Le PS ne mange pas de ce pain-là
septembre 1, 2008 on 6:47 | In France, Incongruités | Commentaires fermésLe PS a tenu son université d’été à la Rochelle. Les sujets ne manquaient pas.
La politique de Nicolas Sarkozy, exceptionnellement riche en actions, projets de lois, réformes et projets de réformes, devrait être du pain béni pour toute opposition, tant il leur sert sur un plateau du grain à moudre.
La morosité économique est un deuxième pain béni pour l’opposition, qui n’a pas à se fatiguer à expliquer les échecs économiques du gouvernement à des Français dont le pouvoir d’achat évolue négativement. Le calendrier politique est un troisième pain béni pour l’opposition, car il n’y a aura « que » des élections locales et européenne d’ici 2012, qui sont, historiquement, favorables à l’opposition.
Ce qui leur donne à la fois le temps de remédier à leur déficience programmatique et d’encaisser les bénéfices d’élections intermédiaires faciles à gagner.
Or qu’avons-nous vu à l’université d’été du PS à La Rochelle? Rien de visible. Même en cherchant bien, absolument rien. Tout au plus nous dit-on que tout s’est passé lors de déjeuners, petits ou grands, pour négocier des alliances pour le poste de premier secrétaire du parti socialiste. Car il semble y avoir beaucoup plus de candidats (Fabius, Moscovoci, Aubry, Royal, Delanoë) pour succéder à François Hollande au congrès de la fin d’année que de projets à proposer aux Français
Clairement, le PS, parti laïc avant tout, n’a pas voulu manger le pain des cadeaux que lui font l’économie mondiale, le calendrier politique et l’activisme de Nicolas Sarkozy. Sans doute parce que manger du pain n’est pas très socialiste s’il est béni…
Xavier Darcos est-il Lucky Luke ?
août 31, 2008 on 7:47 | In Best of, France, Insolite, International | Commentaires fermésLa rentrée des classes est pour mardi et bon nombre de rumeurs circulent déjà sur l’éventuelle grève de certains enseignants.
A ce titre, il est toujours drôle (??) d’entendre une catégorie de fonctionnaires qui promettent des arrêts de travail avant même de l’avoir repris après de longues vacances.
Qui plus est, c’est une rentrée emblématique comme le répètent nos média télévisés chéris puisqu’on va enfin « dégraisser le mammouth » [NDLR: parole originale d'un ministre de gauche, Claude Allègre...]
Mais il faut reconnaître qu’ils ne sont pas tous profs de math, et il est par conséquent certain qu’il est plus difficile à certains de comprendre l’arithmétique implacable qui veut que l’on ne peut pas avoir toujours plus d’enseignants pour un nombre toujours décroissant d’élèves.
Mais la menace en France n’est certainement pas aussi grave que dans d’autres pays.
JusMurmurandi pense en particulier aux Etats Unis, plus précisément à une petite ville du Texas, Harrold, où les professeurs auront désormais le droit de…porter des armes !!
Car, comme le prétend le maire de la ville, il y a un véritable danger, de la part de gangs locaux, et il faut une réponse adéquate…dans une ville qui ne compte au total que 100 élèves.
Les profs en question ont profité d’une formation spécifique d’une entreprise privée, et la grande devinette du moment pour les élèves est de trouver ceux et celles de leurs enseignants qui sont armés.
Certains membres de l’équipe dirigeant de l’école vont même jusqu’à affirmer que c’est le meilleur moyen de protéger les enfants.
Et tout ceci dans une ville où la criminalité est très basse, même si un autoroute passant localement permet le passage de malfrats et autres sauvageons.
A ceux des parents qui ne l’ont appris que très peu de temps avant la rentrée, la réponse fut laconique: « Acceptez ou déménagez ! ».
Et bien entendu l’idée de lancer une pétition pourrait faire des enfants concernés des têtes de Turcs des professeurs. Donc le profil bas est de rigueur.
Fait amusant, Harrold, et le principal intéressé, un certain Thweat, ont joui d’une notoriété quasi planétaire, voyant des journalistes de télévisions anglaise, néo-zélandaise, ou encore italienne frapper à sa porte pour demander de quoi il en retourne.
Peut être serait il bon qu’un de nos braves journalistes se penche lui aussi sur Harrold, permettant ainsi de rassurer les parents français, toujours inquiets lors de la reprise scolaire des têtes blondes.
Car, aucun doute n’est permis, la rentrée 2008 française sera des plus pacifiques par comparaison..

Précédent, vous avez dit précédent?
août 31, 2008 on 7:18 | In France | Commentaires fermésDe nombreux hommes politiques ont des formations de juristes. Nicolas Sarkozy, Vladimir Putin ou Dimitri Medvedev entre autres. JusMurmurandi en tire la conclusion que, sur cette base, ils devraient savoir que qu’on appelle en termes de droit un « précédent », c’est-à-dire un cas auquel un demandeur peut se référer pour expliquer que la décision qu’il espère a déjà été accordée dans un cas similaire.
Il faut donc se garder, quand on prend une décision, de créer un précédent pour d’autres décisions, qui, elles, pourraient ne pas être souhaitables. Ainsi une banque qui concèderait un traitement indulgent à un client mauvais payeur pourrait se voir reprocher ce précédent par ce même client si, plus tard, il lui venait le désir de procéder plus brutalement, ou par d’autres clients qui n’auraient pas eu le bénéfice de cette mansuétude.
C’est sur cette base que JusMurmurandi a dénoncé comme une insondable crétinitude (là aussi, il y a un précédent à « crétinitude », c’est, bien sûr, la célèbre « bravitude »). Comme quoi il faut être prudent avec ces dangereux précédents) la reconnaissance occidentale de l’indépendance du Kossovo, qui pourrait servir de précédent à la Russie dans toute une série de provinces de pays indépendants ayant fait partie de l’ex-URSS. Ca n’a pas traîné, avec, à peine quelques mois plus tard, la reconnaissance par la Russie de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Et ce n’est qu’un début.
Et voilà que l’imprévisible Silvio Berlusconi, pourtant lui aussi diplomé en droit, créé un précédent redoutable. L’Italie va accorder des compensations de 5 milliards de dollars pour sa période de domination coloniale (1911-1942) de la Libye.
Outre que les citoyens italiens spoliés lors de leur éviction sans indemnité par le colonel Khadafi en 1970 au mépris de toutes les lois et traités applicables n’ont pas reçu la moindre compensation de l’Etat italien, et sont donc outrés de voir des compensations versées au Libyens (200 millions de dollars annuels pendant 20 ans) avant que quoi que ce soit leur soit accordé par la même Libye, qui, pourtant, fait des efforts pour solder ses contentieux internationaux (Lockerbie, DC10 UTA, infirmières bulgares), ce précédent s’annonce redoutable.
L’Algérie du Président Bouteflika a déjà émis de pareilles revendications vis-à-vis de la France, rejetées par Nicolas Sarkozy. Et les lecteurs de JusMurmurandi savent que la principale explication du sinistre Robert Mugabe pour les difficultés économiques sans précédent (eh oui, l’expression existe aussi sous sa forme négative) dans lesquelles il a plongé le Zimbabwe, ce sont les dégâts de la période coloniale.
Plus encore, cela créé un précédent sur les droits issus des guerres du passé, au-delà de toute période de prescription légale (il y a 66 ans que l’Italie ne colonise plus la Libye). Alors cela ouvre-t-il droit à toute réclamation collective? Les protestants français peuvent-ils demander réparation pour le massacre de la Saint Barthélémy ou les dragonnades sous Louis XIV? Et si les descendants des anglais « d’origine », les anglo-saxons, demandaient réparation pour la colonisation par les Normands de Guillaume le Conquérant, descendants de vikings, mais vassaux du roi de France? Faudra-t-il bientôt payer pour s’excuser d’avoir gagné?
Vae victis, malheur aux vaincus! Telle est la phrase prononcée par Brennos (ou Brennus), chef gaulois vainqueur de Rome en 390 avant Jésus-Christ. Avec Silvio Berlusconi, c’est malheur aux vainqueurs qu’il va bientôt falloir dire.

Aider les salauds?
août 30, 2008 on 7:05 | In France | 2 CommentsUne question chiffonne JusMurmurandi. jusqu’où faut-il aider des salauds quand cette aide va bénéficier -aussi- à des gens qui en ont vraiment besoin?
Avant le second tour de l’élection présidentielle à laquelle a participé le seul tyran zimbabwéen Robert Mugabe, le parti au pouvoir, le Zanu-PF avait interdit toutes les ONG au motif qu’elles auraient aidé l’opposition, notamment en ne distribuant de l’aide alimentaire qu’aux opposants à Mugabe.
Maintenant que Mugabe a « gagné » l’élection (c’est plus facile quand on est seule en lice), les ONG sont de nouveau autorisées, et peuvent reprendre leur distribution d’eau, de nourriture et autres prestations de base dont dépend la survie de millions de zimbabwéens, dont le pays a été ruiné par l’incurie et la prévarication de l’équipe au pouvoir.
Bien évidemment, les ONG font ici le travail que le gouvernement devrait faire, à savoir assurer à la population des conditions qui permettent la survie. Pour mémoire, le Zimbabwe était, avant l’équipe Mugabe, le grenier de l’Afrique australe.
Faut-il aider les zimbabwéens en sachant que cette aide sera exploitée par le pouvoir en place? Sachant qu’une partie sera purement et simplmeent confisquée pour être distribuée aux seuls membres du parti Zanu PF ? Sachant qu’elles (les ONG) seront à tout moment de parfaits boucs émissaires pour expliquer les échecs de ce qu’il faut bien appeler le pire gouvernement de la planète?
La même question se pose avec d’autres régimes que, par pudeur, JusMurmurandi appelera « contestables ». Comme l’Afghanistan, dont les ressources sont l’aide internationale et le trafic d’opium (90% de la production mondiale, ce n’est pas rien!). Comme le Myanmar, dictature militaire ravagée par un cyclone. Comme le Pakistan, dont l’aide contre le terrorisme s’accompagne d’une tolérance d’énormes violations en matière nucléaire. Comme la Corée du Nord, peut-être le régime le plus féroce au monde.
Bref, où s’arrête le devoir d’aider les innocents, où commence le soutien aux crapules, et à partir d’où est-ce que cela devient de la compromission?
Tiens, cette dernière question rappelle à JusMurmurandi son récent article sur l’ouverture à gauche de Nicolas Sarkozy et le RSA.

J’atomise, je ventile, je disperse
août 28, 2008 on 8:55 | In Economie, France, Incongruités, International | Commentaires fermésLe Polonium 210, vous connaissez ?
Rappelez vous, cette substance radioactive, utilisée par les Soviétiques (pardon, les Russes) à Londres pour éliminer Alexander Litvinenko en 2006. Soit dit en passant, on aurait du se méfier lorsque l’on utilise des méthodes aussi barbares de ce qui allait arriver aujourd’hui en Géorgie et peut être demain en Ukraine.
Mais ce n’est pas l’objet de cet article.
C’est simplement pour vous dire que le Polonium 210, nous en consommons tous, volontairement ou non.
Car ce produit hautement toxique se retrouve…dans les cigarettes, et les fabricants de cigarettes en connaissent les dangers depuis plus de…30ans. Il se trouve en effet dans les engrais utilisés pour cultiver le tabac.
Eh oui, depuis trente ans, les cigarettiers nous atomisent dans la joie et la bonne humeur avec leurs cigarettes. Soit dit en passant (bis) on remercie le gouvernement Villepin pour sa demi mesure sur les restaurants désormais interdits d’accès aux fumeurs…sauf en terrasse.
Si cela n’a gêné personne lors de l’entrée en vigueur de la directive en janvier dernier car qui veut aller prendre un bol d’air frais en plein hiver, nombreux sont ceux qui voudraient profiter des terrasses en été. Or elles sont désormais occupées en priorité par les fumeurs, qui ne font pas de distinction entre adultes et enfants pour enfumer tout le monde. Et les non fumeurs de se retrouver pénaliser et cloitrés s’ils ne veulent pas être justement…atomisés.
Mais, pour revenir à l’objet initial de notre article, pourquoi avoir donc utilisé cette phrase si célèbre des « Tontons Flingueurs », énoncée par un Bernard Blier en grandissime forme ?
C’est pour tout simplement reproduire le cycle du fumeur de cigarettes.
Je fume, donc j’atomise.
Je ventile, lorsque je suis mis en assistance respiratoire avec un bon cancer du poumon.
Je disperse, lorsque je rejoins les cendres de mes cigarettes.
Alors, fumeurs, quand est ce que vous arrêtez ?

La droite la plus à gauche du monde
août 28, 2008 on 1:05 | In Best of, France | 6 CommentsLes Allemands ont décidé de combattre à la fois le déficit chronique de leurs finances et l’assistanat de leur marché de l’emploi. Pour le marché de l’emploi, ils ont voté un paquet dit « Harz IV » qui réduit dramatiquement les prestations aux chômeurs qui refusent des offres d’emploi. Pour résorber le déficit budgétaire, ils ont voté une augmentation massive, en une fois, de la T.V.A., impôt réputé anti-social puisque payé par tous les consommateurs, qu’ils soient pauvres ou riches. C’est la gauche allemande qui a voté le paquet Harz IV, et la coalition droite-gauche qui a voté la hausse de la T.V.A. Ce qui montre bien qu’en Allemagne, la bonne santé de l’économie est l’affaire de tous, pas seulement de la droite, et que la gauche ne passe pas son temps à seulement dépenser.
Ce n’est d’ailleurs pas un cas isolé, puisqu’en Grande-Bretagne, c’est la gauche travailliste de Tony Blair qui a voté le changement de « welfare » (chômage) en « workfare » (des prestations, mais en échange de travail fourni par les allocataires). Une réforme qui, en France serait « de droite », faite par la gauche. Comme quoi, outre-Manche non plus la bonne gestion n’est ni d’un côté de l’échiquier politique ni de l’autre.
En Espagne, la situation est identique, quand la gauche de José-Luis Zapatero supprime l’impôt sur la fortune, comme l’a déjà relaté JusMurmurandi.
L’élection de Nicolas Sarkozy, précédé de son emblématique slogan « travailler plus pour gagner plus », aurait pu donner à penser qu’en France, après des décennies d’une droite qui faisait une politique de gauche (les années Giscard-Chirac, sauf la période de Raymond Barre), la politique serait « de droite ». C’est à dire au moins aussi à droite que la politique de gauche des autres grands pays européens. Eh bien non!
Il avait promis que les prélèvements n’augmenteraient pas, et il les créé à jet continu. Comme la taxe sur les poissons pour financer le gas-oil des pêcheurs. Aujourd’hui, il prélève 1,1% sur les revenus du capital pour financer le RSA. Demain il va accorder le chèque-transport, mais pas le payer. Et encore un prélèvement!
Et tout ceci sans pour autant réduire les déficits vertigineux de nos finances, qui garantissent des années d’impuissance budgétaire et des problèmes de plus en plus insolubles à venir.
Le RSA doit inciter les chômeurs à reprendre un emploi, car jusqu’ici il y avait des cas où le chômage pouvait rapporter plus que le travail. Le problème est que ceci était déjà l’objet de la prime pour l’emploi (PPE). Laquelle prime pour l’emploi n’a aucun caractère incitatif, et est touchée par 9 millions de personnes, pour qui c’est purement et simplement un complément de revenu. Elle coûte 4,5 milliards d’euros, soit le double du RSA, a été créée par le gouvernement Raffarin et augmentée par le gouvernement Villepin. La droite, la droite et encore la droite.
Il était simple d’imaginer redistribuer une partie de la PPE en RSA. Cela eût augmenté l’effet incitatif du retour à l’emploi et réduit la part de l’assistanat. Quant aux recettes de taxes, on pouvait soit éviter de taxer, soit les affecter à la réduction des déficits, deux objectifs vertueux.
Que fait Sarko? Pour honorer sa politique d’ouverture incarnée par Martin Hirsch, il lève l’impôt et conserve intacte toutes les prébendes qui existent. Ce faisant, il croit faire un coup politique en faisant la politique de la gauche à sa place. En fait il exaspère ses électeurs de droite, en attendant de les désespérer, sans gagner un électeur de gauche. C’est un schéma qu’avait déjà tenté Giscard, et qui l’a conduit à perdre la présidentielle de 1981.
Il fut un temps où la France avait, selon la formule qui fit fortune « la droite la plus bête du monde ». Ce n’est plus le cas, comme en témoigne le fait qu’elle gagne avec régularité les élections. Le problème, c’est qu’elle est plus à gauche que le reste de la gauche européenne, et mérite donc le qualificatif de « droite la plus à gauche du monde ».
L’Etat, Crédit Lyonnais, affaires et hommes d’affaires
août 26, 2008 on 8:14 | In France | Commentaires fermésDécidément! Déjà l’arbitrage favorable à Bernard Tapie avait donné à penser que l’Etat français est bien mal inspiré dans sa conduite d’affaires judiciaires issues des affaires de la période scabreuse et scandaleuse du Crédit Lyonnais. En voici un deuxième exemple.
Avec Bernard Tapie, une transaction était possible. Elle a in fine été refusée par l’Etat, dont les serviteurs ne voulaient pas que l’affreux Tapie puisse finir autrement que ruiné. S’ensuivent une série de victoires judiciaires qui semblent leur donner raison. Pour terminer cette affaire, lesdits serviteurs de l’Etat (un procureur en l’occurence) choisissent la voie de l’arbitrage. Et là, patatras! l’arbitrage accorde des centaines de millions à Tapie.
Homme d’affaires: 1, Etat: 0
Nouvel exemple, l’affaire Executive Life. Autre rejeton de la triste période du Crédit Lyonnais, elle aussi issue du fait que les hommes du Lyonnais (sa filiale Altus en l’occurence) ont, comme avec Tapie, dissimulé un fait essentiel, ce pour faire une affaire qui se révélera juteuse. Sauf que là aussi, ce fait sera divulgué, grâce à la trahison rémunérée du Judas de service, François Marland, ancien protégé devenu ingrat du Crédit Lyonnais. S’ensuit un long procès aux Etats-Unis contre le successseur du Crédit Lyonnais, et contre Artémis, la holding de François Pinault, qui avait entre temps racheté, comme Robert Louis-Dreyfus dans l’affaire Adidas-Tapie, le fruit de la bonne opération du Lyonnais, et qui l’a fait considérablement fructifier.
Ce procès long et potentiellement très coûteux aboutit à une condamnation de l’Etat français par CDR interposé (le successeur du Crédit Lyonnais pour ses dossiers pourris) et de François Pinault. L’Etat rage, proteste, et paye (ou plutôt, comme d’habitude, fait payer avec l’argent du contribuable). François Pinault fait appel. Et gagne. Son amende de 241 millions de dollars vient d’être annulée, et la suppression d’une amende de 700 millions accordée par un jury populaire puis cassée est confirmée.
Homme d’affaires: 2, Etat: 0
En fait, le score est encore plus défavorable à l’Etat. Car les 2 fois, c’est le Crédit Lyonnais nationalisé qui a repéré la bonne affaire, l’a faite, et a pris tous les risques, puis un homme d’affaires fûté l’en a délesté pour s’approprier la plus grande part de la plus-value.
La morale de ces histoires est simple. Tant que l’Etat emploiera des fonctionnaires pour jouter avec de redoutables hommes d’affaires au moyen de l’argent du contribuable, il fera la fortune desdits hommes d’affaires. C’est comme cela que ce sont construites, pour partie seulement bien sûr, les fortunes Arnault, Pinault, Lagardère ou Dassault notamment. En Russie, on nomme ces hommes d’affaires enrichis sur le dos de l’Etat des oligarques, et leur existence contribue à la médiocre opinion que l’on a de l’économie de marché en Russie.
Peut-être, à défaut d’être mieux gérée, la France devrait-elle apprendre à être plus modeste et moins critique à l’égard des autres pays?
La France médaille d’or!
août 24, 2008 on 6:01 | In France | Commentaires fermésNon, JusMurmurandi ne vous parlera pas des Jeux Olympiques, que tous les media ont couvert ad nauseam.
Non, c’est d’une médaille d’or non olympique dont la France ne peut se glorifier, une médaille d’or qui a des allures de bonnet d’âne.
La France détient le record du monde de la consommation d’antidépresseurs et de tranquilisants.
L’analyse traditionnelle de ce problème est qu’il faut changer nos habitudes. Celles des patients, qui réclament ces « pilules du bonheur », comme si elles pouvaient à elles seules remédier à la tristesse et au mal de vivre. Celles des médecins qui prescrivent ces pilules comme une solution en elles-mêmes.
JusMurmurandi voudrait poser une question, au risque d’être iconoclaste. Et si les Français consommaient ces tranquilisants et antidépresseurs non pas du fait de mauvaises habitudes, mais parce que la société française serait effectivement anxiogène?
Il suffit de lire, d’écouter et de regarder la presse pour constater que les bonnes nouvelles ne « pèsent » pas autant que les mauvaises.
Il suffit de relire Jules César qui, déjà, remarquait le goût immodéré des Français (il écrivait: des Gaulois) à la dissension, et aux luttes internes, quitte à causer leur propre perte.
Il suffit de constater que la durée de vie des Français n’a jamais été aussi longue, et ne cesse de s’allonger, mais que les Français n’ont jamais été aussi préoccupés de leur santé et de tous les dangers qui la menacent.
Le comble peut-être de ce qui angoisse les Français est l’imbécile « principe de précaution » qui a été par faiblesse et démission de politiciens trop anxieux de plaire inscrit dans la Consitution. Grâce à lui, tout progrès est suspect, et tout suspect est condamné jusqu’à ce qu’il prouve son innocence.
Le résultat: un sondage montre que jamais les Français n’ont eu le moral autant en berne qu’en cette rentrée. Pourtant, dans les 25 dernières années, la situation a déjà été plusieurs fois bien pire, notamment au cours des récessions de 1993 ou de 2001 pour ne pas remonter trop loin. Mais évidemment, à force de claironner que le moral des Français flanche, il finit effectivement par flancher, ce qui justifie in fine le sondage.
Ainsi, la lettre ouverte des médecins qui alerte sur la surconsommation médicamenteuse a-t-elle des chances de participer à ce cycle de l’angoisse.
Et cet article aussi. C’est pourquoi JusMurmurmurandi doit ici l’interrompre. Les somnifères que prend tous les jours notre blogueur viennent de faire leur effet, et il ronfle, affalé sur son clavier.
L’Amérique libérale que nous aimons tous
août 23, 2008 on 9:23 | In Best of, Economie, France, International | Commentaires fermésDans ce monde politiquement correct où nous vivons, le nombre d’insultes « autorisées » a dramatiquement chuté. Plus aucune allusion à la race, la religion ou les moeurs. Fort heureusement, il y en a une qui permet aux politiciens de gauche de s’en donner à coeur joie, c’est « libéral ». Quand un politicien traite son adversaire de libéral(e), cela veut dire, grosso modo, « personne vendue corps et âme aux lois impitoyables du marché et des grandes multinationales, sans considération pour les dégâts immenses qu’elles provoquent chez les Français »
Il y a même une version « hard » de cette insulte, c’est « ultra-libéral ». Et l’exemple permanent de cet ultra-libéralisme débridé (encore un épithète aggravant), ce sont les Etats-Unis, territoire de toutes les horreurs économiques (cf. le livre de Viviane Forrester, l’horreur économique).
L’opposé de ce libéralisme présumé « fou », c’est l’intervention de l’Etat, bien sûr. L’Etat présumé salvateur, compassionnel, sage, impartial, et j’en passe.
Alors, pour montrer à quel point ce cliché est réaliste, intelligent, approprié, JusMurmurandi indique que les 3 fabricants américains d’automobiles viennent de demander au gouvernement américain 50 miliards de dollars d’aide pour reconvertir leurs usines de production de gros modèles gloutons en petits modèles économes. 50 miliards! Le candidat républicain aux Présidentielles américaines, John Mc Cain a déjà indiqué qu’il était d’accord avec cette demande, tandis que Barack Obama a, lui alloué, en cas de victoire, une enveloppe triple, soit 150 milliards, pour le « verdissement » de l’industrie américaine. Ce doivent être des milliards « libéraux », bien sûr, ce qui change tout…
Vous me direz, c’est un exemple isolé. Pas du tout, puisque, pour aider les Américains qui sont en danger de perdre leur logement dans le cadre de la crise immobilière, l’administration Bush a mis en place un programme de soutien aux propriétaires de plusieurs dizaines de miliards de dollars. Plus encore, les 2 organismes privés d’assurance des prêts immobiliers, Fannie Mae et Freddie Mac étant menacés de faillite par des dizaines de milliards de dollars de prêts immobiliers non remboursés, le président Bush a tout simplement dit qu’en cas de besoin, il les nationaliserait! Ouf! Quelle débauche de libéralisme! On ne faisait pas mieux du temps de l’Union de la Guache de 1981 en France!
Vous me direz, c’est un moment exceptionnel, atypique, de l’histoire américaine. Pas vraiment. Chrysler, 3e fabricant américain de voitures, a déjà été sauvé par l’Oncle Sam dans les années 70. Et les caisses d’épargne, qui s’étaient gavées de »junk bonds » pourries dans les années 80, ont été, elles aussi, sauvées par le contribuable américain.
Du coup, les accusations américaines contre les subventions européennes à Airbus prennent une saveur particulière. Mais ce sont des subventions anti-libérales, rien à voir avec l’aide US à Boeing…
Ce doit être pourquoi Bertrand Delanoë se décrit comme « libéral » dans son livre, au grand scandale de la moitié du PS emmenée par Ségolène Royal.
Oui mais voilà, si « libéral » à la mode américaine n’est plus ni scandaleux ni une insulte, que restera-t-il à la gauche pour tenter de disqualifier Nicolas Sarkozy?
Heures supplémentaires supplémentaires
août 22, 2008 on 5:32 | In France | Commentaires fermésNon le titre n’est pas une faute de frappe. Car, pour la détaxe des heures supplémenaires qui sont la mesure phare de la loi TEPA, ce n’est pas le volume qui compte, mais une éventuelle augmentation du volume. Donc les heures supplémentaires supplémentaires…
Madame Lagarde, ministre des finances, nous annonce avec satisfaction que le volume d’heures supplémentaires a augmenté au deuxième trimestre par rapport au premier, passant de 172,6 millions à 182,4 millions, soit 9,8 millions d’heures supplémentaires en plus (oui, vous avez compris, inutile d’insister, elles sont supplémentaires).
Le PS, par la voix de MM. Sapin et Vidalies trouve au contraire ce résultat médiocre. Le contraire eût été étonnant. Mais écoutons plutôt l’argumentation qui veut que l’augmentation soit due à:
« un recul de la sous-déclaration des heures supplémentaires effectuées, les entreprises ayant désormais intérêt à les déclarer » C’est assez curieux. JusMurmurandi a la naïveté de croire que toute mesure qui réduit les sous-déclarations (lire, qui transforme le travail « au noir » en travail légal) est plutôt une bonne mesure. Cette apparente dilection du PS pour le travail noir est nouvelle et, à notre humble avis, assez curieuse.
« un effet d’aubaine pour les entreprises, qui sont incitées à sous-déclarer le temps de travail de leurs salariés et à payer le complément en heures supplémentaires » Là, le PS montre qu’ils ne savent pas ce qu’est un effet d’aubaine. L’effet d’aubaine porte sur les heures supplémentaires « existantes », et pas sur les heures supplémentaires « supplémentaires », justement. Sur les supplémentaires, cela s’appelle, au choix, un effet d’incitation, ou de réorientation.
« une incitation des entreprises à recourir aux heures supplémentaires plutôt qu’à des embauches, ce que confirme la remontée du chômage ces derniers mois » Voilà un argument spécieux. En apparence, quoi de plus logique, c’est une forme de 35 heures à l’envers. Avec les 35 heures, les socialistes ont voulu que chacun travaille moins, ce qui obligeait à embaucher plus de monde pour faire le même travail qu’avant. Avec les heures supplémentaires « avantageuses », moins de gens travailleront plus longtemps plutôt que plus de gens moins longtemps.
En fait l’argumentation PS ne tient pas, et ce pour 2 raisons. L’une est que le PS ne veut pas reconnaître qu’il s’agit bel et bien de volume de travail en plus, quel que soit sa répartition, vers les employés existants via des heures sup’, ou vers de nouvelles embauches. L’autre problème avec l’argumentation du PS est que, pour obtenir ce volume de travail supplémentaire, l’Etat a bonifié fiscalement l’opération. Pour obtenir de nouvelles embauches équivalentes, il eût fallu aussi bonifier ces nouvelles embauches, avec pour conséquences le même coût qui, selon le PS « a vidé les caisses », et le même effet d’aubaine qu’ils villipendent.
Allez, ne soyons pas trop dur avec le PS. Ils ne sont pas les seuls à faire preuve d’un parti-pris qui peut, comme ici, sombrer dans la mauvaise fois ridicule. Car il était simple d’instruire un vrai procès contre cette mesure. Selon les chiffres de la ministre, il y a 6% d’heures supplémentaires supplémentaires. Donc on bonifie 100 heures qui ne le réclamaient pas pour en créer 6 de plus. Et là, il n’est pas évident que ce soit un bon emploi des deniers publics.
Sauf que tous ces deniers tombent dans les escarcelles des Français qu’on appellera « moyens », car ce ne sont pas les professions libérales ou les cadres supérieurs qui bénéficient du régime des heures supplémentaires. Et de ce point de vue, à savoir distribuer de l’argent, donc du pouvoir d’achat aux Français moyens, JusMurmurandi trouve que le PS est vraiment gonflé à l’hélium de ne pas en reconnaître le bénéfice en ces temps d’inflation des prix alimentaires et énergétiques.
Mais peut-être est-ce pour cela qu’ils ont perdu l’élection présidentielle de 2007. Ils n’ont pas su comment obtenir des votes supplémentaires…supplémentaires
Concurrence, vous avez dit concurrence?
août 21, 2008 on 6:46 | In Best of, Economie, France, Incongruités | Commentaires fermésLe système capitaliste est fondé sur le fait que les acteurs économiques recherchent leur avantage économique maximum. Ce qui, pour les entreprises, s’appelle la maximisation du profit. Et ce qui évite que cette course au profit sans limite se fasse par une hausse de prix massive au détriment du client, se nomme concurrence.
Car si une entreprise affiche des prix trop élevés, une autre entreprise, aux prix plus raisonnables, viendra lui prendre ses clients. C’est simple.
Simple, pas si sûr. Car un certain nombre d’exemples troublent JusMurmurandi, et tendent à prouver que la concurrence en France est plus une façade qu’une réalité.
Ainsi le prix du lait a-t-il très fortement augmenté dans les grandes surfaces, mais les producteurs font face à des demandes de baisse de tarifs (des exigences plus que des demandes) de la part des quelques très grandes entreprises qui le collectent.
Ainsi est-il surprenant de constater que les producteurs de fruits et légumes, quand ils organisent des ventes en direct aux consommateurs, offrent leurs produits à des prix inférieurs au tiers, quand ce n’est pas au quart des prix pratiqués en grandes surfaces.
Pour ces 2 exemples, JusMurmurandi peut encore imaginer qu’il y ait une réalité plus complexe que celle décrite ici. Ce sont des catégories de produits vendus à travers des canaux de distribution peu transparents, le cas échéant réglementés, et où la logistique laisse peu de place à une vraie concurrence.
Mais hier, l’association Familles de France a publié un article montrant que le coût de la rentrée des classes a baissé d’une année sur l’autre de plus de 7%. C’est une baisse considérable, surtout en période d’inflation revigorée due à la hausse du prix des matières premières et de l’énergie.
En particulier, le coût de papeteries à baissé de plus de 5%, alors que le papier est fait de matières premières et d’énergie, donc de composants en forte hausse.
Alors d’où viennent ces marges de baisse de prix alors que les matières premières augmentent, si ce n’est que, les années précédentes, les marges étaient « trop hautes »? Et si elles étaient « trop hautes », n’était-ce pas parce que la concurrence était trop faible? Et si la concurrence était trop faible, n’était-ce pas parce que le régulateur de la concurrence (en l’occurence la DGCCRF) était lui aussi trop faible? Et parce que les pouvoirs publics, très soucieux de permettre au commerce de proximité et de centre ville de survivre à la concurrences des grandes surfaces, ont corseté la distribution par une série de lois limitatives (lois Royer, Raffarin, Galland, Jacob entre autres)?
C’est pourquoi Jusmurmurandi « s’amuse » de l’offre faite par Michel-Edouard Leclerc de vendre, si on l’y autorise, des médicaments dans ses grandes surfaces. Il prétend pouvoir y pratiquer des prix 20% à 30% plus bas que les officines spécialisées (on notera que ces officines sont justement des commerces de proximité et de centre-ville, typiques de ce que les gouvernements successifs ont voulu « aider » à perdurer).
M. Leclerc s’indigne du peu d’enthousiasme des pouvoirs publics à accepter son offre, dû d’après lui à un lobbying efficace et conservateur des pharmaciens soucieux de protéger leurs prétendus privilèges.
JusMurmurandi se dit que M. Leclerc serait plus crédible s’il n’y avait pas, à son débit, ces malheureux exemples de fruits et légumes, et, maintenant, de cahiers d’écoliers.
Mais peut-être, puisque ces fournitures scolaires ont baissé de prix, M. Leclerc pourra-t-il s’offrir, pour serrer enfin ses prix de près, un tout nouveau boulier?

Des châteaux en Espagne… qui attendent des riches français
août 16, 2008 on 7:09 | In Best of, Economie, France, International | 2 CommentsDéjà le Roman de la rose et La Fontaine usaient de cette expression qui désigne des illusions d’une grandeur possible et trop facile.
C’est pourquoi JusMurmurandi conseille à tous les Français de ne surtout pas regarder ce qui se passe en Espagne. Notamment ce que va faire le gouvernement pour lutter contre la très forte chute de la croissance espagnole (ils sont encore positifs, contrairement à la situation française, au deuxième trimestre, mais en partant de plus haut).
Le gouvernement va sacrifier une partie de son excédent budgétaire (un excédent! Quand on pense que le dernier budget en équilibre en France remonte à Raymond Barre, c’est-à-dire à 30 ans, on voit bien le manque de courage consternant des hommes politiques qui se sont succédés au pouvoir) pour réduire les impôts, et relancer ainsi le pouvoir d’achat, et ils l’espèrent, l’économie.
Sur le fond, ce n’est pas gagné d’avance, car, si les consommateurs sont inquiets, il est possible qu’ils utilisent ce bonus (ou plutôt, parlant d’une baisse d’impôts, cette absence de malus) non pas pour consommer, mais pour augmenter leur épargne de précaution.
Mais ce qui fascine JusMurmurandi, c’est le choix de l’impôt que le gouvernement espagnol va baisser. Il va annuler l’impôt sur la fortune! En France, une telle action action serait réputée n’avoir aucun effet sur la croissance au motif que les « riches » n’augmenteraient pas leur consommation, et qu’il faudrait donc agir sur un autre impôt, comme la T.V.A. pour avoir un impact sur la consommation.
Sauf que l’annulation de leur impôt sur la fortune peut donner aux espagnols riches l’envie (et les moyens) d’investir davantage. Et l’on sait qu’une relance de l’économie par l’investissement est plus saine et durable qu’une relance par la consommation, spécialité française.
Fondamentalement, la France souffre de ce que la classe politique ne croit pas à la vertu économique des « riches », à la création de richesse, à l’investissement, et à toute cette sorte de choses. Pour la gauche, les « riches », qu’elle n’aime pas, sont coupables par nature, et ne sont (à peine) absous de leur péché de richesse que quand ils sont tondus. Pour la droite, qui a perdu cette guerre idéologico-économico-mediatico-sémantique contre la gauche, les riches sont comme un parent encombrant qu’on tente avec mauvaise conscience de cacher au monde comme l’idiot de la famille.
En attendant, la suppression espagnole de l’impôt sur la fortune laissera la France comme seul pays européen (le dernier, comme Astérix) à imposer ainsi la richesse et les riches.
Et le gouvernement espagnol qui procède à cette suppression est le gouvernement socialiste de Jose Luis Zapatero…
Jusqu’ici, les riches français partaient en Belgique ou en Grande-Bretagne pour rester riches. Maintenant, ils auront aussi le choix d’aller se construire des châteaux en Espagne.

Le Roi Nicolas
août 15, 2008 on 8:46 | In France | Commentaires fermésNicolas Sarkozy est-il un monarque élu, voire carrément un empereur, comme beaucoup de ses adversaires l’en accusent, sous le nom de Sarkoléon?
Ils mettent en cause sa manière de se saisir de tous les problèmes, y compris ceux précédemment traités par le Premier Ministre, de décider de tout, et de se précipiter à la moindre occasion vers les media, à commencer par la télévision.
JusMurmurandi ne peut que constater qu’un certain nombre de faits contredisent cette analyse.
Le parler, d’abord. Nicolas Sarkozy ne parle pas « énarque », encore moins « monarque ». Imagine-t-on un roi de France dire à un manant « casse-toi pauvre con! »? Un roi eût dit, au mieux « laissez-nous, mon bon », au pire eût fait rouer ledit manant pour lèse-majesté.
Comment on lui parle. Imagine-t-on les journalistes parler à François Mitterrand ou à Jacques Chirac comme ils le font maintenant couramment à Nicolas Sarkozy? On se souvient des célèbres marques d’agacement du Président Mitterrand, qui allaient jusqu’à mettre un terme prématuré à un interview où les questions le chatouillaient désagréablement.
L’exercice du pouvoir ensuite. Si nous étions effectivement présidés par Sarkoléon, pourquoi a-t-il refusé d’exercer quelque droit de grâce ou d’amnistie que ce soit, justement au motif que ce droit régalien lui paraît anachronique?
De même, la réforme de la Constitution va réduire fortement le nombre de titulaires de poste nommés par le seul Président de la République. Voilà une réforme bien peu monarchique.
De même les Français ne cessent de se tourner vers lui pour solliciter toujours plus. Plus de détaxes, plus d’avantages, plus d’action. Comme s’ils attendaient tout de lui. On a atteint aujourd’hui un sommet quand un homme gravement infirme lui a demandé le droit de mourir par euthanasie. On n’est plus dans la monarchie, qui ne pouvait « que » guérir la maladie des écrouelles, mais bel et bien dans des prérogatives divines…
En fait, quand on regarde la courbe du désamour entre l’opinion publique et Nicolas Sarkozy, on s’aperçoit que c’est quand il n’est « pas assez » monarque que l’opinion le sanctionne, comme dans l’affaire du célèbre « casse-toi ». De même avec son divorce et sa romance avec Carla. Manifestement, dans les prérogatives royales figure celle d’avoir une ou des maîtresses, complètes avec enfants naturels, et de les loger aux frais de la Nation…
Ce qui fait que, paradoxalement, plus il agit en monarque, plus il est critiqué comme « ominiprésident », et moins il se comporte en monarque, plus il est critiqué pour ne pas « être assez présidentiel ». Il faudrait donc qu’il se comporte en monarque sans agir comme tel.
Il y a déjà eu des précedents de cet ordre dans la monarchie française. On les appelait les rois fainéants…
Bonne nouvelle, oui, mais pour qui?
août 12, 2008 on 1:55 | In Economie, France, Incongruités, International | 6 CommentsHier le pétrole a coté 113 dollars le baril. Par rapport à son maximum de 147 dollars, c’est 23% de moins. Presqu’un quart en moins.
Qui en parle? Personne. Pourtant, si la hausse a tous les effets négatifs qui sont complaisamment décrits par les media, il semblerait que la baisse doive avoir tous les avantages opposés.
Pourquoi la baisse ne semble-t-elle intéresser personne?
Parce que les bonnes nouvelles (celle-ci n’est que relative, après tout, 113 dollars, c’est encore très cher) ne feraient pas « vendre », donc les media ne s’y intéresseraient pas? Ce serait le syndrôme des trains qui arrivent à l’heure…
Parce que le gouvernement voudrait mettre les Français dans une disposition d’esprit de pétrole cher, de façon à déclencher des réflexes d’économie d’énergie, de soutien au nucléaire, de choc économique indépendant de sa politique, et que donc une baisse n’irait pas dans le sens souhaité?
Parce que l’opposition voudrait blâmer le gouvernement pour tout ce qui arrive, et qu’il serait difficile de le blâmer pour une baisse du prix du baril?
Parce que cette baisse ne serait peut-être que transitoire, et que donc il ne faudrait pas s’y fier. A la hausse non plus, alors…
Pourtant, les entreprises peuvent profiter de cette baisse pour couvrir leurs besoins sur plusieurs mois sur la base du cours actuel, ce qui les protégerait contre une éventuelle remontée. Sur ce plan là, la compagnie aérienne à bas coûts Ryanair doit se sentir mal à l’aise. Ils ne se sont pas couverts quand le pétrole montait, ce que leur a valu de le payer au plus cher et de faire des pertes le trimestre dernier. Moyennant quoi ils ont fini par se couvrir, mais à prix élevé, et maintenant ils le voient baisser…
Bref, tout le monde semble-t-il aurait intérêt à la hausse du baril. Sans compter, bien sûr les Total et autres sheiks arabes et oilgarques russes.
Sauf le consommateur, bien sûr. Mais lui, qui s’en soucie?

1984 en 2008
août 11, 2008 on 7:58 | In Best of, France, Insolite, International | 2 CommentsIl y a des cas où JusMurmurandi a besoin de pousser un coup de gueule. Trop, c’est trop!
C’est la guerre russo-géorgienne qui a fait déborder le vase. Pas ses aspects humanitaires, qui sont comme toujours lamentables. Mais « l’information » qu’on nous sert, et qu’on voudrait nous faire avaler.
Les Géorgiens nous disent que les troupes russes sont entrées en Géorgie au-delà de la seule Ossétie, notamment dans la ville de Gori. Pourtant des journalistes occidentaux témoignent en direct que Gori est calme…
Les Russes se plaignent que les Géorgiens se soient livrés à un nettoyage ethnique en Ossétie. Cela paraît difficile dans la mesure ou Tbilissi ne contrôle plus la région depuis des années…
On ne sait d’ailleurs pas qui a « commencé » cette offensive le premier jour des Jeux Olympiques.
Mais ce phénomène de mensonge total et en direct se retrouve dans pratiquement tous les cas où l’on veut s’assurer le soutien de l’opinion publique.
La famille d’Ingrid Betancour a juré ses grands dieux qu’elle était mourante de multiples maladies tropicales, de malnutrition et j’en passe. Mais dès qu’elle réapparait libre-quelle joie!-, elle va bien…
Les Chinois disent que les évènements de Lhassa ont commencé par des émeutes tibétaines qui ont provoqué la mort de multiples Chinois, ce qui a entraîné la répression policière légitime contre les émeutiers. Les Tibétains disent exactement l’inverse. Les 2 parties ne peuvent avoir raison en même temps…
Plus tôt, pendant l’Intifada, de multiples décès, le plus souvent des enfants, attribués par les Palestiniens l’armée israélienne, se sont révélés ou douteux, ou le résultat de montages…
Et l’administration Bush avec sa « justification » de la guerre en Irak, a élevé le mensonge au rang d’un des Beaux-Arts [voir http://www.nytimes.com/2008/04/20/washington/20generals.html?_r=2&adxnnl=1&oref=slogin&adxnnlx=1218460089-ClaHfKbvF7FwcOhTnBeGGw].
Bien sûr, ce n’est pas nouveau. L’hitlérisme et le stalinisme partageaient le goût de mentir aux peuples.
Mais avec le rôle croissant des opinions publiques et des media, ce phénomène devient une forme d’arme de destruction massive.
Ce qu’elle détruit? Notre esprit critique, notre jugement, notre indépendance de pensée. Totalement « propre », en ce qu’elle ne fait ni morts, ni blessés, ni victimes conscientes de l’être.
1984, nous voilà…
