Les Hollandais ont fumé la moquette!
juin 29, 2008 on 6:30 | In France, Incongruités, Insolite, International | Commentaires fermésVous vous souvenez de l’introduction de la dernière mouture de la loi anti-tabac en France, et notamment dans les cafés et restaurants. Interdiction totale, au motif que les fumeurs intoxiquent les non-fumeurs, à commencer par les membres du personnel.
Voilà que les Néerlandais ont introduit la même loi, pour les mêmes raisons. On ne pourra plus fumer dans les cafés et restaurants des Pays-Bas. Vous me direz: la belle affaire! Tout ceci serait d’une grande banalité s’il n’y avait un hic!
Un hic où le bouffon le dispute au grotesque. C’est qu’en Hollande, et plus particulièrement à Amsterdam, dans la catégorie des cafés et restaurants, il y a des centaines d’établissements d’un genre particulier et unique en Europe: les coffeeshops. Loin de vendre principalement du café, ce sont des points de vente et de consommation de cannabis et de hashish en toute légalité. Ils sont d’ailleurs une source d’attraction touristique pour tous ceux qui veulent s’adonner au plaisir d’une fumette ou d’un joint sans violer la loi, et une source de revenu pour le gouvernement néerlandais (400 millions d’euros de taxes annuelles, ce n’est pas rien!).
Le hic, justement, c’est que le législateur veut protéger les non-fumeurs (de tabac) des effets du tabac fumé par les fumeurs (M. de la Palice n’est pas loin!), mais qu’il n’a rien fait pour les non-fumeurs de cannabis présents dans les coffeeshops!
On atteint ce comble du paradoxe que de nombreux fumeurs de joints mélangeaient du tabac à l’herbe pour en atténuer et la force et l’effet sur leurs poumons. Maintenant ils devront fumer de l’herbe pure!
Soit dit en passant, cet « oubli » législatif est une aberration médicale, au sens où le cannabis contient nettement plus de goudrons et de carbone que le tabac, ce qui en fait, au sens de la toxicité, un super-tabac!
Les Français (dont JusMurmurandi, avec un mélange de délectation et d’accablement) ont l’habitude de brocarder leurs pouvoirs publics quand ceux-ci se vautrent (et les précipitent) dans des contradictions ridicules. Cette tradition va du sarcasme à l’absurde, et a été brillamment illustrée aussi bien par Coluche et Pierre Desproges qu’Alfred Jarry ou Ferdinand Lop.
Mais force est de constater que les Néerlandais ont cette fois-ci mis la barre très haut. Chapeau! La seule explication possible en est que les députés avaient, préalablement à ce vote, décidé de s’en fumer une petite, comme ça, pour se détendre avant le boulot!

Après la « saine colère », la « bonne querelle » ?
juin 27, 2008 on 7:52 | In Best of, France, Incongruités | Commentaires fermésUn livre écrit par Ségolène Royal est toujours un évènement pour JusMurmurandi.
Surtout quand le Parti Socialiste, pris en flagrant délit d’inexistence, prépare le renouvellement de son dirigeant.
Visiblement les choses s’annoncent assez confuses. Avec Delanoë, Royal, Martine Aubry, Julien Dray et consorts, les membres du parti n’ont que l’embarras du choix. A moins que ce ne soit le choix de l’embarras en fonction de celui ou celle qui devrait être élu(e)…
Car la foire d’empoigne est bel et bien là. Pour Ségolène Royal, c’est celui ou celle qui emportera le poste suprême de la rue de Solférino qui sera par conséquent seul(e) en position pour affronter la droite en 2012.
Donc, pour y arriver, il faut renover le parti. Et pour celà, elle reprend dans son livre les axes qu’elle a avancés tout au long de sa campagne présidentielle.
Dont la fin fut marquée par le débat entre les deux tours entre elle et Nicolas Sarkozy. Le pinacle de ce débat, pour Ségolène tout du moins, arriva lorsqu’elle se mit en colère de manière aussi spectaculaire qu’injustifiée.
Et de qualifier sa colère de saine. Aujourd’hui pour rénover le parti, elle annonce qu’il vaut mieux une « bonne querelle » afin que les choses explosent au grand jour une bonne fois pour toutes, permettent de partir sur des bases et mettre derrière soi les mauvaises querelles.
Lorsque l’on sait le succès qu’a suscité sa saine colère, on pourrait légitimement être préoccupé des effets de sa bonne querelle.
A moins qu’au contraire, ceci ne soit destiné à nous conforter…

La « saine colère » de Ségolène Royal pendant le débat avec Nicolas Sarkozy entre les deux tours de l’élection présidentielle
Iznogoud à la Télé (II)
juin 27, 2008 on 7:47 | In Best of, France, Incongruités | Commentaires fermésAlors que le concert des protestations du microcosme parisiano-politico-médiatique (lire: les gens qui se croient importants, surtout s’ils sont intellectuels et/ou de gauche. Oui, je sais, c’est du pléonasme à répétition) se concentre sur la nomination en Conseil des Ministres du futur patron de l’audiovisuel public qui risque, sait-on jamais, d’échapper à un membre du microcosme parisiano-politico-médiatique, JusMurmurandi voudrait poser une question tellement simple et basique que nous vous en présentons par avance nos excuses, cher lecteur.
Si les chaînes commerciales continuent, comme par le passé, à mettre un très substantiel écran de publicité entre la fin du journal télévisé de la Une, vers 20h35, et le début des programmes de grande écoute, vers 20h55, et si, dans le même temps, la 2 fonctionne sans publicité, il va y avoir un temps de 20 minutes pendant lequel les téléspectateurs vont avoir le choix (je schématise en réduisant à 2 chaines, mais la problématique est la même avec l’ensemble du PAF) de regarder la pub sur la Une, ou un programme sur la 2.
La 2 aura donc une opportunité de séduire les téléspectateurs compte tenu que la pub est, pour beaucoup, un programme subi parce qu’imposé partout à la même heure, plutôt qu’un choix (notez la litote). Si on calcule le nombre très élevé de téléspecteurs qui voudont « tâter de la 2″ pendant que TF1 fait sa pub, on voit qu’une gigantesque opportunité de capturer de l’audience existera. Car aujourd’hui les programmes démarrent au même moment, ce qui oblige à choisir sur papier, ou par habitude. Demain on va tester. Voilà qui ne fera pas forcément les affaires de la Une.
Plus amusant encore, imaginons, par pur esprit de taquinerie, que de nombreux téléspectateurs choisissent en fait la 2 rien que pour éviter la pub de la Une, quitte à revenir sur la Une après, cela va faire baisser les téléspectateurs pour les annonceurs de la Une. Lesquels annonceurs en tireront implacablement les conséquences, au plus grand dam de la Une, qui n’en a déjà pas besoin.
Evidemment, lesdits annonceurs ne renonceront pas à faire de la publicité pour autant (sinon ils cesseraient d’être des annonceurs, dirait M. de la Palice). Ils transfèreront tout bonnement leur publicité sur d’autres créneaux et supports, comme les journaux, qui en ont fort besoin, pris qu’ils sont dans le triple étau des lecteurs insuffisamment nombreux car ils trouvent ailleurs le contenu qu’ils veulent, la concurrence d’internet où tout est instantané et gratuit, et des charges que tout concourt, notamment les avantages exorbitants du statut de journaliste, et le coût de la CGT du livre et des NMPP, à rendre mortels pour les entreprises de presse.
Et alors que le cirque parisiano-politico-médiatique (vous savez déjà qui en sont les artistes, clowns, dompteurs et autres contorsionnistes) accuse Nicolas Sarkozy d’avoir fait un cadeau à son ami Martin Bouygues, voilà qu’en fait cela pourrait coûter à ce dernier des millions de téléspecteurs au moment le plus critique de la journée en termes de rentrées publicitaires.
Ce que Sarkozy sait, bien entendu, lui qui n’a déjà pas fait de cadeau à son ami Lagardère
Bref, comme on le voit, comme Cyrano, on pouvait dire… bien des choses en somme. Mais pour cela, il eût fallu s’intéresser au monde réel, vous savez, celui où il y a des téléspectateurs, des boutons de télécommande pour changer de chaîne, des choix faits par des annonceurs. Un monde réel où les décisions ont des conséquences.
Ah oui, j’oubliais. Pourquoi Sarkozy veut-il que le patron de l’audiovisuel public soit nommé en Conseil des Ministres? C’est pour succéder lui-même à PPDA, sans aucun doute…:-) Vous voyez, quand je vous disais que la seule chose qui intéresse le microcosme, c’est la nomination du patron…
Turbulences désormais payantes chez Air France
juin 26, 2008 on 7:29 | In Economie, France, Incongruités, La Cour des Mécomptes | Commentaires fermésOn a depuis de longues années entendu parler des niches fiscales, et encore dernièrement alors que le gouvernement cherche à réduire le déficit. Ces « niches » représenteraient quelque 50 milliards d’Euro.
Mais on n’avait pas encore parlé en tant que telles des niches dites « sociales ». Si elles existent depuis longtemps et ont été pointées du doigt par quelqu’un comme François de Closets avec ses livres « Toujours plus », ou « Plus encore », rien ne semblait bouger quant à leur réduction.
On avait bien vu la remise en ordre des retraites des régimes dits « spéciaux », mais rien en ce qui concerne les avantages qui passaient au travers des mailles du filet de l’Urssaf. Comme s’ils passaient en dessous du faisceau radar.
Les choses là aussi sont en train de changer, et un bel exemple va se voir taxé à partir du mois de juillet prochain (autrement dit mardi).
Les billets à tarif réduit mis à disposition des salariés d’Air France par leur employeur vont ainsi se voir taxés en tant qu’avantage en nature, et imposés comme tels, tant en ce qui concerne l’entreprise que ses salariés qui devront payer des cotisations sociales et mentionner ces avantages sur leur déclaration d’impôt.
Car pour une niche, elle est belle. Les employés (encore en fonction ou en retraite, ascendants et descendants des dits salariés) bénéficiaient non seulement de billets à des prix incroyablement bon marché (jusqu’à dix pour cent de la valeur faciale hors taxes d’aéroport etc.), mais aussi sans que l’Etat ne prélève sa dîme, et donc en franchise de charge ou d’impôt.
Quant on sait que les salariés du privé « normal » doivent déclarer véhicule de fonction bien évidemment mais aussi téléphone portable ou encore ordinateur nomade en tant qu’avantages en nature, JusMurmurandi s’étrangle à l’idée qu’ un Paris New York à environ 150€ puisse passer entre les mailles du filet de Bercy.
Mais bon, on sait que les efforts, l’égalité, c’est toujours pour les autres et les syndicats ont tôt fait de monter au créneau pour désigner ces GP (acronyme pour billets à gratuité partielle) comme faisant partie des acquis sociaux essentiels.
Car un précédent comme celui d’Air France pourrait ouvrir des chantiers équivalents à la SNCF, EDF par exemple, transformant ce léger trou d’air en turbulences majeures pour les syndicats.
Pour le personnel d’Air France qui se vante dans sa publicité de faire du ciel le plus bel endroit de la terre, le retour à la réalité risque d’être bien plus dur qu’un « kiss landing ».

Les salariés d’Air France ne vont plus croire au Père Noël…
Iznogoud à la Télé
juin 26, 2008 on 1:40 | In Best of, France, Insolite | Commentaires fermésIl y a des jours où être chroniqueur sur JusMurmurandi est un bonheur. Notamment quand la classe politique perd la boule et raconte n’importe quoi, emportés qu’ils et elles sont tous par le tourbillon des media et des sondages.
Car rien n’est plus important pour eux qui veulent tous, à l’instar du Grand Vizir Iznogoud, être Calife à la place du Calife, que les media, ces faiseurs de rois. D’où l’assurance que toute initiative, toute tentative de réforme, quelle qu’elle soit, dans ce domaine, est assurée de faire l’unanimité contre elle. Et ça n’a pas manqué d’arriver.
Le point le plus important de la réforme est bien évidemment la suppression de la publicité sur les chaînes audiovisuelles publiques. Il va de soi que, si la TV publique vit de la pub, ce seront les annonceurs qui y feront la loi et la grille de programmes. Donc les chaînes publiques seront identiques aux chaînes privées, et pour les mêmes raisons, à savoir la course à l’Audimat. A ce compte là, quel besoin y aurait-il d’avoir des chaines publiques pour cloner des chaines privées? Donc, pour pouvoir être centrée sur d’autres objectifs que l’Audimat, la TV publique doit être financièrement indépendante de la pub, ce que la réforme assure. Une forme de BBC à la française.
Le plus ironique est que cette réforme, qui va enfin permettre, si tout va bien, d’avoir une télévision où la qualité ne sera plus menottée les mains derrière le dos par la course à la quantité, est faite par un Président qu’il est de bon ton de trouver d’une inculture et d’une vulgarité qu’on n’a jamais vues à ce niveau de responsabilité, et, dans la population ordinaire, pas depuis les Néanderthaliens. Alors que la gauche, elle, s’arroge le monopole des préoccupations culturelles (n’est-ce pas, Jack?), mais en paroles seulement, car d’actes, point.
Ce n’est d’ailleurs pas sur le point important que se focalisent les critiques, mais sur celui de la nomination du patron de l’audiovisuel public par l’exécutif, donc par le Président. Sans être cruel, JusMurmurandi voudrait rappeler à Marielle de Sarnez l’inanité de dire que ceci viole la séparation des pouvoirs. Les média ne sont pas un des pouvoirs qui doivent être isolés les uns des autres.
Le plus drôle est quand même de rapprocher les reproches faits par anticipation à Sarkozy de se donner le pouvoir de nommer un patron de l’audiovisuel public à sa convenance et le reproches qui lui ont été adressés pour avoir été l’instigateur de l’éviction de Patrick Poivre d’Arvor du JT de TF1, et d’avoir personnellement choisi Laurence Ferrari pour le remplacer.
Car si le Président peut déjà renvoyer et nommer à sa guise les présentateurs des chaines privées, comment imaginer que les chaines publiques lui soient avec la loi d’aujourd’hui plus rétives que les privées , surout quand les chaines publiques sont pour l’essentiel des chaines identiques au privé sauf qu’elles touchent la redevance?
JusMurmurandi voit d’ici que PPDA va se porter candidat à la prochaine direction des chaines publiques…

L’honneur de l’Afrique
juin 25, 2008 on 9:00 | In France, International | 2 CommentsJusMurmurandi vous l’a dit et redit. Ce qui se passe au Zimbabwe est une tragédie. 1.000.000% d’inflation. 20% de la population qui a émigré. 45% de la population restante qui vit de l’aide internationale. Ou plutôt qui en vivait, puisque maintenant le vieux dictateur Robert Mugabe l’a bloquée, affamant le peuple qu’il a d’abord ruiné. Des centaines de morts et des milliers de blessés parmi le parti d’opposition à Mugabe et des centaines de milliers de réfugiés qui fuient les violences de la police et de l’armée là où l’opposition a gagné les législatives et le premier tour des présidentielles
Ce qui choque à côté de la dérive de Mugabe, que plus grand chose ne sépare du sinistre Idi Amin Dada, dictateur de l’Ouganga, c’est le silence, pour ne pas dire la tolérance des voisins africains du Zimbabwe, à commencer par son puissant voisin l’Afrique du Sud. Son Président, le lamentable Thabo M’Beki, se satisfait de mener une « médiation » où il visite le Zimbabwe sans même rencontrer le chef de l’opposition vainqueur du premier tour et des législatives.
Visblement, condamner Mugabe, pour certains, c’est se condamner eux-mêmes, tant il leur semble s’identifer plus à la lutte contre l’impérialisme blanc du passé qu’à la réussite économique et à la liberté populaire.
Oui, mais voilà, une voix africaine s’élève pour dire ce qui partout ailleurs est une évidence. Cette vois, frêle et fragile, parce que nonagénère, dit tout haut ce que ses congénères n’osent même pas dire tout bas: elle dit « la tragique défaillance de la direction du Zimbabwe ».
Cette voix si frêle, mais qui s’entend sur la planète entière par l’autorité morale de celui qui parle, dit en fait que le silence qui gêne n’est pas africain, ou noir, ou vengeur, ou complice, mais simplement celui de dirigeants qui ont failli.
Cette voix, que salue aujourd’hui JusMurmurandi, est celle du grand Nelson Mandela. Saura-t-elle faire tomber le dictateur sanguinaire comme autrefois les trompettes ont fait s’écrouler les murailles de Jéricho?


La contribution de Martine
juin 25, 2008 on 7:52 | In France | Commentaires fermésLa rue de Solférino bruisse tandis que se profile la guerre de succession à la tête du parti, François Hollande ne se réprésentant pas.
Alors que Ségolène Royal et Bertrand Delanoë ont déjà annoncé leurs candidatures, Martine Aubry fait durer le plaisir.
Mais de manière active. Si Delanoë a bien tenté d’embrasser sa cause, pour mieux étouffer sa candidature, c’est un peu vite oublier que Martine est une candidate de poids.
Un poids tel que sa loi emblématique, sur les 35 heures, est un véritable boulet pour l’économie française, 10 ans après son vote, anniversaire célébré avec une discrétion que tout le monde aura remarquée…
Or donc, Martine, soutenue par Pierre Mauroy, ancien Premier Ministre et maire de Lille, récemment mis en examen, s’est fendue d’une « contribution » pour le prochain congrès de Reims.
Commençons par rappeler que rien n’est du au hasard, car contribution cela sonne comme contribution sociale généralisée, par exemple, et donc comme impôt. Pour l’instant rien de surprenant venant d’un membre du PS.
Dans cette contribution, on parle de thèmes profondément novateurs, comme égalité ou solidarité.
Egalité, quelle belle allégorie, tandis que les voisins espagnols, socialistes eux aussi, suppriment l’ISF.
Elle parle de société où les citoyens ont des droits réels.
A lire ce genre de propos, on perçoit l’inquiétude qui doit prévaloir rue de Solférino en lisant le sondage du 19 juin dernier qui révèle que celui qui es le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy est…le facteur de Neuilly, Olivier Besancenot. Et donc pas un membre du PS. Quelle cinglante marque de défiance.
Sauf que les socialistes doivent visiblement faire une toute petite confusion entre contenu et contenant, parce qu’en dépit de ce que voudrait la LCR, le Grand Soir n’est pas encore pour demain en France….Pour après demain ? Repassez demain.
Pour JusMurmurandi, la véritable contribution de Martine Aubry, c’est en fait d’entretenir le suspense, d’être une hypothétique troisième candidate, et donc de semer encore un peu plus de confusion dans une lutte de pouvoir qui s’annonce exaltante pour tous ceux….qui ne sont pas des militants du PS
JusMeurtdeRire
juin 25, 2008 on 2:42 | In France | Commentaires fermésCela fait un moment que JusMurmurandi s’étonne de voir les principales données économique de la France refuser obstinément de suivre les prédictions catastrophiques des économistes, par ailleurs abondamment relayées par les media.
Pourtant, malgré un barrage de mauvaises nouvelles annoncées avant même qu’elles ne soient là, et qui suffiraient à rendre neurasthéniques tout un groupe de hyènes (vous savez, ces délicieux animaux mangeurs de carcasses et qui n’arrêtent pas de rire) ou d’orang-outangs (eh oui, ils rient aussi), la consommation française a rebondi de 2% en mai 2008, au grand dam des prévisionnistes.
Et ceci malgré un marasme réel du marché immobilier frappé par la crise bancaire, et par un très mauvais climat qui a détourné les consommateurs d’achats de textile et d’habillement. C’est dire si, à côté de ces secteurs réellement atteints, il en faut d’autres qui aillent bien pour obtenir un tel chiffre de croissance de la consommation.
Car une bonne croissance pour les 5 premiers mois de l’année aura un effet tel que la performance de toute l’année va certainement échapper au cataclysme annoncé.
C’est au tour de JusMurmurandi de rire de tous ces diplômés qui donnent tout son sens à l’expression qui désigne un diplôme, la peau d’âne…
Le Ducasse du Rocher
juin 24, 2008 on 8:50 | In France | 5 CommentsQuoi de plus Français que la cuisine française, la célèbre gastronomie française, ce concentré d’art de vivre à la française?
Sauf que, cette semaine, la cuisine française perd son 2e fleuron, son 2e chef le plus étoilé après Joël Robuchon, à savoir Alain Ducasse.
Alain Ducasse, c’est un total de 14 étoiles au Michelin pour ses restaurants, et un groupe qui, en tout, emploie 1900 personnes. L’exemple type de l’entrepreneur-créateur, dont il se dit que, s’il y en avait 500 de plus en France, nos probèmes économiques (emplois, croissance, déficits) n’existeraient plus.
Sauf qu’au lieu de 500 de plus, la France en compte un de moins. Parce que depuis une semaine et un décret signé du Prince Albert de Monaco, Alain Ducasse, à sa demande, a pris la nationalité monégasque.
Bien sûr tout n’est pas une question d’argent, mais la fiscalité monégasque, si lègère, a du peser lourd dans la balance. Après tout, elle est à l’image de la cuisine de Ducasse.
Alors que la fiscalité française est aussi lourde qu’indigeste, et le prochain livre d’Alain Ducasse vantera les mérites non plus des saveurs françaises, mais du bon goût monégasque.
Evidemment, on peut, comme la gauche, déplorer ce départs et les centaines d’autres comme lui, mais en ne faisant rien pour les limiter, au contraire.
Car il faut dire que le départ d’Alain Ducasse appauvrit la France et alourdit les impôts de tous, puisqu’il n’en paiera plus chez nous. Mais c’est aussi une façon de favoriser l’égalité entre tous les Français, thème privilégié de la gauche.
Sauf qu’avec le système Ducasse, nous serons tous égaux parce que, quand tous les riches seront partis, nous serons tous pauvres.

La politique du blog
juin 22, 2008 on 5:31 | In France | Commentaires fermésL’équipe de France de football a connu la fin peu glorieuse que l’on sait à l’Euro. 2 défaites et un match nul, 6 buts encaissés et un seul marqué.
Mais ce qui intéresse JusMurmurandi, c’est le flot de commentaires qui se sont déversés sur de nombreux blogs de football. Chaque spectateur qui écrit fait part de son opinion, pour ne pas dire son expertise sur le sujet. Qui il aurait fallu, à l’évidence, sélectionner. Qui il n’aurait fallu sous aucun prétexte faire jouer. Et le blog devient une collection des erreurs, pour ne pas dire des errements du sélectionneur, Raymond Domenech. Ce ne sont même pas des journalistes spécialisés qui s’expriment ainsi, mais des spectateurs dont la « compétence » ne procède que de l’autorité avec laquelle leur auteur écrit, anonymement, sur un forum.
Car ces auteurs ne doutent jamais, et comme ils ne sont pas sélectionneurs, ils ne sont jamais démentis par les faits, contrairement à Raymond Domenech. Qui, avec humour, dit que la France compte autant de sélectionneurs que de téléspectateurs.
Tout ceci encore ne serait que l’écume des choses, sauf que, cette pratique révèle à quel point les gens qui s’expriment, en l’espèce sur les blogs, le font beaucoup plus volontiers pour marquer leur différence et s’opposer que pour approuver. A tel point que ces blogs sont avant tout de véritables défouloirs, et le lieu de toutes les surenchères et outrances, où chacun peut, sous couvert d’anonymat, « se lâcher » à bon compte.
Cela ne vous rappelle rien? A JusMurmurandi, cela rappelle un certain référendum irlandais, ou français tant qu’à faire. Où les opposants ont pu raconter n’importe quoi, et où les électeurs ont pu « se lâcher » dans le secret de l’isoloir, parce qu’en s’opposant on a davantage l’impression de compter et d’exister qu’en approuvant.
Il faut dire que ceux qui s’opposent, on les appelle des résistants, et ceux qui approuvent, on les appelle des moutons de Panurge. Les résistants font l’objet de l’intérêt des média, pas les moutons.
Et de plus en plus d’électeurs ont grandi avec une console de jeu, où quand on s’est « lâché » dans un jeu de massacre, et qu’on a fini massacré, il suffit d’appuyer que le bouton « reset » pour avoir une nouvelle « vie » et recommencer.
JusMurmurandi se dit qu’aujourd’hui un certain nombre d’Irlandais doivent chercher le bouton « reset » et être tout étonnés de ne pas le trouver. Et être bien ennuyés d’être devenus sélectionneurs pour de vrai et pas seulement le temps d’un blog.
Il ne manque plus à Raymond Domenech qu’à devenir sélectionneur de l’équipe de football d’Irlande.
Le retrait
juin 22, 2008 on 5:29 | In Best of, France, Insolite, International | Commentaires fermésNon il ne s’agit pas de transformer cet article en cours d’éducation sexuelle, même si le titre peut prêter à confusion.
Il s’agit plutôt d’une de ces comparaisons qui émoustillent JusMurmurandi.
On se souvient en effet que Hillary Clinton avait attendu la dernière minute pour se retirer de la campagne démocrate aux Etats Unis, avec des sous entendus mal appréciés et interprétés, car elle établissait un lien plus ou moins ténu avec la candidature de Bobby Kennedy dans les années 60.
Pendant sa campagne, ce dernier fut (sauvagement) abattu.
Et aujourd’hui Hillary de ne pas se retirer au motif que si Obama venait à décéder de mort brutale, comme Bobby Kennedy, il valait mieux (pour elle) qu’elle attende la dernière minute avant de déclarer forfait.
Aujourd’hui c’est à un autre retrait que l’on assiste, autrement plus scabreux.
Après avoir échoué au premier tour, malgré des tripatouillages en nombre, Robert Mugabe, président du Zimbabwe, en organise un second pour gagner de manière définitive.
Arrestations de membres de l’opposition, intimidations, assassinats toutes les méthodes sont bonnes pour atteindre ses fins. Au point justement que son concurrent, Morgan Tsvangirai, comme Hillary, jette l’éponge et se retire, tellement grand est le danger qui le menace en la personne de Mugabe.
Bref, deux retraits sur fond de mort.
En ce qui concerne Mugabe, il a déjà annoncé que « seul Dieu pouvait lui retirer le pouvoir ».
En son temps, Jeanne Calment, doyenne française décédée à plus de 120 ans, déclarait que Dieu l’avait oubliée.
Il est grand temps que ce dernier se rappelle au bon souvenir de Robert Mugabe, et ses 87 printemps.

Visites payantes
juin 22, 2008 on 4:00 | In Best of, France, Insolite, International | Commentaires fermésOù est Israël ? Non pas « où en est Israël ? », question qui revient sempiternellement dans la presse à la faveur d’un nouvel épisode dans le douloureux feuilleton qu’est la vie de cet Etat si mal accordé à ses voisins. Non, la question est « où est Israël ? »
Si cette question surprenante a un sens, c’est que l’Etat hébreux a été proprement (ou salement, c’est comme on voudra) éjecté en 1974 de tout groupe régional de l’Unesco au motif qu’il n’appartenait à aucune région… Aujourd’hui encore, Israël est le seul Etat membre des Nations Unies à ne pouvoir adhérer à aucun groupe régional, ce qui l’exclut de fait de nombreuses activités, comme aussi de pouvoir être un jour membre du Conseil de Sécurité. Car adhérer à un groupe régional n’est possible qu’avec l’assentiment de tous les autres membres, et Israël a dans chaque groupe au moins un membre qui lui est opposé, ou qui est sensible au pouvoir de ses adversaires. Donc, faute d’être dans une région, Israël n’est nulle part, un Etat SDF…
Ce « problème » revient sur le devant de l’actualité comme un sous-produit du projet de Nicolas Sarkozy d’Union pour la Méditerranée. Car ce projet, qui s’adresse à tous les Etats qui ont un accès à la Méditerranée, incorpore donc Israël. Ce qui ne manque pas de « poser problème » à de nombreux Etats arabes, qui, du coup, ne sont pas sûrs de vouloir participer à ce programme.
En fait, la réponse à la question: « Où est Israël? » est simple, puisque c’est là que va se poser l’avion de Nicolas Sarkozy, pour une visite d’Etat pour laquelle Israël déroule le tapis rouge. Si on peut y poser un avion, c’est qu’on sait très clairement où est Israël.
Ce qui est plus curieux, c’est que le même Sarkozy qu’Israël considère comme le Président français qui en est le plus proche depuis le début de la Ve République est celui qui a fait venir à Paris Muammar Khadafi, le très arabisant leader lybien, et a invité pour le 14 juillet le Président syrien El-Assad, pourtant financier du groupe terroriste Hamas, l’ennemi mortel d’Israël.
Mais Israël est un Etat réaliste. La visite de Khadafi a servi de monnaie d’échange à la libération de 5 infirmières bulgares, et celle d’El-Assad est en échange de l’élection d’un Président à la tête du Liban. Ces 2 visites sont donc des visites que leurs invités ont du payer. Des visites payantes, une forme de tourisme d’Etat en quelque sorte.
Alors que la visite de Nicolas Sarkozy en Israël est gratuite. ce n’est pas du businesss, c’est de l’amitié. Tiens, ce serait la première fois que Sarkozy serait l’ami d’un SDF…
Refuznik
juin 22, 2008 on 9:01 | In France | Commentaires fermésRefuznik est un terme qui s’est appliqué en Union Soviétique pour ceux à qui le régime refusait un visa de sortie, le plus souvent mais pas toujours des Juifs.
Il désigne aussi ceux des soldats de l’armée israélienne qui refusent de monter au combat en particulier dans les territoires occupés.
JusMurmurandi pense que ce terme peut s’appliquer, alors que les journaux d’information nous le repètent à l’envi, à Jacques Chirac qui refuserait de participer au défilé du 14 juillet, à cause de la présence éventuelle de Bachar El Assad, président de la République syrienne.
Bachar digne fils de son père Hafez El Assad est associé à un mouvement perpétuel de déstabilisation du Liban, n’hésitant pas à commettre ou faire commettre des basses œuvres d’élimination de personnes gênantes, jusqu’aux chefs d’Etats.
Mais si l’on veut qu’un jour cette région ne soit plus une poudrière permanente, ne faut il pas commencer pas essayer de parler à toutes les parties ? Est il imaginable que la situation s’améliore si les deux camps restent dans leurs tranchées idéologiques?
Jacques Chirac est cependant trop proche de la famille Hariri, dont Rafic ancien premier ministre du Liban fut sauvagement assassiné par des personnes dont on dit qu’elles sont liées au régime syrien (l’enquête officielle est encore en cours). C’est Pierre Moscovici du Parti Socialiste qui résume la situation au mieux pour JusMurmurandi.
«Il avait, on le sait, avec Rafic Hariri des relations d’une extraordinaire proximité, tellement proches d’ailleurs qu’il habite encore aujourd’hui dans un appartement prêté par cette famille et il a toujours estimé pour sa part que la Syrie et le président Bachar el-Assad étaient directement responsables de l’assassinat de celui-ci», a-t-il dit sur RTL.
Peut on imaginer habiter dans un appartement en tendant la main à l’assassin de son propriétaire?

Rien ne l’arrête
juin 19, 2008 on 7:38 | In Best of, Economie, France, Incongruités | Commentaires fermésInformation économique intéressante venant des Etats Unis aujourd’hui.
Après trois mois et demi d’enquête, le FBI a arrêté pour fraudes 60 personnes dans le cadre de l’affaire des « subprimes ». 406 autres ont été inculpées.
Ces inculpations portent sur des affaires indépendantes, et qui ont fait perdre d’après les estimations près d’un milliard de dollars aux investisseurs.
En France, la justice avance plus lentement, on le sait; on a encore eu un exemple récent avec l’accident de l’Airbus d’Air Inter au mont Saint Odile, jugé environ…20 ans après les faits.
Par conséquent, il ne faut pas s’étonner que dans l’affaire des « subprimes », les dirigeants de ces banques françaises qui ont semé l’argent des investisseurs sans rien récolter, et de la Société Générale en particulier en la personne de Daniel Bouton, soient toujours en poste.
Pour ce dernier, on le sait désormais, ni les administrateurs, ni les actionnaires, ni encore la justice ne l’arrêtent.

Le coût de la démagogie…
juin 18, 2008 on 9:16 | In France | 2 CommentsAlitalia, vous connaissez? Aujourd’hui, la question n’a pas de sens, car tout le monde connaît la compagnie nationale italienne. Mais demain? Car les pertes, déjà d’un million d’euros par jour il y a 6 mois, sont maintenant de trois millions par jour. S’y ajoute la défiance des clients et des fournisseurs, tous sceptiques sur les chances de survie de la compagnie moribonde. Et qui dit défiance, dit recherche d’alternatives, ce qui précipite la chute.
Cette histoire de déconfiture annoncée serait banale si, il y a quelques mois, il n’y avait eu un projet de reprise d’Alitalia. Et pas n’importe quel repreneur: la première compagnie mondiale par le chiffre d’affaires, Air France-KLM. Sauf que les syndicats de l’entreprise ne voulaient pas des suppressions d’effectifs demandés par le candidat repreneur, suppressions acceptées par l’actionnaire principal, à savoir le gouvernement italien de Romano Prodi.
Oui, mais voilà, les élections approchaient en Italie, avec le candidat favori pour remplacer Prodi, Silvio Berlusconi, qui s’est cru obligé d’en rajouter. Et de dire que, lui vivant (et Premier Ministre, cela va de soi), Alitalia ne passerait pas en mains étrangères. Et que de nombreux industriels italiens seraient prêts à assurer le retour d’Alitalia à sa gloire d’antan. Ce qui, bien sûr a renforcé l’opposition des syndicats au plan Air France-KLM. Tant et si bien que celui-ci prit ses cliques et ses claques, renonça à ce qui n’était plus que l’ombre d’une belle italienne, et déclara que celle-ci avait désormais besoin non d’un repreneur mais d’un exorciste!
Le résultat est le triplement des pertes sous le poids du renchérissement du pétrole, consommé sans modération par les vieux avions italiens. Tout se défait, et Alitalia sera bientôt acculée au dépôt de bilan.
Voilà ce que coute un exercice de démagogie sans vergogne. Mais entre temps, Berlusconi aura été élu, et ce n’est pas lui qui aura été licencié. Lesquels licenciements seront beaucoup plus nombreux qu’avec le plan Air France. C’est là tout ce que produit la démagogie: une élection, ou autre prix à court terme, des promesses d’un avenir meilleur, et derrière, comme après une bonne cuite, une formidable gueule de bois.
Voilà qui devrait servir de leçon à tous les politiciens qui se croient habilités à faire croire aux Français que les problèmes de pouvoir d’achat ne viennent pas du prix mondial du pétrole ou des produits agricoles, mais de la politique de Sarkozy: derrière les promesses cyniques, le crash!

