Avé, César ! Bonne pêche !

mai 21, 2008 on 7:36 | In France, Insolite | Commentaires fermés

Non, JusMurmurandi ne va pas consacrer un article supplémentaire au triste sort de la pêche « classique » mais plutôt à un véritable évènement historique.

Des hommes grenouilles ont plongé dans le Rhône et découvert plus de deux cents objets engloutis remontant à l’époque du grand Jules (environ 46 avant JC, en rappelant que c’est aux Ides de Mars 44 qu’il fut assassiné par Brutus).

Et ils remonté un objet extraordinaire, un buste de Jules César qui date de l’époque où il fonde la ville romaine d’Arles. Et c’est le seul buste de lui vivant !

Ce qui prouverait qu’il y a encore des segments rentables dans la pêche en France aujourd’hui.

jules cesar

Le poisson est-il plus frais que les revendications des pêcheurs?

mai 21, 2008 on 4:52 | In Economie, France, Incongruités | Commentaires fermés

Les pêcheurs sont en colère. La hausse des prix du gasoil entame leur rentabilité. Comment ne pas comprendre leur amertume devant ce manque à gagner? Manque à gagner qu’ils partagent d’ailleurs avec les chauffeurs de taxi, les chauffeurs routiers, les compagnies aériennes entre autres professions grosses utilisatrices d’énergie.

Puisque les pêcheurs bloquent les ports, et que les compagnies aériennes souffrent autant, et pour les mêmes raisons, faut-il craindre qu’Air France bloque les aéroports? Apparemment pas. Pourquoi donc?

Parce que, quand le kérosène monte, Air France présente la note aux passagers sous forme d’une « surtaxe carburant ». Mais cette méthode a ses limites. De nombreux sites Internet permettent aux passagers de comparer les prix des billets mis en vente par les compagnies aériennes. Si Air France a la main trop lourde, elle vole avec des avions trop légers. C’est aussi simple que cela. Alors pourquoi n’en va-t-il pas de même pour les poissons de nos pêcheurs bloqueurs de ports?

Parce que, nous disent-ils, ils ne peuvent pas augmenter le prix du poisson, fixé par vente à la criée.

Comment comprendre que le prix du poisson payé aux pêcheurs soit bloqué et ne monte pas, tandis que les coûts montent? Cela devrait être que toute hausse de prix ferait fuir le consommateur. Or tel n’est pas le cas. Les Français mangent de plus en plus de poisson. Cette tendance est si forte au niveau mondial que les ressources en poisson diminuent à une vitesse qui fait craindre pour le survie de nombreuses espèces et qui garantit que manger du poisson sauvage sera bientôt un luxe.

Alors, si la demande est forte et la ressource limitée, et sa pêche strictement limitée par des quotas de pêche, pourquoi les prix ne montent-ils pas en flèche comme les prix du pétrole, du lait ou du minerai de fer?

C’est qu’en fait, et cela, nos pêcheurs se gardent bien de le dire, si les prix payés ne montent pas, c’est qu’il y a concurrence. Concurrence des poissons d’élevage, et surtout concurrence des poissons d’importation.

JusMurmurandi se contente de poser aux pêcheurs une question simple. Croient-ils que, si le pétrole n’était pas monté, la concurrence des poissons étrangers serait moindre? Que l’écart de coût ne ferait pas les délices des clients? Que cela leur permettrait d’échapper à la concurrence?

La revendication des pêcheurs n’a donc rien à voir avec la hausse du prix de l’énergie. C’est tout simplement une profession qui veut être protégée de la concurrence internationale, et ce aux frais de l’Etat et du contribuable, et qui estime que le blocage des ports est un bon moyen de faire plier le gouvernement. Exactement comme les chauffeurs routiers le faisaient régulièrement avant qu’un Ministre de l’Intérieur ne les ramène fermement à la légalité en les menaçant de retrait de permis de conduire. Son nom? Nicolas Sarkozy

Ich bin ein Berliner !

mai 20, 2008 on 7:01 | In Economie, Europe, France, Insolite, International | Commentaires fermés

L’aéroport historique de Berlin, Tempelhof, va finalement fermer; le maire de Berlin est en train de préparer son démantèlement.

Avant tout, il faut rappeler la valeur historique considérable du lieu.

Orville Wright, le célèbre pionnier de l’aviation, y a présenté ses « machines à voler ».

Ernst Sagebiel, architecte du Führer, agrandit le bâtiment dans les années 30 pour en faire ce qui fut alors le plus grand immeuble du monde, en plein centre de Berlin, à 15 minutes de la porte de Brandebourg.

Mais surtout, en pleine guerre froide, c’est l’aéroport qui accueillit à partir de 1948 le pont aérien américain de soutien à Berlin Ouest, lorsque les Soviétiques commencèrent le blocus de la ville.

En pleine crise, un avion Douglas DC 3 s’y posait toutes les 90 secondes avec de la nourriture, du charbon et autres ressources. Des millions de tonnes furent ainsi convoyées pour approvisionner Berlin Ouest.

Et lors de sa visite en juin 1963, John F. Kennedy prononça un discours commençant par la phrase du titre, devenue célèbre depuis pour affirmer le soutien inconditionnel des Américains aux Berlinois enclavés par les Soviétiques.

Aujourd’hui, ce ne sont plus que quelques vols commerciaux qui s’y posent chaque jour.

Malgré un référendum de dernière minute qui n’a pas réuni le nombre de signatures nécessaires, Berlin Tempelhof, qui coûte trop cher à la ville en quasi faillite, va fermer, laissant la voie libre à son concurrent Schönefeld, Tegel ayant déjà fermé.

Symbole du monde libre en pleine guerre froide, il semblait approprié à JusMurmurandi de saluer cet endroit mythique.

berlin tempelhof

Equilibre et Constitution

mai 19, 2008 on 6:55 | In France, Insolite | 1 Comment

Non il ne s’agit pas d’un article sur la diététique.

Et encore moins sur le corps humain, mais sur la réforme de la Constitution française qui est en marche.

Et une partie de cette réforme discutée à partir de demain s’annonce véritablement…révolutionnaire.

Si le projet est suivi, cela contraindra l’État et le Parlement à garantir l’équilibre des finances publiques à moyen terme.

Et qui plus est exigera que les gouvernements déposent des budgets pluri-annuels, alors qu’aujourd’hui on navigue encore à vue, sur une période de 12 mois.

Les mots employés dans le futur texte permettront ils aux gouvernements de glisser entre les mailles du filet ?

Car l’équilibre des finances est quelque chose qui a disparu depuis longtemps, en ce qui concerne l’Etat en tout cas.

En fin de compte, est-ce véritablement si révolutionnaire des finances équilibrées ?

N’est ce pas une pratique minimaliste qui est à tout le moins obligatoire pour les entreprises qui veulent survivre ? Pour les ménages qui souhaitent ne pas échouer au sein des commissions de surendettement?

Bref, ne pas dépenser plus que l’on ne gagne est une pratique qui fait partie de la normalité.

A ceci près que le budget de l’Etat français est en déficit chronique depuis des décennies. Et que la normalité est passée depuis longtemps aux oubliettes, tandis que la classe politique, voulant à tout prix s’acheter une paix sociale qui n’était qu’un miroir aux alouettes, laissait filer les cordons de la bourse.

Alors, JusMurmurandi va t il

  • applaudir à tout rompre si cela devait vraiment être mis en pratique?
  • Tenter de rassurer les inquiets qui voient enfin le budget de la République rentrer dans ses vêtements au lieu de déborder telle une bedaine au bord de l’explosion?
  • Se réjouir de la fonte du fromage de la République ?

Soyons rassurés quant à la vigueur du remède, la sévérité de la potion. Tout est prévu.

Ces mesures n’entreraient en vigueur qu’à partir de 2012….

C’était il y a 25 ans…

mai 19, 2008 on 4:50 | In France | Commentaires fermés

Il y a 25 ans, le monde effaré découvrait le SIDA. La liberté sexuelle, une première dans l’histoire de l’humanité, prenait brutalement fin. Une piqure de pénicilline ne pouvait plus remédier à une promiscuité mal inspirée. Il y a 25 ans, c’était 1983. Depuis, pour éviter la terrible maladie, il faut se résoudre à un comportement sexuel plus rigoureux.

1983, c’est donc l’année de la rigueur sexuelle. Mais pas seulement. Car c’est aussi l’année où la gauche française découvre que les illusions lyriques ont un coût, et qu’il faut décréter la rigueur. Et depuis, la société française n’a connu que cela, la rigueur. Rigueur budgétaire, rigueur salariale. Et en dépit des promesses des uns et des autres, les Français ont fini par comprendre qu’il n’existait aucune piqure miracle, aucune pénicilline politique qui remplace cette rigueur-là non plus.

Ce qui fait que la génération née, disons, en 1971 et qui a eu 12 ans en 1983 n’a connu que cela, la rigueur. Car 12 ans, c’est un age où on commence à entendre et à comprendre les conversations des adultes. Donc tout Français de moins de 37 ans ne sait pas qu’il y a eu, avant, un monde d’optimisme, un monde qui ne se contentait pas d’osciller de crise en crise. Un monde où on pouvait envisager des relations intimes sur un autre mode que celui de la préservation.

Étonnez-vous après cela que les Français montrent un pessimisme que les faits seuls ne suffisent pas à justifier. Car, pour sortir d’une crise, quelques années de potions amère, cela peut se comprendre et s’accepter, à la rigueur. Mais 25 ans de promesses politiques non tenues? Cela ne fait pas très rigoureux, pour des politiciens censément chevronnés conseillés par les meilleurs experts.

Contre le SIDA, il y a maintenant les trithérapies. Accueillies comme un véritable miracle par des malades auparavant condamnés, les premières imposaient des contraintes très lourdes et pénibles. Des effets secondaires importants, de très nombreuses pilules à prendre sans faute à toute heure du jour et de la nuit, imposaient un vie de rigueur. Aujourd’hui les traitements sont beaucoup moins contraignants, mais on comprend l’attente d’un vaccin, qui permettrait de se débarrasser de tout risque tout en retrouvant une pleine liberté.

Un vaccin contre les rigueurs du SIDA, c’est une perspective et un espoir magnifiques.

Un vaccin contre la rigueur économique, c’est une illusion vendue par des politiciens comparables aux charlatans qui vendaient des potions dans les pièces de théâtre de Molière.

Depuis 25 ans, on aimerait que de telles potions voient leur date de péremption dépassée.

Delanoë à l’aide des pêcheurs ?

mai 19, 2008 on 4:35 | In C'est ça, Paris?, Economie, France, Insolite | 1 Comment

La situation de la pêche dans le monde est préoccupante et la France n’est pas épargnée.

Si le problème de sur-pêche guette tous les pays, la Commission européenne imposant des quotas pour certaines variétés de poissons, les pêcheurs français sont aussi durement touchés par la montée du prix du carburant, conséquence d’un baril de pétrole à plus de 125$.

JusMurmurandi a donc observé une expérience qui s’est déroulée aux Etats Unis avec attention.

La New York City Transit Authority a ainsi mis à la disposition des autorités côtières d’anciennes voitures de métro remontant aux années 1960 et retirées du service actif afin qu’elles soient…jetées au fond de l’océan Atlantique. 44 d’entre elles ont ainsi rejoint les fonds marins cette semaine.

Avant d’appeler Greenpeace à la rescousse pour pollution des fonds marins, JusMurmurandi a donc lu avec attention que la création de ces récifs artificiels a permis l’augmentation de la population de poissons par un facteur de quatre cents. Ils permettent en effet de protéger les poissons des prédateurs, et font arriver des moules, crevettes et autres crabes qui servent d’aliments. La durée de vie de ces voitures qui ont été nettoyées de tout hydrocarbure est estimée à 40 ans. Impressionnant, non ?

Quand on sait que des sauvageons jettent des Vélib’ dans les canaux de la capitale pour se faire de la publicité sur YouTube (http://www.youtube.com/watch?v=vIxIjKrBVYw&NR=1), on imagine ce que l’on pourrait faire avec les vieilles rames de métro ou de train parisiennes pour aider nos pauvres pêcheurs….

Des batraciens rue de Solférino ?

mai 19, 2008 on 4:32 | In Best of, France, Insolite, International | Commentaires fermés

Toute catastrophe est aussi une « opportunité » pour observer de nouveaux phénomènes.

On se souviendra ainsi qu’à la suite de la catastrophe de l’Amoco Cadiz le long des côtes bretonnes, l’élevage de crevettes fut stimulé de façon très importante. Le lien entre un déversement d’hydrocarbures dans l’océan et l’amélioration de la fertilité de certaines espèces animales n’était pas connu jusqu’alors. Et ce sans bien entendu parler des dégâts considérables que causa le naufrage de ce bateau à la fin des années 70.

Similairement, des observations scientifiques ont eu lieu à la suite du tremblement de terre au Myanmar. Et certains savants d’avancer que les crapauds auraient pressenti l’arrivée d’un évènement sismique car des centaines de crapauds auraient fui avant même le début des secousses. Des milliers de batraciens avaient envahi les rues.

Si l’on en croit les récentes déclarations des uns et des autres (Ségolène Royal annonçant sa candidature à la tête du PS, dit aussi qu’elle fera tout pour éviter la guerre des chefs au PS, Cambadélis qui parle de pétaudière au Parti, DSK de passage à Paris qui fait une pré annonce pour sa candidature de 2012, Delanoë dont on sait qu’il est dans les startings blocks aussi pour novembre), il nous faudra bien regarder lors d’un éventuel passage rue de Solférino.

Nous pourrions voir des centaines, voir des milliers de crapauds qui prennent la fuite…..

Ségolène Royal, l’économie et le PS

mai 19, 2008 on 4:31 | In Economie, France, Incongruités | 8 Comments

Cette semaine a été importante pour Ségolène Royal.

Elle a finalement abattu ses cartes pour annoncer qu’elle est candidate à la succession de son ex-compagnon à la tête du Parti Socialiste.

Elle a ainsi déclaré « Si les militants en décident ainsi, j’accepterai avec joie et détermination d’assumer cette belle mission de chef du PS ».

Beau discours.

Là où les choses se compliquent, c’est qu’elle se serait aussi rendue aux Cercles des Economistes, cénacle présidé par Jean-Hervé Lorenzi et auquel appartiennent de doctes esprits qui connaissent intimement l’économie. Ils sont actuellement trente membres, et l’on compte bon nombre de cerveaux qui travaillent pour des banques etc. afin d’essayer de prédire où va l’économie.

Ils portent des avis sans complaisance sur les politiques économiques qui ne vont pas dans le sens qu’ils préconisent.(http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/)

Et ils auraient été totalement effarés par l’ignorance de la candidate du PS.

Pas que ce soit quelque chose de nouveau, on se souvient de cette vidéo lors d’un passage au grand  jury RTL LCI Le Figaro en novembre 2006 où l’on voit Jean-Michel Apathie et Nicolas Beytout, alors aux Echos, se poser des grosses questions sur la compétence de la Présidente de la région Poitou Charente [http://www.dailymotion.com/relevance/search/royal%2Brtl/video/xrwyh_segoleneroyalgrandjurycroissance_news].

Mais depuis mai 2007, on aurait pu espérer qu’elle tentât de combler ses lacunes.

En tout état de cause, il sera bon de rappeler à Me. Royal que, à l’image d’une autre candidate, ce n’est pas parce que son conjoint a occupé des fonctions que celles ci deviennent automatiquement accessibles, voire cessibles….

La nausée

mai 19, 2008 on 4:30 | In Economie, France, Incongruités, International | 4 Comments

Henry Paulson, secrétaire américain au Trésor, s’est déclaré cette semaine convaincu que « le pire de la crise financière était derrière nous ».

En d’autres termes, cela signifie que les banques sont en passe d’avoir achevé le « nettoyage » de leurs bilans quant aux prêts de qualités médiocres qu’elles ont dans leurs actifs.

Recapitalisation ici, dégradation d’actifs là, le tout par dizaines de milliards quelle que soit la devise, aucune banque ou presque ne semble avoir été épargnée. Récemment, on a ainsi vu le Crédit Agricole effectuer une recapitalisation supérieure même à celle de la Société Générale pour corriger les erreurs de sa filiale commune avec LCL, Calyon.

Mais M. Paulson est lucide. Si les banques américaines ont abusé les clients peu regardants, il faut par conséquent « s’attendre à ce que les saisies de logements restent nombreuses ». Et par conséquent de conclure « qu’il n’y a pas de recette magique pour défaire le laxisme qui a prévalu ces dernières années dans l’attribution de prêts« .

Bref pour JusMurmurandi, si les causes de la crise sont effectivement à la fois analysées et comprises (des prêts consentis à des conditions irrésistiblement généreuses, mais en apparence seulement) et les conséquences corrigées (recapitalisations et passage de provisions massives dans les comptes des banques), les choses ne s’arrêtent pas là.

Pour les clients tout d’abord, qui se voient par centaines de milliers désaisis de leurs logements parce qu’ils ne peuvent plus faire face au remboursement de leurs emprunts.

Et pour les banques qui ont prêté ces fonds de manière totalement inconsidérée ensuite.

Car la seule vision qu’en a le grand public et en particulier les personnes mises à la rue, ce sont les parachutes dorés distribués largement aux dirigeants des banques coupables.

Le plus bel exemple c’est celui de Stanley O’ Neil, ex Président de Merril Lynch, qui a reçu le cinquième montant le plus élevé dans l’histoire américaine lors de son licenciement le 24 octobre dernier (161,5 millions de dollars) pour avoir généré la plus importante perte trimestrielle pendant les 93 années d’existence de la banque (2.24 milliards de dollars).

JusMurmurandi en a la nausée.

Alain Touraine propose, Ségolène dispose…

mai 19, 2008 on 4:18 | In France | Commentaires fermés

Ségolène Royal a fait aujourd’hui savoir à la presse qui, pour le coup, a relayé l’information, qu’elle avait écrit un nouvel ouvrage en collaboration avec Alain Touraine ; l’heure n’est plus à l’étalage du pathos sentimental de la femme trompée chez Drucker ni à la glorification des pensées participatives des femmes de ménage du Poitou, mais bien plutôt à la recherche d’un crédit intellectuel qui, JusMurmurandi le devine, ne pourra être trouvé que chez un tiers. Mais nous étions prévenus, la candidate, après la présidentielle, s’était imposée une cure de « densification personnelle » (JusMurmurandi en rit encore) et nous assistons enfin à une des étapes de celle-ci.

 

Pour ce faire, Alain Touraine, sociologue de gauche dont seule l’existence de Raymond Boudon interdit de faire de l’expression précédente un parfait pléonasme, constitue l’interlocuteur idéal : donnant un lustre intellectuel à la malheureuse candidate puisque « sociologue », l’homme aura en outre le mérite de n’être pas trop contrariant, puisque « de gauche » quoique rocardien.

 

Pourtant, JusMurmurandi s’amuse de voir les périphrases retenues par la Madone pour qualifier la rencontre entre l’illustre sociologue et sa propre personne : « articulation entre un intellectuel, un sociologue, un acteur de la société, et l’action politique. »[1] Trois mots seulement pour la Madone, neuf pour Touraine ; mais il ne faudrait pas se laisser impressionner par le quantitatif, toute la saveur de la déclaration s’évanouirait… Relisons ce petit bout de phrase, magnifique. Touraine est, pour la Madone, « un » intellectuel, « un » sociologue, « un » acteur de la société,  c’est-à-dire un individu parmi d’autres, certes un peu plus connu puisque reconnu et un peu plus valable puisque de gauche, mais il demeure une personne incarnée, individuéé. Royal, quant à elle, n’est pas « une responsable politique », ni « une candidate », mais « l’ » action politique en personne ; l’ouvrage n’est pas un débat entre « un intellectuel » et « une femme politique » mais entre un individu et un principe ; Royal est l’action politique, elle est l’incarnation du politique, tandis que son interlocuteur demeure englué dans sa désolante particularité, fût-elle brillante. Amusante répartition des rôles…

 

Par conséquent, Touraine n’est autre que l’individu dépassé par le politique, la particularité corrigée par l’universel incarné par Ségolène. JusMurmurandi ne s’étonne donc pas de voir la Madone déclarer à la presse les mots suivants : « Alain Touraine a écrit sa partie (…) et j’apporte ma vision des choses, ma nuance sur ce qu’il dit.[2] »[3] JusMurmurandi redit son amusement : habituellement, l’appel aux intellectuels permet de substituer aux slogans primaires politiques un minimum de réflexion et de nuance, d’introduire la complexité dans l’évidence manichéenne du fait politique. Mme Royal procède à rebours : elle fait appel à un intellectuel pour avoir le plaisir de nuancer le propos de son interlocuteur, de le modérer, de le corriger même. Au point où on en est, on se prend à s’étonner que Touraine n’ait pas fait appel plus souvent à Royal pour « nuancer » et corriger ses ouvrages par quelques considérations sur le chabichou dans une étude consacrée aux mouvements sociaux.

 

Au fond, Alain Touraine ne joue dans cette histoire que le rôle de l’individu participatif ; Royal ne lui demande pas des idées, elle recueille ses opinions ; Touraine ou Mme Michu, ce n’est qu’une question de prestige, de rayonnement médiatique. Elle eût pu choisir n’importe quel individu citoyen et festif de ses débats participatifs, la démarche eût été similaire : demander des opinions, de simples opinions, ou dans le langage de Royal lors de la conférence de presse, des « conseils »[4]. Et ces précieux conseils participatifs, ces opinions déifiées, Royal se sent investie du devoir de les sélectionner et de les transformer en « politiques opérationnelles »[5] comme pour confirmer, une fois de plus, que si l’homme propose, la femme dispose…



[1] Dépêche AFP du 14 mai 2008

[2] C’est JusMurmurandi qui souligne

[3] Ibid.

[4] Ibid.

[5] Ibid.

Le Pen et Besancenot: des pions ?

mai 19, 2008 on 4:17 | In France | Commentaires fermés

L’arrivée de Besancenot à une émission de grande écoute chez Michel Drucker fait sourire JusMurmurandi.

Non par les propos révolutionnaires du poupin facteur de Neuilly sur Seine, qui déclare sans ambages « militer pour la Révolution », tout en étant né dans la bourgeoise ville de Levallois Perret.

Non, tout simplement parce qu’aujourd’hui il est celui qui peut prendre le plus de voix à la gauche du PS.

Le PC plafonne à 2%, Arlette est à la retraite, Krivine et autres Schivardi sont inaudibles.

Il n’y a que lui qui puisse taper significativement dans le réservoir de voix du PS.

Comme en son temps le FN, qui aiguillonna le RPR, tandis que le choeur des vierges du PS s’indignait qu’une quelconque alliance puisse être passée avec le Front, même au niveau local. Et le même PS s’alliait tranquillement avec le PC, héritier de l’alliance germano soviétique, et lui confiait quatre ministères en 1981.

Le pouvoir socialiste donna l’accès aux plateaux de télévision à Jean-Marie Le Pen à qui mieux mieux.

Tout en sachant parfaitement que Le Pen n’avait aucune chance d’arriver au pouvoir, comme Besancenot aujourd’hui.

Bref, c’est du déjà vu à ceci près que cette fois, c’est la droite qui est à la manoeuvre.

Il semblait important à JusMurmurandi de le rappeler.

Dans la famille Godot, je demande…

mai 19, 2008 on 4:15 | In France | Commentaires fermés

On connait la pièce de Beckett, dans laquelle les acteurs attendent la venue d’un certain Godot, qui ne vient jamais.

Les Français, sans s’en rendre compte sans doute, sont aujourd’hui ces acteurs qui n’attendent que ce qui ne viendra jamais.

Ainsi, pendant 3 décennies (1975-2005), la première attente des Français a été la baisse du chômage. Depuis 2005 celui-ci baisse de manière très significative, jusqu’à des niveaux pas vus eux non plus depuis des décennies.

On pourrait penser que les Français en seraient satisfaits, fiers, reconnaissants. Bref, heureux, quoi. Que nenni! Ils ont simplement changé d’attente.

Aujourd’hui, compte tenu que les 35 heures qu’ils n’attendaient pas ont gelé pour des années les hausses de salaires des Français, ceux-ci veulent du pouvoir d’achat.

JusMurmurandi prédit sans risque d’erreur que si, malgré la conjoncture internationale très défavorable, l’équipe Sarkozy présidait à une augmentation du pouvoir d’achat, qu’elle soit de son fait ou non, les Français changeraient d’attente plutôt que d’être heureux ou reconnaissants.

Evidemment, il serait facile de plaindre les hommes politiques, ainsi condamnés à ne jamais voir leurs résultats reconnus, et de condamner les Français, ces éternels mécontents.

Mais voilà, si les Français n’avaient plus d’attentes insatisfaites, qu’auraient les hommes politiques à leur proposer dans leurs programmes?

Plus même, Nicolas Sarkozy, avec sa mise en avant systématique du pouvoir d’achat pendant sa campagne électorale victorieuse, n’a-t-il pas contribué une attente peu sensible avant qu’il n’en parle?

JusMurmurandi en tire la conclusion que le pouvoir d’achat est bien l’antithèse des 35 heures.

Les 35 heures n’étaient pas une attente des Français jusqu’à ce que les socialistes en parlent, comme le pouvoir d’achat. Et elles ont bel et bien été données par les socialistes, même si ceux-ci ont eu l’inélégance de partir en laissant derrière eux l’ardoise du cadeau.

Le pouvoir d’achat, lui, c’est aussi quelque chose que les Français n’attendaient pas. Pourquoi Sarkozy ne l’accorde-t-il pas aux Français (hausse massive du SMIC, subvention fuel et gaz, entre autres), en laissant aux socialistes le soin de le faire payer?

Une chose est sure cependant, c’est que, de toute façon, ce sont toujours les mêmes qui payent. Car la vraie attente des Français, c’est qu’un quelconque Godot vienne payer à leur place. C’est pour cela qu’ils espèrent des réformes mais seulement pour les autres. Qu’ils attendent un Etat qui coûte moins cher tout en distribuant plus. Des impots qui baissent et des prestations qui montent. Un pouvoir d’achat qui monte quand le temps de travail baisse.

On comprend que ce Godot-là, que l’auteur de la pièce s’appelle Beckett ou Sarkozy, les Français ne sont pas près de le voir arriver…

Bling Bling et Bobo : b-a ba de la pensée bébête

mai 14, 2008 on 10:05 | In Best of, France, Insolite | 4 Comments

JusMurmurandi vient de sortir de deux années de cours intensifs de sociologie militante ; deux notions conceptuelles fortes lui ont été inculquées, une par année, le temps de bien les assimiler. JusMurmurandi tient par avance à présenter ses excuses aux lecteurs quelque peu rebutés par la difficulté technique et le pédantisme des termes qui vont suivre, mais la sociologie de haut vol ne peut faire l’économie d’un lexique à forte technicité.

La première année, JusMurmurandi a donc reçu un enseignement fondé sur un mot assez complexe : « bobo ». Le bobo est un concept provenant des Etats-Unis, importé sous emballage avec son contenu sous vide, le « bourgeois bohemian », ou bourgeois bohème, en français, sorte de bourgeoisie culturelle branchée, investissant les quartiers populaires avec l’air émerveillé que l’on imaginait jadis sur le visage des épouses de patrons d’industrie au XIXème siècle, lorsque ces dernières découvraient l’existence de la casquette ouvrière. Plus gauche que caviar, mais plus caviar que populaire ; pas facile… Puis finalement, avec le temps, JusMurmurandi finit par comprendre ce concept étrange ne désignait rien d’autre que les intellos roulant en vélib’ pour économiser l’argent des fraises bio venues par camions polluants de pays étrangers, et votant Dominique Voynet quoique cette dernière n’avoue lire que des bédés, soit dit sans discrimination aucune contre les bédés, on ne sait jamais…

Très vite hélas, l’affaire se corsa ; l’extrême-gauche s’empara de l’affaire, et s’en servit pour fustiger le divorce de la gauche avec le peuple ; le bobo, quoique bohême, demeurait bourgeois. Très vite, deux des têtes pensantes les plus prometteuses de l’extrême-gauche, utilisèrent leur plume acérée pour dénoncer cette nouvelle classe sociale qui rentrait même pas dans les cases de Trotski, parce qu’une classe sans case, ça manque de classe, quoi, merde ! Les deux brillants intellectuels engagés que sont donc Renaud et Didier Bénureau écrivirent chacun un pamphlet assassin contre les bobos, le premier sous forme d’une chanson que France Inter qualifia de « à texte », tandis que le second, dans un spectacle engagé lui aussi, put rappeler l’insoutenable vérité : certains bobos n’avaient pas hésité à voter Sarkozy. Ainsi que la professeure de sociologie se plut à l’expliquer, il allait de soi que si les bobos se mettaient à voter Sarkozy comme le prouvait l’étude sérieuse de Bénureau, la dimension originairement culturelle des bobos s’était naturellement estompée…

Fort de cette première année d’enseignement, JusMurmurandi rempila donc pour une seconde et essaya d’apprendre un second concept, plus difficile encore, et sémantiquement tout aussi complexe, celui de « blingbling » ; malgré la consonance quelque peu rebutante du mot, JusMurmurandi apprit assez rapidement que ce mot possédait un synonyme : Sarkozy. Pratique. Au lieu de dire que Nicolas Sarkozy venait de lancer une réforme du dialogue social dans des modalités que personne ne connaissait vraiment en détail, il suffisait de remplacer « Nicolas Sarkozy » par « blingbling » tout en supprimant évidemment la partie consacrée à la réforme, et l’analyse politique était faite ; ainsi, lors du partiel de synthèse de fin d’année où la question portait sur le détail de l’autonomie des universités, JusMurmurandi obtint un 18 en écrivant uniquement ceci : « Les Français n’ont plus confiance dans ce Président Bling-Bling qui ne pense qu’à l’argent » Mme la professeure gratifia même la copie de JusMurmurandi d’un encourageant commentaire : « analyse lucide, courageuse et originale. Prenez garde toutefois à l’excès de prolixité. » Combien réjoui était JusMurmurandi d’avoir trouvé le sésame de la reconnaissance intellectuelle !

Après ces deux années d’études intensives, JusMurmurandi fut donc doté de deux concepts forts, qu’il aimait à utiliser pour montrer l’étendue de sa maîtrise et la profondeur de ses analyses conceptuelles lorsqu’il lui fallait commenter l’actualité et la « vie sociétale de ce pays ».

Fier, les chevilles gonflées et le torse bombé de concepts brillants, JusMurmurandi chercha aussitôt à les utiliser devant un ami étranger pour lui montrer l’étendue de son intelligence ; sceptique, ledit ami étranger fronça les sourcils et, regardant JusMurmurandi d’un air hilare, s’esclaffa : « c’est donc ça, la dernière mode française : bégayer dans les salons parisiens des onomatopées enfantines comme un Bayou à ses débuts ? » Estomaqué, JusMurmurandi ne put que faire remarquer d’un air qui se voulait fin que Marianne et le Nouvel observateur faisaient souvent leur Une à l’aide de ces « onomatopées », et que Jean-François Khan n’était quand même pas un imbécile. « Jean-François qui ? » demanda l’ami étranger avec indifférence.

« Un bobo se délassant aux gargantuesques anniversaires blingbling d’Henri Weber au Cirque d’Hiver » pensa intérieurement JusMurmurandi en offrant à son interlocuteur un sourire de dépit.

Pour 45 milliards, t’as plus rien ?

mai 11, 2008 on 2:36 | In France | Commentaires fermés

JusMurmurandi se demande jusqu’où ira l’avidité de certains individus en regardant la tentative d’opa (offre publique d’achat) dite « amicale » de Microsoft sur Yahoo!

Après trois mois d’âpres discussions, Yahoo! s’est tellement fait prier en tentant de faire monter les enchères qu’à 47,5 milliards, Microsoft a finalement jeté le torchon et décidé de retirer son offre. Le groupe de Bill Gates refusait en même temps de faire une opa dite « hostile ».

On peut tout d’abord se demander ce qui a conduit Yahoo!, ses dirigeants, administrateurs et autres actionnaires à tenter de faire monter le prix jusqu’à risquer de faire échouer les négociations qui ont tout de même duré près de trois mois.

Car non seulement ils ont perdu une belle occasion de s’enrichir, tandis qu’un climat économique morose semble s’annoncer outre Atlantique, mais en plus, la conséquence ne s’est pas faite attendre dès le premier jour suivant l’annonce du retrait du géant de Seattle.

L’action Yahoo! a perdu jusqu’à 20% en cette journée de lundi, passant de 28.65 à la clôture vendredi soir à 24.65$ à midi (heure de NY); en rappelant que la première offre de Microsoft s’élevait à 33$ l’action.

Coup de poker que l’action va continuer à monter tandis qu’un troisième géant et concurrent des deux, Google, est toujours à l’affût ?

Le fondateur de Yahoo!, Jerry Yang, a t il eu tort de rester Zen face aux milliards de Microsoft ?

Nul doute que ce chapitre de l’histoire d’internet n’est pas clos, Yahoo! étant un de ses pionniers, son histoire débutant dès 1995.

Le Maire de la Capitale a perdu!

mai 6, 2008 on 11:54 | In France | Commentaires fermés

Le Maire de la capitale a perdu son pari d’être réélu. Ce n’est pas qu’il soit fondamentalement impopulaire, mais le gouvernement, lui, l’est. Et, comme souvent, aux élections de milieu de mandat, les électeurs manifestent leur mauvaise humeur au détriment des candidats du parti au pouvoir.

L’équation proposée était d’autant plus curieuse que le candidat sortant, historiquement une personnalité controversée, était devenu quasiment institutionnel, alors que son challenger faisait peur jusque dans son propre camp.

Il y a 2 différences entre ce qui vient de se passer à Londres, et à Paris, et 2 points communs.

A Londres, le nouveau maire devra mener à bien toutes les préparations pour les Jeux Olympiques de 2012. Bertrand Delanoë n’aura pas ce plaisir…

A Londres, le sortant de gauche a été battu, à Paris, il a été réélu

A Londres comme à Paris, le battu l’a été avant tout pour cause d’impopularité gouvernementale.

A Londres comme à Paris, le maire élu a donné l’image de bien aimer la fête.

JusMurmurandi salue l’élection, tellement improbable que les Conservateurs ont eu du mal à trouver un candidat pour défendre leurs couleurs, de Boris « le Bouffon » Johnson.

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