L’histoire se répète-t-elle à Tupi et à Santos?
avril 16, 2008 on 8:30 | In Economie, France, International | 6 CommentsLa vertigineuse hausse du prix du pétrole alimente (si l’on peut dire compte tenu des émeutes « alimentaires » justement) la crainte d’une récession économique mondiale.
Mais ce n’est pas le premier choc pétrolier qu’ait connu le monde. Et les 2 précédents n’ont pas empêché l’occident de continuer à croitre et à prospérer.
- parce qu’à chaque fois, les gros pays consommateurs ont mis en place des mesures d’économie d’énergie. La période actuelle ne fait pas exception, d’autant que le souhait de réduire la consommation est aussi poussé par le besoin de réduire les émissions de CO².
- parce qu’à chaque fois, les gros pays consommateurs ont mis en place des énergies de substitution. La période actuelle ne fait pas exception, d’autant que ces énergies de substitution, elles non plus ne doivent pas générer de CO²
- parce qu’à chaque fois, la hausse des prix de l’énergie a rendu rentables des sources jusque là marginales, et poussé l’exploration à découvrir de nouvelles et vastes ressources.
Mais cette fois-ci serait différente nous ont assuré les experts. Il n’y aurait plus de découverte importante, vu que toute la planète a été explorée en détail, et que seules des découvertes moyennes pourraient retarder le moment où le monde devrait apprendre à faire sans pétrole.
Sauf qu’il semble bien que les experts se soient (une fois de plus) trompés dans leurs prévisions (qui donc avait prévu un pétrole à 114$ ne baril en avril?). Deux champs de pétrole sous-marin viennent d’être découverts au Brésil. L’un, Tupi, annoncé en novembre dernier, contiendrait 6 à 8 milliards de barils. L’autre, situé en baie de Santos, en contiendrait selon des estimations officieuses, plus d’une trentaine de milliards, ce qui en ferait la plus importante découverte des 30 dernières années.
30 ans, juste ce qui nous sépare du deuxième choc pétrolier. Le « hasard » fait bien les choses…

Crise financière américaine: affolement général ?
avril 15, 2008 on 7:44 | In Best of, Economie, France, International | Commentaires fermésPas trop maigre, pas trop gros, comme il faut…
avril 14, 2008 on 8:53 | In France | Commentaires fermésUn projet de loi inquiète JusMurmurandi, celui qui a pour but d’empêcher toute apologie de la maigreur excessive. Ce qui ne veut pas dire que que le culte de la maigreur nous soit en quoi que ce soit sympathique, et l’anorexie qui, trop souvent, va avec est un fléau.
Mais, si l’on commence par là, jusqu’où ne pas s’arrêter? Car l’excessive maigreur n’est pas, loin s’en faut, la seule attitude comportementale nocive.
A commencer par son opposé, l’obésité, beaucoup plus répandue, et infiniment plus meurtrière.
Et toute consommation de tabac
Et toute consommation un peu importante d’alcool
Et la pratique de nombreux sports « dangereux »
Et le travail excessif en condition de stress
Si donc ce texte empêche l’apologie de l’excessive maigreur, et, au risque d’une redite, ceci est intrinsèquement une bonne intention, pourquoi pas un texte identique contre l’obésité?
Les trop gros doivent-ils venir au secours des trop maigres? Laurel doit-il venir soutenir les droits de Hardy? Ou bien les deux sont-ils trop maigre et trop gros pour notre société de la normalité?

Eric le Boucher
avril 14, 2008 on 8:50 | In France | Commentaires fermésLes temps sont durs pour la presse quotidienne nationale.
Sauvetage de Libé par le Grand Capital, un descendant de la famille Rothschild, soutien de l’Huma par Lagardère, autre membre des cent familles, aujourd’hui c’est le Monde qui traverse de graves difficultés financières.
Sur le seul exercice 2007, le journal a perdu 20 millions d’Euro et l’endettement du journal est préoccupant.
Dure réalité pour les journalistes, plus habitués à passer l’actualité au crible de leur plume parfois acerbe qu’à faire l’auto critique d’une gestion qui a échoué, qu’à accepter que le monde auquel s’adresse le Monde a changé.
Dans ces conditions, nouvellement mandaté, Eric Fottorino n’a pas d’autre choix que de soumettre le journal à un régime de rigueur, voire d’austérité, en faisant ce que tous les journalistes imprégnés d’illusions appellent crûment un « dégraissage ».
Pas moins de 130 départs dont 90 journalistes, soit un sur quatre, sont requis, et qui plus est non seulement volontaires mais aussi contraints pour la première fois dans l’histoire du journal. Les salariés transformés en agneaux sacrificiels.
On comprend que les journalistes, devant ces revers sans précédent, aient décidé pour la première fois aussi d’empêcher la publication du journal ce lundI pour marquer le coup.
JusMurmurandi se demande toutefois si c’est ainsi qu’il va permettre de retourner la situation économique du journal, car ce n’est pas ce type de décision qui va augmenter le lectorat….
Car finalement, un journal n’est qu’une entreprise comme une autre avec des actionnaires qui risquent leur capital et qui par conséquent veulent recevoir une rémunération pour les risques qu’ils prennent.
Lorsque leur capital ne génère pas des intérêts, il est donc nécessaire de prendre des mesures d’économie.
Et cela, ce n’est pas la fin du monde. Même au Monde.
Carla, Cecilia, le Ponant, Khadafi, Bolloré et Nicolas!
avril 13, 2008 on 6:51 | In Best of, France | Commentaires fermésLes otages du Ponant sont tous libres, la France jure que pas un sou d’argent public n’a été versé, et Nicolas Sarkozy peut étaler sa satisfaction.
JusMurmurandi croirait à un remake de la libération des infirmières bulgares, au sujet de laquelle la même phrase eut pu être appliquée au mot près.
Libération, voilà donc un mot qui réussit bien au Président, comme JusMurmurandi l’avait déjà noté dans cet article: Libérator
Le problème, pour Nicolas Sarkozy, c’est que cette libération rappelle aussi d’autres aspects déjà vus et moins appréciés de sa présidence. Le Ponant est un yacht de grand luxe appartenant à un armateur milliardaire dont le nom se termine par « é ». Non, ce n’est pas Vincent Bolloré, c’est Jacques Saadé. Comme quoi un yacht peut en cacher un autre, et un milliardaire aussi. Ce yacht est même plus grand et plus luxueux que celui de Bolloré. Mais comme il est beaucoup plus classieux, notamment avec ses 3 élégants mâts et nombreuses voiles, il fait moins « bling bling ».
Heureusement, sauver 30 marins des mains de pirates somaliens, c’est encore plus fort que 5 infirmières et un médecin des geôles du désert. Après Nicolas au pays des tapis volants et des contes des Mille et une Nuits, c’est Nicolas au pays de Rackham le Rouge!
JusMurmurandi se pose une question cependant. Pendant cette histoire, où donc était Carla?


Ordre juste ? Gagnant-gagnant ? Non, faute grave !!
avril 13, 2008 on 7:47 | In Elections présidentielles 2007, France, Incongruités | Commentaires fermésTandis que Ségolène Royal effectue un déplacement en Inde où elle rencontre la soeur du Dalaï Lama, la voici rattrapée par la justice française pour une sombre histoire de non respect du droit du travail.
Les événements se déroulent il y a plus de dix ans.
Alors que Jacques Chirac, pour son malheur, a recours à la dissolution de l’Assemblée Nationale, Me. Royal met fin au contrat qui la lie à ses deux attachées parlementaires. Mais, apparemment, en continuant à les faire travailler.
Travail illégal, au noir, appelons cela comme on voudra, elle ne respecte pas le Code du Travail, et se fait épingler.
En un mot, il semblerait qu’elle pratiquât le « travailler plus pour gagner moins ».
Sans entrer dans un luxe de citations du livre d’une des deux plaignantes, il apparait que le rapport qu’entretient Me. Royal avec l’argent, quand il s’agit de le verser en tant que rémunération pour travail accompli, soit… compliqué, voir complexe.
Dans ce cas, on comprend qu’elle ait choisi de partir en Inde, alors que la date de publication du jugement par la Cour d’appel de Rennes devait être connue de longue date.
JusMurmurandi aurait pu lui suggérer la Nouvelle Zélande ou la Nouvelle Calédonie, qui sont encore un peu plus loin…
Prudente, elle préfère aujourd’hui en rester là, tout recours supplémentaire étant potentiellement l’occasion de remettre cette affaire pénible devant les feux de la rampe.
Pénible, ô combien, de savoir que l’ancienne candidate du PS à la course présidentielle ne respecte même pas le Code du Travail…
Est-ce sensé illustrer sa vision du « gagnant-gagnant » ou de « l’ordre juste » ?
En tout cas, on comprend mieux que la révision du Code du Travail ne soit pas à l’ordre du jour des débats participatifs de Me. Royal.
On ne peut débattre de quelque chose que l’on ignore.

La grève des Jeux
avril 10, 2008 on 3:21 | In Best of, France, Incongruités, International | 2 CommentsIl est de bon ton de critiquer la Chine pour la brutalité de la répression au Tibet et de proposer le boycotter la cérémonie d’ouverture des jeux de Beijing en guise de sanction.
En particulier, le passage de la flamme olympique a donné lieu à toutes les manifestations que l’on sait, pour le moment dans les pays occidentaux. Lesquelles manifestations sont à l’exact opposé de l’idéal olympique, qui passait par une trêve entre toutes les factions grecques belligérantes le temps des Jeux. Là, c’est l’inverse, on ne se soucie du Tibet que le temps des Jeux, et on menace de faire non pas une trève, mais une grève des Jeux. Car il faut quand même le dire, le régime chinois d’aujourd’hui n’est pas différent du régime auquel le CIO a accordé les Jeux sans soulever de protestations.
Mais allons plus loin. Imaginons que les Jeux aient été accordés à New-York. Où la flamme pourrait-elle passer sans soulever des torrents de protestations contre la politique américaine de soutien à Israël, en Irak ou leur non ratification du protocole de Kyoto? Imaginons qu’elle ait été accordée à la Russie. Et la Tchétchénie, alors?
En 2012, pour les Jeux, ce sera Londres. Comme la politique étrangère britannique a été strictement alignée sur celle des Etats-Unis depuis Margaret Thatcher, une flamme dirigée vers Londres ne pourra, elle aussi qu’attirer des protestations dirigées vers Londres et subsidiairement Washington.
Bref, à ce train là, il n’y aura plus un seul pays où organiser les Jeux. Car l’occasion unique offerte aux sportifs de se confronter aux meilleurs de leurs rivaux se transforme en occasion offerte aux protestataires de tout poil de se confronter aux forces de l’ordre. Le seul point commun, c’est la présence des caméras, mère nourricière de tous les évènements importants.
Moyennant quoi, le seul boycott possible des Jeux, c’est celui non pas des chefs d’Etat, mais celui des téléspectateurs, qui, par leur désintérêt, entrainerait celui des sponsors et autre annonceurs, et la fin de cet invraisemblable cirque.
Mais il ne vaut mieux pas trop compter la-dessus, car, comme le disait déjà Jules César, il faut et il suffit d’offrir 2 choses au peuple pour le contenter: du pain et des jeux. Comme le pain à tendance à renchérir en ce moment, il est d’autant plus important que les Jeux soient beaux…
Quand la politique fait rire…
avril 9, 2008 on 11:41 | In France, Insolite | 1 CommentVu sur le site du Premier Ministre
Combattre l’incitation à la maigreur

Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages !!
avril 9, 2008 on 11:32 | In France | Commentaires ferméshttp://www.dailymotion.com/relevance/search/breteau/video/x3efg9_arche-de-zoe-la-verite
La dysfonction publique et la Cour des Mécomptes
avril 9, 2008 on 1:08 | In Economie, France, Incongruités, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermésIl y a des chiffres qui laissent sans voix.
Comme le fait qu’au sein du noble Quai d’Orsay, 1 fonctionnaire sur 4 ayant rang d’ambassadeur n’a pas aujourd’hui d’affectation. En d’autres termes, que 25% des ambassadeurs sont payés à ne rien faire. Pourtant, malgré la reconnaissance de tel ou tel nouvel Etat, comme le Kossovo, le nombre de pays où la France doit être excellemment représenté n’a aucune chance d’augmenter assez vite pour absorber un tel trop-plein. Plus même, dans le cadre de la réforme de l’Etat, la France va réduire sa représentation diplomatique. A quoi bon, si cela se transforme par l’augmentation du nombre de fonctionnaires payés à ne rien faire? A réduire la note de petits fours?
Un autre chiffre fait bouillir le sang de JusMurmurandi. Quand on demande à André Santini si un jour le licenciement d’un fonctionnaire sera possible, celui-ci, secrétaire d’Etat à la Fonction Publique, répond qu’il est déjà possible de licencier un fonctionnaire pour insuffisance professionnelle. Pour preuve, 20 fonctionnaires ont été sanctionnés de la sorte en 2006. Oui, mais 20 sur 5.000.000. Autant dire, rien. Comment est-ce possible quand on compare ce chiffre avec les licenciements pour incompétence dans le privé, où il est plus de 10.000 fois plus élevé. Oui, dix mille fois plus.
Est-ce le privé qui licencie pour incompétence des employés modèle? Est-ce l’Etat qui ne recrute que des perles en matière de compétence et d’ardeur au travail? Ou bien est-ce que la fameuse possibilité de licencier n’existe sur papier que pour être mieux ignorée en réalité?
Car comment par exemple évaluer la compétence d’un ambassadeur laissé sans aucun travail?
Le PS a tout compris
avril 8, 2008 on 10:32 | In Economie, Elections municipales 2008, France, Incongruités | Commentaires fermés
JusMurmurandi, vous vous en êtes certainement rendu compte, prend un plaisir certain à pourfendre les partis politiques victimes d’illogismes, d’hypocrisie ou encore qui se complaisent dans la critique couplée à l’inaction.
Pour cette raison, JusMurmurandi ne s’est pas privé de critiquer le parti socialiste, depuis la défaite cinglante de mai dernier.
Après avoir un temps annoncé un cabinet parallèle à l’image du « shadow cabinet » britannique, que l’on attend toujours, les socialistes, ténors et deuxième violons ont en fait sucé la roue présidentielle, pour tout critiquer sans rien proposer.
Qui de raconter des niaiseries sur la loi TEPA ou de se gargariser sur le style présidentiel, tout en évitant soigneusement de faire une quelconque contre proposition.
Ceci permettait en plus de mettre un voile pudique sur la succession de François Hollande, qui avait annoncé ne pas se représenter au poste de premier secrétaire en novembre prochain.
Arrivent les législatives en même temps qu’un certain nombre de déconvenues macro économiques (dollar historiquement faible, hausse des matières et en particulier baril de pétrole à plus de 100 dollars) et que voici le PS victorieux aux municipales (à moins que ce ne soit la majorité présidentielle qui ait perdu, l’opposition se contentant de ramasser les voix et les bonnes nouvelles).
Alors que le climat économique est incertain, que le milieu bancaire est agité de spasmes inquiétants, il est clair que la conjoncture économique est au moins discutable si pas carrément préoccupante.
Si le chômage en France est au plus bas depuis 25 ans, pour des raisons économiques tout autant que démographiques, le pouvoir d’achat des Français est atteint, par une conjonction des effets des 35 heures, de l’Euro et du renchérissement des matières premières.
Bref, c’est LE sujet qui est au centre des préoccupations de nos concitoyens.
Or disions nous, nous nous réjouissions de ce que le parti socialiste avait tout compris.
Finies les querelles sur pourquoi il aurait perdu une bataille historique en mai 2007, terminé le débat sur l’Europe entre ceux qui veulent une constitution et ceux qui la refusent, mises sous le boisseau les querelles de succession pour les feux de la rampe, achevé le contre programme gouvernemental, voici les ténors de la rue de Solférino unis pour montrer aux Français qu’ils sont à leur écoute, tous ensemble, sans querelle de personnes.
Le parti socialiste a enfin perçu ce que nos compatriotes attendent d’une opposition constructive, intelligente et au fait des sujets importants.
Et a par conséquent, de manière emblématique, engagé la première motion de censure de cette mandature sur un sujet qui est au cœur des préoccupations des Français.
La présence militaire nationale en Afghanistan.
JusMurmurandi ? MDR [mort de rire] !!
Câblée, la classe politique ?
avril 7, 2008 on 9:39 | In France | Commentaires fermésTout le monde se souvient de cet interview de François Mitterrand déjà vieux, mais voulant encore apparaître dans le vent, où il répond à des journalistes qu’il n’est même plus ‘branché », car il faut désormais dire « câblé ».
JusMurmurandi vous a fait part de son émotion lors de l’atterrissage bidon en hélicoptère de Hillary Clinton, prétendument sous les feux des snipers, alors qu’elle n’essuya que les applaudissements des troupes américaines accompagnée de sa fille.
Maintenant, c’est Jack que l’on voit sur une vidéo enregistrée en Côte d’Ivoire.
Elle est embarrassante car elle semble montrer un Président Gbagbo bien populaire et une population prête à faire la fête, alors que dès le lendemain, des manifestations importantes seront visibles dans la rue.
Bref, en prenant un peu de recul, il est clair que cette classe politique n’a pas encore compris que nous sommes dans une ère numérique avec des appareils photos qui basculent leur contenu directement dans youtube, des téléphones qui sont équipés de lentilles qui peuvent non seulement photographier mais aussi filmer et les cartes mémoire qui vont avec.
Bref, ils sont encore à l’âge analogique, et cela n’épargne personne, pas même ceux qui se rendent chez nos amis les bêtes (les poissons ou le bétail, suivez notre objectif, euh, notre regard).
Eh bien, ils ont intérêt à en tirer les conséquences rapidement. Sinon, avec l’appui de média médiocres, toujours à l’affût d’une gaffe ou d’un faux pas, mais aux abonnés absents sur le fond, on assistera à un vrai cirque.
Comme samedi sur le plateau de Michel Drucker où les présentateurs faisaient entrer les hommes et femmes politiques comme des toutous.
Avec un tel comportement [inconscience??], ils risquent de perdre leur raison d’être.
Jeux Olympiques, mais à quoi servent-ils ?
avril 7, 2008 on 8:15 | In C'est ça, Paris?, Economie, France, Insolite, International | 3 CommentsJusMurmurandi suit les différentes manifestations, pacifiques ou agressives, autour des JO de Pékin et en est venu à se demander à quoi ils servent.
Dans un premier temps, leur préparation.
La sélection de la ville se fait au travers d’un comité de sélection, le CIO, dont les membres sont souvent soupçonnés d’être stipendiés, quelques fois même à raison.
Lorsque le choix est arrêté, la ville commence des travaux pharaoniques, tout en promettant bien sûr ni de dépasser le budget présenté aux électeurs-gogos, ni de dépenser plus que la fois précédente.
On voit ce que cela a donné à Athènes, ou en ce moment à Londres où l’on en est presque à doubler l’enveloppe initialement définie.
Le tout dans un fond « musical » sur thème politique si la ville choisie est politiquement incorrecte (aujourd’hui Pékin, hier Moscou etc.) avec manifestations, défilés, bonnes paroles de la classe politique, indignation à l’appui.
Une fois que tant bien que mal la cité olympique est achevée (mais oui elle resservira, ne vous inquiétez pas, c’est comme pour le respect du budget…) pendant quinze jours des « athlètes », ou encore des bêtes de laboratoires pharmaceutiques défilent devant nos yeux pour prouver qu’ils sont encore plus rapides, plus forts que leurs prédécesseurs. Avec un raz de marée publicitaire orchestré par nos multinationales chéries.
15 jours plus tard, rideau. Et le même cirque repart quatre ans plus tard (pour ne parler que des JO d’été).
A l’heure où la flamme olympique parcourt le monde en rejetant du CO2, beaucoup de pollution pour rien. Mais pour ce voyage là, pas un, pas une pour critiquer quoi que ce soit. Sans parler des milliers de membres des forces de l’ordre à Londres ou Paris par exemple pour l’ »escorter ». Si ce n’était pas triste, ce serait risible.
Bref, pour JusMurmurandi, beaucoup de bruit pour rien.
Non, vraiment, JusMurmurandi est très reconnaissant à Bertrand Delanoë d’avoir échoué à faire venir les JO 2012 à Paris. Sincèrement.
Le site officiel des JO de Pékin.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais…
avril 4, 2008 on 5:32 | In France | Commentaires fermésLe fonds américain Pardus s’illustre de façon étrangement paradoxale dans l’actualité.
D’un côté, associé à Centaurus, un autre fonds, ils s’attaquent à l’équipe de direction de la société de services informatiques française Atos, en demandant aux actionnaires de la révoquer en leur faveur. Au passage les actionnaires ont droit au discours habituel de ces fonds « agitateurs » sur leurs solutions pour créer le maximum de valeur pour les actionnaires (à commencer par eux, bien sûr), et sur le côté immoral des directions qui s’accrochent à leurs postes grassement rémunérés au lieu de se mettre purement au service desdits actionnaires.
Le « hic », pour Pardus, c’est qu’en même temps, ils annoncent qu’ils gèlent le retrait de fonds de leurs propres investisseurs. Bien entendu ce gel est « temporaire », « dans l’intérêt des investisseurs », « du aux conditions anormales de marché », et même, comble du comble, « soutenue par une large majorité des investisseurs ».
JusMurmurandi ne voit pas très bien pourquoi geler des retraits si une large majorité des investisseurs ne souhaite pas retirer son argent.
Mais surtout, au service de qui est donc ce fonds Pardus, si ce n’est au service de ses investisseurs, qu’ils viennent de priver de toute liberté? Quand même pas au service de ses équipes de direction grassement rémunérées et accrochées à leurs postes?
Faut-il taxer l’ « héritage » de mai 68 ?
avril 4, 2008 on 5:51 | In France, Insolite | Commentaires fermésLa saturation des célébrations de mai 68 rend Jusmurmurandi hilare ; de l’Histoire au Magazine littéraire, de Patrick Rotman à Laurent Joffrin, de Gérard Filoche aux Glücksmann père et fils, de Daniel Picouly à Jean-Pierre le Goff, nul mastodonte récurrent de l’édition française n’a cru bon de priver le lecteur de son avis autorisé sur le glorieux événement ; les média audio-visuels, loin de se cantonner aux restes, demandent à longueur de temps aux ribambelles ininterrompues de porteurs de pancartes s’ils se sentent porteurs d’un message ; et la réponse est inlassablement la même : « Au jour d’aujourd’hui où on célèbre mai 68 et l’espoir pour des millions de travailleurs, nous voulions nous poser en héritier de Mai et rappeler que nos retraites sont un héritage à préserver. »
Un héritage… Voilà probablement un des mots les plus honnis de mai 68 pourtant ; l’héritage, c’était la famille, la tradition, la transmission surtout ; ce mot portait en lui toute une certaine idée de la réaction, tout le poids de la reproduction sociale, tout l’abominable symbolisme du rentier. Quatre ans plus tôt, Bourdieu et Passeron avaient déjà dénoncé le système scolaire construit autour de normes sociales intériorisées par ceux qui maîtrisaient déjà le système, reproduisant à l’infini des conditions favorisant ceux que Bourdieu et Passeron avaient appelé pour mieux les stigmatiser les « héritiers ». JusMurmurandi s’imaginait donc que les innombrables hagiographies de « Mai » parues récemment, ainsi que ses non moins innombrables évocations médiatiques ne parleraient pas – sinon sur un mode ironique – de l’ « héritage » de Mai mais plutôt de son histoire, de son sens, de ses « luttes ». Fatale erreur ! Tout se passe plutôt comme si mai 68 ayant trépassé, il fallait en recueillir pieusement l’héritage et le sanctifier comme le legs spirituel – c’est-à-dire sociétal dans l’esprit de nos thuriféraires du « formidable événement » – le plus précieux d’un passé glorifié.

Face à cela, JusMurmurandi pouffe, s’esclaffe, ricane ; quoi ? ce beau mouvement si hostile à l’héritage n’a-t-il d’accomplissement que dans l’héritage ? Faut-il vraiment préserver l’héritage de ce mouvement qui prit l’héritage et les héritiers en horreur, fustigeant la famille et l’idée de maître spirituel ? Les batteurs de pavé bourdivins d’hier ont-ils formé une génération d’héritiers voraces ? Hilare, JusMurmurandi ne peut s’empêcher de penser à tous ces socialistes généreux qui, après une longue tirade contre la famille et la tradition au nom du progrès et de la liberté, vous expliquent que s’ils sont de gauche c’est d’abord, et avant tout, par tradition familiale…
Néanmoins, conciliant, JusMurmurandi formule l’hypothèse que mai 68 constitue un héritage et pose aussitôt une question honnête : faut-il taxer mai 68 ? Les « héritiers » de mai 68 auraient certes pu savoir gré à Nicolas Sarkozy d’avoir porté à 95 % le pourcentage de successions exonérées dans le cadre de la loi TEPA si toutefois ils n’avaient pas appartenu aux 5 % restants…
