sûr. Existe-t-il un grand pays d’économie de marché où le parti au pouvoir se comporte comme voudrait se comporter Mme Royal? Pas le Japon, où la continuité est une manière de vivre.

Alors n’en existe-t-il aucun pour voir si cette approche diabolisante fait ses preuves? Si, un: ce sont les Etats-Unis de George Bush! Mme Royal serait-elle donc, dans la manière et dans l’approche idéologique de la politique, plus une bushista qu’une blairiste ?

Ahurissements de campagne (15)

avril 19, 2007 on 1:39 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

JusMurmurandi s’est déjà étonné de voir la Région Ile-de-France offrir la gratuité des transports en commun à tous les allocataires du RMI, ainsi qu’à leurs familles. Si on peut légitimement soutenir qu’il faut tout faire pour aider les RMIstes à retrouver un emploi, JusMurmurandi ignorait que se rendre à des entretiens d’embauche se fasse en famille, et le week-end aussi bien qu’en semaine…

Mais là où JusMurmurandi hoche la tête, perdu entre incrédulité et ahurissement, c’est de voir un candidat à l’élection présidentielle épouser cette même thèse. Et dire que cette mesure ne fait que renforcer un assistanat coûteux qui enfonce les RMIstes dans leur absence du marché du travail, parce que reprendre un emploi les prive instantanément de cet avantage.

Qui est ce candidat? Jean-Marie le Pen, ou Philippe de Villiers à l’extrême-droite ? Nicolas Sarkozy, qui exalte la valeur travail ? François Bayrou qui veut avant tout réduire la dette, donc les dépenses de l’Etat? Perdu! Aucun d’entre eux. Donc cela doit être un candidat qui se dit « de gauche ». Alors, un ennemi politique du président du Conseil Régional d’Ile-de-France, le PS Jean-Paul-Huchon ? Encore perdu! C’est justement la candidate PS, Ségolène Royal !

JusMurmurandi n’en voudra pas aux électeurs de ne rien y comprendre…

Le candidat des facteurs

avril 19, 2007 on 12:31 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

Gérard Schivardi du Parti des Travailleurs, revendiqua dans un premier temps être le « candidat des Maires » puis ramené à un plus modeste « candidat de Maires », après correctif judiciaire.

Autour de la grève de la Poste, JusMurmurandi a rappelé que les facteurs étaient au moins « représentés » par M. Besancenot.

Les choses vont en fait beaucoup plus loin, les facteurs ont en fait eux aussi leur candidat.

Que constate JusMurmurandi ?

A l’ouverture de l’enveloppe contenant les programmes des différents candidats, la missive d’Olivier Besancenot est en première ligne.

On pourrait légitimement penser qu’il s’agit d’un ordre juste et légitime, comme les aime Ségolène Royal, un ordre alphabétique.

Hélas, les choses se compliquent et on constate qu’il n’en est rien, certains candidats comme François Bayrou ou Arlette Laguiller voyant même leur pamphlet plié en deux.

Quand JusMurmurandi voit tous les efforts et dépenses associées pour assurer l’équité de temps télévisuel et radio aux différents candidats, il hoche la tête, perdu entre incrédulité et ahurissement, lorsqu’il constate que le pli contenant le programme des candidats et destiné aux millions d’électeurs n’est aucunement régi afin d’assurer un remplissage en toute équité.

Et constate qu’une fois de plus, l’argent des contribuables est gaspillé.

Si l’on peut encore, à l’heure d’internet, en plus de la presse papier télévisée, radiophonique et papier, justifier d’envoyer les programmes des candidats, y joindre les bulletins de vote destiné à l’urne, bulletins que les électeurs retrouveront obligatoirement aux bureaux de vote, est un gâchis économique et écologique.

En les supprimant, on pourrait ainsi alléger la facture du contribuable en même temps que l’enveloppe et la tâche des facteurs, éliminer la grève suscitée par la prétendue insuffisance de rémunération des facteurs pour le portage de ces plis désormais moins lourds, la pollution et l’abattage des arbres nécessaires pour le papier des bulletins etc..

Bref, JusMurmurandi ne voit à cette proposition d’économies que des facteurs positifs….

L’avenir de Ségolène Royal

avril 19, 2007 on 11:56 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

Gérard Schivardi, candidat du Parti des Travailleurs, propose dans le programme officiel envoyé aux électeurs des mesures qui laissent JusMurmurandi pantois.

On voit ainsi apparaître la renationalisation de la Poste, d’EDF et de la SNCF.

JusMurmurandi ignorait que ces sociétés ne soient en effet plus détenues en majorité par l’Etat français (la nouvelle serait en effet trop bonne pour être crédible…).

Le candidat de Maires propose aussi l’interdiction des expulsions. Ceci constituerait une indéniable motivation pour les propriétaires qui n’auraient plus de possibilité de récupérer leur bien immobilier si leurs locataires refusaient de payer leurs loyers.

Droit pour les jeunes à un vrai travail en CDI. JusMurmurandi ignorait qu’il y ait des vrais et des faux CDI, et que les jeunes soient discriminés pour leur contrat de travail.

Bref, le programme de M. Schivardi est plein de surprises.

Mais plus encore, c’est le parcours de M. Schivardi lui même qui interpelle JusMurmurandi.
On apprend, toujours sur le programme officiel du candidat, qu’il a été membre du Parti Socialiste de 1975 jusqu’en 2003.

M. Schivardi pourrait il ainsi représenter l’avenir de Me. Royal ?

Afin d’avoir l’avis des astres d’ici à dimanche prochain, JusMurmurandi compte interroger toutes affaires cessantes l’astrologue préférée des Français, Elisabeth Tessier.

Lapin royal ou Royal Lapin?

avril 19, 2007 on 6:41 | In France | Commentaires fermés

JusMurmurandi s’est déjà exprimé sur le fait que Ségolène Royal annulait ou reportait quelques rendez vous avec des journalistes ou pour des meetings politiques.

Si l’on pouvait penser initialement que ce n’était qu’en fonction de contraintes de temps il semblerait que ce soit en fait une véritable inclinaison de la part de la candidate pour ne rencontrer que ceux qu’elle veut, de ne répondre aux questions que de ces personnes lui étant a priori favorable.

C’est ainsi qu’après son refus d’obstacle avec Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, les journalistes de Reuters et d’Associated Press ont vu annulé le rendez vous fixé avec la candidate.

JusMurmurandi ne retournera pas le couteau dans la plaie pour savoir pourquoi celle qui soutient les débats démocratiques ne souhaite pas répondre aux questions. La réponse est claire après le désordre juste suscité par le contrat de première chance et ses révisions successives, et rebaptisé depuis parcours première chance …

Il n’en reste pas moins que pour JusMurmurandi, ceci est de la cuisine politique de bas étage.

Alors que nous sommes en période de Pâques, où prolifèrent les animaux à grandes oreilles, il semblerait donc que la candidate PS soit à l’origine d’une nouvelle recette: on connaissait le lièvre à la Royale et le lapin de Pâques, la rue de Solférino proposera t elle d’inscrire le Lapin Royal à l’Inventaire Supplémentaire des Plats Politiques Historiques (ISPH)?

Cuisine électorale

avril 19, 2007 on 5:42 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

Hier, François Bayrou a dîné avec Michel Rocard. Compte tenu que ce dernier avait préconisé une alliance entre le candidat centriste et la candidate PS, un tel dîner fait du sens. Peu importe d’ailleurs que ce dîner illustre les craintes de JusMurmurandi de voir inévitablement un président Bayrou tomber dans des combines politiciennes et une cuisine électorale qui ont ruiné la France de la IVe République
.

Ce dîner où 2 adversaires supposés, mais en fait rapprochés par un adversaire commun, ici Nicolas Sarkozy, n’est pas le premier du genre. JusMurmurandi rappelle celui qui avait réuni Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac avant l’élection de 1988. Au menu, il y avait très symboliquement d’abord des oeufs brouillés, puis du Barre flambé (pardon, du bar flambé…).

C’est pourquoi il n’est pas très difficile de savoir ce qu’ont dîné François Bayrou et Michel Rocard: des asperges de Hollande, suivies de lièvre à la Royal (pardon, à la royale…)

Ahurissements de campagne (14)

avril 19, 2007 on 4:10 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

Ségolène Royal a déclaré que sa première mesure, si elle était élue, serait de relever les bas salaires et les petites retraites.

JusMurmurandi voudrait rappeler à la candidate socialiste que l’élection présidentielle élit un Président, et non un Gouvernement. Qu’il faudra donc au Président nommer un Gouvernement, dont on peut penser qu’il conduira le parti du Président aux élections législatives de juin 2007.

François Mitterrand l’avait bien compris, dont la première mesure a été d’aller, avec une pompe quasi-monarchique, poser un rose sur la tombre de Jaurès. Comme il ne pouvait agir par a loi, il frappait l’imagination par le symbole.

Mais là où JusMurmurandi hoche la tête, perdu entre incrédulité et ahurissement, c’est devant le choix de Ségolène Royal. En effet, les salaires dépendent des employeurs et non du Président ou du Gouvernement. Seul le SMIC et non « les bas salaires » peut être fixé règlementairement. Toute autre promesse est donc impossible à tenir.

De même les retraites dépendent d’organismes paritaires et non de l’Etat. Les fixer par la loi supposerait un changement profond de gestion des retraites, qui seraient ainsi étatisées, avec la fin de toute négotiation et de tout paritarisme. Belle entrée en matière pour une candidate qui se veut à l’écoute de l’intelligence des Français.

JusMurmurandi voudrait suggèrer une première mesure à Ségolène Royal qu’elle appréciera sans doute beaucoup plus encore. Puisqu’elle se moque que celle-ci soit légale ou non, applicable ou non, la première mesure qu’elle devrait prendre en tant que Présidente serait de se donner sans élections législatives une Chambre des Députés avec une solide majorité PS. Comme cela elle aura une majorité pour 5 ans, et pas besoin de faire campagne, pas besoin de se plaindre des attaques des autres partis, pas de risque de gaffe ou de bévue, pas besoin de faire des promesses impossibles à tenir…

1958-2007, même combat?

avril 18, 2007 on 1:14 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

François Bayrou a déclaré que la situation de la France « était pire aujourd’hui qu’en 1958″. JusMurmurandi voit bien l’utilité politicienne de cette déclaration, qui vise à ancrer l’idée qu’à situation exceptionnelle, vote exceptionnel, ceci pour attirer à lui des électeurs de partis traditionnels. Peu lui importe que, ce faisant, il augmente le taux d’anxiété des Français en exacerbant leurs peurs.
Mais là où JusMurmurandi hoche la tête, perdu entre incrédulité et ahurissement, c’est que François Bayrou est agrégé d’histoire. Ceci devrait lui rappeler qu’en 1958, la France de la IVe République avait des gouvernements qui parfois ne duraient que quelques jours, et jamais plus de quelques mois. Elle avait une économie sous perfusion américaine. Elle sortait d’une guerre (l’Indochine) pour entrer dans une autre (l’Algérie). Des millions de français vivaient dans des bidonvilles sans eau ni électricité auprès desquels les barres de HLM qu’on détruit aujourd’hui étaient des paradis sur terre.

Cela étant, là où JusMurmurandi donne raison à François Bayrou, c’est qu’en 1958, sur un point  la situation était plus saine qu’aujourd’hui. Pour faire face à ses difficultés, la France avait une ressource rare en la personne de Charles de Gaulle, et les Français ont eu la sagesse et le courage de lui faire confiance. Aujourd’hui, Charles de Gaulle est mort, et l’élection de dimanche montrera si la sagesse et le courage ne sont pas morts avec lui.

Car confier son avenir à un candidat sans parti qui assure qu’il gouvernera avec « les meilleurs des 2 bords », c’est comme le disait De Gaulle qui détestait et rejetait tout ce qui ressemblait de près ou de loin à des combinaisons de parti, manquer de sagesse.

Et voter pour une candidate dont le principal mérite est de faire croire que l’Etat fera tout pour tous à notre place et paiera pour tout, et de tout promettre à tout le monde, à commencer par le fait d’éviter le fait de devoir faire les réformes qui pourtant s’imposent, c’est manquer de courage.

Après les restaurants et les vacances, les syndicats?

avril 17, 2007 on 11:55 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

Ségolène Royal a déclaré qu’en cas d’élection, elle encouragerait à une syndicalisation massive au moyen d’un chèque syndicalisation. JusMurmurandi voudrait poser 2 questions:

- ce chèque est-il de même nature que les chèques-restaurant ou les chèques-vacances ? Dans ces 2 cas, l’entreprise aide financièrement ses employés à se payer ce dont ils ont besoin ou envie et qu’ils n’ont pas les moyens de financer seuls. Mme Royal imagine-t-elle que les employés aient majoritairement un désir secret de syndicalisation que seuls leur absence de moyens financiers empêche de réaliser? JusMurmurandi voit ici une illustration de la méthode Royal: au lieu de laisser aux employés le choix de l’emploi qu’ils veulent faire de l’argent qu’ils pourraient toucher, elle décide à leur place et du sommet de l’Etat qu’il est bon pour eux de se syndiquer.
- à quoi sert d’avoir un syndicalisme de masse si le gouvernement ne laisse pas d’espace à la négociation ? JusMurmurandi observe que quand le PS et Ségolène Royal disent « négociation », ils veulent dire « mise en oeuvre de nos décisions prises au sommet de l’Etat ». Cela a été le cas pour les 35h, et la candidate PS répète que ce sera « à la négociation » de mettre en place les mesures de son pacte présidentiel.

JusMururandi fait une contre-proposition à Ségolène Royal: puisque son pacte détaille les mesures qu’elle veut appliquer, et c’est son droit de candidate, puis de Présidente si elle est élue sur ce programme, elle ne devrait pas imposer de passer à un syndicalisme de masse, puisqu’il n’y aura rien à négocier qui ne soit déjà réglé par avance dans le pacte. Dans ces conditions, plus besoin de syndicats du tout face à cet Etat qui décide de tout. Donc elle pourra distribuer un chèque-syndicalisme. Ce sera celui des économies dues à la suppression de syndicats non représentatifs aujourd’hui, inutiles demain. Voilà un chèque qui serait populaire, et une vraie économie. Chiche!

Ahurissement de campagne (13)

avril 16, 2007 on 9:54 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

La Poste, entreprise nationale que les Français aiment détester, semble être l’ultime candidate (!) à la grève avant le premier tour des élections présidentielles.

Vendredi 13 (c’est déjà tout un symbole…) JusMurmurandi observe que plusieurs syndicats ont déposé un préavis de grève illimitée à cause des élections.

Motif invoqué: protester contre la rétribution proposée par la direction pour la distribution des plis électoraux. La direction, selon les syndicats, proposerait entre 8 et 17 centimes d’Euro le pli, tandis que les syndicats réclament 35 centimes par pli.
La Poste annonce 172 millions de plis à distribuer.

Le calcul est simple: l’écart qui sépare la direction et les syndicats coute (et non vaut) entre 31 et 46millions d’Euro suivant que l’on prend la fourchette basse ou haute de ce que verserait la direction.

Bref, disent les syndicats, la Poste qui a remporté l’appel d’offre de distribution des plis toucherait 44 millions d’Euro du gouvernement et n’en reverserait que 35 millions aux salariés.

Sans même vouloir entrer dans la discussion de la répartition des fruits du marché remporté (il n’y aurait donc que le salaire qui constitue les coûts à la Poste, qui ne consommerait contrairement à toute autre entreprise aucune eau, électricité, carburant pour les véhicules etc..bref un non sens économique total), JusMurmurandi pose les questions suivantes:

Pourquoi la grève n’a t elle eu qu’une résonance si modeste aux dires des journaux radiodiffusés en fin de journée?

Les Postiers auraient ils compris, en majorité, qu’ils allaient se mettre les électeurs à dos en tentant de prendre la démocratie en otage à quelques jours du plus important scrutin national ?

Est ce une coïncidence si l’un des candidats à la Présidence de la République est facteur ? JusMurmurandi attend la prise de position de M. Besancenot sur la grève avec intérêt (que ce soit de son domaine de distribution, Neuilly..sur Seine ou d’ailleurs, peu chaut à JusMurmurandi).

Est-ce une illustration de plus de la médiocrité grandissante de cette entreprise, qui a lamentablement échoué sur le J+1 (livraison du courrier le lendemain de son expédition), et qui aujourd’hui fait une communication de masse en faveur de la lettre prioritaire, qui tente de « culpabiliser » ceux qui auraient le tort de vouloir ne payer que le prix « de base » pour un service adéquat?

Est-ce à cause de ces méthodes que la Poste a piteusement échoué dans le passé sur le marché du pli urgent, où DHL, Federal Express et autres UPS ont conquis une frange de clientèle , a fortiori professionnelle, qui ne peut plus décemment accepter une prestation qui part à la dérive ?

Est-ce avec ces méthodes que la Poste se prépare l’avenir avec l’ouverture complète du marché européen à la concurrence, alors que certaines tranches de poids sont déjà accessibles à des concurrents étrangers ?

Est-ce avec ces méthodes, d’un autre siècle, que la Poste compte faire concurrence à ses homologues étrangers, avec comme premier exemple la Bundespost, poste allemande, qui, elle, a par exemple racheté DHL ?

Un quelconque gouvernement aura t il le courage d’attribuer le marché de la distribution des plis électoraux à une autre entreprise, afin que le mot « con-cur-rence » entre enfin dans le vocabulaire de la fonction publique ? [JusMurmurandi refuse d'utiliser le mot service quand il n'y en a pas.]

En conclusion, combien d’articles Google trouve t il à la question « grève poste » ? 1.270.000 (un million deux cent soixante dix mille). Tout est dit.

Dans cette campagne, tout est musique…

avril 16, 2007 on 9:06 | In Best of, Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

Le site Altamusica a interrogé les candidats à l’élection présidentielle sur leur approche de la musique classique. Par-delà leurs réponses, forcément convenues, JusMurmurandi décrypte pour vous leurs vraies affiliations:

- Ségolène Royal juge « baroque » la démarche de Michel Rocard, voulant la pousser à s’allier avec François Bayrou. Et Ségolène le sait, les orchestres baroques sont petits…

- François Bayrou propose une approche carrément romantique quand il fait rêver les Français à l’union des « meilleurs des deux camps ». Mais les histoires des héros romantiques finissent rarement en coulant des jours heureux…

- Ségolène Royal elle-même se veut résolument moderne. Donc il ne faut pas s’étonner de trouver sa campagne par moments cacophonique, ni qu’elle déconcerte son public par d’apparentes improvisations…

- Nicolas Sarkozy livre une campagne de l’école classique. Et les Français jugent que c’est la mieux interprétée, la plus en place. Peut-être parce que le candidat qui veut réhabiliter le travail est aussi celui qui l’a le plus répétée…

Quand aux « petits » candidats, s’ils sont petits, c’est peut-être parce que contrairement aux « grands », qui interprètent tout un répertoire, leurs petits moyens ne leur permettent d’interpréter qu’une seule oeuvre:

Pour Jean-Marie le Pen: « gloire immortelle de nos aieux », marche martiale extraite de Faust

Pour Philippe de Villiers: les Patriotes (chanson de Georges Brassens)
Pour Frédéric Nihous, chantre de la ruralité: la symphonie pastorale, de Beethoven

Pour Dominique Voynet, qui veut un air plus pur: la symphonie des Alpes, de Richard Strauss

Pour Olivier Besancenot: la Chanson du Facteur (par Casimir et l’Île aux Enfants)
Pour Arlette Laguiller, dont c’est la lutte finale: l’Internationale

Pour José Bové: le Chant des Partisans

Pour Gérard Schivardi: Musique des Maires (inconnue, cette partition n’a pu être interprétée)
Qui donc sera celui ou celle auquel (ou à laquelle) le public décernera le prix traditionnel qui est à la musique classique ce que l’Oscar et le César sont au cinéma, et qui s’appelle justement: la Victoire ?

Cartomancie, astrologie, astronomie….

avril 16, 2007 on 9:00 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

JusMurmurandi se demande qui est à l’origine de cette prédiction, énoncée par Ségolène Royal dans le journal du dimanche d’hier, que son élection serait un événement planétaire.

On sait déjà que ce ne sont pas les instituts de sondages, qui continuent à lui donner, dans le meilleur des cas, la deuxième place.

Serait-la alors célèbre cartomancienne-astrologue Elisabeth Tessier, à laquelle on prête à François Mitterrand d’avoir souvent eu recours?

Non, car elle aussi prédit l’élection de Nicolas Sarkozy.

Alors JusMurmurandi, en désespoir de cause, s’est tourné vers les astres et mis à explorer l’espace intersidéral, à la recherche de E.T. (non, malgré les initiales communes, ce n’est pas d’Elisabeth Tessier qu’il s’agit).

Une fois de plus, JusMurmurandi a fait choux blanc: car quel était le mot le plus célèbre de E.T. sinon « go home »…
JusMurmurandi poursuit inlassablement son enquête…

La Planète Royal

avril 15, 2007 on 4:12 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

Ségolène Royal déclare que son élection sera un événement planétaire. Quand on pense que le Ministre le plus populaire de la gauche, Bernard Kouchner, et un ancien Premier Ministre, Michel Rocard, lui aussi PS, lui conseillent un accord électoral en cas de défaite, en clair, quand ils ne croient pas à ses chances de victoire, JusMurmurandi se dit que la planète Royal ne regroupe même pas tout le PS français.

Pour une planète, ce n’est vraiment qu’une toute petite planète. Et sûrement pas une étoile…

Dans une semaine on éteint les projecteurs

avril 15, 2007 on 4:07 | In Best of, Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

Si les sondages prédisent correctement le vote du 22 avril, dans une semaine:

- François Bayrou cessera d’être le 3e homme pour redevenir le président d’un petit parti avec une problème insoluble pour les législatives, qui pourraient le voir perdre l’intégralité de ses députés. Auquel cas l’UDF aura vécu.

- Dominique Voynet sera celle qui aura ramené les Verts à 2% de l’électorat au moment où l’écologie n’aura jamais été aussi présente dans la campagne et dans l’esprit des Français. Les Verts auront vécu
- Marie-George Buffet sera celle qui aura non seulement fait un misérable 2% de l’électorat, mais ne sera que la 4e de l’extrême-gauche. Le PCF aura vécu.

- Arlette Laguiller aura fini sa dernière campagne présidentielle. Sa carrière politique aura vécu.

- Jean-Marie le Pen aura fini sa dernière campagne présidentielle. Sa carrière politique aura vécu.

Et enfin:

- Jaques Chirac ne sera plus que l’intendant d’une succession imminente. Sa carrière politique aura vécu.

3 candidats, 2 partis, 1 Président, JusMurmurandi salue par avance tous ceux qui, le 22 avril verront s’éteindre pour le dernière fois les feux des projecteurs, et rentreront chez eux comme on ferme un livre qu’on a fini de lire.

Un fauteuil pour deux

avril 15, 2007 on 8:16 | In Elections présidentielles 2007, France | Commentaires fermés

Ségolène Royal, dans un entretien au journal du dimanche d’aujourd’hui, confie que l’élection d’une femme politique à la présidence de la République française sera un évènement planétaire.

Tandis que des personnalités à la fois médiatiques et représentatives d’une partie modérée du parti socialiste, conseillent, réclament une alliance avec François Bayrou avant le premier tour, elle persiste et signe dans la voie de la candidature double.

Michel Rocard, éternel Poulidor du parti socialiste, Bernard Kouchner, ancien ministre de la santé de François Mitterrand et mari de Christine Ockrent à la ville, tous deux sont favorables à un rapprochement avec le candidat de l’UDF.

Mais le vrai problème qui se pose, ces deux caciques du parti ne peuvent ou ne veulent le percevoir.
Si une alliance est concevable pour des élections législatives, où les candidats sont multiples et par conséquent on peut arriver à un compromis ménageant les intérêts des uns et des autres, ce n’est pas possible pour la présidence de la République, où il n’y a qu’un seul élu.

Et chacun, tant François Bayrou que Ségolène Royal, croit dur comme fer qu’il ira au second tour contre Nicolas Sarkozy. Donc il ne s’agirait pas de tendre la main, pour oublier les vieux clivages de la politique française, il ne serait pas question de tout faire pour battre le candidat de l’UMP, il faudrait tirer un trait sur ses ambitions personnelles, de mettre au placard des mois et des mois d’efforts pour arriver au poste suprême.

Si l’élection de Me. Royal constituait véritablement un évènement planétaire comme elle le dit, abandonner son fauteuil potentiel avant le premier tour serait un désaveu, un abandon de poste, une défaite avant la bataille.

Peut-être que Rocard et Kouchner, hommes politiques de longue expérience, sont ils, eux, beaucoup moins convaincus de son franchissement avec succès de la première étape…

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